MINI-CRITIQUES – COURTS 2

5 Jan

Liste plus courte que la première, fermée pour accompagner les bilans de l’année écoulée (ou demi-bilan comme c’est le cas avec les Mini générales ou avec les Jeux).

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La mer et les jours *** (France 1958 – 22min) : Une non-fiction poétique et stylisée, sans être un strict documentaire ni relever de l’art et essai – elle se présente indirectement comme une « chronique » dans le panneau d’ouverture, en rendant hommage aux morts peu avant ou à la fin de la production. Tourné à l’île de Sein dans le Finistère. Composition assurée par Georges Delerue. Le co-réalisateur Kaminker (frère de Simone Signoret) venait d’être assistant de Delannoy sur Notre-Dame et Maigret tend un piège. Il est mort à la fin du tournage, emporté par une lame. Chris Marker est crédité pour le commentaire. Dans le même registre on peut voir certains courts du jeune Jacques Demy, notamment Le sabotier du val de Loire. Pour la version romantique, voyez la fiction Remorques avec Gabin. (76)

Egged On / Pour épater les poules ** (1926 – 23min) : Charley Bowers est un comédien muet dans l’ombre de Chaplin, Keaton et ‘Glasses’, probablement car il cherche moins à faire rire qu’à surprendre. Comme eux il a livré des dizaines de courts et moyens-métrages burlesques où il joue un héros loufoque, maladroit, inventif. Contrairement à eux il est un des premiers contributeurs importants au cinéma d’animation, ce qui transparaît dans cet épisode même si la comédie reste théoriquement le principal. Cet Egged On s’articule autour d’une histoire d’œufs improbable. La créativité pèse davantage que les gags. Elle peut pousser dans des accès dignes du surréalisme (la paperasse, la poule assommée). Les catastrophes finales ont un arrière-goût de SF ou merveilleux. (62)

He Done His Best / Une invention moderne ** (1926 – 24min) : Charley Bowers est Monsieur Bricolo en garçon de cuisine, pour un épisode moins extravagant que le précédent. Le plus important est dans les dernières minutes, avec les productions de la machine et ses pousses ‘avant-gardistes’ en matière artistique. (58)

Now You Tell One / Non tu exagères ! ** (1926 – 22min) : L’un des plus appréciés de Bowers, où il vient raconter une de ses inventions à un cercle de menteurs professionnels amateur d’histoires invraisemblables. Malgré le déluge de chats à la fin et l’entrée des éléphants au début (et l’apparition de souris), ce court ne m’a pas paru plus stimulant ou impressionnant. Il se distingue par moins de bricolages pour plus de farces, de longueurs et de relationnel. (56)

A Sleepless Night / Une nuit sans sommeil ** (1940 – 12min) : Bien que sorti quatorze ans après les précédents et donc à la fin de sa carrière (mort précoce), ce film aussi est muet. Il met en scène un couple de souris proches de la peluche (et aucun humain). Ancêtre aimable et un peu obscur dans ses plans de Wallace & Gromit, voire d’Itchy et Scratchy par son sadisme. (60)

Many a slip / Bricolo est inventeur ** (1927 – 11min) : Bowers sur une affaire de peau de banane non-dérapante. L’anecdote intéressante du film est le ‘microbe’ (en petit costume avec ses gants énormes) observé au microscope. Pour le reste j’ai été absolument non-réceptif à cet épisode versant beaucoup dans l’humour. (50)

Fatal Footsteps / Le roi du charleston ** (1926 – 22min) : Où Bowers s’invente des chaussures spéciales pour remporter un concours de danse. Un opus différemment excité. Introduit une amoureuse, avec en plus un physique de princesse inhabituelle. Moins percutant par les histoires, toujours autant par les créations (tout de même des chaussures autonomes et un poisson sauteur), fort en gesticulations. Dommage que le son n’ait été généralisé que quelques années après, mais ce défaut n’est ni intrinsèque ni définitif. (56)

The Gown Shop / Zigoto couturier * (1923 – 15min) : Cherchez plutôt avec le titre original s’il vous intéresse (ou essayez Ridolini e le modelle). Un des films avec Oliver Hardy produit, écrit et réalisé par Larry Semon. De ce duo j’ai déjà vu Her Boyfriend. Cet épisode ne contient rien de marquant, hormis le petit crocodile sorti de la fontaine. Les gags se sentent plus et mieux que la cohérence – ou le scénario. (40)

L’histoire d’un jour ** (Yougoslavie 1941 – 9min) : Documentaire rapportant des images de la ville de Belgrade, démarrant sur le quotidien pour finir sur un concert après avoir fait un détour au zoo (pour un hippopotame). Tourné l’année de l’invasion de la Yougoslavie par les nazis. Romantique et lumineux, pas spécialement (de culture) réaliste. (62)

Corps de chasse * (France 1982 – 52 min) : Nanar franchouillard, techniquement apocalyptique, proposant une version alternative et plus teigneuse de La grande bouffe. Le début avec les seuls chasseurs est des plus déplorables sur tous les plans imaginables – le sexe ensuite booste la séance (‘en relève le niveau’ resterait une formule abusive). La tournure est ‘prévisible’ mais le film pousse à bout et dérape avec joie. Pas crédible – pendant le viol une femme hurle tout le long, gesticule, ne bouge que pour laisser la besogne s’accomplir. Elle disparaît après un lattage de couilles – seul truc crédible, mais c’est passif. Personne dans l’équipe ne s’est soucié de rendre la chose vraisemblable, ce qui en atténue la portée ; il n’y a que l’outrance et la transgression pour servir la récréation. Dommage, le réalisateur de Sexandroid aurait pu donner un meilleur destin à son film – aidé par sa rareté pour attirer les écumeurs de poubelles du cinéma. (22)

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Autres Mini-critiques : 9, 8, 7654321 + Mubi 4, 3, 21 + Courts 3, 1 + Mubi courts 2, 1

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