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THE MEG / EN EAUX TROUBLES **

31 Déc

2sur5   Dans la catégorie c’est un blockbuster, pour le reste c’est une contribution insignifiante à la galaxie des requins au cinéma. Comme c’est un film tous publics, l’expédition est niaise et la violence inexistante. Il n’y a qu’une seule créature mais en quelques copies – voilà l’unique surprise spoilée ! Naturellement ce n’en était pas une. Que l’équipe soit sino-américaine n’apporte aucune originalité, seulement de nouveaux visages, en particulier comme en nature.

L’humour est nul et atteint son paroxysme avec le noir empâté débile. Il s’améliore dans le dernier tiers, comme le reste (au minimum car il y a moins de place pour la gratuité). Les rapports inter-individuels et histoires secondaires sont triviaux et obèses, même ce qui concerne Statham n’est pas concluant. Beaucoup de propos servent seulement aux gens dans la salle et sont infondés voire grotesques sur le plan diégétique (les précisions concernant la plongée, la présence des personnes ; le milliardaire apprenant soudainement l’énormité de son risque financier).

Bien sûr la mise en scène privilégie le spectaculaire à la vraisemblance, mais c’est tout ce qui restreint l’ennui, au lieu de pousser à des exploits même stupides. Les apparitions du mégalodon sont fréquentes, mais cryptées ou lapidaires le plus souvent. La générosité est plus flagrante du côté des incohérences (presque une dizaine d’hommes barbotent sur les ruines du bateau, ça suffit à tromper le requin qui vient de défoncer leur vaisseau).

Les qualités techniques permettent de surnager – elles peuvent même relayer de bonnes idées : pendant l’attaque sur la plage, aux faux airs de Piranha 3D, on trouve un plan excellent où la foule balnéaire ressemble au contenu d’un grand bol de céréales, avec tous les corps et les petites bouées dans l’attente de se faire dévorer. Il y a même de beaux passages grâce aux corails, quoique rien de marquant. Parmi les films à bestioles carnassières, mieux vaut (re)découvrir les crûs de l’an dernier (47 meters down et The Shallows), ou aller chercher du côté des araignées ou crocodiles, donc en direction du bis profond. Foncer droit sur les nanars du genre (comme 5-headed shark attack) sera un gain de temps pour ceux qui souhaitent simplement du lourd.

Note globale 44

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Suggestions… The Reef + Open Waters + Les Seigneurs de la mer + Les dents de la mer + La planète bleue + Arac Attack

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (4), Son/Musique-BO (5), Esthétique/Mise en scène (6), Visuel/Photo-technique (7), Originalité (3), Ambition (6), Audace (4), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (5), Pertinence/Cohérence (2)

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LE MONDE DE NEMO **

10 Oct

le monde de nemo

2sur5  Cinquième long-métrage des studios Pixar, Le Monde de Nemo (2003) connaît comme les autres un immense succès critique et commercial. Il fait même partie des plus grosses réussites de Pixar puisque sa petite créature éponyme donne l’impulsion à de nombreux produits dérivés, certes sans atteindre l’ampleur des deux bouffons de Monstres & Cie. Les chiffres au box-office sont les meilleurs connus par ces studios étroitement liés à Disney, seul Toy Story 3 venant battre ce record en 2010, en dépassant le milliard de $ pour les recettes mondiales.

Le Monde de Nemo est pourtant la preuve que Pixar est capable de ne pas produire que des films formidables ou originaux – et cela avant le crash de Cars (2006). Dans cet opus, le papa de Nemo, sorte de calimero phobique et sur-protecteur envers son enfant, se trouve séparé de ce dernier, qui atterrit dans un aquarium. Marin le papa poisson-clown se lance alors à la recherche de son fils disparu, qu’il hésitait ce matin-même à confier à l’école, craignant d’exposer sa progéniture aux menaces de l’existence. Affublé d’un poisson femelle victime d’un trouble de la mémoire immédiate (une paracanthurus hepatus, ou « chirurgien-bleu »), il se trouve embarqué dans des aventures trépidantes loin de son quotidien cotonneux et balisé.

Cette camarade est un sacré fardeau. Si son tempérament hystérique et sociable permet à Marin d’avancer plus rapidement dans sa mission, c’est pour mieux s’accorder à ce monde de sanguins primaires et exaltés. La ‘poissonne’ est très conne, tout l’univers du film est harassant, de l’emplacement initial des poissons-clowns où règne la niaiserie à la sauvagerie criarde des aventuriers de la mer. La bande-son est insupportable, les personnages grossiers au mieux, les dialogues bouffis : tout suinte la séduction grasse. Comme série d’aventures, Le Monde de Nemo a une force, une capacité d’envoûtement évidente auprès d’un public familial ou particulièrement jeune. De plus Pixar sort les grands moyens, mettant la technique d’images de synthèse au service d’une faune luxuriante et d’un visuel fluorescent du plus bel effet.

Le spectacle demeure d’une intense bêtise. Le très vulgaire Gang de requins sera tout aussi aimable, bien moins sophistiqué d’un point de vue plastique, largement plus digeste dans sa narration. Les voix VF rendent l’affaire encore plus pénible, mais l’orientation générale est telle qu’aucune version ne saurait inverser la tendance, ou alors le film n’aurait plus aucune cohésion. La seconde moitié est plus plaisante, quelques gags sont au rendez-vous (la fuite finale, la famine chez le dentiste) et les animateurs font preuve de maestria pour les cascades des petits héros, à défaut d’invention. Reste qu’avec sa morale misérable et par rapport à des films denses et majestueux comme Le Roi Lion ou même Shrek, Le Monde de Nemo est ridicule ; un pauvre film d’animation hystérique et simplet, bien de sa décennie. Retour au niveau de La Petite Sirène.

Note globale 44

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Les Dents de la Mer

 

Tout Pixar sur Zogarok >> Le Monde de Nemo (2003) + Monstres & Cie (2002)

 

Scénario & Ecriture (2), Dialogues (2), Casting/Personnages (2), Son/Musique-BO (1), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (3), Audace (1), Discours/Morale (2), Intensité/Implication (1), Pertinence/Cohérence (2)

Passage de la note de 43 à 44 suite à la réduction de l’éventail, lors de la publication sur ce blog.

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THE FULL MONTY **

2 Sep

the full monty

2sur5  Cette comédie anglaise a été l’un des grands succès de 1997 : c’est un peu le Bienvenue chez les ch’tis de l’époque, la couche bé-bête en moins, un minimum d’allure de film de cinéma en plus. Par son postulat, il se pose comme un prolongement familial et léger du cinéma social irlandais et anglais. Six chômeurs vivant dans la banlieue de Shieffield subissent la crise de la métallurgie sous l’ère Thatcher (quoique le contexte politique n’est pas cité). Ils vont monter un spectacle de chippendales pour sortir de l’impasse.

Ni porno social ni wannabee Ken Loach, The Full Monty est un pur feel good movie ; et une comédie tête dans le guidon, avec son fil original, un décors pittoresque : superbe projet aux maigres résultats. D’abord il y a ce côté ‘culte’ poussif, avec gags et récurrences cherchant à instaurer une espèce de climat ‘private joke’, en mesure de provoquer une connexion très intense : les résultats au box-office et l’estime dans laquelle le film est tenu attestent de ce potentiel objectif. Seulement en-dehors de Wilkinson et Addy, les deux grandes révélations du programme, les gimmicks sont un peu las.

À l’initiative du spectacle, Gaz (Robert Carlyle) fait pâle figure en tant que leader et son enthousiasme est décalé et peu opérant. Nous sommes dans les 90s, ère Maman j’ai raté l’avion et un enfant blond est au rendez-vous, qui joue mal et s’avère une mascotte avortée, faute de mise en scène décidée. Le déroulement est assez efficace, la courte durée permet d’éviter les blancs menaçants ; l’écriture manque cruellement de développement. Au-delà de la situation des ouvriers anglais, la crise de la masculinité se prête avec évidence : il ne s’agirait pas d’en faire une thèse, mais il y a tellement à aller prendre dans cette zone ! Et tout est sciemment snobé.

Les personnages restent à l’état de figures sympathiques, avec leurs excentricités ou petits conflits comme pour Wilkinson et Addy. Les autres récoltent au mieux un traitement par la vanne, c’est le cas par exemple des deux homos du gang. Non seulement Full Monty est clairement bien limité mais il est handicapé par ce côté gamin absorbant toute sa matière. Un Dieu a posé le trou noir de la consensualité vulgaire et de l’insignifiance compulsive, Full Monty en a bloqué l’entrée. Toutes les forces réunies pour les besoins du film semblent partager un manque de discernement, allant compulsivement vers une sorte de bêtise lunaire inconséquente, peut-être inhibées par les possibilités de dérapages de leur sujet.

Car il s’agit tout de même d’un Flashdance inversé avec prolos se foutant à poil pour survivre. Ce qui en sort est facile, aimable a-priori, carrément vain, puis finalement surtout d’une ‘légèreté’ assez effarante.

Note globale 44

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Suggestions… Bridget Jones + Harry un ami qui vous veut du bien + Mommy

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FANTASTIC MR FOX **

6 Déc

fantastic mr fox

2sur5  Adaptation du Fantastique maître renard (1970) de Roald Dahl, connu surtout pour son Charlie et la Chocolaterie adapté plusieurs fois au cinéma, Fantastic Mr Fox met en branle un immense dispositif pour son animation. Visuellement, le résultat est donc extrêmement garni, comportant des milliers d’accessoires et des centaines de décors. Cette débauche de moyens fait donc de Fantastic Mr Fox une réalisation importante dans l’histoire de l’animation image par image (stop motion).

Sinon c’est le vide. Wes Anderson débarasse son film de toute propos, évacue la moindre pensée naissante, fuie les considérations sur la famille, la difficulté ou l’enthousiasme devant la condition d’adulte, la prédestination. Sa cécité s’organise au nom de la poésie et de la joliesse. Le style Wes Anderson est opérationnel et Fantastic Mr Fox est comme les autres opus un bric à brac gentil, poli et loufoque. Poli surtout, avec de doux euphémismes pour ne pas heurter les chastes oreilles ou jouer sans distanciation les petites personnes effarouchées (ainsi « fut » et « flute » pour ‘pute’).

Dans la même lignée, les jeux sémantiques donnent envie de se cacher sous terre. Malgré ses qualités plastiques le film use très vite et confirme. Il a cette espèce de saveur chimique à la limite du détergent typique de l’artisanal frauduleux. Il reste sur l’estomac comme une grosse pâtisserie vaguement alléchante de loin, grasse et collante à peine vous a-t-elle fondu dans la bouche. Wes Anderson a chassé l’écho du matériel original, comme les autres avant lui ; son erreur est de n’avoir pas osé le remplacer par autre chose que ses facéties disponibles en magasin.

Son opus suivant, Moonrise Kingdoom, sera un cauchemar d’autant plus que lui assumera un discours nauséeux sur l’enfance et une utopie fondée sur le retournement des rôles. L’inventivité molle et criarde y sera exultée ; dans Fantastic Mr Fox, pas trop de tapages, c’est un film familial. Degré de consistance : nul. Ce renard futile et volatile, journaliste nonchalant fasciné par le spectacle du monde sans avoir un intérêt particulier pour quoi que ce soit, est en tout cas l’avatar ultime du cinéma de Wes Anderson, chasse au trésor de chaque instant dans une coquille en toc.

Note globale 44

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Suggestions…  Chicken Run + L’Etrange Noel de Mr Jack + Charlie et la Chocolaterie + Big Fish  

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Wes Anderson sur Zogarok >> The Grand Budapest Hotel + Moonrise Kingdom + Fantastic Mr Fox + La Vie Aquatique + La Famille Tenenbaum

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LA PETITE SIRÈNE **

13 Juin

2sur5 Sans atteindre le niveau de la série de gadins des années 2002-2012 de Disney (jusqu’au sursaut de La Reine des Neiges), La Petite Sirène s’avère un Disney de petite envergure et c’était à sa sortie (1990) l’un des « classiques d’animation » les moins impressionnants du studio. L’appartenance à cette catégorie (28e sur les 36 longs à l’époque) se justifie d’autant plus compte tenu grand respect de tous les codes traditionnels observable dans La Petite Sirène (en plus de la série de déclinaisons pour le petit écran et des masses de produits dérivés).

 

C’est tout le drame : pourtant inspiré du conte d’Andersen (1836), La Petite Sirène est le conte disneyen de base et ne semble avoir aucune identité. Il pioche sur sur les grandes références ou les archétypes les plus outranciers, sans savoir faire autrement qu’en en caricaturant l’essence. Les dialogues sont terrifiants, l’écriture lamentable. Chaque thématique soulevée est compromise par l’absence de vision des auteurs, à commencer par le schéma de la princesse rêvant d’ailleurs ou encore de l’amour impossible et réprouvé par ses aînés et la société. Heureusement Pocahontas a su corriger le tir avec un point de vue mature et conséquent sur ces sujets.

 

Et justement, qu’en est-il de cette société, qu’en est-il de ces aînés, quelle est leur morale, leur univers ? On ne voit que des bribes grossières de leur quotidien, mais jamais le spectateur n’accède à leur intimité. Pour égayer cette visite très superficielle, Disney mise sur sa volonté de faire exotique. Côté personnages, c’est donc un échec, les mascottes insipides et vulgaires défilent et s’esquintent en vain (insupportable poisson clown). Au niveau des dessins c’est plus intéressant et ceux du royaume inspirent un mélange de satisfaction et de frustration, car il y a vait là un domaine au fort potentiel.

 

Enfin une méchante remarquable est mise en avant. Il s’agit d’Ursula, une vieille dame aigrie (évoquant celle de Tom & Jerry le film), qu’on imagine autrefois élégante. Inspirée de la drag-queen Divine, Ursula se caractérise par une sensualité rauque en supplément. La différence est assez profonde mais le machiavélisme beauf dont elle fait preuve est un bel hommage à la démarche de Divine, bien que celle-ci soit davantage sincère et suicidaire. Elle exultera lors d’un beau final avec une grande performance destructrice où Godzilla s’est travesti en poulpe.

Note globale 44

 

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Suggestions…

 

MBTI-Ennea = Ursula, ESTJ sx (en inadéquation avec Divine, SF et so)

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