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POINT LIMITE ZÉRO *

29 Oct

2sur5 Recommandable aux amateurs de road-movie et très représentatif d’un certain cinéma des 70s, Point limite zéro est le film d’une génération contestataire essoufflée. Devenu culte, il est l’objet de sur-interprétations abondantes ; pourtant l’ambiance seule peut justifier un attachement ou un respect prononcés pour cette œuvre. Toutefois Point limite est trop candide, sporadique et sans vision. Il restera à l’ombre de Easy Rider et de Zabriski Point auxquels il emboîte le pas, tandis que tout le désenchantement nihiliste qu’il exprime ressemble à un brouillon honteux des deux premiers Max Max, conçus par George Miller en Australie à la fin de la décennie.

Vanishing Point est en fait un produit d’exploitation émancipé, où un commentaire idéaliste et anarchiste vient s’ajouter aux performances mécaniques. Le film propose de longues scènes de poursuites dans l’Amérique sauvage, sympathiques mais guère intenses ; ce qui fait le charme du film, c’est le désir de liberté exprimé, par l’action ; et la nécessité d’avancer dans cette nature hostile mais prompte à être dominée. La puissance en revanche est le gros manque de Point limite.

Ce point compromettant se marie assez bien avec le propos du film et la trajectoire de son personnage car il est aussi l’histoire d’un échec. Comme plus tard dans Thelma et Louise, on salue l’héroïsme de celui qui en évitant la punition d’une société fermée, préfère mourir libre aux pieds des forces de l’ordre qui le rattrape. Un choix regrettable mais apportant un peu de noblesse au tableau. En effet, Vanishing Point se veut brûlot et sa grossièreté ne serait pas un problème s’il frappait fort et précis, or il est insignifiant et confus.

Il exprime tout de même un rapport à l’existant d’un gauchisme navré et démoralisant. L’Amérique ? Un pays pourri rempli de bouseux racistes et d’intolérants. Les péquenauds sont vraiment les ennemis de la liberté et le cancer de l’Humanité ! Mais un cancer silencieux, regardez-bien comme ils sont là, bientôt la bave aux lèvres : la réalisation le souligne pour vous aider. Mais les soucis de l’homme viril quoique paumé ne s’arrêtent pas là.

Intervient alors la touche comique : c’est qu’on croise des pédés parfois, mais mieux vaut en rire. C’est donc l’occasion d’insinuer dans ce film très déprimé un humour gaillard, mais bon enfant, pas comme chez Eastwood. Par contre au milieu de ces figurines déshumanisées pour mieux les humilier et se rassurer sur sa condition de blaireau aux burnes contrariées, il y a les noirs ! Richard Sarafian et Kowalski sentent bien qu’ils subissent l’oppression, celle des institutions et celle des hommes du quotidien, aussi ils sont sensibles à leur cause. Enfin il y a les hippies, de bons gars mais à petite dose.

Vanishing Point est un film opportuniste et primaire, mais de bonne volonté et comme le disent les artistes et les groupies pour défendre une œuvre sans se fouler : sincère. Il a le malheur de pomper toutes ses idées chez les autres et d’avoir de la peine à aligner quoique ce soit de façon intelligible. Il n’est finalement qu’un objet cool mais dépressif, à l’existentialisme concret, dont la construction est si catastrophique (c’est en fait un empilement de flashback) qu’il semble étouffé par trop d’inspiration et de sentiments non élucidés et présentés avec peine. Ils n’en demeurent pas moins lisibles et peuvent faire écho chez un public partageant les valeurs, les rêves et les désillusions affichées.

Note globale 37

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THE FULL MONTY **

2 Sep

the full monty

2sur5  Cette comédie anglaise a été l’un des grands succès de 1997 : c’est un peu le Bienvenue chez les ch’tis de l’époque, la couche bé-bête en moins, un minimum d’allure de film de cinéma en plus. Par son postulat, il se pose comme un prolongement familial et léger du cinéma social irlandais et anglais. Six chômeurs vivant dans la banlieue de Shieffield subissent la crise de la métallurgie sous l’ère Thatcher (quoique le contexte politique n’est pas cité). Ils vont monter un spectacle de chippendales pour sortir de l’impasse.

Ni porno social ni wannabee Ken Loach, The Full Monty est un pur feel good movie ; et une comédie tête dans le guidon, avec son fil original, un décors pittoresque : superbe projet aux maigres résultats. D’abord il y a ce côté ‘culte’ poussif, avec gags et récurrences cherchant à instaurer une espèce de climat ‘private joke’, en mesure de provoquer une connexion très intense : les résultats au box-office et l’estime dans laquelle le film est tenu attestent de ce potentiel objectif. Seulement en-dehors de Wilkinson et Addy, les deux grandes révélations du programme, les gimmicks sont un peu las.

À l’initiative du spectacle, Gaz (Robert Carlyle) fait pâle figure en tant que leader et son enthousiasme est décalé et peu opérant. Nous sommes dans les 90s, ère Maman j’ai raté l’avion et un enfant blond est au rendez-vous, qui joue mal et s’avère une mascotte avortée, faute de mise en scène décidée. Le déroulement est assez efficace, la courte durée permet d’éviter les blancs menaçants ; l’écriture manque cruellement de développement. Au-delà de la situation des ouvriers anglais, la crise de la masculinité se prête avec évidence : il ne s’agirait pas d’en faire une thèse, mais il y a tellement à aller prendre dans cette zone ! Et tout est sciemment snobé.

Les personnages restent à l’état de figures sympathiques, avec leurs excentricités ou petits conflits comme pour Wilkinson et Addy. Les autres récoltent au mieux un traitement par la vanne, c’est le cas par exemple des deux homos du gang. Non seulement Full Monty est clairement bien limité mais il est handicapé par ce côté gamin absorbant toute sa matière. Un Dieu a posé le trou noir de la consensualité vulgaire et de l’insignifiance compulsive, Full Monty en a bloqué l’entrée. Toutes les forces réunies pour les besoins du film semblent partager un manque de discernement, allant compulsivement vers une sorte de bêtise lunaire inconséquente, peut-être inhibées par les possibilités de dérapages de leur sujet.

Car il s’agit tout de même d’un Flashdance inversé avec prolos se foutant à poil pour survivre. Ce qui en sort est facile, aimable a-priori, carrément vain, puis finalement surtout d’une ‘légèreté’ assez effarante.

Note globale 44

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Suggestions… Bridget Jones + Harry un ami qui vous veut du bien + Mommy

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CLASS 1984 **

1 Avr

class 1984

3sur5  Basiquement, c’est un drame en milieu scolaire ; pourtant Class of 1984 est souvent classé en science-fiction. Cette catégorisation hasardeuse va dans le sens dans son idéologie. Ajoutée à son issue extrême, celle-ci fit scandale et attira les foudres de la critique. Class of 1984 est très engagé : contre la délinquance juvénile, le laxisme dans l’éducation – personnelle et à l’école. C’est aussi un thriller redoutable et assez novateur à sa sortie (1982), démarrant très cheap, gagnant en puissance à mesure qu’il déploie les facettes de son logiciel. À la croisée du vigilante movie (dont le phare est Un justicier dans la ville avec Bronson) et du cinéma de violence urbaine décrivant un présent maudit (Les Guerriers de la nuit, L’ange de la vengeance), il met en lumière la dégradation de l’enseignement et la menace représentée par des tribus de jeunes sans foi ni loi. Il anticipe l’introduction des détecteurs de métaux sur les campus américains et se fait pionnier d’une vague de films sur le délitement et la violence scolaires (dont 187 code meurtre est un extrait fameux mais tardif). Pour les qualités visionnaires qui lui sont parfois prêtées depuis, pour son état d’esprit alarmiste et enfin pour sa synthèse des genres (et la présence de plusieurs références à des films impliquant une violence fatale – comme l’écho à Carrie et son bal ensanglanté), il est devenu un film culte.

Le profil d’Andy Norris est intéressant. Le spectateur débarque à Lyncoln puis traverse les épreuves avec lui. Le point de vue adopté se confond avec le sien, la seule marge étant dans sa réticence à accepter l’inéluctable ; sinon, son acharnement est salué en toutes circonstances. Ce nouveau prof est un  »idéaliste » et surtout un novice (dans ce genre de bahuts). C’est un bon bourgeois, bienveillant et confiant jusqu’ici, passant à la réalité la plus poisseuse et restant solide face à l’adversité. En d’autres termes, Andy Norris est le potentiel  »bobo bien-pensant » mûri par sa confrontation honnête et virile avec la violence, atteint par elle dans son idéal, dans son mode de vie et dans sa chair. Andy Norris est un intello doublé d’un organisateur (son action est aussi positive, comme en atteste l’orchestre) et c’est le prof idéal, celui que des chantres de l’ordre et de la répression accueilleront avec jubilation. C’est le bon gauchiste du droitiste, apte à requinquer les réactionnaires esseulés. Il a la vocation quand les autres sont usés ou complaisants. Démissionnaires, ils surveillent (car ils sont présents, après tout) et ne font rien. On ne s’étonne plus dans les rangs : les adultes savent que la loi couvre les jeunes, le flic est abattu, le proviseur stoïque (au plus fort il accepte encore tranquillement la situation : « le vandalisme n’a rien de nouveau monsieur Norris »).

Pire, le système se retourne contre celui qui remue le statut quo (c’est-à-dire la décadence) : un jeune s’abîme lui-même pour le faire accuser et l’administration menace Norris. Dans ces conditions, les profs ne peuvent que s’effacer ou suivre la politique de l’autruche. Pas de zèle : sans trop laisser-aller, il faut maintenir à flots, suivre l’exemple du proviseur qui se contente de tasser toute secousse et pense à sa future affectation. Et lorsqu’ils ne tiennent plus, leur pétage de plomb légitime se retourne forcément contre eux. La riposte d’Andy marque donc un sursaut de morale et de bon sens : un élan héroïque à son échelle, où l’individu droit s’avoue l’échec de son monde et du système dominant pour s’engager comme un éclaireur ; sa vendetta a des vertus sociales, c’est la réaction de l’homme sain cessant de louvoyer et purgeant ses tensions comme celles d’un monde en déliquescence. Andy réplique en jouant hors-piste lui aussi : on ne traite pas les voyous en prenant des gants, quand eux utilisent le système contre vous et alors que tout le monde prend leur parti, par résignation, cécité volontaire ou parce qu’on est un autre maillon de leur démence. Toutefois, même si le film prend son parti, il suggère les drames engendrés par ce climat de déchéance morale et sociale. D’ailleurs le leader de la bande de punks révèle son génie au piano ; c’est déjà trop tard, il est perdu. On laisse apercevoir les complexes de certains d’entre eux, leur dimension pathétique ; l’urgence et la brutalité des situations rendent la compassion inappropriée. Pas de rémission pour ces anarchistes dévoyés. Class 1984 montre l’impossibilité de raccommoder et ignore sciemment toute  »excuse » potentielle.

Les intentions du film sont toujours explicites et ses méthodes outrancières. Si l’aspect pataud heurte à l’ouverture, la charge générale et la puissance logée dans les caricatures changent vite la donne. Alliée à la démarche cathartique, cela peut rendre le spectacle jubilatoire, en tout cas lui conférer un charme supplémentaire, une densité dans sa texture vintage. Visuellement, c’est pas somptueux, la mise en scène manque d’intuitions sophistiquées mais pas de panache, la photographie est standard et sans grâce ; c’est bien ce volontarisme et cette colère qui rendent la séance si efficace, mais aussi un brio narratif. Mark L.Lester (auteur trois ans plus tard de Commando avec Schwarzenegger – un autre genre de kitsch ahurissant) laisse dans l’incertitude et met sous pression : le discours est tranché mais rien n’est acquis d’avance dans le récit. À moins d’être braqué la séance coule sans entraves, parle aux tripes et met au défi la raison face à des arguments obscènes : c’est Eden Lake avant l’heure, corrigé par une hystérie solennelle. Certains spectateurs marqués idéologiquement seront nécessairement outrés, même en y allant avec bonne volonté.

Note globale 63

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Suggestions… Harry Brown + New York 1997 + Orange mécanique + L’aventure du Poséidon + Dredd + Cobra + Inspecteur Harry + Mad Max + Le droit de tuer ? + L’Emmurée vivante + Hitcher/1986 + Légitime Violence 

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Caractérologie de Le Senne : Le film lui-même est, sinon exécuté par des Passionnés (conservateurs) très émotif, en tout cas imprégné d’un tel caractère. Andy Norris est un passionné (à la limite, Sentimental parapassionné se confondant avec les actifs) ; le directeur, un Flegmatique ; le leader des jeunes, un Colérique pré-actif, avec une Primarité modérée par rapport à ses camarades.

Scénario & Ecriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (2), Originalité (3), Ambition (4), Audace (5), Discours/Morale (3), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (2)

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LES Y A-T-IL UN FLIC ? **

16 Mar

Focus sur la trilogie des ZAZ avec Leslie Nielsen en vedette. 

L’opus bonus, Y a-t-il un flic pour sauver l’Humanité ?, n’appartenant pas à cette saga, il sera abordé à part.

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flic sauver reine

Y A-T-IL UN FLIC POUR SAUVER LA REINE **

3sur5  En 1980, les ZAZ se réunissent pour réaliser Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Cette comédie connaît un grand succès et transforme la carrière de Leslie Nielsen. Cet acteur discret révèle son talent comique au grand jour dans la peau du docteur Rumack. Il devient extrêmement populaire et abonné aux parodies, dont une grande partie est identifiée en VF par le Y a-t-il… Les opus les plus fameux de ce catalogue sont contenus par la trilogie des Y a-t-il un flic (Naked Gun), où Nielsen incarne l’inspecteur Frank Drebin.

Le film démarre sur une réunion de chefs d’états, une sorte de cousin éloigné des Guignols pas tout à fait hilarante, interrompue par l’entrée haute-en-couleur de Leslie Nielsen ! La classe américaine en prend un coup, de la fonction de gardien de l’ordre au film noir pastiché avec brutalité. C’est d’une témérité et d’une générosité remarquables, n’ayant d’égal que le mauvais, mauvais goût. La suspicion est forcément de mise et au départ on peut ‘s’accrocher’ pour rire.

Cela semble improbable a-priori, mais sitôt qu’on a accepté le ‘délire’ ça peut marcher. Il y a même de quoi y voir un avant-goût, plus souriant, plus visuel d’American Dad. La relation amoureuse de Nielsen et Priscilla Presley dope énormément le film. Au fur et à mesure que la séance progresse, Naked Gun gagne en valeur et en ampleur dans ses performances. L’humour des ZAZ n’est pas juste ‘gras’, c’est un déversoir de délires systématisés plus ou moins percutants, plus ou moins intelligents à leur façon, toujours grossiers.

Ce spectacle n’est donc pas glorieux et manque d’ambition en-dehors de la bouffonnerie, mais dans ce registre il pousse le vice à un degré intimidant. Le clip et la séquence de glaviots en série sont les climax de qualité au rayon lourdeur absolue. On ne sait plus trop s’il faut être un adulte en régression ou un enfant vicelard pour apprécier. En tout cas c’était moins saoulant que Y a-t-il un pilote dans l’avion ?, sans doute parce qu’il y a ici plus de liberté, plus de gueules et un côté nanar exalté catégorique.

Note globale 60

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Y A-T-IL UN FLIC POUR SAUVER LE PRÉSIDENT **

3sur5  Le second Naked Gun est plus carnassier que les autres. Ce film marche au culot, certes à un niveau bon enfant et transparaissant moins avec le recul des années. Le ton est légèrement politisé, à un niveau anodin là encore ; ce qui l’est moins c’est cet humour grivois très agressif. Y a-t-il un flic pour sauver le président est plus direct et plus adulte que son prédécesseur.

L’inventivité est toujours de mise, avec une avalanches de dialogues malicieux et notamment ce spot en faveur de l’énergie nucléaire. En revanche le scénario est terriblement con, mais agile. Indépendamment de la qualité de ses punchline ou de ses gags, ce Naked Gun est plus rempli que son prédécesseur, sans une seconde de répit.

Parfois surgissent des choses trop ridicules (la souris..) où l’emporte une certaine infantilité (le public endormi, etc) – innocence plombante voir fatale quand on vise déjà si bas. Les références culturelles sont nombreuses, parfois trop spécifiques pour être reconnues (running gag ou clins-d’œil à des choses comme Beverly Hills), bien que dans l’ensemble la parodie se concentre sur des films issus de la culture de masse (Ghost, ET..).

Il y a toujours une gêne au lancement, amplifiée par le générique avec la sirène de police. Les motifs de cette gêne seront confortés mais la séance passe plutôt bien, pourvu qu’on ait l’esprit léger. Et puis la beauferie obstinée c’est exotique. Dans ce domaine, les trois Y a-t-il un flic font partie de l’élite, leur contribution est même rafraîchissante, limite novatrice.

Note globale 56

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Y A-T-IL UN FLIC POUR SAUVER HOLLYWOOD **

2sur5  Troisième et dernier Y a-t-il un flic, juste à temps. Les deux premiers utilisaient la série Police Squad comme justificatif de départ, cette dimension-là s’éloigne maintenant. La parodie se concentre cette fois sur Hollywood et se repose sur une foule de citations, comme du Tarantino ou bien du Scary Movie avant l’heure (saga reprise en mains par les ZAZ à partir du troisième opus). Sont convoqués Les Goonies (les bandits), Les Incorruptibles (et la scène de l’escalier reprenant elle-même Le Cuirassé Potemkine), La Grande Evasion, Thelma & Louise, etc.

Le film est très efficace et conserve un rythme hystérique, mais il crée facilement la distance. Avant la prison, c’est limite, de façon encore plus marquée que dans les deux précédents opus. Les running gag avec les bébés et les échauffements autour de la libido tiennent du beauf ronflant. Les délires très systématisés caractérisant les deux précédents sont moins présents dans cet opus, mais il va en revanche très loin dans le scabreux sur le plan sexuel ou dans les grossièretés, de Mamy destroy aux jurons des familles. Les dialogues sont plus abondants, les phrases potentiellement cultes fusent ; les fans se régalent assurément, même si cet opus est reconnu comme un peu moins bon en général.

Certains moments sont franchement drôles, notamment lors de la remise des prix avec Nielsen/Drebin usurpant la fonction du présentateur. Il n’y a pas trois secondes sans gags, mais le manège est violemment kitsch, parfois vraiment trop lourdingue sur le plan visuel : le mélange de candeur extrême et de brutalité interdit toute élévation, dans quelque domaine que ce soit. Il faut être prêt à voir une comédie triviale mais néanmoins compétitive dans l’absurde, comme un Ace Ventura ou Police Academy de rang très supérieur.

Note globale 47

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TRILOGIE RETOUR VERS LE FUTUR ***

11 Déc

RETOUR VERS LE FUTUR ***

4sur5  C‘est l’un des films de référence des années 1980 et l’un des plus vus par les enfants de l’époque et même ceux de la décennie suivante dans le monde Occidental. Sans être un chef-d’oeuvre, il le mérite amplement, en tant que divertissement des plus délectables, concurrençant sinon dépassant le meilleur de la saga Indiana Jones. Retour vers le Futur reçoit justement le soutien de la même maison, celle de Steven Spielberg, produisant ce film co-écrit avec Bob Gale et Robert Zemeckis. Ce dernier, révélé par A la poursuite du diamant vert (film d’aventures soigné mais agaçant), sera également le directeur des deux opus suivants.

Il a suffit de ce film pour propulser Zemeckis au premier rang des entertainers de masse américains. Mise en scène hystérique, richesse de l’écriture, personnages outranciers (le Doc par Christopher Lloyd en tête), lot de non-dits (d’où vient l’amitié entre Doc et Marty?) sur lesquels spéculent les nombreux fans : voilà le style Zemeckis, fabricant de feel-good movie déjantés et expérimentateur visuel. Retour vers le futur profite d’effets spéciaux assez innovants et sans fausses notes contrairement à ceux d’un autre phénomène de l’époque, SOS Fantômes (où Reitman revendique sa préférence pour l’ironie, acide paraît-il). Le budget est conséquent mais pas monumental (18 millions de $, comme pour le premier Indy, loin des 30 millions de SOS Fantômes).

Il suffit en tout cas à soigner des gimmicks cultes, dont le plus fameux est la Delorean, la voiture permettant de voyager dans le temps. À toutes ces qualités s’ajoutent la balade dans les fifties. Qu’elle soit nostalgique, révisioniste ou les deux, elle permet surtout de confronter ses héros à des fantasmes que tout individu a pu nourrir : Marty McFly explore un temps sur lequel il a une longueur d’avance qui en ferait facilement un prophète, découvre ses parents à son âge, est aux premières loges pour assister à leurs émules de jeunesse et surtout à leur rencontre. Avec Retour vers le futur, comme dans La Mort vous va si bien et la plupart de ses réalisations, Zemeckis est dans un pur travail de surface ; cela ne l’empêche pas de toucher des points sensibles.

D’abord pénible à cause de son insouciance et de ses petites remarques insipides toutes les quinze secondes, Marty lui-même (interprété par Michael J.Fox) devient un élément agréable. Sa situation surtout suscite l’empathie, car l’expérience exceptionnelle à laquelle il est confronté est une occasion de résoudre des blessures intenses, qui ne sont pas liées à des drames précis, mais à la structure d’une vie. La première scène en famille montre une smala pathétique, avec un père partisan du moindre effort, se complaisant dans une vie médiocre et incitant ses enfants à s’en tenir là ; une mère épuisée et précocément vieillie ; des frères et sœurs ingrats à la conscience quasi nulle. Rien de méchant, juste l’allez-simple pour une existence lymphatique.

Ainsi l’aventure de Marty et Emmett Brown se donne comme l’occasion de ré-écrire l’histoire ou à défaut de sauver celle que nous connaissons. Il y a cette scène très cruelle venant clôre la séquence plus haut : la mère de Marty rencontre sa rencontre avec papa et y met du romantisme ; et lui, le crétin bienheureux, répond en s’esclaffant sur une émission puérile. Il n’est pas méchant, d’ailleurs il incite sincèrement à rire de l’objet. Naturellement il y aura un happy-end, la question est : allons-nous retrouver notre présent, avec ses défauts mais rassurant car il vaut mieux faire avec le Diable que l’on connait ; ou allons-nous améliorer ce présent qui est leur futur ; et dans ce cas, comment va s’exercer cette influence, quel rôle va jouer l’enfant pour réparer rétrospectivement la condition de ses parents ?

Note globale 72

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Suggestions…  Casper + Beetlejuice 

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RETOUR VERS LE FUTUR 2 ***

3sur5  L‘immense succès de Retour vers le futur force une suite. Pour Zemeckis et ses collaborateurs, il faut composer avec ce final dans le futur (2015), où Jennifer (la fiancée de Marty) est aussi impliquée désormais. Bob Gale s’en charge, réussit à tout raccomoder et apporte tellement de pistes qu’il y a la matière pour deux opus : une trilogie n’était pas à l’ordre du jour, mais les financeurs sont présents cette fois, alors Universal validera finalement.

Entre-temps, Zemeckis réalise Qui veut la peau de Roger Rabbit, date-clé dans la rencontre entre prise de vues réelles et animation. Un film  »culte » au sens populaire lui aussi, mais également assez contesté, voir raillé, surtout au fil des ans. Malgré tout Zemeckis s’épanouit dans la recherche d’effets innovants et Retour vers le futur 2 en profite. C’est l’opus le plus riche de la trilogie sur le plan graphique. Les auteurs ont imaginés des dizaines de gadgets faisant partie du quotidien de leur futur situé en 2015 (soit 26 ans après le film), dont le plus connu est l’hoverboard.

L’intérêt de ce second opus est de profiter à fond des possibilités spatio-temporelles et décupler les implications. C’est donc un méli-mélo réjouissant, rempli d’allez-retours entre les différents passés et futurs. Doc et Marty retournent notamment en 1955, où Marty doit agir en coulisse à son degré. Les différents doubles se croisent ou s’esquivent et menacent à tout moment de rompre l’équilibre, d’annuler des existences ou des destinées, voir de compromettre l’Univers tout entier. Les séquences du premier film sont ainsi revisitées et la complexité est au service de l’action.

Note globale 69

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Suggestions…  Les Sorcières d’Eastwick 

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RETOUR VERS LE FUTUR 3 ***

3sur5  Dernier opus de la trilogie, sorti peu après le second. Doc et Marty poursuivent leurs péripéties spatio-temporelles, cette fois en allant vers le passé. L’essentiel se déroule dans l’Ouest américain en 1885, chez les cow-boys. Marty se retrouve dans le ranch d’un arrière-arrière-grand-père, emprunte le pseudo de Clint Eastwood et s’intègre à la population locale. Il doit faire face à un autre ancêtre, celui de Tannen, toujours aussi agressif et dominateur. De son côté, le Doc de 1955 fait une rencontre amoureuse !

Retour vers le futur 3 est un très bon divertissement, avec des moments poussifs. Il est peut-être plus bancal dans la première moitié et surtout comporte plus d’erreurs que ses prédécesseurs. Il vire même à l’arbre de Noël exalté, avec son trop-plein de costumes burlesques et de barbes factices, comme celle du McFly d’antan. Dans l’ensemble, cet opus s’avère profondément différent des deux autres. Il est le moins apprécié de loin et leur est en effet plutôt inférieur. Il conserve cependant la même fureur créatrice et cette pseudo-nostalgie dépaysante.

Ce dernier acte a aussi une tendance à se permettre des références culturelles et anachronismes. Quand au traitement des personnages, il est à la fois plus chaotique et dramatique. La version Far West de Tannen est une véritable humiliation de son égo. Ses apparitions ubuesques inspirent une certaine tristesse, voir un profond désespoir, car sous les effets de manche il n’y a qu’un damné. De toutes façons, l’optimisme l’emporte globalement et la philosophie conséquentialiste est appliquée jusqu’à être signée dans un laius du Doc.

Note globale 64

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Suggestions… Gremlins

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