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MINI-CRITIQUES COURTS 3

29 Mai

L’essentiel de cet article porte sur les Silly Symphonies et sur les premières aventures filmées de Mickey.

Puisqu’il y a déjà des dizaines de courts, ce ne sera pas un Top annuel. J’ajouterais prochainement une liste de toutes les notes attribuées à des Courts/Moyens-métrages (comme je l’ai fait pour les films l’an dernier, sauf qu’il s’agira d’un Classement intégral – puis à partir de 2020 ce sera un Classement pour chaque année).

Aussi : désormais je ne souhaite plus donner une critique spéciale pour chaque film avant 1910 ; j’essaierais de le faire pour ceux du XIXe s’ils ne font pas partie d’une série ou d’une filmographie déjà abordée par ailleurs.

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Silly Symphonies> El terrible toreador ** (USA 1929 – 6min) : Le second Silly Symphony (Disney). La corrida et la viande à table vous sont livrées sans passer par la boucherie. Le taureau escogriffe participe aux danses et sa prestation est assimilée à celle d’un catcheur. Pas de sang mais un peu de violence irréelle et un toréador reprenant la main au dernier moment. Première moitié dans un restaurant. (58)

Silly Symphonies> Egyptian Melodies *** (USA 1931 – 6min) : Réalisé par Wilfred Jackson. Une bestiole tenant de l’araignée s’infiltre à l’intérieur du Sphinx. Les momies (quatre comme le nombre de squelettes dans Danse macabre, le premier Silly) et peintures murales y sont en pleine transe musicale. L’arrivée est réussie techniquement car sait simuler le mouvement [dans les décors]. (64)

Silly Symphonies> Hell’s Bells / Les cloches de l’enfer *** (USA 1929 – 6min) : Toute la galerie démoniaque vient s’afficher, des animaux monstrueux aux créatures demi-humaines et passant par une ‘forme’ (flamme consciente). Quatrième Silly présent au public et premier réalisé par Ub Iwerks. (72)

Silly Symphonies> Night / Une nuit mouvementée *** (USA 1930 – 7min) : Ballet spontané de nombreux animaux passant auprès d’un étang. Préfigure Le vieux moulin. Recycle des grandes compositions du répertoire classique, comme d’autres Silly mais plus à fond. Réalisé par Walt himself. (76)

Mickey Mouse> The Mad Doctor **** (USA 1933 – 6min) : Véritablement horrifique ! Le savant fou ressemble à Méliès, roi des films à ‘trucs’ trente ans avant. Fin décevante, mais il était difficile de sortir intègre d’un tel traquenard. Un passage pendant la seconde minute semble repris de l’entrée dans le tombeau de Egyptian Melodies. (78)

Mickey Mouse> The Karnival Kid *** (USA 1929 – 7min) : Mickey à la fête foraine, avec ses hot dog récalcitrants et ses tentatives de séduire une Minnie en caravane. Avis aux amoureux des vaches (l’intro est pour eux) – ceux des chats seront servis par un duo de chanteurs (des Laurel & Hardy). Démarre en trombe avec la variété de folies, se laisse un peu affadir ensuite à cause de la concentration sur ‘la belle’ – mais Mickey s’y exprime en humain/anglais ! Et ça change des seuls numéros musicaux. (72)

Une saucisse bientôt fessée dans « Karnival Kid »

Mickey Mouse> The Plow Boy/ Mickey laboureur *** (USA 1929 – 6 min) : Avec des animaux très enthousiastes, se moquant allègrement des déboires sentimentaux de Mickey. Clairement mineur mais d’une férocité rare dans le secteur. (68)

Mickey Mouse> The Cactus Kid/ Qui s’y frotte s’y pique *** (USA 1930 – 7min) : Minnie aussi terrible que les cactus ? Avec l’ignoble Pat Hibulaire (qui perd ses dents [son dentier?] comme le taureau d’El terrible toreador) ! Il finit en papier plié comme un démon d’Hell Bell’s. Bon opus façon western (au Mexique), très proche dans sa trame du précédent Gaucho. (66)

Mickey Mouse> Trader Mickey *** (USA 1932 – 7min) : Des plus euphoriques. Avec Pluto en Afrique. Crocos et hippopos en intro. Puis Mickey se sauve d’une tribu de cannibales par la danse ! Pas évident à ressortir aujourd’hui à cause de ces représentations peu valorisantes pour les populations africaines. (66)

Mickey Mouse> The Barn Dance/ Bal de campagne/ Danse fermière ** (USA 1929 – 7min) : Le premier Mickey de la première année (à l’exception des trois pionniers incertains de 1928). Pat et Minnie sont déjà de la partie, Pat Hibulaire apparaît sous un jour favorable, contrastant avec un Mickey boulet (la dignité de Minnie est relative aussi). On voit ce piètre danseur écraser les pieds de sa partenaire. Tout ça se passe potentiellement dans leur jeunesse. Un opus encore assez laborieux (répétitif et ‘lourd’) par rapport à ceux qui suivront, mais avec un scénario nettement plus humain que beaucoup d’autres sortis la même année, donc plus apte à toucher large et immédiatement. (62)

Mickey Mouse> Plane Crazy/ L’avion fou *** (USA 1928 – 6min) : Tout premier film avec Mickey (sortie en mai 1928), sonorisé après la sortie du plus connu Steamboat Willie. La première BD Mickey (Lost on a Desert Island – 1930) en reprendrait des gags et bouts de trame. Facilement mon préféré parmi les des trois premiers – déjà un ‘vrai’ Mickey et aussi un cartoon survolté, alors que les autres sont souvent plus lents et/ou musicaux. (66)

Mickey Mouse> The Gallopin’ Gaucho/ Mickey gaucho ** (USA 1928 – 6min) : Le second Mickey, encore muet mais vite sonorisé suite au succès du parlant Steamboat sorti dans la foulée. Dans la pampa argentine. Un peu western comme le sera Cactus Kid. Le hors-la-loi Pegle Pete est Pat Hibulaire sous un autre nom. Serait un pastiche du Gaucho (1927) et des rôles de Douglas Fairbanks en général. (58)

Mickey Mouse> Steamboat Willie/ Le bateau à vapeur de Willie *** (USA 1928 – 7min) : Parodie de Steamboat Bill Jr avec Keaton sorti la même année. Le premier court sorti en tant que parlant, après les muets Gaucho et Plane Crazy. Sinon, pas nécessairement le plus notable des trois : Plane Crazy est aussi dynamique en technique comme en scénario. Les péripéties sont légèrement plus variées ici, les perspectives peut-être et les facéties animalières sûrement plus nettes (déjà une petite foire musicale) ; en contrepartie, la petite histoire est décousue et moins emballante. (64)

Mickey Mouse> Mickey in Arabia *** (USA 1932 – 6min) : Drôle, énergique et sans chanson. S’avère presque plus offensant que Trader car il fait cumuler aux arabes leurs propres caricatures supposées avec celles attribuées aux ‘négros’ – en contrepartie, leurs mœurs et leur culture sont bien plus élevées. Mickey doit récupérer Minnie des griffes de Pat. (66)

Mickey Mouse> The Opry House *** (USA 1929 – 7min) : Fait partie de ces opus appuyant à fond sur le recyclage des éléments de décors et personnages en instruments de musique ; et reprenant des grands morceaux. Le motif du dégonflage et des dents séparées est encore servi. Mickey nous fait une curieuse danse du ventre en public avant de se faire dépasser par son piano. (72)

Mickey Mouse> When the cat’s away *** (USA 1929 – 6min) : Mickey et un régiment de souris investissent une bâtisse pour y faire de la musique – le chat (Kat Nipp) restera à l’écart. Les souris elles-mêmes peuvent servir d’instruments, être étirées ou remontées. Encore un piano rebelle, cette fois dompté au fromage. (66)

Mickey Mouse> Mickey’s Follies *** (USA 1929 – 6min) : Un autre opus joyeux et dansant, mobilisant l’équivalent d’un zoo pour une espèce de cabaret. Mickey se réifie encore à la fin ! (64)

Mickey Mouse> The Barnyard Battle/ Champ de bataille *** (USA 1929 – 7min) : Souris bidasses (confédérées) contre chats (allemands) à dégaines de rapetous. Différemment drôle et sportif. Forcément le terrible Pat Hibulaire est au rendez-vous. Un épisode parfois un peu longuet, avec des personnages réussis, une rude scène d’examen et des gags percutants. (68)

Mickey Mouse> Jungle Rhythm *** (USA 1929 – 7min) : Mickey se sauve en faisant danser les prédateurs de la jungle – il usera la même technique face aux cannibales en 1932 dans Trader. À voir si on aime les marsupiaux mignons et les numéros musicaux, ne pas se précipiter si on préfère les gags et les cavalcades. (64)

Mickey Mouse> The Jazz Fool ** (USA 1929 – 6min) : Une parade en campagne. Mignon, rien de neuf : la deuxième moitié voit encore Mickey aux prises avec son piano. Un peu mou. (54)

Mickey Mouse> Mickey’s Choo Choo ** (USA 1929 – 6min) : Moins immédiatement dégottable que les autres, y compris les racistes. Un des dispensables de toutes façons, convaincant ni dans la musique (plombante) ni dans le gag (celui avec la vache renvoie à Steamboat). Confusion possible avec Mickey mécano (Mickey’s Mechanical Man) de 1933. (52)

Mickey Mouse> The Haunted House ** (USA 1929 – 6min) : Des éléments horrifiques, mais un résultat nettement plus gentil que Mad Doctor. Mickey s’en tire en pianotant, sur demande du chef des squelettes (le seul masqué et habillé). (62)

Mickey Mouse> Wild Waves/ Mickey sauveteur ** (USA 1929 – 7min) : Sauvetage de Minnie à la plage ; puis les fondamentaux, avec un morse et des pélicans entre autres guest chanteurs. (58)

Mickey Mouse> The barnyard concert ** (USA 1930 – 6min) : Mickey chef d’un orchestre comptant dans ses rangs Horace (cheval anthropomorphe) et Clarabelle (la vache déjà souvent vue). Pas l’ampleur d’Opry House tout en étant plus concentré (subissant moins de blancs ou longueurs). Un cochon trompettiste agace Mickey à la quatrième minute. Le héros pleurniche face caméra à la fin comme dans Barn Dance. (62)

Mickey Mouse> Fiddlin’ Around/ Just Mickey ** (USA 1930 – 7min) : Mickey seul au violon sur scène. Un petit dérapage final pour rester dans la comédie et plusieurs grimaces ou démonstrations gentiment hystériques du soliste. (54)

Mickey Mouse> The Fire Fighters *** (USA 1930 – 7min) : Une course folle et pas de chansons – de vrais (mauvais) pros. Minnie en proie aux flammes va forcer le chef de la troupe à se dépasser. Le début à la caserne évoque la courte scène avec les policiers au début du Roi et l’Oiseau. (66)

Mickey Mouse> The Shindig/ La fête joyeuse ** (USA 1930 – 7min) : La fête au saloon. Aimable, quelques gags neufs (et un véhicule pétaradant comme celui du vieux dans Les Aristochats), puis surtout cette cochonne énorme (elle se nommerait Patricia Pig) d’un style déjà aperçu – un représentant de l’espèce avait été légèrement mis en avant à la fin de Banyard concert (un autre moins ressemblant figurait dans Mickey laboureur). (58)

Mickey Mouse> The Chain Gang/ Mickey forçat/ Symphonie enchaînée *** (USA 1930 – 8min) : Un opus plus interpellant après la poignée de mitigés, car il se passe en prison et pourrait prolonger l’atypique Barnyard Battle. Pour l’essentiel, c’est de la redite au niveau des airs employés et de leurs détournements. Parmi la joyeuse bande, un cochon danseur (balançant son ventre comme Mickey dans Opry) ! Pat Hibulaire est l’infâme gardien de prison mais des membres de son espèce sont casseurs de cailloux. La préfiguration de Pluto serait à voir dans le duo de chiens de garde, appartenant à la même race. (68)

Mickey Mouse> The Gorilla Mystery/ Gare au gorille *** (USA 1930 – 7min) : Sommes trois ans avant King Kong. Le dessin du gorille est très réussi, ceux du grenier, du couloir et des intérieurs en général m’ont eux aussi semblé plus élaborés que d’habitude. Les gags sont restreints mais le scénario ou ce qui s’y apparente plus accrocheur, même s’il se conclue sur une niaiserie standard. Minnie donne de la voix – une voix qui ne s’est pas toujours bien distinguée de celle de son partenaire. (68)

Mickey Mouse> The Picnic *** (USA 1930 – 7min) : Les passages avec les insectes chapardant la nourriture évoquent Minuscule (série et films) même si les styles sont éloignés. Première apparition claire de Pluto (celle dans Chain Gang est douteuse), pas encore doté de son propre nom. Un opus ravi de la crèche, où tous se chahutent sans dommages. (68)

Mickey Mouse> Pioneer Days *** (USA 1930 – 8min) : Les indiens (autochtones américains) attaquent puis capturent Minnie alors que ces gentils pionniers n’ont demandé qu’à débouler ! Néanmoins le film n’est pas spécialement incorrect, les antagonistes (renards) ne sont pas odieux ou ridicules comme ceux du futur Trader. Les deux camps égayent leurs soirées en musique – excellentes contributions. Un faux raccord avec une créature disparaissant une seconde (quand le vieux chante seul), à moins qu’on lui trouve une pertinence ‘rythmique’. (64)

Mickey Mouse> The Birthday Party *** (USA 1931 – 7min) : À partir de cette année je ne cherche plus à tous les voir, en tout cas pas maintenant. Mickey reçoit en cadeau… un piano ! Épisode euphorique. Les amateurs de personnages secondaires seront contentés. (68)

Mickey Mouse> Traffic Troubles/ Mickey chauffeur ** (USA 1931 – min) : Mickey conduit le gros cochon de la série (Percy Pig) puis Minnie, après avoir subi les remontrances de l’agent de police Pat Hibulaire. Du nouveau au début avec la traversée de la ville et sa boue (une simple flaque géante ? De kérosène ?), l’anthropomorphisme d’un véhicule ; mais beaucoup de déjà vu dans la seconde moitié, outrancier lors du point de vue derrière la vache. (58)

Mickey Mouse> The Castaway/ L’Esseulé/ Mickey naufragé *** (USA 1931 – 7min) : Mickey secondé par un adorable indésirable (issu d’une fratrie de Jungle Rythm) – plus tard rejoint par un singe plus bienveillant que celui de Gorilla Mystery. Naufragé sur une île, il attire les animaux avec son piano – eux créent de la musique même sans son accord, avec les éléments du décors voire avec leur propre corps. (66)

Mickey Mouse> The Moose Hunt *** (USA 1931 – 7min) : Pluto acquiert son nom. Lui ou son sosie est déjà apparu dans Chain Gang (secondaire et incertain) et Picnic (un des rôles principaux) en 1930. Ses puces l’envahissent déjà. Petite farce du chien qui se fait passer pour mort. Issue complètement fantaisiste. (66)

Mickey Mouse> The Beach Party ** (USA 1931 – 7min) : Toute la ‘bonne’ galerie est de sortie (Mickey & Minnie, Pluto, Horace & Clarabelle) – ne manquent que les cochons et autres personnages secondaires. Aussi euphorique que Birthday, mieux doté en gags. Que d’action mais pas si efficace car ‘one shot’ ou un peu lourdingue (pas besoin de quatre jets ratés sur la pieuvre, bon antagoniste, nouveau, réduit à pas grand chose). (62)

Mickey Mouse> Mickey’s Orphans *** (USA 1931 – min) : Un Micket de Noël. Une personne inconnue dépose un panier de chatons devant la maison du couple de grandes souris (Pluto dort devant la cheminée) – ces garnements (une dizaine de clones) vont tout transformer en terrain de jeu. La fausse barbe blanche flanquée sur Mickey ne suffira pas à les amadouer. (68)

Mickey Mouse> The Duck Hunt *** (USA 1932 – 7min) : Mickey a été mauvais danseur, le voilà mauvais chasseur. Notre héros est incapable de tenir correctement d’une arme – un danger pour lui et ses proches. Avec Pluto il se fera complètement balader par les canards sauvages (une belle brochette de prédateurs joyeux et sans haine, candides mais imprenables). (68)

Mickey Mouse> The Mad Dog/ Chien enragé ** (USA 1932 – 7min) : Il est déjà trop tard pour laver Pluto ! Pat va profiter de sa fuite pour essayer de l’embarquer au zoo. Trois silhouettes mi-connues mi-novatrices sont percutées dans la rue (la dernière est une sorte de canard asiatique). Comme dans Duck Hunt, les puces de Pluto le rejoignent à la fin. (62)

Mickey apporte son soutien émotionnel dans « Klondike Kid »

Mickey Mouse> The Klondike Kid/ Mickey au Grand Nord *** (USA 1932 – 7min) : Minnie en détresse, comme dans In Arabia, Fire Fighters et tant d’autres. L’équipe de danseurs, cochonne de saloon y compris, en rappellent d’autres – regroupés notamment dans Pioneer Days. Le Klondike vous est déjà connu si vous lisiez Picsou ! J’ai déjà crû déceler une parenté avec Chaplin dans Mad Dog, j’en retrouve une ici lors des deux dernières minutes avec la maison en pente dans la neige. Notez que le jeune Dingo [à sa quatrième apparition] se réjouit de danser avec une cochonne ivre morte (à la première minute). (74)

Mickey Mouse> Building a Building/ Bâtissons *** (USA 1933 – 7min) : L’industrie sous un angle candide et optimiste. Anthropomorphisme d’un véhicule de chantier (une pelleteuse) – sans qu’on soit sûr qu’elle soit vivante. Pat est un rustaud chef de chantier (son rire évoque celui de Bill du Bidgil). Serait largement repris de l’épisode d’une autre série Disney (Sky Scrappers de Oswald le lapin – 1928). (72)

Mickey Mouse> Ye Olden Days/ Mickey au Moyen-Age *** (USA 1933 – 8min) : Mickey plongé dans un nouvel univers, lui qui a toujours été dans le présent ou un présent parallèle. Le roi Pat (qui a été plus répugnant et monstrueux) fait enfermer Minnie et Clarabelle ! Dans le but de marier à son fils (Dippy Dawg soit le futur Dingo).. la première naturellement (notez ces pleurs hideux de la pauvre vache de chambre). À Mickey le ménestrel de la sauver – et saisir une opportunité d’être consacré chevalier en plus d’en jouer la part romantique presque anachronique (comme cette guillotine). Excellent ; 1933 est donc l’année où Mickey décolle (et profite d’univers renouvelés et d’histoires un peu étoffées à l’occasion). (74)

Mickey Mouse> The Mail Pilot/ Mickey postier du ciel *** (USA 1933 – min) : Mickey aux prises avec Pat (pas spécialement drôle ni captivant). L’optimisme du début ressemble à une propagande industrielle (éventuellement patriote) balancée en toute transparence (l’air s’enregistre particulièrement bien). (68)

Mickey Mouse> Mickey’s Mechanical Man/ Mickey mécano *** (USA 1933 – 7min) : Mickey entraîne un robot (très humain par son impulsivité et ses manières belliqueuses, seulement cartoon pour le reste) pour un match de boxe contre le gorille massif déjà vu dans la série (nommé Kongo Killer). Les bêtises et imperfections du robot lui valent les moqueries du public – mais forcément, tout espoir n’est pas perdu. La machine, qui n’est encore rien d’autre malgré des allures d’humain trop frais trop vide trop niais, permettra à Mickey de vaincre les forces primitives qu’il n’a précédemment vaincu que par chance (Gorilla Mystery, Castaway). (68)

Mickey Mouse> Mickey’s Gala Premiere ** (USA 1933 – 7min) : Un opus atypique, relié au monde ‘réel’ : Mickey y est l’invité vedette d’une soirée hollywoodienne, pour présenter son film, devant un parterre rempli des stars du cinéma de l’époque (des caricatures de personnages voire personnalités qui en sont déjà dans leurs propres spectacles). Évidemment c’est un succès total, tous sont hilares – sauf ceux qui en sont incapables. Mickey peut être raciste ou suicidaire mais jamais torturé ou polémique (même si pris au sérieux, il donnerait de quoi, surtout dans sa façon de traiter les animaux). Il y a quand même une chute sévère (similaire à celle de Mad Doctor). Mickey n’apparaît qu’au bout de deux minutes et demi, accompagné de la bande présente sur Beach Party. (58)

Mickey Mouse> The Steeple Chase ** (USA 1933 – 7min) : Mickey entiché d’un cheval alcoolique, inapte à la course ; poursuivi par une horde de moustiques pendant la compétition. Notre souris est l’objet d’un humour un peu sadique, l’air de rien. (62)

Silly Symphonies> Trois petits orphelins/ Three Orphan Kittens *** (USA 1935 – 8min) : Un Silly en technicolor et oscarisé. Tiré de la comptine anglaise Three Little Kittens (diffusée au milieu du XIXe), dont The Milky Way (1940) serait une adaptation plus directe ; au fond, hormis les trois chatons et le titre, la filiation n’est pas évidente ici. Une suite est sortie l’année d’après – More Kittens. (72)

Silly Symphonies> Trois petits cochons *** (USA 1933 – 8min) : Reprend le fameux conte. (72)

31m2 * (France 2010 – 15min) : Je ne fais pas partie des haters de Durendal et n’ai pas réussi à le prendre comme référence des vidéastes – la catégorie est encore trop insignifiante à mes yeux et j’en connais peu d’exemplaires. Mais ce court-métrage est sidérant et mérite sa réputation – au minimum et en ayant mis de côté ce qui vient des sentiments délirants nourris par le personnage. Un tel genre de films ne semble devoir exister qu’en privé – où il sera tout de même méprisable mais peu importe. Qu’il ait été porté au public et dans une projection devant plusieurs dizaines et même centaines de personnes laisse dubitatif. En acceptant son statut de film amateur et donc tolérant les manques inhérents, puis les fautes quasi inévitables, il reste encore un problème immédiat et objectif : le son. Le reste aussi est inepte. Dialogues improbables et patauds de même que les actions et le jeu du protagoniste (la fille est correcte). Aucune réflexion sur les décors (qui trahissent un jeune bourgeois englué – jusqu’au titre) et toute la mise en scène ‘vivante’ (que de l’ad hoc indifférencié côté lumière) – Durendal ne s’est préoccupé que des effets, ce qui n’a pas suffit à le pousser à user d’un savant usage du montage et d’un heureux recours au charcutage de masse. Au final nous subissons un sous-film d’une lenteur absurde – je me suis arrêté une première fois au bout d’une minute, ayant l’impression d’avoir déjà consenti un gros effort (ni humour ni ironie là-dedans) ; je suis revenu à la suite grâce à l’option accéléré, en trois fois. Enfin La Nuit a dévoré le monde lui doit quand même beaucoup. (16)

Mickey Mouse> Gulliver Micker *** (USA 1934 – 9min) : Un épisode avec un tonneau de souriceaux, où papa souris ridiculise l’autorité dans son imaginaire emprunté à Swift. Aucune douleur pour Mickey quand les liliputiens le canardent – les coups le font sourire. L’araignée tout aussi géante vient corriger cet abus. (68)

Mickey Mouse> Mickey’s Steamroller/ Le rouleau-compresseur de Mickey ** (USA 1934 – 7min) : Apparition des neveux de Mickey au cinéma (Jojo et Michou) – crées en 1932 dans la bande dessinée. Ils ressemblent au troupeau de petits vus dans Gulliver, sans être aussi minuscules. Pas nécessairement hilarant. Les derniers plans sont plus marquants – la poursuite de tonton Mickey à bord du train. (58)

Extrait des 'Cent Trucs' de Segundo de Chomon

Extrait des ‘Cent Trucs’ de Segundo de Chomon

Segundo de Chomon> Ah ! La barbe / The funny shave *** (France 1906 – 2min) : Comédie fort glauque d’arrière-goût. Les amateurs de Killer Klowns pourraient apprécier ces hallucinations face au miroir. Un des mieux notés de Chomon chez moi, mais pas d’une ‘longue’ durée comme Hôtel électrique. (68)

Zecca> La fée printemps ** (France 1902 – 3min) : Un film de ravi de la crèche niaiseux sensibles à la magie (donc hérétiques mais braves). Le personnage éponyme apparaît colorié en jaune. Un spectacle assez joli finalement mais exagérément lent et démonstratif (comme souvent chez Zecca et contrairement à Chomon). Fait partie des débuts de la longue collaboration de Ferdinand Zecca (A la conquête de l’air, La vie et la passion de Jésus-Christ, Histoire d’un crime) avec Pathé ; également des films coloriés chez Segundo de Chomon, qui assurait la distribution de productions Pathé à Barcelone. (48)

Segundo de Chomon> Les Cent Trucs ** (France 1906 – 3min) : Film à trucs [de montage] avec des acteurs très enthousiastes et une forme parfaitement théâtrale – et de jolis chiffons. Réalisé dans les premiers mois d’activité de Chomon en France (il est crédité de 234 réalisations sur IMDB). (52)

Segundo de Chomon> Le roi des dollars ** (France 1905 – 2min) : Un des premiers films tournés par Chomon en France. Film à trucs très minimaliste, colorié. On y voit un homme déglutir de l’or. (52)

Segundo de Chomon> Une excursion incohérente *** (France 1909 – 8min) : Une comédie aux accents surréalistes et avec quelques trucages élaborés tirant vers le fantastique. Notable pour sa séquence d’animation reflétant un rêve. Les farces proprement humaines ne sont pas nécessairement brillantes et polluent la fin de séance. Un des derniers films de Chomon avant son retour en Espagne. (66)

Zecca> Les victimes de l’alcoolisme ** (France 1902 – 5min) : Histoire morale laborieuse soulignant l’existence de la famille puis le gâchis au bar et la chute dans la pauvreté. Très prosaique et se termine en internement forcé (pas mal luxueux) en maison de fou. (46)

Zecca> La course des sergents de ville ** (France 1907 – 5min) : Style anglo-américain. Zecca s’est beaucoup inspiré de l’école de Brighton et c’en est probablement la meilleure illustration – impossible de ne pas penser à Daring Daylight Burglary (1903). Pas vraiment drôle mais tapageur. Pour une autre antiquité avec un chien, voir Rescued by Rover (1905). (58)

Silly> Frolicking Fish *** (USA 1930 – min) : Ballet de créatures marines. Dramatisation minimale. Plus adorable que Merry Dwarfs et assez proche de Night/Une nuit mouvementée. Notable pour son animation d’une fluidité rare à l’époque, grâce au ‘chevauchement’ (ou ‘overlapping action’). (74)

Silly> Monkey Melodies *** (USA 1930 – 7min) : Un autre Silly dansant et également chantant. Dans la jungle avec des bandes de singes ; un tandem de perroquets puis des crocodiles se joignent aux festivités. Ils finissent par arrêter les farces quand passe leur repas ; d’autres figurants de la jungle prendront le relais. (72)

Silly> The Merry Dwarfs ** (USA 1929 – 6min) : Cinquième de la collection et dernier de la première année. Sympa quoiqu’il semble un peu s’éterniser. Les airs sont ceux qui reviendront constamment chez Mickey et dans une moindre mesure dans les autres Silly. Apparaîtrait dans Roger Rabbit de Zemeckis. (62)

Silly> La danse macabre / Skeleton Dance *** (USA 1929 – 5min) : Point de départ des Silly. Sorti en août 1929 et copyrighté fin janvier 1930. Mickey est alors en train de connaître un succès rapide (corrigeant l’échec des deux premiers muets de 1928, sonorisés suite à Steamboat). Interdit au Danemark selon un NY Times de février 1931 car « trop macabre ». Malgré la nature des héros et les frayeurs de leurs rencontres, la danse est plutôt guillerette – mais comme peut l’être une débauche démoniaque. Le hibou de l’ouverture, le style des quatre squelettes et des chauve-souris reviendront plus tard (pour les deux derniers, dans Haunted House chez Mickey la même année) ; le chien hurlant au clair de lune ressemble à Pluto. (68)

Silly> Cannibal Capers ** (USA 1930 – 6min) : Huitième de la série et premier Silly tourné sans l’animateur Ub Iwerks ni le compositeur Carl Stalling. N’a ni le charme ni la puissance des passages de Mickey en Afrique (comme Trader de 1932). De bons plans et un scénario en rade, un casting faiblard avec un seul antagoniste (lion) sèchement rabroué. (52)

Extrait de ‘A Happy Family’

Krazy Kat> Kannibal Kapers ** (USA 1935 – 6min) : Les Silly Symphonies ont eu des concurrents et des plagieurs, certains de renoms (Merrie Melodies, Happy Harmonies). Ce film de la série Krazy Kat s’ajoute probablement à la liste, puisque son titre se confond avec Cannibal Capers, Silly de 1930. Comme l’ensemble des courts de cette collection issue de la bande dessinée, il est produit par Mintz, écrit et supervisé par Ben Harrison. Forcément c’est différent d’un Silly : la partition musicale est contemporaine, autrement enjouée, le style est plus lourdaud, les physiques plus gras, plus à la Betty Boops. Ajouté à la quasi absence d’animaux (et les apparitions faibles du chat), cela rend le film moins attachant qu’un Silly générique – mais pas nécessairement moins que Cannibal Capers, opus assez faible et lui-même détaché du lot par ses auteurs voire sa technique. Enfin ce Krazy Kat lui-même se distingue de ses homologues car le petit héros n’y partage pas l’affiche avec sa fiancée. Un détail remarquable au milieu des ‘africains’ surdoués de la musique : l’hippopotame utilisé comme taxi. (54)

Krazy Kat> The Stork Exchange *** (USA 1927 – 7min) : Encore à l’ère du muet, avec une plus large équipe créditée et le physique traditionnel du chat (plus fin que dans Kannibal Kapers). Animation parfois très rigide (les bébés), mais aussi très vive. Belle variété de personnages, beaucoup d’action et d’invention. Deuxième moitié moins intéressante avec ses farces. Aurait une sorte de remake nommé Stork Market (1931). (64)

Krazy Kat> Weenie Roast ** (USA 1931 – 6min) : Troisième que je vois de cette série et premier avec sa petite amie. Le feu prend littéralement vie pour devenir leur camarade de danse et de chant. Montagnes russes dans la seconde partie (avec des crocos dans le tunnel). Ceux qui ont aimé Karnival Kid avec Mickey pourraient apprécier. Les puces à la fin ressemblent à des mini Kray ! Façon de remettre les enfants à leur place présumée ? Ce Krazy Kat est sorti la même année (une des plus prolifiques) que Disarmement Conference que je n’ai pas trouvé. (62)

Krazy Kat> A Happy Family ** (USA 1935 – 6min) : Un dessin animé pour dévergonder les enfants. Comédie où les protagonistes ont le goût de la destruction et où deux volailles prêtes pour le repas se mettent à danser devant une série de chats attablés. Des étrangetés dans l’album de famille au début. Attention syndrome ‘familles nombreuses’ comme dans de nombreux cartoons ou jeux vidéos, avec une masse de clones. (58)

Krazy Kat> Birth of Jazz ** (USA 1932 – 6min) : Plus ambitieux que les autres, mais finalement enchaîne des références assez triviales dans la culture comme dans le dessin animé. Plusieurs plans ingénieux ou imaginatifs, la plupart au début. Euphorique mais comme d’habitude avec Krazy Kat, les vibrations sont lourdes, ce n’est pas nécessairement communicatif. Des cigognes plus sophistiquées que celles de Stork Exchange. Une apparition de Franz Liszt en spectre au piano ! Deux ans après Jazz Rhythm dans la même série. (62)

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11 Nov

le trou noir

2sur5  Film SF produit par Disney, c’est un classique pour certains nostalgiques, sauf que la plupart des cinéphiles le zappe allègrement ou ignorent son existence. Sorti en 1979 et s’inspirant du Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, The Black Hole est facile à caricaturer et demeure enfermé dans son temps et limité par de saillantes ornières. Ce film est trop tributaire des autres références de la science-fiction au cinéma déjà passées à son époque, tout en relayant des thèses rebattues.

De plus, il emprunte son esthétique à Star Wars (et d’autres éléments, de fond et de décors, à Planète Interdite) voir dans une certaine mesure aux Star Trek, donnant l’impression de vouloir récupérer des lambeaux de leurs auras. Pour autant Black Hole peut susciter un profond attachement grâce à sa bonhomie avertie. Le film démarre sur des échanges techniques et scientistes à foison, vulgarisées mais gardant une forme relativement sophistiquée. Entre en scène le docteur Reinhardt, le visionnaire, le fou dangereux, intelligence supérieure et arrogante courant vers la tragédie, stimulant optimisme et pudeur confondus chez notre bonne petite troupe initiale.

Malheureusement nos astronautes sages et pépères peinent à s’opposer sérieusement. Le spectacle devient une suite de bavardages sur le dilemme existentiel face au démiurge. Reinhardt est au-delà d’une démarche prométhéenne puisque son aventure est celle d’un individu plus abouti et téméraire prêt à sacrifier ceux qui le précèdent, dans l’Histoire comme dans la hiérarchie. Face à lui, l’équipage commente la situation et brasse de l’air, se laisse finalement porter tout en protestant. Les auteurs adoptent la même attitude : les scénaristes font le tour du sujet sans allez au-delà des grandes lignes ; le réalisateur ne tranche pas non plus, laisse se dérouler cette histoire faible et l’illustre sobrement.

Le Trou Noir n’est pas un mauvais film, c’est du kitsch sympathique, pas idiot mais aucunement développé, pas original ni ingénieux mais adroit dans sa superficialité. Il s’adresse plutôt aux enfants vifs. Le robot Vincent fait clairement office de mascotte et son tandem avec Bob se veut l’atout candeur de service. On ne s’ennuie jamais mais on suit d’un œil morose, perpétuellement déçu par les faux-départs de théoriciens penauds. Reste un beau final déchiré entre perspective apocalyptique et rêve psychédélique ; charmant mais insignifiant.

Note globale 53

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Suggestions… L’Aventure Intérieure

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LA PETITE SIRÈNE **

13 Juin

2sur5 Sans atteindre le niveau de la série de gadins des années 2002-2012 de Disney (jusqu’au sursaut de La Reine des Neiges), La Petite Sirène s’avère un Disney de petite envergure et c’était à sa sortie (1990) l’un des « classiques d’animation » les moins impressionnants du studio. L’appartenance à cette catégorie (28e sur les 36 longs à l’époque) se justifie d’autant plus compte tenu grand respect de tous les codes traditionnels observable dans La Petite Sirène (en plus de la série de déclinaisons pour le petit écran et des masses de produits dérivés).

 

C’est tout le drame : pourtant inspiré du conte d’Andersen (1836), La Petite Sirène est le conte disneyen de base et ne semble avoir aucune identité. Il pioche sur sur les grandes références ou les archétypes les plus outranciers, sans savoir faire autrement qu’en en caricaturant l’essence. Les dialogues sont terrifiants, l’écriture lamentable. Chaque thématique soulevée est compromise par l’absence de vision des auteurs, à commencer par le schéma de la princesse rêvant d’ailleurs ou encore de l’amour impossible et réprouvé par ses aînés et la société. Heureusement Pocahontas a su corriger le tir avec un point de vue mature et conséquent sur ces sujets.

 

Et justement, qu’en est-il de cette société, qu’en est-il de ces aînés, quelle est leur morale, leur univers ? On ne voit que des bribes grossières de leur quotidien, mais jamais le spectateur n’accède à leur intimité. Pour égayer cette visite très superficielle, Disney mise sur sa volonté de faire exotique. Côté personnages, c’est donc un échec, les mascottes insipides et vulgaires défilent et s’esquintent en vain (insupportable poisson clown). Au niveau des dessins c’est plus intéressant et ceux du royaume inspirent un mélange de satisfaction et de frustration, car il y a vait là un domaine au fort potentiel.

 

Enfin une méchante remarquable est mise en avant. Il s’agit d’Ursula, une vieille dame aigrie (évoquant celle de Tom & Jerry le film), qu’on imagine autrefois élégante. Inspirée de la drag-queen Divine, Ursula se caractérise par une sensualité rauque en supplément. La différence est assez profonde mais le machiavélisme beauf dont elle fait preuve est un bel hommage à la démarche de Divine, bien que celle-ci soit davantage sincère et suicidaire. Elle exultera lors d’un beau final avec une grande performance destructrice où Godzilla s’est travesti en poulpe.

Note globale 44

 

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Suggestions…

 

MBTI-Ennea = Ursula, ESTJ sx (en inadéquation avec Divine, SF et so)

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SEANCES EXPRESS n°24

24 Oct

> Les Enfants du Capitaine Grant** (61) aventures – familial US

> 5150, rue des Ormes** (59) thriller Canada

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LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT **

3sur5 Les Enfants du Capitaine Grant est un film Disney tiré de l’œuvre de Jules Verne, sur lequel les studios s’étaient déjà basé à plusieurs reprises, dont notamment 20 000 lieues sous les mers. Il a été tourné par Robert Stevenson en 1962, quelques années avant ses célèbres Mary Poppins ou Un amour de coccinelle.

Soutenus par le professeur Paganel, deux enfants se lancent à la recherche de leur père en se basant sur un indice dérisoire (le message trouvé dans une bouteille). Ils vont devoir traverser les océans. Au programme, enlèvement par un condor, scènes d’évasion et de poursuite, escapades à haut risque et associés malhonnêtes.

Le film est en perte de vitesse dans son second tiers, mais c’est juste avant d’atteindre son climax auprès du volcan, séquences aux puissants charmes et effets spéciaux, où notre joyeuse troupe doit fuir des Maori teigneux, une nature démente et retrouver le vaisseau et les bandits qui les en ont débarqué.

C’est un film ravi de la crèche, avec un sens de l’aventure et un optimisme à toute épreuve.Les personnages affrontent la montagne et les tempêtes avec une humeur guillerette et volontaire bonne à dérider le plus blasé des spectateurs. L’ensemble est néanmoins orienté vers un public enfantin, les autres n’étant pas concernés de la même façon. Il est donc idéal pour un public familial, juvénile ou en périodes de loisirs.

Il n’empêche, on prend plus de plaisir ici que devant des adaptations censément  »adultes » et pas moins grand-guignolesques de l’œuvre de Jules Verne, comme L’Île Mystérieuse. Avec son lot de facéties, de chausse-trappe et d’excentriques sympathiques, le film propage une joie précieuse. Il se referme sur de magnifiques généralités claironnées par Maurice Chevalier, lumineux : « plus ça change et plus c’est pareil ; et puis mes amis, tous les climats sont propices à l’amour ». Et tout est dans ce registre. Naïf, pour le meilleur.

Note globale 61

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5150, RUE DES ORMES **

3sur5 Prix du Public de Gerardmer en 2010, ce film québécois de Éric Tessier a été tourné en collaboration avec le romancier Patrick Sénécal, dont l’œuvre a directement inspiré le métrage. Dans le film comme le roman, un étudiant est pris en otage par une famille, dont le père d’apparence insipide, prend très à cœur sa mission de justicier.

Vivace et imprévisible, le résultat est le fruit d’un parti-pris radical. Nous passons deux heures d’une banalité aberrante au sein de cette tribu tarée, enchaînant les face-à-face bigger-than-life et les petits événements légèrement surréalistes. La famille est au bord de l’implosion, tandis que Yannick noue des contacts subtils et contradictoires avec ses hôtes, tentant notamment d’amadouer la mère dépendante.

On peut rester pantois, d’autant que le film s’éparpille (incrustations fantastiques, bizarreries permanentes) puis resserre l’étau, toujours en se donnant comme un témoignage issu d’une galaxie parallèle ; mais certainement pas froid, tant Rue des Ormes s’assimile à un laboratoire psychologique sans la moindre distance avec son sujet. Une logique se découvre progressivement autour de ce combat illuminé pour le Bien et de cette histoire de séquestrations plus ou moins consenties.

Malheureusement, Marc-André Grondin (vu dans C.R.A.Z.Y) campe un personnage décevant dès le départ, apparaissant comme le  »jeune » de BD ringarde. Résumable à ses pathétiques  »fuck » en réponse à toutes choses et à sa tête de grunge apathique, il n’inspire aucune affection, les auteurs eux-mêmes semblant ne l’envisager que comme un cobaye. Malgré les avancées du film et la complexité accordée à chacun des protagonistes, cette limite concernant le héros restera, privant d’une attache qui serait décisive pour adhérer à ce projet décalé.

Entre Bernie, Canine et les travaux de Bouli Lanners, un thriller ironique avec une atmosphère spécifique, jamais glauque ni même tellement inquiétante malgré son sujet.

Note globale 59

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Séances Express : 21, 20, 19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1

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SEANCES EXPRESS n°20 : PARENTS/ENFANTS

22 Oct

> Mon père, ce héros** (53)

> Freaky Friday – dans la peau de ma mère** (52)

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MON PÈRE, CE HÉROS **

2sur5  En vacances avec son père, une adolescente s’invente une vie, le transforme en amant, s’invente un passé sulfureux qui l’aurait vieillie avant l’âge. Bref, elle s’invente une mythologie, une vie de mystères pour faire briller son aura auprès d’un brave surfeur croisé au détour d’une chasse passive déguisée en promenade mélancolique.

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Mon père ce héros est un film du réel. Il n’est pas dans le grivois, ni dans la niaiserie (quoiqu’il y bascule sans retenue avec le titre bossa nova du générique de fin par Depardieu), plutôt dans la peinture, naturaliste et kitsch façon soap girly des 90s, des humeurs adolescentes. En marge, une comédie tapant allègrement dans le trivial et le burlesque des familles, notamment avec les séquences impliquant Catherine Jacob, la connaissance lourde et proximité gênante pour tout un voyage.

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Tout le film est agité par la quête histrionique de Marie Gillain (dont c’est la première prestation sur grand écran). Il lui faut créer des histoires, provoquer des drames, l’intensité ; susciter l’attirance par déclencheurs superposés. La vie est trop simple, trop banale : elle risque de la rater pour des stimulations réelles qui n’auraient pas de valeur. Alors même s’il s’agit de tendre ses filets, il y a aussi le besoin de se gonfler : ne pas être une simple fille, avec une jeunesse ordinaire, des histoires confondantes. Non, avoir vécu vraiment ; et en s’inventant mille aventures, on a déjà toute une contenance, presque des souvenirs et une dimension mystérieuse. On est totalement dans un décors adolescent, dynamité par une mise en scène de soi, de son propre corps : puisqu’il n’y a presque rien à perçer, inventons le trouble. Commençons par mimer la vie pour faire partie des vivants.

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Comme toujours, ce qui devrait être un roman-photo sucré et insipide et totalement éveillé par la présence de Depardieu. Au milieu du film, son personnage, André, rentre dans le jeu de sa fille et s’amourache de cette combine. Quiproquos en chaîne : on flirte avec les limites de l’impudence, les estivants sont tétanisés, le spectateur jouit d’une telle absurdité, pendant que toute une série de doutes maintient la tension et la crainte que tout ce théâtre ne bascule. Le film trouve là une certaine épaisseur, redoublée par la contribution téméraire du père, qui lui-même charme le garçon convoité par sa fille, comme s’il devait en devenir le tuteur, l’ombre, le mentor ou le modèle à égaler.

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Ce charmant et modeste film annonce d’autres collaborations pour Depardieu : il rejouera notamment pour Gérard Lauzier cinq ans plus tard pour une autre chronique, plus sociologique et plus percutante, Le Plus Beau Métier du Monde. Par ailleurs, il reprendra son propre rôle dans le remake américain My father the Hero.

Note globale 53

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FREAKY FRIDAY – DANS LA PEAU DE MA MÈRE **

2sur5 C’est vraisemblablement la concession de Disney à une mascotte trop âgée maintenant pour être simplement gentille : on lui accorde donc quelques écarts caractéristiques de sa condition et un joli tube rebelle, Take Me Away, dans la lignée d’Avril Lavigne. Remake d’un film de 1976 de Gary Nelson, avec Barbara Harris et Jodie Foster, Freaky Friday version 2003, celui que nous avons tous retenu, vaut essentiellement pour la rencontre de deux actrices fascinantes (Jamie Lee Curtis et Lindsay Lohan) et dans une moindre mesure, son comique de situation hystérique. Pour une journée haute-en-couleur et décisive, la mère et la fille se retrouvent dans le corps de l’autre, lui faisant subir des mimiques et des idiosyncraties antagonistes.

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Ce n’est pas une surprise, mais une vision un peu beauf et abrutie se dégage de l’approche du sujet. Les adultes ont oubliés d’être cool, l’irresponsabilité est la liberté ultime, la rencontre entre la fausse mère et le looser sur lequel fantasme sa fille consiste en une échange de références musiques ringardes et daubesques au possible (rock adulescent et classicisme plouc). En confondant brutalité et originalité, désinhibition et ouverture, liberté et coolitude grotesque, Freaky Friday se met à la hauteur d’enfants ou de jeunes adolescents.

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Néanmoins le film est assez délectable pour ses deux actrices, pour les paradoxes à l’œuvre. Il joue la carte des contrastes brisés et le fait avec exubérance. Deux grandes actrices en totale roue libre : voilà le meilleur programme, la meilleure façon de doper le film même le plus anecdotique. On est partagé : d’un côté, mieux vaut encore le Disney ostensiblement moraliste et guindé. Il ne gagne pas toujours à simuler le lâcher-prise. De l’autre, c’est tout de même un divertissement électrique, relativement inepte sur le fond et grossier sur la forme, mais habité de discrètes ingénuités et de caricatures attachantes.

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Quoiqu’il en soit, Freaky Friday va éviter la réunion des contraires et demeurer dans l’opposition candide. Il y a réconciliation néanmoins, par le haut : le final est conformiste dans sa teneur sous un vernis allègre, mais il montre aussi des individus apaisés, avec la volonté d’assumer une forme de maturité, d’acceptation de l’altérité et d’affirmation honnête de soi.

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Cependant le film passe, quoique pas totalement, à côté de l’occasion de former des espèces de « sur-femmes » authentiquement atypiques (et donc  »affranchies », ce qu’elles pensent déjà être, à tort). Le rapprochement et la synthèse des excès de chacune des deux femmes, de ces attitudes entières dans des corps impropres et pourtant sans ambiguïtés engendrait de véritables personnages ; à la fin, lorsque tout le monde reprend sa place, tout le monde y perd en charme et en puissance. A cette consécration-là, Freaky Friday préfère une dialectique mère-fille de bon aloi, aussi parfaitement  »rock » qu’archaïque, boursouflée et piteusement démagogue dans ses mécanismes.

Note globale 52

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