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NECRONOS – TOWER OF DOOM **

10 Mai

2sur5 Z horrifique fantaisiste et érotico-gore. Le début est particulièrement cheap avec la trop manifestement vieille caméra, les lense flare des plus artisanaux en forêt. Puis dans un intérieur incertain on découvre une sorte d’alchimiste avec ses sujets ; c’est grotesque, mais moins ridicule. Le début a la vertu de présenter et pousser à fond les grands défauts du film. Notamment la répétition de sortes de scènes mais aussi carrément de plans ; en particulier cette vue sur un château seul au milieu d’un paysage verdoyant. Intertitres à foison dans ces dix premières minutes – pas traduits ; pas compris tous les dialogues mais de bonnes raisons de pas s’en soucier. Plus tard on aura des sous-titres pour les deux patients anglais.

La séance vaut le coup pour les amateurs grâce à sa générosité, sa hargne et aux décors naturels. Les nombreuses kitscheries ne sont pas nécessairement un mal (mais peuvent être bien lourdes – telles ces portes en bois s’ouvrant comme un portail électrique ou celles d’une grande salle de décideurs de space opera). Ce qui plombe le film même en tenant compte de ses conditions, c’est la trop médiocre direction d’acteurs pendant le long échauffement (puis avec la fille à l’extérieur aux séquences redondantes, pataudes et interminables). Quelques exemples frappants : la partie de sexe quasi pornographique sauf que madame garde son mini-short ; un type se laisse tirer dessus et aucun de ses mouvements musculaires, sinon ceux des yeux, ne traduit une envie de résistance active ou de fuite face à son agresseur. On fait comme si (à nous de suivre) ! Pourquoi cet accidenté s’enfonce en forêt ?

L’inanité de certains comportements est évidemment au service du scénario (sinon pourquoi cet accidenté s’enfoncerait-il en forêt ?). Comme souvent dans l’extrême-bis graphique et gratiné, ou seulement ampoulé, l’équipe du film accorde son attention au spectacle et aux gestes, ne se soucie pas de ‘solidifier’. Les poses surfaites (surtout à cause des limites techniques) des personnages extravagants (plus ou moins démons) sont donc autant des fautes [de goût, de consistance] que des petits éclats cohérents et désirables dans ce cadre.

Note globale 52

Page IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions…

Les+

  • tient ses promesses, généreux
  • décors et notamment espaces naturels
  • tous les défauts posés au début et poussés au maximum : on sait à quoi se tenir

Les-

  • peu de situations vraiment ou sérieusement percutantes
  • direction d’acteurs négligée, trop cérémonieuse avec les extravagants
  • inconsistances

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MINI-CRITIQUES 5

31 Juil

The Monster Squad ** (USA 1987) : Réunion des grands monstres de la culture anglo-saxonne. Autour de Dracula (qui se déplace en voiture lorsqu’il est lassé de se transformer en chauve-souris) : la créature marais, momie, le loup-garou, puis le clou : Frankenstein. On évoque aussi un absent, Van Helsing.

Le film envoie ‘tout’ dès les séquences d’intro : la pierre magique, le trou noir, les vieux aventuriers, les revenants sortis de terre, la crypte, etc. Nous aurons la complète avec des passages secrets, la ‘666 street’.

Délire assez puéril, potentiel film d’horreur pour enfants et très marqué par son temps (cinéma et publicité). Reprend la scène de fin du Frankenstein de 1933 pour lui donner une suite positive. (58)

Le Missionnaire * (France 2009) : Bigard joue un dur sortant de prison et est le seul véritable atout de ce film hystérique et probablement bâclé, mais évitant la nullité. Il faut aimer les contrastes même quand ils volent bas. Le frère est difficilement crédible, à cause des expressions (mêmes naturelles) de l’acteur de Samantha et sa transformation radicale.

À partir des rafales de confessions le film évolue vers le ‘politiquement correct’ aimable, du côté du droit à la différence et au ‘bon plaisir’ ; avant de s’échouer dans la mièvrerie impérieuse avec son mariage entre une juive et un arabe. (32)

Let Us Prey ** (Irlande 2014) : Horreur barbaque et ‘morale’, sans être proche de Martyrs. Extrêmement cynique, voire nihiliste, avant de découvrir son mysticisme atypique. Scénario pas très dense mais sait cultiver son originalité et ses mystères. C’est clairement une sorte de ‘punisher’ qui vient de débarquer, mais ses motivations et sa source restent floues. Beaucoup d’effets dans la mise en scène, efficace sans eux (idem pour la musique envahissante). Incisif dans le gore. Démence maîtrisée mais manque de clarté sur la fin, notamment concernant les pétages de plomb. Ceux qui ont aimé pourraient essayer Triangle et Pontypool, ou End of the Line pour du bad trip religieux plus flagrant et cohérent. (56)

Exit Humanity ** (Canada 2011) : Film avec des zombies remontant juste après la guerre de Sécession. Orientation mélo, avec le type seul qui a perdu sa famille et dû l’abattre après sa transformation. Plusieurs passages sous forme dessin animé, relatifs au livre d’où le protagoniste tire tout ce récit. Lent, décolle au milieu pour une escapade désagréable, pleine de mystères, de demi-révélations et de sombres histoires du passé. Sans oublier bien sûr les effets grandiloquents, pour lesquels il déploie un talent certain ! Déblatère sur l’humanité qui se perd – l’humanité de chacun, en multipliant les laïus mielleux. Ambitieux, mais laborieux en tous points. Ceux qui ont aimé peuvent essayer The Burrowers. (48)

Les Affameurs ** (USA 1952) : Sorti juste avant les vagues de westerns ‘modernes’ qui réforment le genre. Premier film d’Anthony Mann en Technicolor. Répète ses bons mots,  »suite dans les idées » lourdingue (les hommes et les pommes pourries) ; un énième western humaniste lourdingue (James Stewart oblige) – avec de la cogne et de l’agitation. (52)

Speedy *** (USA 1928) : Un opus assez connu avec ‘Glasses’ Lloyd. Humour simple et efficace, voire survolté (surtout au parc d’attractions). Une de ses spécialités est de cogner les gens involontairement. La musique de Carl Devis accentue le côté ‘ravi’. Se veut en phase avec New York la suractive, ville de la vitesse.

N’a pas l’épaisseur de Safety Last mais n’a rien d’autre à lui envier ; le ton et l’humour sont moins mielleux qu’avec Le petit à grand-maman ; ces deux derniers paraissent plus ‘lourds’ que l’opus présent. Le prochain film avec Lloyd (Welcome Danger) devait être son premier parlant. (68)

Shooting Stars *** (UK 1927) : Nommé en français ‘Un drame au studio’. Premier film d’Asquith, restauré en 2015 par la BFI, pour une copie accompagnée de la musique du saxophoniste John Altman.

Deux effets relativement improbables : le plan avec la balle, après le tir et la scène attachée ; les mots autour de la radio (alternative aux intertitres). Qualités de montage et excellence visuelle ; des passages ‘sur’ la grue pour observer cet univers sans s’y jeter.

Vu d’aujourd’hui, ce film (britannique) semble ‘attaquer’ le monde du cinéma, en tant qu’industrie pleine d’intrigues de nature sentimentale et romanesque. Concrètement il ‘attaque’ sur le plan people et esthétique (comme Ave César des Coen, une version cousine en couleurs) ; nous assistons à des embrouilles de mœurs, mais aussi à de probables parodies de films ‘de genre’ contemporains. (66)

Je suis un aventurier *** (USA 1955) : Quatrième des cinq films Mann/Stewart, marquée par un western particulièrement ‘moderne’, L’Appât. Dans celui-ci, James Stewart joue un dur. Le reste est crédible et attractif, graduellement. Mobilisation des archétypes, efficacité du récit dans la deuxième moitié. Quelques vues superbes sur les montagnes. Les villageois ont l’ambition de créer une ville – dans le Klondike à l’époque, ça revient à un micro-état ; dommage que le film creuse peu de ce côté. (68)

Asphalt ** (Allemagne 1929) : Muet avec un policier amoureux d’une voleuse et manipulatrice en voie de rédemption. Progressivement très ‘mélo’. Transpire (passivement) la fin des ‘années folles’ et se montre le plus licencieux et suggestif possible, pour l’époque au cinéma. Peu d’intérêt en-dehors de la réalisation, plus expressive qu’éloquente (jeux de lumière du début, gros plans et en général façons de cadrer les acteurs). Produit par l’UFA, responsable de plusieurs films de Fritz Lang (dont Faust et Metropolis) – collaborateur du réalisateur Joe May pour un poste de scénariste à leurs débuts. (60)

Le Distrait * (France 1970) : Comédie ultra-lourdingue centrée sur Pierre Richard dans son numéro classique (qui s’est doublé en réalisateur pour l’occasion). Humour visuel, quiproquos, sarcasmes de niaiseux regardant de haut. Caricatures de l’intellectualité, des mondains affairistes et du domaine de la publicité. Parfois meilleur quand il va vers le cartoon ou s’intéresse aux relations absurdes de Pierre avec les femmes. Probablement intéressant pour illustrer les émois ‘optimistes’ de l’époque. (42)

Totally Spies ! le film ** (France 2009) : Hystérique, fluorescent, jongle avec les clichés, se moque ‘gentiment’ de ses personnages et de son propre univers. Délires consuméristes et féminins.

Espionnage, gadgets technologiques et critique cheap du conformisme (avec le Fabulizer maléfique). Voix de Karl Lagerfeld pour le méchant – peu adaptée et la revanche du personnage n’est pas assez poussée. Le décrochage risque d’être fatal, il faudra tenir bon pendant les embryons de numéros musicaux et lorsque la mission se lance – où tout se rabougrit. (54)

Quelques messieurs trop tranquilles ** (France 1973) : Film de Lautner (Pacha, Barbouzes, Tontons Flingueurs) avec des acteurs de comédie fameux de l’époque. Une tribu de hippies vient squatter autour d’un village. Ils installent leurs igloos géodésiques sur les déserts de la comtesse. Michel Galabru, vieux con agressif, est en première ligne pour les affronter, mais rapidement ils sont partiellement assimilés par des locaux fascinés, envieux ou alléchés. Beaucoup de (quasi-)nudité et d’aperçus de mœurs libérées. Vite à court d’idées (et pas très dégourdi sur les psychologies) mais arrive à éviter la panne. Divertissement bourrin, plus efficace et exotique que Ne nous fâchons pas me concernant. Il a au moins les vertus de la connerie. (50)

Les chats persans ** (Iran 2009) : Typique du film d’émancipés modernistes ouverts à l’Occident et aux USA, qu’adorent les progressistes de ces derniers, car enfin ils ont des sujets enthousiastes en démonstration. Montre les absurdités de l’ordre moral et légal. Met beaucoup de temps à se finir. (56)

Mademoiselle Ange ** (Allemagne 1959) : Un ange blond passe sur Terre. Film (par un réalisateur allemand avec un casting et des décors français) de midinettes de l’époque, avec Romy Schneider en hôtesse de l’air et Belmondo. La première est une immense star et Sissi officielle, le second va bientôt tourner dans A bout de souffle. Sucrerie avec de jolies vues sur la Côte-d’Azur, un ton très positif, insouciant en toutes circonstances. Valeurs traditionnelles, ‘gentilles’ et hédonistes mêlées, sans sortir du présent, en embrassant ses dons et bienfaits. Un des derniers films avec Henri Vidal. (52)

Bonnes à tuer *** (France 1954) : Thriller d’Henri Decoin, connu pour Razzia sur la chnouf et dont j’ai vu Abus de confiance. Flash-backs des histoires d’un ambitieux avec ses femmes, réunies à l’occasion d’un dîner bizarre. Beaucoup d’humour. Le manque de pistes alternatives empêche de décoller et prendre de l’étoffe. (70)

Antoine et Antoinette *** (France 1947) : De Jacques Becker. Vue sur le Paris populaire, la petite classe moyenne, les serfs pas trop mal logés – Antoinette est employée dans un magasin. Optimisme devant la vie, remplie de gens et surtout de démarches cyniques. Énergique, démonstratif, lent, au point de devenir décevant. Mise en scène très expressive (les visages, la rafale de souvenirs à la fin). (68)

Une ravissante idiote ** (France 1964) : Film de Molinaro avec Bardot et Perkins (le ‘fou’ de Psychose). Assez crétin, très bavard, dialogues et considérations niaiseuses. Style très léger, réalisation lourde et sur-expressive. Pousse les imbroglios à un niveau surréaliste, où l’inconscience et la sérénité des gentils comme des exécutants au service des méchants atteignent des sommets cartoonesques (séquences avec la grand-mère). Trop long mais aimable à l’usure. Ne m’a pas laissé insensible contrairement à L’emmerdeur. (46)

MINI – CRITIQUES : MUBI (1)

22 Mai

Après avoir cessé les critiques systématiques, je viens de passer aux mini-critiques. Tous les films seront donc assortis d’un commentaire – et pour les meilleurs ou quelques cas précis, de ‘critiques’.

Les compte-rendus des séances MUBI seront proposés à part : cet article est le premier exemplaire.

La première est plus corsée et personnelle, rédigée avant de prévoir ces Mini-critique et donc le postage ici.

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La guerre est déclarée * (France 2011) : Assez inventif sur la forme, même si ça dope pas le rythme ; mais récit et esthétique pénibles. Gestion irrégulière (voix-off et musiques).

Quelques pics de haine enregistrés sur ma personne, par exemple lors de cette fin de séquence :

« T’as compris tout ce qu’il a dit ? »

« Nan mais faut retenir tout ce qui est positif. »

« L’opération est réussie !!!!! Ouoooouaiis »(collectif plein d’oestrogène moite et pleurnicharde)

Ou encore : « Tout le monde s’est barré en vacances et on est là comme des cons. » Monsieur, à l’hôpital, est interrompu dans son petit bonheur (« se faire la vie douce » est son idéal) : il aurait pu se rouler dans la neige, s’éclater dans des jeux forains et festoyer avec ses amis, or le voilà à veiller, comme si la vie c’était ça ! Subir ! « Ils sont restés solides » nous dit-on plus tard.

Heureusement j’ai pu me soulager grâce à des moments de drôleries comme :

à 1h14, quand une dizaine de sacs à merde en soirée écoutent deux connards chanter et que le papa chiale. (42)

Les mariés de l’an II *** (France 1971) : Second film vu sur Mubi sous cette nouvelle ère et second également de Rappeneau (car j’ai déjà vu en partie sa version avec Depardieu de Cyrano). Apporte un regard cynique et un peu critique sur la Révolution Française et notamment la Terreur, la dictature de la vertu, tout en humiliant les nobles et notables sûrs d’eux (plus conventionnel sur ce point). Mon enthousiasme s’est tassé sur la fin, le scénario a du mal à rebondir et l’action en souffre – l’éclatement des conflits vient compenser mais pas faire oublier. (70)

L’une chante l’autre pas ** (France 1977) : J’aime approfondir les filmos déjà bien engagées (et donc avec critiques, à l’heure actuelle). Celle d’Agnès Varda en fait partie (voir mes chroniques de Mr Cinéma, Lions Love). Dans L’une chante l’autre pas on voit Valérie Mairesse à ses débuts, plus naturelle que d’habitude (ou à l’avenir). Le film présente plusieurs situations liées aux combats féministes des années 70, dans le sillage des exaltations de mai 68. Le point de vue est neutre et bienveillant, pas spécialement militant. Séance posée qui permet un peu de lucidité. (48)

Baghead ** (USA 2008) : Exemplaire du ‘mumblecore’, genre dont l’affligeant Funny Ha Ha est un des pionniers. Je n’aurais pas connu ce mouvement sans Mubi et ces deux films. Cet opus est un peu au-dessus mais ne tient pas ses promesses et reste violemment creux, voire encore complaisant avec le vide. Il est censé introduire le slasher et s’effondre dès qu’il y touche sérieusement. La pirouette finale est jolie mais des plus triviales et ne méritait pas de liquider quatre-vingt minutes, surtout que sur les sacrifices pour l’art, ce film n’a rien à dire et n’est pas sur le bon terrain. Enfin tout est relatif et le mumblecore est à ranger au rayon ‘arts et essais’, alors peut-être que ces bouts de somnolence en vacances et de piaillages oklm ressemblent à ‘de l’Art’, pour qui est assez dévoué pour le voir ! (28)

Sayat Nova *** (Arménie/URSS 1969) : Série de tableaux vivants censés refléter l’œuvre du poète Sayat Nova (XVIIIe siècle), peut-être aussi la culture et la poésie arméniennes. Langage symbolique, avec bouts cycliques. Raffiné mais répétitif et assommant. (66)

Les trois brigands *** (Allemagne 2007) : Adapté d’un best-seller. Univers luxuriant (superbes couleurs) et un peu fou, animation parfois originale. Assez superficiel et lénifiant malgré l’enrobage lourd. Personnages et créatures fades, mais parfois avec de fortes allures. La méchante tante Betterave domine facilement. (66)

Le plus dignement ** (Japon 1944) : Second film de Kurosawa (un an après La légende du grand judo), Ichiban utsukushiku est une propagande (déclarée et sous forme fictionnelle) assermentée par l’État. Elle se concentre sur l’activité d’ouvrières bénévoles dans une usine d’optique japonaise à la fin de la seconde guerre mondiale. La valeur documentaire est évidente mais plus esthétique que technique, les atermoiements des femmes permettent d’en voir plus (des décors, infrastructures, préoccupations) que le zoom sur leurs travaux. Récit complètement haché, poussées lyriques, artificialité plombante, mélange des registres contre-productif. (52)

L’accordeur de tremblements de terre ** (UK 2005) : Long-métrage des frères Quay, connus pour une œuvre sombre et fantasque, composée jusque-là d’une dizaine de courts-métrages (Rue des crocodiles, Le peigne, Rehearsals for Extinct Anatomies). Une expérience aussi radicale qu’Avalon d’Oshii, mais nettement moins lisible sur le scénario comme dans les intentions.

Originalité esthétique (avec recyclage d’anciennes figurines et marottes), narration très construite et enfumée, romantisme. Assurément unique, on peut toutefois le rapprocher de Guy Maddin, certains Lynch. Plutôt plombant (direction falote, acteurs sans charisme, froideur et dans mon cas manque d’attractivité), seule l’inventivité (sur la forme et dans les symboles) titille l’esprit. (60)

Madame Sata (Brésil 2002) : Représentation ‘libre’ d’un épisode de la jeunesse de Joao Francisco dos Santos, afro-brésilien excentrique, figure de la marginalité. Il vit en colocation avec une blanche et Tabu, un Vincent MacDoom, femme en général, enfant à ses heures.

Film (franco-brésilien) nerveux, peu méticuleux, axé sentiments et petites péripéties. Donne à voir les quartiers populaires de Rio (vers 1930). Par petites touches, met l’accent sur la situation d’exclus/opprimés (intro au poste de police) de Joao et ses proches.

Le caractère du protagoniste reste le grand argument. Il est multiple dans ses expressions, dominateur (sur la forme régulièrement, au fond toujours) et même violent, malgré certaines attitudes (et surtout le travestissement ‘professionnel’ – avec peu d’emphase sur la féminité). Semble mettre à l’épreuve les gens puis part dans ses exactions borderline. Généreux quand sa psychose arrive à s’estomper. Dans le même registre, voir Le baiser de la femme araignée. (46)

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Autres Mini-critiques : 9, 8, 7654321 + Mubi 4, 3, 21 + Courts 2, 1 + Mubi courts 2, 1

ANATOMIE **

18 Mai

3sur5  Thriller teuton tourné dans le sud de l’Allemagne mais inspiré du modèle américain, Anatomie ressemble à son contemporain Les rivières pourpres. Les postulats sont équivalents mais le film de Kassovitz a un rapport plus fantaisiste au complot. Celui de Ruzowitsky se réfère aux anti-Hippocrate, médecins prêts à laisser de côté l’éthique pour faire progresser leur discipline et le bien-être de l’Humanité.

Dans Anatomie, un ordre fondé sur ce principe a jeté son dévolu sur l’université d’Heidelberg, la plus ancienne du pays. La protagoniste, une étudiante fraîchement débarquée, constate des pratiques passées sous silence et se lance dans une enquête, à la fois peu vraisemblable et conventionnelle pour un film du genre. Elle la mènera à prendre conscience des raisons ou de la rançon du prestige. Franka Potente confirme alors les qualités de son jeu, peu après avoir été repérée par le grand-public grâce à Lola rennt.

Dans ce chaînon manquant entre Skulls et le futur Hostel, l’humour et le grivois sont omniprésents. Le style est un peu grossier et parfois bizarrement suave. Farces de campus et grand-guignol, gore et délassement sont au programme. Le pire adversaire est un psychopathe à l’enthousiasme excessif, causant du tort à la brave secte (ces meurtres seraient donc une dérive pour les briseurs de serment – organisés). Sa passion n’est pas très bien pensée, mais la forme est inspirée.

De façon générale l’ordre sert de couverture à la mesquinerie de jeunes excités sans morale – et sur ce plan Anatomie revient à la réalité crue sans temporiser (ou blanchir). Le film brasse ses thèmes superficiellement (l’héritage puant par exemple), mais mène sa barque avec des manières sûres et efficaces. Il est comparable à un film comme American Psycho, aux grandes lignes et aux exploits graphiques ‘chocs’ à partir d’un filon prometteur, assimilé mais de manière simpliste.

Note globale 62

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Suggestions… Complots/Donner-Gibson + Hypnose

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (2)

Note arrondie de 61 à 60 suite à la mise à jour générale des notes. Portée à 62 [juillet 2019] suite à l’exclusion des -0.

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QUATRE MINUTES **

8 Jan

3sur5  Dans les grandes lignes tout est convenu et les agréments sont la caricature de l’engagement tire-larmes contre l’axe du Mal révolu (nazis oppresseurs de communistes et pourfendeurs d’un cœur lesbien). Avec cette armature Quatre minutes est un film primaire, avec rédemption et dépassements de soi courus d’avance ; la façon dont le tandem de cobayes va l’éprouver change la donne. La professeure de piano et la prisonnière prodige gardent un caractère exécrable et des vices irrécupérables jusqu’au-bout. Leurs raisons respectives sont placées mais pas suffisantes pour les blanchir catégoriquement.

Traude Krüger (Monica Bleibtreu) ne se contente pas d’être une acariâtre repliée, elle est également hostile à « la musique de nègres ». Jenny von Loeben (Hannah Herzsprung) est une brute promise à une vie de déchet purulent. La vieille professeure la soutient pour ses dons de pianiste, satisfaisant son obsession pour la musique savante. Elle pourrait être moins insensible qu’elle le prétend, mais elle n’aurait jamais eu la moindre sympathie pour la jeune détenue sans ce génie à faire fructifier. Enfin ce sacrifice d’une vie pour ‘l’art et la beauté’ pourra aboutir, elle n’aura pas été qu’un monstre rigide, cachant sa peur et son humiliation pour crever dans la stérilité.

En s’attachant à deux cyniques aux émotions fortes, Quatre minutes semble mettre de l’authenticité et un supplément de vigueur sur une trame à l’optimisme benêt garanti. La sécheresse de l’une et la rudesse des deux repousse les facilités et les réconforts ; une goutte de mielleux coûte cher. Le chemin est long et la nature de la victoire incertaine. Quelques séquences lyriques sans à prévoir, avec du danger et un semblant de vertige également présents lors des moments ‘d’évasion’ ou de semi-comédie. Ce film allemand utilise des recettes classiques, se montre méthodique, efficace et doit l’essentiel de sa puissance aux deux interprètes.

Le personnage de la vieille est le plus travaillé ; pour la jeune, l’accent est mis sur son rapport au monde, son intimité psychologique reste difficilement accessible, comme pour ceux qui la croisent. Les flash-back du passé nazi apportent une touche de glauque impromptu et les vignettes du bonheur naïf des déluges de kitsch encore plus décalés. Le final est regrettable car démagogique au sens complet : Jenny a fait le show et plaît au plus grand nombre pour ça ; les acclamations font donc la réussite. Traude était au désespoir et soudain elle succombe, partage la jubilation collective malgré les transgressions de Jenny (à l’interprétation ‘contemporaine’ percutante mais à deux reprises au bord du drame) ; on se fatigue de tous les intégrismes.

Note globale 56

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Chronique d’un scandale + Kontroll + Intouchables + Zéro de conduite

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (2), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (3)

Note arrondie de 57 à 56 suite à la mise à jour générale des notes.

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