MINI-CRITIQUES 2

28 Avr

Seconde vague de Mini-critiques, avant la première pour les séances Mubi.

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Cujo * (USA 1983) : Ce film d’épouvante récolte des appréciations très contradictoires, du ‘culte’ nostalgique aux tomates moisies pour nanars accablants. Je suis plus proche de la seconde troupe. Cujo est lent, redondant, trop centré sur ses personnages insipides – notamment sur la mère et le fils. La première échappe un peu à la platitude générale par sa faute morale, le second jouit d’une VF phénoménalement cruche. La créature est pour le moins décevante, les quelques plans subjectifs avec la bête sont très courts (celui de l’intro est une exception, l’enjeu est médiocre puisque le chien y course un lapin). Le film manque de ressources dramatiques, les flottements après le combat de la mère le démontrant par l’absurde. Le huis-clos arrive trop tard et bien sûr le final est médiocre. La mise en scène est brutale mais de bonne tenue pour du gros bis qui tâche. Sur le thème des chiens tueurs il vaut mieux encore Dressé pour tuer/White Dog, pour un chien maléfique de plus haut niveau préférez Baxter. (40)

Cowboys & envahisseurs * (USA 2011) : Réalisé par Jon Favreau après les deux premiers Iron Man. Mélange western/science-fiction assez improbable sans verser dans l’humour. Au XIXe s’organise une chasse du syndicat des cow-boys contre des extraterrestres aux trafics sinistres. De courtes hallucinations couleur glauque sont servies en guise de flashforward hypothétiques pour ces pauvres terriens. Les personnages se la jouent lourdement burnés, le ton devient grandiloquent et l’écriture est bâclée. Les effets spéciaux sont à la fois très expansifs, apparemment ambitieux et salement kitsch. (37)

Gorky Park ** (USA 1983) : Par le réalisateur des futurs Gorilles dans la brume et Le monde ne suffit pas. Ce film américain tourné sous Reagan se déroule en Russie. Produit assez banal au rayon espionnage/thriller, mais doté d’un cadre et de termes un peu exotiques, avec des parti-pris inhabituels, un rythme tendu mais posé, un souci des psychologies. Choix pas nécessairement payants, surtout le dernier.

Par son biais les USA livrent une représentation à charge de l’URSS, en dénonçant en plus de ses vices idéologiques et de son autoritarisme (crimes du KGB) sa désintégration en marche. Mais la corruption et le cynisme n’ont pas de frontières. La vision est pessimiste, ce qui peut donner l’impression d’une Amérique vaguement auto-critique.

Ceux qui ont accroché peuvent se tourner vers Réincarnations de 1981, fantaisie horrifique partageant beaucoup de points communs, en esprit et dans les détails d’ambiance. (56)

Falbalas ** (France 1945) : Jacques Becker a réalisé Casque d’or, Touchez pas au grisbi et finalement du Trou (vus les deux derniers) ; avant ceux-là il a tourné Falbalas à la fin de l’Occupation. Ce film est centré sur un couturier parisien et ses démêlées sentimentales avec une Micheline (Presle) brisant sa confiance, ses défenses et ses illusions.

Falbalas est donc un festival de mondains, pédants productivistes, plus encore (mais au second plan) d’armées de mannequins ou petites mains. Il est à découvrir pour les amateurs de mode ou ceux qui en veulent une vision inhabituelle (ancienne et française), vraisemblable mais sans les excès. Le milieu est relativement ‘libertin’ par rapport à la société, par les goûts et dégoûts.

On nous donne à contempler les loisirs (hauts-)bourgeois, l’amour discourtois, les exercices de séductions entre autres tenues de comptes.. puis le tout verse près de l’onirisme, avec un antihéros à la poursuite du romantisme perdu. Marcel Rochas, couturier d’envergure mondiale, s’occupe des costumes – deux ans après une contribution équivalente pour un film écrit par Cocteau (L’éternel retour). (56)

Communion ** (1989) : « Based on the true experience of one american family » dont le scénariste avait tiré un livre, ce film (par le réalisateur des deux premières suites de Hurlements) pourra plaire aux amateurs d’ufologie. Le style est très kitsch et l’écriture semble hasardeuse, avec du bourrage entre les éléments clés. L’environnement du protagoniste joué par Walken prend beaucoup de place (famille, amis, interlocuteurs) mais ne nourrit pas de conflits. Quelques mouvements et prises typiques de films d’horreur et notamment de slasher (ou de cauchemar) d’assez bon niveau.

Tournant majeur au milieu du film, à partir duquel la psychose, la parano justifiée ou non, une manipulation à la X-Files, deviennent envisageables – le risque de tomber dans la première dominant largement. Les apparitions sont cheap & plastique, pas sans charmes lorsqu’elles restent abstraites. Le climax niveau ‘fantasy’ a probablement inspiré l’épisode pilote de South Park avec la sonde anale. Bons interprètes mais les ambitions sont superficielles – hors-récupération d’un thème insolite. (57)

Real ** (Japon 2013) : Signé Kiyoshi Kurosawa (Kairo, Tokyo Sonata), un des réalisateurs japonais les plus suivis depuis Cure en 1997. Un jeune homme aux traits féminins plonge dans l’inconscient de sa fiancée dans le coma. L’expérimentation vire à la balade nostalgique, à la lisière du conte de fée – sombre et dépouillé. L’approche est sentimentale et prudente. Real rappelle Inception, The Cell, un peu Oshii, mais n’a ni l’éclat ni le panache de ceux-là. (52)

Tu seras mon fils *** (2011) : Centré sur la filiation et le rejet d’un fils trop fluet par son père. Proche d’un téléfilm sans bavures ni relâchements. Montre assez bien les enfermements dans des situations insolubles mais chargées émotionnellement (le fils qui ‘s’accroche’) ; et par extension le déni, pour retarder la prise de conscience entière et éviter conflits ou autres actions décisives. Acteurs très bons, bonne surprise du côté de Mairesse même si elle reste plus théâtrale que les autres. (64)

Fast and Furious 5 ** (2011) : Meilleur opus présumé de cette saga, découverte pour l’occasion sur TF1. Moins de vigueur dans la deuxième partie, à cause des préparatifs de l’invasion de la Banque et des approches indirectes ; plus de musique tapageuse d’ailleurs. Amitié limite et pleine de sous-entendus entre les beaux-frères. (53)

Hot Shots ! * (USA 1991) : Un des exploits de l’écurie ZAZ, parodie fonctionnant sur l’abaissement constant, soit de la dignité des scènes ou de l’esprit originels, soit en tirant tout vers le pragmatisme balourd. L’humour est essentiellement visuel, avec un petit côté ‘Les Nuls’ quand il passe par les dialogues ou attitudes en face-à-face.

Moins bon et varié que les Y a-t-il un flic, moins enfantin que le pilote dans l’avion, ce foutage de gueule fait pâle figure face à la Team America des auteurs de South Park. Concrètement Hot Shots épluche Top Gun, avec des agréments tirés de gros films récents (Full Metal Jacket, Danse avec les loups..). Il gagnerait à être concentré sur plusieurs cibles (comme son descendant Scary Movie) – ou totalement émancipé (OSS 117). (38)

Flic ou zombie/Dead Heat ** (1988) : Marqué par état d’esprit léger, parodique (des films à ‘mystère’ typiques de l’époque, qu’ils avancent sous le vernis policiers ou SF), mais surtout bête et lubrique. Poussif au début, quand les personnages prennent encore toute la place ; sauvé et dopé par son culot. Fantaisiste et grotesque, avec des séquences de gros bis torché : le climax étant cette séquence avec animaux morts voire quartiers de viandes zombiefiés, où on trouvera une attaque de cochons ressuscités. La scène où le sosie de Vincent Price plaide pour l’immortalité des riches est autrement croustillante. Le reste est peu intéressant mais enjoué (la danse au rythme des coups de feu – et de leurs déjections rouges, les poussées beaufs). (52)

Grand Hôtel ** (USA 1932) : Un des premiers ‘all star movies’ avec notamment Greta Garbo et Joan Crawford. La direction d’acteurs est extrêmement théâtrale, les décors se veulent baroques, sur tous les plans on sort le grand jeu. Produit dans un contexte d’optimisme généralisé, le film est habité par un esprit ‘progressiste’ (au-delà de la politique, où s’il faut classer il sera loin de toutes considérations élevées ou généreuses), balancé par les malheurs et les chagrins propres au luxe et à l’ennui des éléments parasitaires ou ‘show-biz’ des plus vernis (fût-ce le temps d’être dans la cour). Les fantaisies de riches (ou wannabee) sont bientôt englouties par les drames, les hontes, même la mélancolie, avec des démêlées criminelles en bout de course. (57)

Le prisonnier de Zenda ** (1952) : Format très carton-pâte avec une mise en scène proche du théâtre lors des présentations. Commence comme une balade touristique et vire au mélodrame masqué en film de cape et d’épées, sur fond de royauté. Combats peu crédibles et sentiments exacerbés, le tout très strictement emballé. Réalisé par Richard Thorpe (Le rock du bagne avec Elvis) à la même époque que son Ivanhoe. (55)

Sarajevo mon amour ** (Bosnie 2005) : Autour du secret d’une femme et mère. Ceux tombés sous le ‘charme’ de Goodbye Lenin !, ou généralement convaincus par les films ‘à prix’ à l’esprit un peu scolaire, devraient aimer. (58)

L’attaque de la malle-poste ** (USA 1951) : Rawhide, western se déroulant dans l’Arizona. Sans cow-boys dans la poussière ; huis-clos. Film de série rondement exécuté, tendu mais lent à la manœuvre, insignifiant au fond. Personnages pauvres sans être caricaturaux (hormis par les gueules côté idiots et/ou méchants). Beau travail du chef opérateur. (61)

Vincent, François, Paul et les autres ** (France 1974) : Histoires de cœur et blues de CSP+ quinquagénaires. Des femmes froides et frustrées remontées contre eux. Depardieu incarne la touche CSP- digne et petit aventurier posé. Franchement oiseux, ce film de mœurs n’aurait rien été sans ses acteurs. Yves Montand est lourd et mauvais pour un personnage infect dont le déclin est encore à peine perceptible. (44)

Hatari ! *** (1962) : Signé Hawks, un film qui pourrait réjouir en particulier les enfants. Foule d’animaux différents filmés de près. Proximité appuyée parfois entre humains et animaux (Dallas avec ses éléphants ‘domestiques’). Vision d’un zoo idéal, presque ouvert. Les scènes d’interactions humaines exclusives sont un peu plombantes. (68)

Tout ce que le ciel permet *** (1955) : Douglas Sirk, mister ‘mélo’ signe un de ses meilleurs films, indirectement politisé (comme Le temps d’aimer et le temps de mourir). Une bourgeoise d’âge respectable et un ouvrier envisagent de se marier. Le scepticisme, les railleries et le rejet sont au programme, pour la seconde moitié (d’une courte séance). Il est donc question de hiérarchies et de classes sociales, sans différences flagrantes ou éléments gadgets pour court-circuiter : la sortie d’un Tout ce que le ciel permet serait un bug aujourd’hui (hormis pour les joies de la comédie). Vif, synthétique, implacable plutôt que dégoulinant. Angélique au fond, non-conformiste en dernière instance (met les sentiments au-dessus). Style moins rococo que dans les autres opus que j’ai vus (tel Le secret magnifique). (73)

Le Marginal ** (France 1983) : Le dernier représentant de l’apogée de Belmondo, alors abonné aux polars. Celui-ci est caricatural mais aimable. Bébel fricote avec plus déviant que lui. Deray (La Piscine, Borsalino) sera à nouveau derrière la caméra en 1987 pour Le Solitaire, où ce numéro de flic ‘libre’ commencera à user. (59)

Les enfants Loups, Ame et Yuki *** (2012) : Conte joli en tous points de Hosoda, réalisé après La traversée du temps et juste avant Le garçon et la bête (un des bons crus de l’an dernier). Joue avec de nombreux clichés : le vieux bougon avec du cœur au fond, les enfants sur-kawai, la mère-courage aussi gentille dame qui ravale tout. (68)

Le Loup-garou de Paris ** (France 1997) : Film cosmopolite du réalisateur de Témoin muet, se présentant comme la suite d’An American Werewolf in London de John Landis (1981). Lorgne vers le slasher et se balade entre le teen-movie, la comédie lubrique et l’horreur gothique. Devrait plaire aux nanardophiles, pour lesquels ce sera un genre de blockbuster haut-en-couleur.

Malheureusement il devient trop décousu dans la seconde partie, où il s’effondre avec des éléments prégnants mais bizarrement employés, sinon sapés (les méchants skinh, la pente ‘film de poursuite’). Les fantômes de cadavres déchiquetés doivent-ils devenir des acolytes ingrats, ont-ils bien quelque chose à faire payer ou à apporter? Julie Delpy est en fâcheuse mais séduisante posture ; des images de synthèse (très ‘jeu-vidéo’ d’époque) enluminent les vues subjectives de monstres. (48)

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