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ANGRY BIRDS 2 COPAINS COMME COCHONS **

7 Nov

3sur5 Ladaptation de 2016 était une bonne surprise, un film d’animation relativement sensible où les personnages grandissaient. Le second épisode est moins équilibré, quasiment nu en-dehors de la comédie et des mignonneries. Il se conforme intégralement à l’animation à l’américaine, mielleuse et hystérique, où rien n’est jamais grave, compliqué ou menaçant (les drones peuvent espionner notre héros ça ne fait pas partie des choses sérieuses). Angry Birds 2 ne tombe pas non plus dans la débilité de Moi moche et méchant ou l’aseptisation de Comme des bêtes. Il est encore trop inventif (et cela dès l’ouverture avec ses oiseaux prenant le métro) mais n’a rien à soi pour relever la recette commune.

Le programme est inclusif à outrance et parfaitement linéaire. C’est d’ailleurs un petit exploit de garder la séance si vive malgré la faiblesse des ‘possibles’ et en important peu d’éléments gratuits (donc en insérant habilement la traditionnelle pluie de références ‘geeks’ à son propre univers, en préparant le terrain pour de futurs gags ou tangentes). Les méchants d’avant sont désormais des alliés, presque des amis généralement chacun chez soi pour le bien de tous et avec lesquels il est bon de se chamailler (en échange peut-être de leur intégration, ils sont bizutés – le roi en string, les autres souvent en posture ridicule) ; les nouveaux antagonistes sont tout sauf effrayants pour le public, la torture par glaciation étant le truc le plus susceptible de troubler et braquer un très jeune public. Tout le monde est sympathique, transparent ou insignifiant, un maximum de caractères sont assimilés et chacun profite du biais général ‘optimiste’, Chuck le jaune est toujours plus balourd.

En première ligne nous avons une coéquipière de Red bardée de diplômes, espiègle, visionnaire et sans défauts. Contrairement à Terminator Dark Fate c’est bien du féminisme ‘impératif’ et pas relatif, même s’il reste opportuniste. Du reste le contenu politique ou assimilable n’est plus de la partie (alors qu’Angry Birds le film était déjà assez conséquent pour déborder des niaiseries et des conventions en la matière). C’est donc un film d’animation gentiment drôle, au rythme impeccable, à la fois gras esthétiquement mais joliment et joyeusement coloré, avec une sorte d’appendice (ou ‘court-métrage’ dispersé) suivant les aventures d’oisillons. Efficace sur le moment mais finalement évanescent, il se rapproche de Rio ou des suites de L’âge de glace. Mieux vaut voir le second Shaun le mouton, ou même Maléfique qui répond davantage à la définition de la ‘beauté’.

Note globale 56

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Suggestions… Dragons 2  + LEGO + Les Croods + Tempête de boulettes géantes

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DOCTOR SLEEP **

6 Nov

3sur5 D‘une durée similaire cette énième adaptation de Stephen King est plus variée et alambiquée que Ça 2 sorti deux mois avant, tenue avec un plus grand souci du rythme, mais à peine plus convaincante en fin de compte. Il n’y a que deux points où cette suite à demi officielle est fidèle à Shining : la qualité des compositions et les failles dans le domaine des émotions. Les traumatismes et les grands plans des personnages sont essentiels dans le déroulement, les auteurs semblent s’y attacher, mais il les fétichisent plus qu’il ne les sondent ou les étoffent réellement.

Cette espèce de sensibilité à la fois manifeste et très professionnelle est probablement la clé permettant de mieux cerner l’incapacité des précédentes réalisations de Flanagan à s’envoler malgré un talent garanti (spécialement dans Hush et sa série avec la fratrie éplorée). Comme d’habitude la mise en scène est soignée et expressive (fondus en abondance), évite le kitsch sans innover, la photo est sombre mais lisible ; c’est de l’horreur tout en douceur, synthèse de lignes diverses, avec les moyens et la virtuosité dont ne pouvait se prévaloir un produit bis comme Oculus. Le seul point relativement insipide ou trivial est la musique – et le détail critique, cet abus d’effets sonores cardiaques (mais on ne mise pas sur le jumpscare alors les férus de subtilité et d’effroi trèszintelligent décréteront que Doctor Sleep n’use pas de recours faciles).

Le casting sait rendre attachants voire aimables les personnages. Même les pires ou les plus fades dégagent un certain magnétisme. Malheureusement ils ne sont jamais assez épais ou taillés pour marquer, toujours assez lisses afin d’être adoptés par le public malgré leurs excentricités. On débouche sur un équilibre stérile, à refluer la grossièreté des films de super-héros tout en s’interdisant la consistance en matière de psychologie comme de business surnaturel. À terme malgré les enluminures se joue simplement un duel de titans se remplissant de mana pour le combat final. La liste de péripéties s’enrichit mais pas l’histoire. La plupart du temps Doctor Sleep se détache largement de Shining et se contente de le citer par ses décors ou par des gadgets, mais ses citations font peu pour l’animer ou le grandir. En revanche elles mêlent une nouvelle signature à celle du ‘grand’ Kubrick tout en gardant distance respectueuse, au lieu d’une déférence qui aurait rendu l’exercice aussi désuet que le commun des adaptations notamment pour la télévision.

Basé sur le roman de la reprise en main de King qui omettait la contribution du film de Kubrick, celui-ci le trahit finalement pour une issue ambitieuse et carrément vaseuse. Elle a pour rôle de fermer la boucle laborieusement rouverte, mais pas de sens en-dehors du ‘fan-service’. À ce titre il faut reconnaître que les reconstitutions sont, comme l’ensemble du film, formellement irréprochables – avec un cosplay réussi pour maman Wendy, plus embarrassant via papa néo-Nicholson. Les vampires avec leur côté ‘hobo’ bobo sont finalement ce qui tient la séance debout, sans quoi elle s’engluerait dans le sentimentalisme gelé. Ce qui rend le film fondamentalement frustrant c’est que les ‘pourquoi’ restent en suspens – pas seulement en terme de résolution d’intrigue, mais aussi de motivations et d’origine. Les pouvoirs extrasensoriels, même lorsqu’ils permettent des sauts narratifs, s’invitent sans justification. Éventuellement ils se reposent sur du pré-existant (les finals de Shining et de cette suite répètent un même schéma), mais on ignore pourquoi telle faculté se déclenche à tel moment, pourquoi tel événement survient maintenant quand il y a déjà eu tout le temps. C’est encore en omettant poliment de s’interroger sur les menaces, les héritages et opportunités au mieux réglés par des sentences amphigouriques, généralement ignorés.

Au lieu de fouiller et muscler son univers Doctor Sleep multiplie les échos au modèle ou à ses thèmes (les vampires servent encore une fois à réfléchir l’addiction). Cela donne une espèce d’expérience hypnotique qui manque de chair, met l’hypnose entre nous et le sujet pour dissiper l’incrédulité et retarder l’ennui, en introduisant une once d’auto-déconstruction. On agrippe le spectateur et l’emmène à destination sans se laisser divertir, mais on oublie de garantir la valeur, ou bien il faudra compter sur un éclairage futur. Malgré une poignée de scènes fortes, spécialement une odieuse et une volante astucieuse, on courre plus de chances d’être placide que remué à regarder défiler cette belle machine déterminée en attente d’un programme clair, de douleurs et d’aspirations concrètes.

Note globale 56

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Suggestions… The Addiction/Ferrara + Les démons du maiis + La malédiction + The Last girl celle qui a tous les dons

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ATLANTIQUE **

9 Oct

3sur5 Ce film trouve un équilibre entre réalisme documentaire, allégories douces et embardées élégiaques, pour un résultat intéressant mais jamais très stimulant. Pour l’envoûtement, ce sera une stricte question de goûts. La séance nous offre un regard évanescent mais concerné sur la réalité, donc celui d’un esprit flottant et sûrement pas au plus fort de sa cognition, mais libre car en mesure de se dédoubler ; en d’autres termes la réalisation se fait spectatrice comme nous. La réalisatrice semble accorder une grande confiance aux interprètes et personnages, en retour le film a le goût du vrai. L’ambition et la complaisance règnent sur la mise en forme. La stylisation peut se faire agressive, avec cette musique semi-électro glauque, plaquée en dissonance sur des scènes de foule, des paysages ou des horizons marins. La plupart du temps, elle pousse à suivre un personnage-clé ou une petite société dans une intimité désincarnée.

Pour le reste, si la réalisatrice a atteint ses objectifs, c’est embêtant, surtout s’ils sont politisés comme elle le prétend dans sa promotion. Sans donner donc tomber dans le Ken Loach contemporain, un peu plus de ciblage servirait la supposée critique du capitalisme ou de l’indifférence envers les enfants sacrifiés des mirages étrangers. En l’état, tout ce qui émerge relève davantage de problèmes d’intendance ou sociaux dans lesquels l’argent partage sa place avec des instincts ou méthodes d’accaparement et d’ordonnancement diversement archaïques, de la structure familiale aux rapports ‘publics’. Si Atlantique souhaitait illustrer la pesanteur des liens légaux et des vieilles croyances sur les jeunes filles, la corruption facile de la jeunesse, c’est convaincant. S’il voulait montrer la trajectoire d’immigrés clandestins sans focus sur le continent visé, sans parties prenantes occidentales qu’elles soient amies, antagonistes ou intéressées, c’est sa plus belle réussite car elle ne vient pas flatter [directement] les débats et relocalise l’imaginaire concernant les flux migratoires. On peut aussi estimer que c’est une façon de servir les pro-migrants hypocrites en retirant leurs pays et leurs institutions de l’équation, donc en les dédouanant – effectivement le peuple du progrès et ses représentants ont salué le film via la récompense cannoise, avant sa sortie dans l’indifférence générale. Heureusement la réalisatrice ne se préoccupe pas à l’écran de démêler ni même d’adopter ces angles d’attaques.

Son premier long-métrage est une œuvre de poésie plus que n’importe quoi d’autre, à la fibre humaniste. Elle figure le poids des morts sur les vivants, le poids des ombres sur la vie et dans une ville tournée vers les lumières d’un développement snobant ses ouvriers et même ses petites ouailles (comme les pétasses consuméristes, antithèses d’Ada aux aspirations authentiques). C’est à cet endroit que le film esquisse sa critique la plus pertinente puisque le business est partout, c’est l’option dominante pour l’ensemble des vies à l’écran et il s’agrège les autres préoccupations (statutaires, égotiques, amoureuses). Or nous sommes à un niveau de capitalisme encore primitif et donc éloigné de celui qui générerait les ravages présents et a accompagné les progrès de l’Humanité. Une certaine inertie morale et culturelle pourrait aussi bien être coupable d’un grand nombre de ces maux – et naturellement accompagner cette digression aux charmes fantastiques et neurasthéniques. Elle pourra parler aux amateurs de Raoul Ruiz ou Claire Denis, à moins qu’ils trouvent la chose immature (les dialogues parfois amateurs, spécialement avec l’amie Marianne, plaideront en ce sens). Enfin cette tentative d’imposer une musique propre, radicalement localisée, vaut toujours mieux que celle de Bacurau, qui piétine car il [a tout déballé d’emblée et] ne va nulle part, quand Atlantique suit lentement sa révélation. En route on a le temps d’anticiper sans trop savoir quoi en tirer, mais on sent que des sentiments profonds tentent de se graver, qu’une sensibilité cherche ce qui la dépasse. Par contre Bacurau reste joyeusement regrettable au pire alors que cet Atlantique est quasiment soporifique avant le mariage.

Note globale 56

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Suggestions… La ville pirate + Beau travail + La main du diable

Les+

  • inspiré
  • sensation de vérité voire de représentation crue sans écorcher la fantaisie ni devenir niais
  • interprétations

Les-

  • effets médicamenteux
  • des choses simplettes quand se fait concret
  • écriture voire agencements parfois confus

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INSÉPARABLES **

9 Sep

3sur5 Cette comédie ne vaudrait pas grand chose sans Ivanov, même avec sa poignée de gags décents. Tous les ingrédients pour la douce médiocrité sont réunis sans que rien ne soit assez mauvais ou bâclé pour réjouir le haineux ou le naveteux compulsifs en quête de carburant pour sa mauvaise foi. Mais la prestation d’Ivanov n’est pas simplement un bon point superposé sur un film insignifiant, elle tire tout avec elle. Son partenaire est le premier à en profiter, lui au jeu si appuyé, surtout face aux malentendus ou pour manifester une soudaine inquiétude. Certains de ces petits instants semblent pensés pour les florilèges et bande-annonces, notamment lorsque Poutine l’appelle « copain » au moment de se coucher. Ce n’est pas gravement plombant mais ce défaut bien présent rappelle, au cas où on nourrirait des espoirs, que nous sommes dans une comédie française criarde et pressée dont il ne faudra jamais attendre plus qu’un divertissement débile – éventuellement bien exécuté, c’est son cas.

Le rythme est bon, le scénario en lui-même pauvre mais carré, les dialogues honorables, la bande-son raisonnablement moche. Les acteurs sont dirigés avec sérieux, c’est-à-dire que les concepteurs de ce film comprennent que c’est au spectateur de s’amuser et que lui montrer comment faire n’est ni efficace ni nécessaire. Ivanov défile avec des costumes épatants et réserve au moins deux instants excellents (le Dark Vador africain et le blocage sur son rire cassé au dîner). L’enchaînement d’accents navrants par Mika est typiquement le genre d’humour nullissime trouvant sa voie grâce à la confrontation à un public inerte ou se faisant violence par complaisance – comme celui ramassant les vannes d’Henri. Il aurait tout de même fallu aller plus loin et plus fort sur ce terrain, par exemple en entraînant davantage Poutine à trouver de quoi rire ou envisager de la distance, au lieu de lui expliquer si souvent que ce qu’on vient de pondre est censé inviter à (sou)rire.

Bien sûr le film est dépourvu d’originalité, évoque Tais-toi (avec Depardieu en déficient gentil comme celui du Huitième jour) et Intouchables. Du reste les fictions où un type doit cacher son passé d’escroc à la fiancée ou la nouvelle famille mais sera évidemment rattrapé et probablement pardonné sont légion, sur grand-écran et encore plus dans les feuilletons télé. La partie ‘comédie romantique’ est des plus plates, un peu cynique, un peu mielleuse, pudique à une échange grasse et fausse près. Un seul point reste en suspens : la première minute est une caricature de pleurniche sur l’enfance difficile du protagoniste, on jette immédiatement cette proposition pour mettre la comédie sur ses rails, puis la récupère in extremis : pour qui, pour quoi ? D’où vient cette interférence et à quoi bon ce flirt avec le tire-larmes si c’est pour ne rien en adopter ?

Note globale 56

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JE PROMETS D’ÊTRE SAGE **

14 Août

3sur5 La conception n’a pas l’air éclatée mais le film semble au carrefour de plusieurs autres. C’est comme si un auteur avait voulu planter les graines de son œuvre à venir, en évitant de trop dépareiller, donc de prendre à bras le corps un de ces projets de film. Au départ la séance donne des indices de comédie familiale triviale (certainement le rôle de Magalie la sceptique maternante) correcte et garantie sans nervosité. Pourtant déjà on sent que le film va tourner mal ou à n’importe quoi (le four au théâtre en ouverture est aussi là pour ça). Tout est calme (et le restera) mais il flotte une petite odeur inquiétante en même temps que la perspective d’une libération.

Effectivement le film va prendre des tangentes, ou plutôt flirter avec et se rétracter. La fin en attesterait sommairement si elle n’était pas d’une immoralité et d’une envie de poésie si flagrantes. La comédie désuète est utilisée comme une espèce de matelas [de secours pour accrocher au film et le faire tenir debout] ; sur ce terrain, le travail est fait, les gags sont laborieux. Un humour atypique pointe constamment, un cynisme serein cherche à s’imposer. Le tandem le cristallise ; en-dehors de lui, on se sent dans une comédie dramatique tatillonne, avec la hauteur et les moyens d’un téléfilm.

Les personnages et interprètes sont de loin le point fort et le seul quasi uniforme (on peut préférer dire ‘mûr’). Le cadre et les gens sont normaux, leurs excentricités sont celles que chacun pourra croiser. Ils semblent avoir une vie en-dehors du film, ce que ne peut pas revendiquer toute la concurrence, même lorsqu’elle s’adresse aux adultes. Avec cette Sybille Je promets d’être sage aurait pu aller loin. Introduite comme une négativiste, elle s’avère une sorte de psychopathe proche de Marina Fois dans Irréprochable, elle aussi en lutte désespérée contre l’humiliation de sa situation. Mais c’est davantage une évitante agressive : elle a du mordant et apparemment de l’assurance mais pas de plan. Sa misère est plus profonde que celle de ces autres qu’elle méprise – et continuera à mépriser quoiqu’il arrive, car au-delà de la mise entre parenthèses (ou de la subordination) elle ne semble pas avoir d’autre façon d’encadrer l’altérité.

Le film ne cache rien de ses petites fourberies et ose les valider. Il souligne cet opportunisme propice à des lâchetés comme à du pur romantisme. Puis il s’y attache et se perd alors. On dirait la victime d’un de ces odieux connards en train de donner carte blanche – et se plongeant dans la rêverie ou l’abandon de soi pour s’assurer que tout ira bien. Jusqu’au-bout cette tentative curieuse en eaux banales semble rabougrir sa vocation pour s’inscrire dans un compromis qui, sans les qualités de jeu (ou de présence) de Léa Drucker et Pio Marmai, serait un film creux à l’improbable potentiel.

Il vaut mieux y aller sans rien en savoir. Dans ce cas on est baladé entre des trucs diversement réussis, assurés mais sans éclats, parfois poussifs (au rayon de la pure comédie, du conflit ordinaire). Si on en sait ne serait-ce que le synopsis entier, on verra simplement un film slalomer et finalement retarder le nerf de la guerre (c’est-à-dire le lancement des escroqueries), où il n’a pas grand chose à explorer ni raconter (les flash-back d’un épisode de Lost étaient déjà plus complets).

Note globale 56

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Suggestions… Prête à tout + Jusqu’à la garde + Ober / Waiter ! + Chien/Benchettrit

Les+

  • les caractères
  • les deux principaux acteurs
  • relativement original et pas obnubilé par les supposées attentes du public

Les-

  • pas sûr qu’il ait trouvé le ton juste, régresse régulièrement
  • peut donner une impression de remplissage

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