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WEDDING NIGHTMARE / READY OR NOT ***

14 Sep

4sur5 Fantaisie horrifique goulue et carnassière curieusement équilibrée. Dans l’absolu Wedding Nightmare n’innove en rien et si on devait l’éplucher pour le considérer morceaux par morceaux, il y aurait de quoi nourrir le scepticisme, douter de la pertinence d’assortir telle outrance et tel pastiche. Certains de ces morceaux sont excellents, d’autres moyens ou succincts (l’ouverture indiquant un traumatisme appelé à se reproduire est aussi fracassante que commune, surtout au niveau sonore), l’alchimie est brillante. Le fond du film décuple cette tendance : le propos est franchement idiot et le postulat délirant, pourtant l’approche fonctionne. Elle accepte une normalité grotesque et laisse place aux sentiments de révolte, d’attraction et d’empathie, dans des décors naturels somptueux (en employant de véritables domaine et château).

Malgré son esprit digne du bis le plus déchaîné et sa proximité avec le vieux cinéma gothique, Ready or Not évite les effets lourds et faux, les dérives du second degré ou de la désinvolture, mais pas le maniérisme. Il est vraisemblable dans l’exécution, ce qui permet de digérer son extravagance. Il n’utilise pas les ressorts débiles comme la succession de choix foireux du gibier humain. Comme il repose sur une seule victime a-priori, nous devinons qu’elle doit durer peu importe son état, ou bien le film devra nous livrer un épilogue conséquent. Le suspense devrait en prendre en coup or la séance garde toujours un haut niveau d’intensité, dans le pire des cas grâce à son héroïne, avec ou pour laquelle on souffre facilement. Le début est d’autant plus angoissant en sachant quelle menace pèse ; ensuite nous aurons un survival efficace où l’humour, nécessairement noir, éventuellement ‘jaune’ car odieux, se déploie plus ouvertement, en ne risquant plus d’alléger l’impact de cette traque.

Le style comique n’est pas détaché ou superposé et son insertion ne torpille ou abaisse pas le programme, ce qui distingue cette séance de nombreuses concurrentes. Il est toujours lié au malaise et à la terreur, relève du sarcasme ou d’une tentative frustrée de nier ‘l’impossible’. La femme en violet en est la manifestation la plus frappante : une vieille fille puriste, méchante et mystique, à la limite du gimmick et de la parodie. C’est une sorcière trop sinistre et absurde pour avoir sa place chez Tim Burton, mais ses racines sont parfaitement humaines. Sa détermination sera d’autant plus désarmante. D’autres membres de la famille, aux manières les plus vulgaires, serviront cette fibre comique de façon plus triviale : Émilie l’ignoble imbécile et son conjoint le balourd à cravate scotché à son iphone. Comme quoi à un certain degré l’entrée dans la famille est ‘démocratique’. La brune guindée représente l’arriviste accrochée à sa place avec autant de détermination que l’héritière à la vie frustrée tient à son énorme destinée ; elle gagne en beauté tout au long du film, comme si le déclassement de la nouvelle arrivante (sur laquelle elle portait un jugement emprunt de jalousie) la revivifiait.

Une foule de références viennent à l’esprit : forcément The Purge avec sa traque élitiste (élevée au rang de religion dans le 3) et où l’ultimatum est aussi à l’aube, puis Society qui pourrait maintenant être perçu comme un Ready or Not de la génération précédente. Deux satires des rites d’initiation des riches où on envie l’intégration familiale mais se heurte à des valeurs intéressées affreuses poussant le protagoniste vers l’échafaud. Bien entendu même ‘evil’ le traditionalisme a sa souplesse et si la situation craint trop pour ceux qui tiennent le jeu on pourra tordre la loi. Les spectateurs aux préoccupations sociales ou abstraites y verront l’illustration du mépris de toute équité de la part de privilégiés prêts à tout pour conserver leurs avantages, quitte à mourir – l’ironie du possédant. Le luxe est une bénédiction et une malédiction (on sent une réticence généralisée d’individualiste obstiné, partenaire et modérateur de la démagogie : même le mariage pourrait faire partie de ces cadeaux empoisonnés, rien ni personne n’est là pour (ré)assurer et s’y déshabituer c’est se livrer aux loups). Sur un plan immédiat, la flexibilité du mode opératoire (heureusement sans rupture de cohérence interne), le flou dans la carte, dopent l’inquiétude, la colère et le dégoût, tandis que le conflit de loyautés ou simplement de sympathies éprouvé par le mari et quelques autres membres souligne l’aliénation des ‘coupables’. Nous avons les bénéfices sensoriels d’une lutte manichéenne sans sa fermeture et sa bêtise psychologique. Le dénouement est bon car il valide le jeu et ne se laisse pas guider apparemment par les préférences idéologiques ; il pouvait être plus remuant avec un autre choix plus raisonnable au retentissement apocalyptique, mais on y perdait probablement en intégrité.

Note globale 72

Page IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Midsommar + Carrie + You’re next + Would you rather + La Cabane dans les bois + Eyes Wide Shut + The Voices + Rosemary’s Baby + The Game + Kill Bill + Le Limier + MAT

Les+

  • alchimie réussie
  • photo et style, décors et couleurs
  • l’héroïne accroche immédiatement, le casting est excellent

Les-

  • pouvait aller plus loin et éviter certaines banalités ou surlignages
  • peu original pris bout par bout et dialogues restrictifs

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FEAST **

7 Juil

feast wallpaper

3sur5  La genèse de Feast est carrément fumeuse. Aux Etats-Unis l’émission de télé-réalité Project Greenlight proposait de suivre la fabrication d’un film, en invitant des professionnels de la profession, acteurs, réalisateurs, etc. Les deux premiers scénarios élus donneront deux films tombant dans l’anonymat, à l’instar de cette émission inconnue hors des Etats-Unis d’Amérique. La seconde édition aboutira à Feast, film de genre féroce et badass, largement distribué cette fois et soutenu par une quinzaine de producteurs. Parmi eux, Wes Craven, Matt Damon ou encore Ben Affleck, lesquels ne sont parfois que de vagues intervenants passant déclamer un petit commentaire dans l’émission.

 

Le film est présumé détourner le western typique comme l’a fait Carpenter au début de sa carrière (Assaut). Avec le siège d’un bar par ses créatures monstrueuses et très puissantes, Feast s’inscrit dans la tradition de l’horreur animalère semi-burlesque (Arachnophobia comme grand classique ; Horribilis ou Arac Attack plus récemment) et notamment à Tremors. C’est du bon travail, efficace, assez dantesque à son niveau. Le maquilleur Gary J.Tunnicliffe, collaborateur récurrent de la société Dimension Films et intervenant notamment sur des suites de Hellraiser, fait des merveilles.

 

La faiblesse de Feast est dans son manque d’ambition. La rage de la mise en scène compense son caractère assez anodin. Plutôt Z, les personnages sont tous introduits au début avec leurs profils, leurs aspirations et leurs espérances de vie déclinés dans un texte concis. L’humour est globalement navrant, allant souvent dans un univers de blagues pour machos fainéants et autres buveurs de bières invétérés. Il y a toutefois quelques petits éclats bien joués, comme la dimension pour le moins troll de ce mec hurlant « bullshit » alors qu’il sert de bélier pour les monstres, manifestement stratégiques et déterminés.

 

Feast remplit son contrat et se montre remarquablement généreux et bien équipé par rapport aux productions habituelles de la galaxie horrifique. Il aura deux suites, bien côtées par leurs spectateurs, également tournées par John Gulager.

Note globale 57

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… 2e sous-sol + Triangle + Les Ruines + Cujo

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GET OUT ***

30 Mai

3sur5  Un thriller malicieux et ambitieux, fût-il conçu par une gloire moyenne locale (Jordan Peele, humoriste connu notamment via la série Key & Peele), n’est pas armé pour faire s’ébaubir l’intelligentsia, les twittos, convaincus de tous horizons et professionnels de la profession – et battre les records au box-office de l’Horreur américaine. Get Out est manifestement né au bon moment au bon endroit – les pays directement subordonnés aux émulations des États-Unis, comme la France, ont suivi le mouvement, d’après les chiffres c’est évident, d’après les commentaires moins éloquent. Lorsque la hype sera digérée, Get Out pourra encore s’imposer grâce à ses qualités et une en particulier, qui déguise habilement ses pudeurs et ses angles morts : l’ambiguïté.

Trois parties distinctes et inégales quadrillent le film : une première plutôt conventionnelle, une seconde audacieuse, abattant sereinement ses cartes, puis une dernière virant au grand-guignol (un peu d’élan et le remake non-autorisé de Martyrs déboulait). Les enjeux en ‘seconde lecture’ évoluent avec. Ainsi le malaise des classes prend le pas sur les résidus de racisme malgré le repentir exubérant (l’adoration d’Obama étant le stigmate ultime), avant que l’eugénisme n’exulte à l’écran. Toutes ces catégories et ces boussoles sont solidaires et cette harmonie est du meilleur effet pour le plaisir pervers du spectateur et pour lui donner du grain à moudre. La foire du dernier acte une fois achevée, la grande question en suspens passe au premier plan : que cherche Get Out ? Dénoncer le racisme qui s’entretient ; se transforme ; la perte d’une identité, de traditions ‘noires’ ? Disserter le sentiment de néantisation face aux fantaisies de la domination ? Tous les thèmes embarqués trouvent une belle illustration, pas nécessairement à l’image, mais bien dans l’ambiance, les urgences de tel passage.

Mais le défaut d’engagement profond devient handicapant lorsque le scénario seul doit mener la barque (en terme de divertissement c’est moins vrai, pour l’impact immédiat c’est presque le contraire), celui-ci étant moins autonome et large ‘d’esprit’. Le basculement (vers l’opération et les coulisses) et le dénouement sont forts en horreurs, les révélations dépourvues d’approfondissements. Le niveau descend à l’étiage d‘une série TV impulsive pendant la conclusion taillée à l’arrache. Globalement, le film se sera laissé aller à quelques facilités, mais pour doper l’action ou l’intensité davantage que se justifier ; il récupère des clichés de l’horreur contemporaine (les jump scare, le cerf sur la route) puis envoie ces ingrédients dans la farce afin de rendre les menaces et le macabre plus dérangeants, plus près de l’odieux et de l’ironie abjecte mais apprêtée. La mise en scène est remplie de bonnes idées sur les ambivalences et le cynisme autour de l’identité, notamment avec les domestiques, avec leur style de schizos en représentation, contraints et sarcastiques. Le spectateur entre en empathie grâce à la communication de ce sentiment d’aliénation, en train de se frayer un chemin vers la conscience ; les personnages en eux-mêmes, leur éventuel charisme, ne sont pas des leviers essentiels.

Si les idées ne sont pas poussées à bout, Get Out (pour lequel Jordan Peele mentionne Night of the Living Dead de Romero comme influence) pose au moins un diagnostic précis qui vaut mieux que des parti-pris. Il pointe la nocivité du black-friendly obstiné, pire qu’un black-bashing car malhonnête, court-circuitant les discussions et donc les confrontations comme la reconnaissance commune de l’objectivité. Get Out identifie, avec intuition plutôt qu’analyse, cette escroquerie majeure, inhérente aux progressismes et aux pacifications. Et cette ‘vertueuse’ arnaque ne se passe pas de masochisme ! Ni de préjugés, certes retournés : à un niveau drôlement pitoyable, à un degré mondain (au sens fort et étendu, sociétal), puis finalement à une extrémité qu’il ne faut pas spoiler (« Behold the coagula »). Get Out n’attaque pas sur le plan intermédiaire ; cette omission était sans doute la condition de son épanouissement, voire celle de sa naissance.

Outre les récupérations, Get Out pourra aussi nourrir la paranoïa à l’égard des blancs. Ceux du film représentent un ‘establishment’ sans être liés aux pouvoirs officiels. Ces blancs riches et cultivés sont en rupture avec la société, mais par le haut et par la ‘réaction’ sinon par les voies sulfureuses du passé. Ce sont des Henry de Lesquen résignés à la mode mais pas à la mort. Le gouvernement et les autorités légales ne subissent pas l’hostilité, ce qui pourra agacer les ‘indigènes’ ombrageux et les zélateurs du peuple sans tâche. Cette représentation s’accorde bien (mais passivement) avec celles des American Nightmare (dont le troisième opus a sombré dans la démagogie violente et l’autoritarisme ‘bienveillant’), une des sagas phares de la maison de production commune, Blumhouse (responsable des Paranormal Activity & Insidious). Plus directement et peut-être consciemment, Get Out valide la confusion entre les clivages sociaux et ethniques, en tout cas dans son espace doublement étroit (car il ne prétend pas montrer la société dans son ensemble et tend au ‘huis-clos’ déguisé, où la détention est effective bien que jamais prononcée).

Note globale 68

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Suggestions… Eyes Wide Shut + Hellraiser II + Dark Skies + Le cas 39 

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (4), Son/Musique-BO (4), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (4), Audace (4), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (3)

Note arrondie de 69 à 68 suite à la mise à jour générale des notes.

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LE DENTISTE & SA SUITE **

1 Mai

LE DENTISTE ** 

3sur5  Chronologiquement à la croisée des chemins entre les bons films de Yuzna et la débandade complète, Le Dentiste (1996) n’est pas une grande réussite et conserve une certaine notoriété essentiellement grâce à ses amoureux de la première heure. Il fait partie de ces classiques du bis par lesquels de jeunes cinéphiles ont commencé à écumer la galaxie de l’horreur.

Le Dentiste suit Alan Feinstone pendant les quelques journées le séparant du pétage de plomb intégral. Dentiste réputé, c’est un hygiéniste moral, sentant la corruption lubrique et l’infection partout (« la fenge » répète-t-il). Yuzna donne dans la légèreté pittoresque et y va franchement. C’est Re-Animator chez Melrose Place. La réalisation est étrange, entre De Palma et le téléfilm US sulfureux des 90s ou des 2000s.

Les désordres psychiques du docteur prennent une grande place et rendent le spectacle plus fourni. La prestation de Corbin Bernsen est admirable, il est un psycho-killer digne de Patrick Bateman (celui de American Psycho). L’horreur en deviendrait presque seconde si la violence festive n’était pas de la partie, servie par des maquillages étonnamment soignés.

Le Dentiste n’est pas un film réaliste. Tout est vraisemblable mais corrompu. Les manières de Yuzna sont habiles. Il le fallait car le postulat de base n’emmène pas loin, même si le film repose sur de bonnes initiatives (un tel sujet n’a jamais ou presque été considéré au cinéma). Néanmoins cet essai aurait du dissuader d’une suite, car le potentiel, mis à l’épreuve, montre tout de suite ses limites.

Note globale 56

 

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Suggestions…

 

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LE DENTISTE 2 **

2sur5 On est pas passé loin du pur naufrage, quelques petites qualités inopinées et un dernier tiers enflammé surnageant. Suite directe du Dentiste, ce second et dernier opus toujours réalisé par Yuzna voit le docteur Feinstone s’évader de prison puis s’installer dans une petite ville rurale. Il emprunte un faux nom (Lawrence Caine), se forge une excellente réputation et devient un professionnel important pour la petite communauté. Mais bien sûr ses démons et obsessions l’ont poursuivi.

D’abord complètement invraisemblable, l’intrigue devient insignifiante. Yuzna s’amuse avec un patchwork d’idées kitschissimes et de morceaux de bravoure laborieux. Il en rajoute dans le délire du docteur puritain, pataugeant dans les marécages du bis honteux. Quelques séquences oniriques et outrances gores renvoient à l’ère des Freddy. Yuzna emmène son docteur loin dans la folie mais cela ne change rien à la sensation d’assister à une sequel en DTV de Hellraiser – jusqu’à une citation finale, parodique et brutale, fidèle au reste.

Il n’y avait rien à faire de nouveau, ou alors rien de brillant. Le Dentiste 2 est un simple nanar volontariste, par ses dialogues et scénario notamment (humour et métaphores consternantes). L’idylle avec Bev est incongrue et sous-exploitée. Côté réalisation c’est mieux, avec un certain soin en particulier dans les séquences carnassières. Mais l’esthétique générale est aléatoire, se perdant dans des emphases ridicules, comme la vignette du dentiste raffiné et impitoyable écoutant des airs d’opéra pendant son temps libre.

Note globale 38

 

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HOUSEBOUND ***

31 Déc

3sur5  Le premier film du néo-zélandais Gerard Johnstone ne propose rien de neuf, mais il vaut largement Hot Fuzz, Zombieland et les autres comédies horrifiques célébrées au cours de la décennie écoulée. Sorti chez les anglo-saxons, en Allemagne et au Koweït, il a du se contenter comme beaucoup dans sa catégorie du DTV en France. Dès l’ouverture, le ton se veut grave, les manières scrupuleuses, le grotesque s’infiltre l’air de rien. Les canons du thriller et du film de maison hantée sont honorés avec intelligence, une espèce de bouffonnerie sûre d’elle-même et de son bon droit huile les rouages.

C’est un pastiche avec ses excentricités propres, en constant équilibre entre normalité en déroute et décalage ordinaire. Bizarrement, cela donne une ambiance aimable, fluide, opérationnelle sur tous les plans. Grâce à la pluralité du langage, l’acceptation de choses invraisemblables passe mieux, les pics d’effroi font leur effet, avec une énergie élégante. Le film a beau être habité par une sorte de second degré, il est sérieux dans son exécution, sa conception et son ‘élocution’ (le gros gag ne demande pas de sacrifices, s’accommode du pathétique ou du gore) ; il n’est pas ‘parodique’ ou voué à l’humour spécifiquement. Ce pittoresque moderne tirant sur le WTF serein renvoie plutôt aux rejetons des délires de Peter Jackson (comme Black Sheep), à Scream lui-même (pas à son ‘esprit’ interprété avec le recul) et par endroits à l’ironie présente chez Barry Sonnenfeld (adaptations La Famille Addams et trilogie Men In Black).

Les protagonistes sont tous consternants a-priori, à cause de leurs défauts criants ou de leur manière gauche ou désuète de s’approprier une fonction sonnant ‘cliché’. Mais leurs personnalités sont trop criantes et ils inspirent tous rapidement une vive sympathie ; la compassion pour leurs drames et leurs ridicules rend réjouissante une pluie de détails qui sans doute passeraient pour neutres s’il n’y avait eu ce mouvement. La confrontation des hystéries et idiosyncrasies est jubilatoire ; ‘l’héroïne’ Kylie (Morgana O’Reilly), poussée à bout dans le seul costume demeurant conventionnel (l’ado attardée, sombre et mesquine), doit composer avec un entourage bien plus dissident (malgré, presque à chaque fois, une posture sociale très carrée). À ce jeu, la mère Miriam surpasse les deux ou trois bêtes de foire grâce à son décalage constant malgré tout ses efforts pour être une personne limpide et équilibrée ; et aussi grâce à la dégaine de Te Wiata Rima, digne d’un reflet champêtre embarrassant pour Edina Monsoon (AbFab).

Note globale 69

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Suggestions…

Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (4), Son/Musique-BO (-), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (3)

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