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QUENELLE APOSTROPHE

7 Juil

Dans un océan d’hypocrisies et de mondanités, celui qui aime déclamer des vérités nues, qu’elles soient innocentes ou sarcastiques, est toujours perçu comme un rustre. Et c’est ce qu’il est effectivement : il trouble l’ordre public artificiellement maintenu lorsque le souci commun et exclusif est la cohésion et la stabilité, au mépris de toute recherche ou de toute introspection. Le spectacle de la politique est un océan d’hypocrisies et de mondanités ; et la Société toute entière tend à reproduire cette façon d’être et de s’accommoder du Monde. Jean-Marie Le Pen, pour le pire et pour le meilleur, a été un « rustre » et un homme « inquiétant », comme il le confie au Times pour définir son image auprès de ce qu’il qualifie d’élite parisienne. Il a raison, mais c’est un peu de sa faute : Jean-Marie Le Pen n’est pas seulement un politicien virtuose, c’est surtout une alchimie étrange, la synthèse d’un sale gosse jusqu’au-boutiste et d’un homme de convictions inébranlable. Et lorsqu’il montait sur le ring, c’était sans protection : pour le pire comme pour le meilleur, c’est toujours un spectacle.

Malheureusement, Jean-Marie Le Pen est réduit à l’état d’animateur culturel au FN. Bien sûr, c’est le chef d’atelier ; néanmoins, il est une attraction de second plan au-delà de la structure formelle ou du cadre partisan. Par ailleurs, le poste de Président d’Honneur ne l’a pas empêché d’être supplanté : il décore simplement sa perte d’ascendant sur le monstre qu’il a engendré. Marine Le Pen a fait le ménage, remercié parfois avec empressement de nombreuses figures tutélaires ou peu commerciales du Front National : Jean-Marie Le Pen l’a toujours regretté mais a fait preuve de retenue, peut-être un peu dépassé par le départ de personnages aussi fondamentaux que Roger Holeindre, ancien cadre de l’OAS certes, mais homme d’une intégrité exemplaire (tant d’un point de vue idéologique, patriotique, que FNiste ; sa sincérité presque troublante le fait ressembler à un JMLP plus grave) qui permettait de conserver les connexions avec le FN « conservateur-populiste » et social ancienne version, lequel a quelque peu fait défaut à Marine Le Pen lors du premier tour.

Hier, c’est-à-dire au moment de la rédaction de cet article,  a éclaté une petite polémique autour de cette interview de l’ancien leader du FN, ou il aurait qualifié sa fille de « petite bourgeoise ». Le Pen père a profité de sa vidéo hebdomadaire pour remettre les choses à leur place : il parlait de « petite fille bourgeoise » ; il ne s’agissait pas pour lui d’exprimer un mépris particulier à l’égard de la bourgeoisie, mais de souligner l’écart d’esprit inhérent entre un homme issu de condition modeste et son enfant élevée dans un milieu relativement aisé, à l’abri du besoin, d’impératifs « virils » (c’est le terme de Le Pen) mais aussi, probablement, des préoccupations populaires. C’est partir du principe qu’en ne vivant pas une situation, on ne peut jamais s’en imprégner tout à fait ; que la compassion, la compréhension, la prise en compte honnête, ne remplacent pas l’expérience vive et physique. C’est un point de vue défendable, mais peut-être trop passionné.

Mais le mal est fait ; naturellement, c’est une nouvelle page du roman de la déchirure entre Le Pen père et fille, un énième avatar dans la guerre des générations au sein du FN et peut-être une étape dans l’histoire psychologique du parti. Il y a toutes les raisons de minimiser ces conclusions ; pourtant, c’est bien elles qui seront tirées de ce micro-évènement. Alors autant prévenir. Ensuite, la petite phrase sera récupérée par les adversaires politiques du Front National et de Marine Le Pen, en particulier les plus diamétralement opposés, qui sont également, pour une bonne part, les plus médiocres. Il faut compter sur les libéraux-démocrates du PS et les capitalistes-libertaires de l’UMP, ainsi que leurs associés du centre mou aux lubbies  »modernes ». Belkacem ou l’un de ses clones pour le Gouvernement, Dati ou Koziusco-Morizet pour l’Opposition UMPistes auront beau jeu de pointer les dissensions internes du Front National.

Sauf qu’il y a un risque. Si on relève honnêtement le micro-évènement, il met en lumière la rupture idéologique entre Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, servant l’image modérée, réformée et lissée du FN post-Jean-Ma. Le fossé, au moins « culturel » et « sociologique » que crée celui-ci avec sa fille renvoie Marine Le Pen dans le camp des démocrates et républicains tièdes (par contraste avec l’aussi caricatural « archétype » du camp des autoritaires et cyniques offensifs), de ceux qui acceptent les règles du jeu et se conforment aux normes sociales. Bref, relever les différences entre JMLP et MLP, c’est avouer que Marine Le Pen n’a aucune raison d’être exclu des Majorités futures, puisqu’elle serait une héritière bâtarde, voir une version light et superficielle de l’ « extrême-droite ». Marine Le Pen serait donc hypocrite ou peu fiable ; mais elle n’est plus du tout fasciste pour le coup… et la rejetter, c’est rejetter la polémique, la remise en question, l’ouverture politique et faire preuve de dogmatisme.

Autre risque majeur : surfer sur la qualification de « petite bourgeoise » pour montrer combien Marine Le Pen trompe son électorat et escroque son leadership auprès des ouvriers. L’argument qui tue : Marine-Le-Pen-vit-dans-un-château-à-St-Cloud. L’aberration : les railleuses seront d’odieuses filles de la haute-bourgeoisie, ou starlettes fabriquées par l’élite ou nourries à des idéaux élitistes, incarnant la faim d’illusions matérialistes et le cynisme social.

Il y a fort à parier que l’argument sera néanmoins utilisé, peut-être pas par rafales, mais probablement sur la durée. Mais il s’agira toujours de trouver la juste mesure : asséner que, certes, Marine Le Pen a rompu avec les exubérances de son père, mais c’est parce qu’elle « cache » son jeu. Relever la différence et compenser par, au choix : « Marine Le Pen n’en demeure pas moins une femme d’extrême-droite, « Marine Le Pen sème la haine dans le pays », « Marine Le Pen doit être combattue ». Et la meilleure ; vous la connaissez sans doute, des foules de philosophes la prononce à chaque discussion de groupe à propos du climat politique : « Marine Le Pen reste plus dangereuse que son père ». Pourquoi ? Voilà le motif assorti : « Parce qu’elle veux le pouvoir »… alors que son père n’en voulait pas. C’est un peu vrai, JMLP avait d’ailleurs conscience du plafond de verre au-dessus de lui, de même qu’il a pu parfois se trouver piégé dans son rôle de grand-guignol de la République – ou plutôt de clown trash sorti du placard national.  Mais faire de Marine Le Pen un personnage politique vicieux et calculateur, mentant « avec aplomb » (Duhamel) ou surfant sur la crise, les peurs et la misère croissantes… c’est finalement consacrer Jean-Marie Le Pen en héros posthume, le transformer en un grand manitou minimisé en son temps et somme toute, pas tellement sinistre ni même plombant.

Alors, est-ce favorable ou plombant, délibéré et si oui à quel point ? En tout cas la petite phrase a autant de chance d’être un acte de sabotage  (la vision d’un Le Pen père refusant que sa fille le dépasse est largement servie pour peu qu’on désire initialement abonder dans ce sens) qu’un encouragement nuancé. Tactique complice ou testament taquin mais aidant ; les deux, surtout la seconde. La tactique, à quoi bon : pour Jean-Marie Le Pen, la Vérité ou à défaut la transparence compte par-dessus de tout, aussi est-il probablement persuadé que cette disposition à l’honnêteté radicale paie toujours. Son honnêteté radicale lui a valu la disgrâce éternelle de ceux qu’il honnissait : quel meilleur cadeau pour un prophète politique ?

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LA VIDEO QUI DIT TOUT (intro) : LE PEN DE POCHE OU VISAGE PARMI D’AUTRES D’UNE NOUVELLE GÉNÉRATION FN ?

19 Juin

10e et dernière catégorie du Blog, lancée dans la foulée des « Spectacles & Documents » démarrés avec Rendez-nous Jésus de Dieudonné. L’intention ici, avec cette « Vidéo-sentence » est d’exposer des vidéos éloquentes ou significatives. L’enjeu est de montrer des moments ou beaucoup de choses deviennent transparentes, pour peu qu’on y prête attention et qu’on accepte de réviser ses certitudes, ce qui implique de renoncer à la sécurité d’une vision du Monde et de grilles de lectures fermées et définitives. Le support : des extraits médias, essentiellement vidéos, révélateurs, parfois de façon grossière, parfois de façon subtile ou même subliminale (mais ce n’est pas à ce genre de manipulations ou de falsification que je suis le plus attentif).

Il s’agiera autant de relever des faits physiques (par exemple des irrégularités aux principes d’égalité et de démocratie dans la pratique des médias ; des mises en scène particulièrement suggestives ou orientées) que des phénomènes plus profonds (faux-semblants, duperies, chocs évocateurs dans les débats, la communication ou les prestations publiques). Naturellement, les sujets seront essentiellement politiques ou alors peu ou prou « idéologiques ».

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Cette catégorie sera aussi (c’est le cas aujourd’hui) l’occasion de rebondir sur un sujet d’actualité sans l’approcher de façon didactique ou conventionnelle – ni avec l’impératif de l’exhaustivité. Je crois que l’information doit servir la vue globale – sans quoi elle ne consiste qu’en accumulation de news ;  même un édito ponctuel vaut mieux qu’une supervision continue.

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L’ultime catégorie s’ouvre donc sur l’issue du dernier tour des élections de 2012, que je crois décisives. Occasion manquée pour le peuple, puisqu’il continue de se leurrer dans les vertus de l’opposition droite/gauche, ce rendez-vous en quatre temps a néanmoins vu l’affirmation d’une candidate authentiquement progressiste, puisqu’issue du camp du « Non », de la cause nationale et de l’antimondialisme. Dimanche dernier, le FN a réalisé une prouesse puisque deux de ses candidats l’emportent dans leurs circonscriptions.

Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen seront donc les seuls députés du Rassemblement Bleu Marine : ce n’est pas une surprise, j’avais d’ailleurs fait ce pronostic (il faut dire que les scrutins, comme la vie politique, sont très prévisibles pour peu qu’on abandonne oeillères -ou biais quelconques- et espoirs). Malgré son score brillant au premier tour (plus de 42%), Marine Le Pen abordait le second sans garantie : elle a su mobiliser mais la peur (de la démocratie ?) l’a vraisemblablement emporté… de 114 voix (50.11% pour l’insignifiant notable Philippe Kemel).  Les pratiques du PS dans cette région pourront faire douter légitimement, mais l’authenticité des résultats demeure tout à fait vraisemblable, d’autant que les situations paradoxales ou les électeurs baissent les yeux et rejoignent ceux qui leur ont causé mille turpitudes sont légions (par ailleurs, Mr Kemel n’est pas impliqué de près dans « les affaires » locales).

L’évidence de l’élection de Marion Maréchal-Le Pen m’a d’abord beaucoup agacé, parce qu’un retour du FN au Parlement n’avait pas la même allure avec une jeune fille inexpérimentée, redevable de sa position favorable (circonscription la plus mariniste au premier tour) et son succès à ses liens familiaux et l’exposition médiatique automatique qui en découle, ce qui ne légitime en rien sa présence. Marion Maréchal-Le Pen a probablement été élue par une flopée de jeunes hommes et de mamies lectrices de Gala, heureux de trouver une si fraîche représentante. Son accession au poste de député participe du roman de la politique et de la dynastie Le Pen, aussi son jeune âge et sa fragilité évidente et avérée (aux Régionales 2010 dans une vidéo qui sera probablement ressortie à la Une prochainement) ont pu séduire, toucher tout en désamorçant les suspicions. La jeune fille de 22 ans semble inoffensive et pleine de bonne volonté, sûrement dépassée et c’est cela aussi qui plaît aux électeurs : des candidats normaux, décidés mais frêles ou alors seuls et impuissants.

Naturellement, l’argumentaire est toujours hasardeux par endroits (voir son face-à-face avec le candidat UMP l’affrontant dans la triangulaire), mais même l’âme grincheuse et sceptique que je suis doit reconnaître sinon la force, au moins la détermination, dont Marion Le Pen a su faire preuve. Dans son discours post-résultats, elle y a été du clin-d’oeil jeuniste, mais son langage était plus précis. L’attitude trahit encore une difficulté à assumer l’engagement et la mesure de la tâche (sourires adressés aux quidams de la salle  quand des millions d’autres complices attendent un serment ou une clarification), mais la volonté y est et probablement avec elle, la prise de conscience qu’elle n’est qu’un maillon d’une histoire et d’un mouvement plus large, mais qu’elle peut défendre (sur ce critère, le CV est abondant) et servir en accompagnant son renouveau. J’espère qu’elle ne prendra ni la grosse tête ni le leadership des dogmatiques de service, l’urgence n’est pas dans les épopées personnelles ou la rédaction d’un plus faste roman de la vie politique. Pourvu que tout cela soit un peu plus qu’une revanche de Carpentras.


LE FN DE DEMAIN : QUITTE OU DOUBLE

3 Juin

Le FN post-2012 sera-t-il un grand mouvement d’émancipation populaire ou, en tant que valet de la droite libérale, un nouveau leurre ? C’est probablement le plus grand des dilemmes à résoudre en cette année électorale qui était l’une des dernières occasions de renverser ou au moins ralentir les processus et les hégémonies en cours. Même si on peut s’en désoler pour des raisons d’idéologies (les flirts douteux de Jean-Marie Le Pen), conceptuelles (les contradictions internes et notamment sur le gaullisme et le libéralisme) ou pragmatiques (difficile d’assumer un passif et une défiance aussi péremptoires), le Front National est le seul outil dont les Français peuvent s’emparer pour servir leurs intérêts propres (intérêts patriotes ou intérêts  »de classe » pour l’ensemble d’entre eux). Mais pour que le Peuple puisse s’approprier le FN en passant outre les prescriptions de masse administrées par quelques élites financières, médiatiques et culturelles, il faut que le FN devienne lui-même pleinement un mouvement transversal, ou les postures outrancières sur des sujets moraux et sociétaux soient relégués au second plan. Les électorats du FN doivent dépasser leurs menues différences, qu’elles concernent leur religion, leur conception du sacré, de l’école, des mœurs, ou même les principes séculaires de laïcité ; le périphérique doit être pris en compte mais s’incliner devant l’essentiel, la souveraineté populaire et l’indépendance nationale. Car de ces notions dépendent la survie, c’est là qu’est l’urgence immédiate.

Vers un FN assimilé et dénaturé par la bande à Copé ?

Risque majeur : le FN post-2012 peut devenir l’aile rurale-populiste d’une extrême-droite néolibérale, actuellement aux manettes (quoiqu’elle ait, il y a deux semaines à peine, cédée la place à son équivalent sociétalement et nationalement laxiste). Le bloc de substitution qui assumera la place de l’UMP pourrait avoir recours à ce FN en plein essor pour en faire sa béquille et la caution d’une ouverture attestant de sa bonne foi. A la façon du PS d’un côté et de ses satellites de l’autre, une telle droite gouvernementale peut répartir les rôles et accentuer les sensibilités d’un bord à l’autre : en marge de l’UMP libéral, le FN aura son rôle de droite populiste, archaique et xénophobe, sorte de boîte de Pandore perpétuellement effleurée pour mieux servir le jeu du clivage gauche/droite. Or il n’est pas question de nuance : l’UMP et le FN n’appartiennent pas au même univers politique et il n’y a guère que sur le plan local (avec des élus d’envergure modeste) que des ponts peuvent se créer sans que le FN soit compromis.

En lui accordant une caution  »populaire », en en faisant le mouvement de l’homme du quotidien alors que c’est celui qui se couche le mieux devant les orfèvres de son aliénation, le FN peut devenir le jouet de l’UMP et par extension de tout le système politique. Un jouet redevable qui plus est, accédant à des mains-tendues qui seront autant de cadeaux empoisonnés ou d’actes symboliques : postes notoires grâce à des alliances, parts de Proportionnelle.

Il s’agirait alors d’un FN légitimé, dédiabolisé et effectivement plus tout à fait d’  »extrême-droite », mais plus dangereux et néfaste que jamais, puisqu’il partagerait le pouvoir pour abandonner méthodiquement ses combats et ses visées nationales en les travestissant d’excès de rages sous contrôle, d’anti-intellectualisme, anti-parisianisme et anti-élitisme. Désormais établi, le Front National serait moins facile à accabler et la critique serait nuancée, mais avec des arguments paradoxaux : ce FN assimilé à l’UMP serait un parti « facho » mais raisonnable, respecté car normalisé jusque sur le plan économique et social, la clé de l’intégration étant l’abandon de l’intention politique au profit de la posture (adhérer au théâtre ou se des performers et des metteurs en scène se jouent des dupes et des idéalistes). 

Rénovation du FN : reculs et hésitations de Marine Le Pen

Si la candidature de Marine Le Pen a suggérée une rupture possible et suscité l’espoir, la dernière partie de sa première année de chef de l’opposition « à l’UMPS », c’est-à-dire le temps de la campagne intensive, rend davantage sceptique. A plusieurs reprises, MLP a semblé tout gâcher, pas tant en « revenant aux fondamentaux » comme aiment à le dire les journalistes à chaque petite saillie polémique, mais plutôt en surfant sur l’islamophobie galopante et le populisme à la petite semaine, ou les sujets périphériques -justement!- prennent le pas et les effusions de comptoirs sont légitimées sans autre forme de procès ni de regard critique ou analytique.

Dans sa critique du Mondialisme et surtout, très concrètement, de l’aliénation des peuples par la dette et les principes économiques néolibéraux, Marine Le Pen a considérablement étoffé et précisé le discours global du FN. Ces vues nouvelles, ou plus élaborées, qui ont rendu son offre plus riche et plus crédible, doivent beaucoup à son entourage récent, l’ex-chevènementiste Philippot en tête ; on a pu retrouver également des perspectives très « soraliennes ».  Mais en février-mars, moment d’un tassement dans les intentions de vote, ce virage arrive à son point de rupture ; soit le grand-public assimile doucement le nouveau FN, qui lui est en voie d’accomplissement, soit Marine Le Pen revient à des thématiques plus triviales ou offensives. Le choix est cornélien, surtout que les propos de Marine Le Pen, d’habitude raillés ou condamnés, sont jugés avec condescendance, chacun s’empressant de déclamer combien il juge son programme économique aberrant ou farfelu – sans jamais, naturellement, soutenir le jugement par quelques précisions (Lapix tente de s’en charger mais choisit une approche partielle, plongeant dans des détails éparses, pointant les calculs sans évoquer les principes). Pour le reste, l’aspect showman de MLP est mis en avant, de même que ses réparties les plus brutales ; aux figurants de booster l’animation. JM Le Pen est d’ailleurs assez plombant pour sa candidate, les proches de Gollnisch lâcheurs et médisants (alimentant la rancœur des traditionalistes et des lecteurs de Rivarol à l’égard de Marine Le Pen) ; et puis il y a Mélenchon, l’inespérée roue de secours et cerbère de confort.

Depuis, Marine Le Pen a souvent semblé céder à son aile réac-populo, ou au moins lui accorder la priorité dans la hiérarchisation des sujets. Elle qui s’illustrait en nationale-républicaine, parfois acrimonieuse ou acerbe, a notamment cédé en laissant son programme économique alternatif et protectionniste être minimisé ; elle s’en détourne pour le laisser à ses lieutenants (le timide Nicolas Bay ou le sous-estimé Julien Sanchez). D’ou la contradiction : lors de la validation en catimini du MES, elle tient l’aubaine même, l’acte de trahison des élites agissantes et politiciennes qui est le parangon de sa dénonciation, tant d’un point de vue général (en tant que formation contestataire ou anti-européenne) que spécifique (« l’europe-passoire » – terme repris tel quel par Sarkozy pour les besoins du second tour). Effectivement, elle le dénonce avec virulence… ponctuellement ; puis plus rien et c’est aussitôt l’heure de dévier vers le Halal. Par cette diversion, Marine Le Pen s’est accommodée du rôle de droite populiste de service. C’est moins un rôle de composition que de circonstance, car elle se l’accapare faute de mieux, à la fois par stratégie et par nécessité de faire quelques concessions à un « système » qui justement la restreint lorsqu’elle pose des desseins cohérents et réellement offensifs. 

Sauf que l’incohérence est là, qui révèle les limites, peut-être du courage ou de la sincérité clameront certains, mais surtout de la marge de manœuvre de Marine Le Pen. Malgré son indépendance et la machine rôdée qui la soutient, elle n’est pas (pas encore ?) en mesure d’épanouir sa pensée et d’affirmer ses ambitions.

Ainsi, l’ouverture au FN des médias mainstream se fait ; et c’est Louis Aliot qu’on invite sur France2. Aliot, le beauf  »de droite », caricature de petit-bourgeois médiocre et parvenu grâce à son réseau de beaufs roulant des épaules, est reçu sur tous les plateaux, accueillis dans les matinales des radios prestigieuses, s’invitant éventuellement à la table des intellectuels et des polémistes pour se faire ambassadeur du Front National et des 18% d’électeurs sur lesquels il s’appuie volontiers, en général pour légitimer ses lubbies basiques. De type chasse-fric-beaujolais-antiburka. Aliot est l’incarnation de cette droite rance, cynique et matérialiste, qui est le pont entre le FN et l’UMP : d’ailleurs, il se garde bien de dévaloriser l’UMP, préférant faire de « la gauche » une déviance, tout en confondant, jusqu’à l’incohérence, toutes les composantes de cet ennemi figé et gratuit. En laissant se développer une telle rhétorique en son sein, le FN risque, de lui-même, l’enfermement dans les dualités et les schémas du « système » qu’il réprouve ; or on ne peut pas emprunter ses outils à celui dont on fait par ailleurs son inversion sur-mesure. Les qualifications de « rouge », de « bolchéviques » ou « communistes » fusent ; c’est compréhensible de la part de Jean-Marie Le Pen qui, dans sa jeunesse puis au cours de sa carrière politique, a vu l’hégémonie de l’URSS et le vertige du communisme. Mais quand Louis Aliot fait de cette Gauche archaïque, qui plus est marginale et vidée de sa substance, une menace, c’est le grotesque et la diversion absolue. Car ainsi il se choisit un adversaire facile et consensuel, voir carrément inexistant, le communisme absolutiste évoqué n’existant plus que dans les fantasmes du plouc de droite financière ou de la droite rétrograde. Ces deux droites antisociales, confondant inculture et esprit populaire, liberté et aliénation volontaire et qui sont en contradiction, tant avec la ligne majoritaire de Jean-Marie Le Pen que celle de Marine Le Pen. Le problème du clan Le Pen, c’est ses mauvais rejetons, qui feraient mieux de s’occuper de la vitrine plutôt que de vouloir s’approprier la boutique.

Encéphalogramme plat et dépression conceptuelle : les ploucs sont de chaque côté

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TROIS JOURS AVANT LE CHANGEMENT…

13 Mai

Le mirage Hollande déjà sabordé

A peine élu, Hollande est déjà rendu impotent, ses plans discrédités et sa posture d’alternative abattue. Dans la foulée des insolents résultats des Législatives Grecques, d’une Bourse en panique et d’un marché sceptique, les acteurs de l’actualité cherchent ouvertement à transférer les souverainetés nationales vers l’Union Européenne. Parallèlement, les commentateurs labellisés légitiment les prises de positions tranchées de leaders appliquant la vision néolibérale de l’économie et de la politique, la seule enseignée de façon massive tant par le biais des médias que des programmes scolaires ambitieux. Ceux qui devraient être les observateurs sont des porte-paroles, vraisemblablement pas tout à faits conscients de leur caractère moutonnier et prosélyte.

Plus que jamais, l’Europe est régentée par l’Allemagne, Etat fédéral qui trouve son compte, plus que les autres, dans l’établissement d’une Union supranationale et défend ardemment ses intérêts (car la monnaie euro est consacrée par et pour elle, a été formalisée selon sa propre monnaie antérieure). Ambassadeur de Bruxelles et des dogmatiques européistes, Merkel vient réprimer les alternatives et nier l’autorité d’un chef d’état sur son propre pays. Révision du Pacte de Stabilité ? C’est non et ce « non-négociable » de la Dame de Fer allemande se substitue au « There is no alternative » qui scellait, peut-être sans savoir à quel point, l’ascendant d’une logique implacable. De toutes façons, Hollande n’a posé aucune condition, le « non » est donc d’autant plus aisé qu’il vient contrecarrer une posture à l’arrachée, n’expliquant ni le comment ni l’après. Il en va de même pour l’idéal de « croissance », mot-valise à la mode depuis quelques jours, concept rabattu mais jamais planifié par l’intéressé et son équipe.

Et pendant ce temps, Hollande s’amuse du brio des Corréziens, parvenus à hisser un des leurs au  »poste suprême » (comme on pouvait le clamer, avec raison, il y a déjà quelques décennies) pour la seconde fois. En marge, il glisse à son entourage et ses collaborateurs que la situation de l’Europe, l’élection en Grèce et les perspectives de récession radicale le préoccupe ; d’ailleurs, il fait confiance aux solutions qui sont exposées par les leaders de la technocratie bruxelloise et leurs acolytes, les économistes de l’école néolibérale.

C’est donc un nouveau Président ému de son parcours, tout affecté de devoir quitter sa Corrèze, qui s’offre à la vue des Français. L’oligarchie des incapables trouve là une pleine et belle incarnation ; un type lambda qui, comme nous, sera spectateur de notre Histoire et dont les gémissements ne seront même pas audibles pour les décideurs de notre destin.


Diversion par les mœurs

Et sur quoi Hollande se recroqueville-t-il déjà ? Sur les réformes sociétales, de mœurs, et l’application de principes humanistes gratuits mais sans implication, de symboles égalitaristes. Il y aura donc parité parfaite dans le Gouvernement, pour la première fois ; puis bientôt, le mariage  »gay » (on parle peu, voir jamais, de « mariage homosexuel »).

Obama s’est épris du sujet très récemment… À l’heure ou l’empire néolibéral est chamboulé et que les peuples se donnent les moyens de gronder (mais avec les outils qu’on leur accorde), le chef d’État de la première puissance du Monde fait les unes en évoquant l’union civile homosexuelle, thème qui pourrait être réglé en un clin d’oeil… Mais la gauche libérale-démocrate a tout intérêt à repousser les réformes sociétales, car elles lui garantisse un combat penaud et fédérateur, tout en faisant des adversaires  »conservateurs » d’odieux passéistes bloquant le progrès et les libertés individuelles. Il y a une deuxième raison, c’est qu’une fois les homosexuels mariés, ceux-ci n’ont plus, comme les hétérosexuels mariés et dans une situation sociale équivalente, d’intérêt à se bercer des litanies consensuelles des valets des néolibéraux.

L’UMP tient bon, Copé tient la barre

Copé dit d’Hollande que c’est une « anguille », mais Copé lui-même est une anguille ; méthodes, personnalités et perspectives inverses, mais anguille qd même ! Après la fin des élections présidentielles, le leader de l’UMP a eu la bonne idée de reprendre le programme de Sarkozy pour la campagne des Législatives ; reste à voir en quoi les deux aventures électorales se répondront ou se contrediront.

Paradoxalement, ce programme, sans le mal-aimé Président sortant, perd son meilleur porte-parole. Copé, mal défini, n’est pas, pour l’heure, cohérent dans des postures idéologiques quelconque, puisqu’on le connaît plutôt comme un défenseur taquin de l’ordre établi et de la position officielle de la droite de gouvernement sur les débats ou polémiques du moment.

Raillé, assimilé à une « droitisation » opportuniste (sauf que le terme de  »droitisation » a été invoqué pour chacune des postures un tant soit peu non-linéaires de Sarkozy pendant cinq ans), ce programme a permis à Sarkozy de revenir à 48% et de se réapproprier l’électorat traditionnel des droites (mais aussi les non-alignés et les attentistes), devenu sceptique et parfois revenu de loin. Ce sont surtout les slogans qui ont rassurés, mais aussi la possibilité d’offrir aux électeurs du Front National une brèche, même factice ou dérisoire, sur leurs sujets de prédilection. C’était, notamment, la renégociation à propos de Schengen ; ayant gagné le respect de Merkel et des européistes, Sarkozy aurait pu davantage inciter à quelques inflexions. Il aurait pu aussi se transformer en Orban français, en mode libéral et atlantiste ; c’est en tout cas ce qu’il a laissé leurrer. Opération brillante et sans doute pas si vaine, car ainsi Sarkozy a su redonner un horizon à la droite traditionnelle. Elle n’aura le récupérer si elle comprend son intérêt objectif au lieu de se laisser absorber par l’illusion « centriste-humaniste ». Lisse et bien sous tous rapports, cette étiquette est un piège aguicheur qui la conduira à l’échec (électoral bien sûr, idéologique surtout) et à l’abandon de toute influence sur le jeu politique (quand ces centristes-humanistes croient justement le contraire).

L’UMP peut encore se tirer honorablement des Législatives, mais elle aura du mal à transformer l’essai (l’essai étant la remontée fulgurante de Sarkozy, qui a su remobiliser à droite et au centre et capter les indécis). La droite mainstream perdra probablement ce scrutin, peut-être même y aura-t-il une nouvelle vague rose qui justifiera des commentaires condescendants au sujet de la stratégie de l’UMP depuis l’entrée de Sarkozy dans la campagne (c’est-à-dire il y a deux mois et demi). Mais ils auront tort ; c’est simplement que les électeurs croient peu à la praticité des réformes promises, ou ne croient pas que les dirigeants de l’UMP pourront tenir des engagements aussi forts. Pour s’émanciper de l’absolutisme européen, Sarkozy a réussi, dans l’entre-deux de l’élection, à apparaître comme le plus apte, à défaut et même si c’est cruellement absurde, d’être le plus sincère et décidé. Un sursaut ponctuel mais néanmoins impressionnant, d’ailleurs près de la moitié (un sondage à la sortie des urnes avançait le chiffre de 51%) des électeurs du FN ont tenté le vote Sarkozy, peut-être avec l’énergie du désespoir ou bien un espoir timide, mais ils l’ont fait néanmoins, quitte à se tromper.

Le cerbère de confort tient sa belle affiche

Mélenchon n’en finira jamais d’user des armes du système pour exister. L’hypothèse d’un duel Marine/Méluche est donc désormais réalité, la candidature étant validée ce samedi. Jusqu’à jeudi, Mélenchon ne savait ou il serait catapulté ; il s’est même cramponné à des alliances réclamées (et non négociées) à Martine Aubry. Au lendemain du premier tour pourtant, cette crapule niait encore l’intérêt des législatives pour son cas personnel (allant jusqu’à minimiser son implication). Aujourd’hui, il s’invite sur les terres de Marine Le Pen pour pérenniser la bonne affiche des  »populistes », déjà encouragée lors de son émergence (avec notamment le face-à-face autour de la table de JJ Bourdin). C’est amusant, c’est triste aussi. D’emblée, Mélenchon réaffirme ses vieilles manies en animalisant sa concurrente, notamment en lui demandant de venir « aboyer » devant lui. Il réclame le débat, tout en conservant ses manières de malotru et maintenant le clivage anti-riche/anti-immigré qui séparerait les gauches radicales des droites extrêmes… alors même que Marine Le Pen a été bien plus cohérente, pugnace et surtout concrète dans, non seulement sa dénonciation de la sournoise banalisation de la crise de la dette (perçue, par le biais des médias, comme allant de soi), mais qu’elle y a par ailleurs apporté des solutions globales et précises (abrogation de la loi de 1973 notamment).

En dépit de cela, c’est ce même théâtre de dupes qui est de nouveau mis en scène. Le système envoie ainsi dos-à-dos ses deux facettes  »radicales », consacrant les deux personnages comme les représentants de mouvements à la marge des consensus, comme deux excroissances spectaculaires. Dans ce choc des  »extrêmes », Mélenchon incarne le côté  »utopiste », l’idéal que les formations plus raisonnables ne peuvent assumer, trop occupées par le principe des réalités. A l’autre bout du ring et de l’échiquier, MLP est la menace réelle et ultime, le réceptacle de tous les non-dits les plus nauséeux, celle qui engendre les débats qui font mal, celle qui bascule dans un monde interdit et pose des perspectives aveuglantes tant elles se hissent hors du cadre rationnel de la raison et de la démocratie. C’est là les images mentales qui sont fixées et sculptées dans l’esprit des français.

En outre, il y a des questions politiques pures, que les médias dominants ne posent pas et que les médias alternatifs ne posent pas non plus (par mélenchonisme -c’est le cas d’AgoraVox-, désintérêt, ou parce que l’actualité est trop vaste et vivace en cette période post-électorale doublée d’une accélération de la crise occidentale).

Les voilà donc : le FDG restera-t-il une structure, un large espace de coopération de gauche ? Ou bien est-il voué à n’être qu’un rassemblement ponctuel ? Sera-t-il torpillé par l’égoïsme des élus du PCF ou la lâcheté de Mélenchon – les deux s’annoncent déjà ? Y a-t-il d’ailleurs encore un Front de Gauche, à l’heure ou Mélenchon et ses acolytes peinent à trouver des accords et des circonscriptions ? Bref, l’étiquette Front de Gauche existera-t-elle toujours après ces Législatives ? Et si c’est le cas, est-ce que le mouvement orchestré par Jean-Luc Mélenchon ne deviendra pas un FN de confort d’une majorité de centre-gauche (balayant des cadres d’EELV à des satellites du MoDem) ?

Le rallié opportuniste

Éternel loser, Bayrou reste le spectateur de sa propre déchéance. Voilà un homme espérant se fixer au carrefour de la vie politique mais que ses voisins survolent et ses lointains adversaires méprisent. En évoquant le « danger » d’une cohabition, le brave centriste a fait le boulot, qu’aucune force apparente ni aucun mouvement d’opinion ou politique ne réclamait. Splendide retournement de veste, de la part d’un des meilleurs propagandistes de l’idée, schématique et simpliste mais pas innocente, selon laquelle Hollande allait ruiner la France.

Afin de justifier cette orientation, on invoque des raisons de valeur plutôt que de politique, d’économie. La vérité, c’est que Bayrou fait de la realpolitik à son échelle personnelle et que l’européisme béât du Parti Socialiste lui facilite la tâche. En outre, Bayrou s’est offert au camp du vainqueur annoncé en espérant participer à sa réussite électorale ; mais il n’a créée aucune interdépendance, le PS et Hollande ne lui doivent rien, simplement lui est à leurs pieds sans pouvoir plus désormais se retourner sur sa droite, puisqu’il l’a abandonné. Son ralliement, qui en fait n’existe que pour lui (il n’a intégré aucune équipe) a brisé un non-dit qui lui était favorable : en ayant toujours pas basculé officiellement vers le centre-gauche, Bayrou conservait ses chances de récupérer les fuyards modérés, libéraux et  »humanistes » de l’après-Sarkozy. Il a encore raté sa chance et s’est encore vautré tout au fond d’un gouffre, face à une pente probablement encore plus pénible à escalader (et en plus avec le sentiment, pour les électeurs, que désormais ce n’est même plus la peine). 

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TYPOLOGIE DES CANDIDATS 2012

6 Mai

Prévu depuis le lancement du Blog, cet article est l’occasion d’ouvrir la catégorie « Sociologie au Burin », dont les typologies et en particulier celles du MBTI sont des éléments décisifs (et seront définis plus précisément plus tard).  Article absolument ludique et sans doute superficiel, mais le sujet ne tient pas de la farce pour autant : il s’agit de dresser des hypothèses à parti de modèles et de présentations succinctes.

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Le MBTI est le maître et la référence la plus crédible de toutes les échelles de mesure de profils ; l’Ennéagramme est moins sérieux, ses origines sont même relativement floues voir ésotériques et les types proposés assez caricaturaux (au moins a-priori). Pour l’Ennéagramme, l’intérêt est surtout dans l’établissement de combinaisons, de correspondances ; plusieurs types peuvent former un portrait, abstrait mais significatif. Avec le MBTI, il est davantage question de comportement, d’attitude, de mode de fonctionnement.

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A noter que Slate a diffusé récemment un article sur le même thème (MBTI seulement) – néanmoins, les diagnostics MBTI ne sont pas tous ceux que vous trouverez ici (certains, comme pour Bayrou, m’ont même étonné). Retrouver ce sujet sur une plateforme aussi vive et pédagogue est une excellente surprise ; en revanche, on peut regretter qu’il y manque un argumentaire pour justifier les attributions… et que les « experts » non-cités sont probablement issus de l’avis général des internautes et amateurs, d’ailleurs les profils-types peuvent être déduits spontanément en raison de leur évidence, chez certains personnages en portant tous les traits (c’est le cas de Nicolas Sarkozy en particulier).

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Présentation rapide des deux modèles (liens pour en savoir plus), sur lesquels le Blog reviendra probablement à d’autres occasions (pour le Cinéma notamment), puis application au cas par cas pour les dix candidats.

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MBTI

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4 critères définissent le test de Myers Brigg :

* I/E (Introverti/Extraverti) = l’introverti s’épuise au contact des autres, l’extraverti gagne à être en société, il est dans son élément

*  N/S (iNtuition/Sensation) = les intuitifs comprennent à partir de la déduction, de l’extrapolation, de la généralisation ; les sensitifs se fient à l’expérience et au bon sens, à leurs acquis plutôt qu’à la théorie

* T/F (Thinking, Penseur/Feeling, Affectif) = les penseurs prennent leurs décisions sur la base de critères rationnels et objectifs ; les types sentimentaux ne sont pas nécessairement « émotionnels » ni grégaires, mais tendent à minimiser le raisonnement logique au profit de considérations soit humaines, soit passionnelles

* P/J (Perception/Jugement) = les perceptifs évitent de s’engager ; les « jugeurs » sont organisés, se fient à des critères qui sont souvent ceux de la société, savent généralement ce que sera leur futur proche et leur avenir lointain

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Tempéraments à l’épreuve de la pratique sportive, ainsi que dans le rapport au Monde en général (adaptabilité).

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4 grandes familles (descriptions caricaturales) :

* NT, les Rationnels (xNTx) = c’est la famille la plus rare (environ 10%), la moins sociable et la plus axée vers la théorie, la quête de connaissances, de compétences et de compréhension. Tout passe par la pensée ; l’analyse, la logique, jouent un rôle fondamental au quotidien. Ce groupe est orienté progrès et peut, au contraire des SJ, passer outre les traditions ; mais le souci du travail, de la découverte et de l’intelligence les séparent des SP, alors que le relativisme côté valeurs et la priorité accordée à la logique les dissocie des NF. Souvent des scientifiques, philosophes.

En savoir plus : 16types.fr

* NF, les Idéalistes (xNFx) = les standards éthiques, les valeurs culturelles jouent un rôle décisif pour les membres de ce groupe (entre 15% et 20%). Des idéaux élevés, des buts nobles via lesquels ils pourront s’extraire du marasme et de notions matérielles et affirmer leur identité sont les sujets de préoccupation essentiels de la vie des NF. Souvent des enseignants, journalistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SP, les Artisans (xSxP) = catégorie la plus exubérante, la plus spontanée et la plus « bruyante », c’est celle des esthètes, des hédonistes et des amuseurs (25% à 35%). Ils sont orientés solution et ont un bon sens pratique, mais leur faculté d’adaptation à la nouveauté est plus limitée que pour les précédents. Ce sont les plus instables mais aussi les meilleurs « vivants » ; avec les NF, c’est chez eux que se retrouvent les Artistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SJ, les Guardiens (xSxJ) = groupe le plus répandu (autour de 45%), c’est celui des « conservateurs », de ceux qui assimilent les règles, les structures et les contraintes sociales et sont naturellement portés à en reconnaître la valeur. Aptitudes logistiques, managers, protecteurs aussi. Ils peuvent être rigides, se mettre des ornières, ne pas voir ou accepter le changement.

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En savoir plus : 16types.fr

L’Essentiel :

– les caractéristiques définies par E/I et  P/J sont relatives aux attitudes. Les deux autres sont plus « viscérales » et profondes, décisives pour le fonctionnement.

– chaque type implique les quatre fonctions-clés ; le modèle estime ainsi que tout Homme est à la fois Penseur et Affectif, ainsi qu’Intuitif et Sensitif ; les niveaux d’introversion ou d’organisation (pour aller vite) s’appliquent à ces 4 notions.

– Par exemple, un NT sera d’abord Intuituif (N) et Penseur (T) ; il ne fait appel à ses aspects de Feeler (F) ou de Sensor (S) qu’en de rares occasions ; cela lui demande un effort, lui apparaît contre-nature, nouveau ou dérangeant. L’introversion et l’extraversion se calque ensuite là-dessus : un NT introverti, par exemple l’INTJ, est d’abord N (Intuition Introvertie – Ni) avant d’être T (Penseur extraverti – Te) – ou IN et TJ.

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ENNEAGRAMME

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9 types, en substance (liens vers des descriptions pour cerner plus vite)

* type 1 – l’Idéaliste, le Perfectionniste : Ennea.com ; CCE ; Moncoach ; EIP  ; EnCo

* type 2 – l’Altruiste, le Romantique : Ennea.com ;  CCE

* type 3 – le Battant, le Magicien : Ennea.com ; CCE

* type 4 – l’Artiste : Ennea.com ; CCE

* type 5 – L’Observateur, l’Expert : Ennea.com ; CCE

* type 6 – Le Loyaliste : Ennea.com ; CCE

* type 7 – L’Optimiste : Ennea.com ; CCE

* type 8 – Le Leader : Ennea.com ; CCE

* type 9 – L’Affable, le Médiateur : Ennea.com ; CCE

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– ces types sont issus de trois Triades : Emotionnelle, vivant selon le ressenti, le rapport aux autres, l’image (types 2-3-4) ; Mentale, se fondant sur la réflexion, la logique, la créativité et la planification (types 5-6-7) ; Instinctive, fidèle à ses tripes, à son monde intérieur, à ses convictions ou ses modèles personnels, orienté vers l’action (types 8-9-1)

– à chaque type peut s’ajouter une aile ; par exemple, un Type 8 peut avoir une aile 7 ou une aile 9 ; l’aile 9 le rend plus conciliant, plus modéré, plus porté au retrait ; l’aile 7 le rend davantage anticonformiste, agressif, entreprenant

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– Pour en savoir plus :

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_type_de_personnalite.htm

http://www.enneagramme.com/Theorie/9_types.htm

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_dossier.htm

– Pour déterminer votre profil :

http://www.enneagramme-envolutif.com/formation-enneagramme-test.html

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MARINE LE PEN = ESFP – 6aile7

MBTI : ESFP ou ENFP

L’hypothèse ESFP s’impose avec évidence, pour la gouaille et le tempérament bouillonnant, par endroits presque « boute-en-train » du personnage, pour la simplicité du ton aussi. Mais son brio dans les débats, sa capacité à allier des concepts ou des idées complexes avec spontanéité font pencher vers le « N », de même que ses facultés d’oratrice. Par ailleurs la capacité de MLP, plusieurs fois démontrée, à faire tomber les masques de ses interlocuteurs (d’un point de vue psychologique) et à saisir ce qui n’est pas dit au-delà même des arguments, d’une gêne ou d’une colère patente, peut être autant comprise comme une caractéristique décisive du « Se » (rien ne lui échappe dans le présent) que du « Ne » (faculté à tisser des liens dans l’environnement et l’ambiance). Très réactive, imprévisible et charismatique, comme l’est l’ENFP de papier. « ExFP » de toutes façons, le type des comédiens, des exubérants et des leaders ou pédagogues hauts-en-couleur.

Il y a une deuxième hypothèse qui peut maintenir le doute pour MLP, c’est l’ESTJ : contrairement à Mélenchon qui en adopte parfois une « persona » grossière, c’est structurel dans le cas de MLP. En effet sa tertiaire Te (la Pensée Extravertie) est de plus en plus investie, en réponse probablement à la récente accélération de sa carrière. Cette énergie Te était clairement noyée sous les deux fonctions dominantes (Perception Extravertie et Sentiment Introverti) il y a une décennie.

Enneagramme : 6, 7, 3

Loyale, dynamique, avec un côté borderline ostensible qui n’entame rien de sa combativité, voir de sa témérité. Les événements de sa vie personnelle pourraient en avoir fait une des « contre-phobiques »  souvent cités pour évoquer le Type 6 (qui tend à se laisser dominer par ses peurs, ou les surmonte avec aplomb et souvent excès). On peut parler, dans ce cas, d’optimisation maximale et magistrale du type.

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NICOLAS SARKOZY = ESTP – 3aile2

MBTI : ESTP

Comme Chirac et Berlusconi. C’est un type imprévisible, irréfléchi ou incohérent dans ses actes en surface, mais se fiant à son cadre interne (Ti – Pensée introvertie) pour décider et agir vite (Se – Sensation extravertie). Il aime les biens matériels, le clinquant, cherche la reconnaissance, le feu des projecteurs ; c’est un dominant naturel. Il vit sur le moment présent, est doué en général et en particulier pour l’improvisation ; il s’adapte en toutes circonstances, sauf s’il est compromis et ne rate jamais une occasion de se mettre en avant. Il aime les plaisirs terrestres surtout ; Sarkozy est l’ESTP, dans une version plus assumée que Chirac et plus « narcissique » que Berlusconi, lequel portait carrément toutes les outrances « sensorielles » du type (potentiellement le plus jouisseur, hédoniste et cynique).

Enneagramme : 3w2, 8w7

Sarkozy est vraisemblablement 3aile2 (le type de « la star », du Battant tendant ici vers l’instinctif), ou bien oscille entre 8 et 7 (8 aile 7 ou 7 aile 8). Sa gloutonnerie, son déni face au réel, la force physique dont il a pu faire preuve abondent en ce sens ; sa fuite de la faiblesse (trait fondamental du 8) ressemble beaucoup à la quête d’admiration et l’identification à un rôle (pratique spontanée du 3). La recherche de compensation, l’égo surgonflé, évoquent généralement les types 3 & 8 et Sarkozy incarne tout à fait ce qui les relie. La fausseté, le vide transparent de l’homme, son aptitude à s’adapter aux publics auxquels il fait face, sa façon de se mettre en scène, font cependant pencher plutôt vers le type3 (là encore, à l’instar de Chirac, qui oscillait lui plutôt entre 3 et 9).

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FRANCOIS HOLLANDE = ESFP – 7aile6 (ou 9aile1)

MBTI : ESFP ?

Peu d’intérêt sur ce profil, pas grand chose à creuser, pas d’angle d’attaques prégnant ou stimulant (comme pour le reste d’ailleurs). Hollande serait ESFP a-priori et est généralement typé comme tel. Néanmoins il y a trop d’éléments contradictoires à son sujet et en même temps peu de traits saillants ; il est donc difficile de cerner le personnage, à moins qu’il soit aussi dissocié qu’il en ait l’air.

Enneagramme : 7, 9, 6

Hollande est souvent perçu comme un 7w6 et il en est médiatiquement la caricature. Optimisme, bonne humeur, entrain définissent le type, plus encore avec cette aile ; c’est aussi, en grossissant le trait encore avec les comportements les plus récurrents, un bon communicant, mais un piètre leader et un dominateur peu crédible. Le 7aile6 peut être un bon chef d’équipe, approuvé d’ailleurs et populaire surtout, mais on ne lui fait pas confiance en cas de crise, ou on chercherait quelqu’un de plus solide, plus stable ou sérieux. En revanche, il excelle dans les rôles de seconds ou dans le costume du farceur de service. Tendance à s’affadir, à se contenter des acquis, à fuir la réalité, la tâche, l’effort, la remise en question (correspondances entre les types 7 dits ‘malsains/désintégrés’ et 9). Voit et pense à court-terme (être SFP redouble cet aspect). L’aile 6 illustre l’importance accordée au sentiment d’appartenance et par extension, à la conserver sa place au sein du groupe.

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JEAN-LUC MELENCHON = ENFJ – 8aile7

MBTI : ESTJ ou ENFJ

Idéaliste ou Gardien ? Le dogmatisme de Mélenchon est un pont entre ces deux pôles. Le candidat du FDG est considéré comme un ENFJ sur Slate, d’ailleurs peut-être penche-t-il vers le « F » , par idéalisme, ou par pratique (via ses messages et postures politiques), en raison de ce qu’il défend et de la fibre émotionnelle dont il abuse. Par ailleurs, l’ENFJ est le plus prompt des types  »F » à assumer le leadership ; c’est aussi, à l’instar de l’ENTJ pour les NT, le NF le plus disposé à fonctionner comme un SJ. Ce type est celui des orateurs passionnés, des amoureux de grandes causes capables de faire face à la foule en la prenant à témoin (les ENF mobilisent, les INF exposent leurs raisons) ; moins concordant en revanche, l’ENFJ est un type très  »féminin », peut-être aussi le plus réservé, prudent voir timide des extravertis.

Mais on attribue ce type un peu vite – généralement à beaucoup de personnages charismatiques ou flamboyants, marqués « à gauche », prophètes pacifistes ou militants associatifs d’envergure. Sans doute y a-t-il là une volonté de sacraliser et figer un portrait universel de « gourou ». Or l’INFP et l’ESTJ, pour des raisons différentes, peuvent très bien incarner ce gourou.

Ensuite, entre S et N, Mélenchon est dur à définir : il vit dans le présent, réagit au contexte physique -ou aux hommes et femmes qui s’adressent à lui- plus qu’aux idées ou aux débats, perdant parfois de vue une certaine cohérence. Ces caractéristiques indiquent plutôt le Ti-inf et la présence du Se. De plus, Mélenchon fut un grand suiveur pendant de nombreuses années, surtout à l’époque Mitterand (voir son attachement manifeste, parfois benêt, dans les vidéos), une caractéristique plutôt propre aux I, S, F et J (par rapport aux E, N, T et P) : surtout au Fe (fonction dominante ou auxiliaire des types xxFJ). Il ne s’agit pas du tout de dénigrer Mélenchon en lui refusant un type plus convoité ou censément plus noble ; mais Mélenchon est plutôt un gardien des traditions, d’un idéal de gauche et la confusion de l’ENFJ avec l’ESTJ, du NF avec le SJ, se comprend et même se justifie. Il est bien cependant le paroxysme de l’ENFJ masculin [et du NFJ] agressif et têtu.

Enneagramme : 8

Mélenchon est un 8 assez poussif, cumulant beaucoup des traits de ce type qui utilise prioritairement le centre instinctif pour le tourner vers l’extérieur.  

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FRANÇOIS BAYROU = INTP – 9aile1

MBTI : INTP, INxJ ou ISTJ ?

C’est probablement le plus difficile à cerner de tous les candidats (ce qui est sans doute un obstacle pour lui et son MoDem à plusieurs niveaux). INTP pour son non-conformisme, probablement surtout interne, qui émerge facilement mais est souvent floué, en surface toujours, par la culture du consensus, de l’harmonie. L’hypothèse INFJ, sur Slate, n’est pas aberrante, même si elle surprend spontanément : les qualités de pédagogue, le côté « mentor » du personnage renvoient à l’INFJ ; mais l’attitude, réservée et décisive, sied parfaitement aux IxxJ en général. La raideur, l’impression parfois d’observer un pantin hypnotisé par les croyances qu’il récite renvoient à l’ISTJ. Bayrou serait alors un ISTJ assez curieux, pour autant, jusque dans les détails, il épouse parfaitement les structures de ce type.

Enneagramme : 9, 1, 5, 6

A-priori, Bayrou est un « 9 » assez facile à diagnostiquer. Pour des raisons basiques : simplicité du personnage, souci de la neutralité, de la modération, ainsi que pour la sagesse (peut-être un  »6 » intégré ?) ; mais également pour les discours-fleuves, le souci du détail. Bayrou est aussi un « passif-agressif », à tous les niveaux (sur les plateaux, dans son action politique, dans sa façon d’être et de se présenter). Le 9 associé au 1 cumule la résistance aux émotions négatives, à l’adversité et à la violence des deux types ; il induit aussi un certain idéalisme, le désir de préciser (et ensuite, dans une moindre mesure, de communiquer) sa vision du Monde ; il inclue aussi une certaine rigidité, une paresse, une indécision… plutôt qu’une peur, qu’un souci de sécurité, de maîtrise (et d’une stabilité matérielle), propres aux types 5 et 6. Ces deux-derniers sont les opposés du 1 et 9, mais on peut aussi les qualifier de reflet ; par exemple, le 1aile9 et le 5aile6 se font face sur le cercle de l’ennéagramme ; ils tendent à se complémenter mais aussi à s’identifier l’un à l’autre et peuvent simultanément se confondre comme apparaître incompatibles. Bayrou pourrait être un 6aile5 (qui s’identifie, et réciproquement, avec le 1aile2) ; sa solitude abonde en ce sens (à titre privée, celle-ci est délibérée – Bayrou ferait volontairement le vide autour de lui), ainsi que sa loyauté et son attachement à un cadre familial et à des racines géographiques.

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EVA JOLY = INFJ – 3aile4 

MBTI : INFJ ou INFP

Eva Joly affiche les grandes qualités de l’INFJ… et les grands défauts des « IN » en général, communication laconique ou inadaptée en tête. Eva Joly pourrait être INFP, mais les IxFP sont souvent les plus passifs (cependant, beaucoup d’INFP compensent leur « faiblesse » par un masque d’aplomb et de dédain) ; son intransigeance et sa froideur pourrait la faire apparaître comme une « T », mais son mode d’expression (mimiques et phrasé) sont emprunts de valeurs, de références subjectives, d’affects (d’ailleurs la campagne, les propos, les clips, sont « F » malgré eux). C’est plutôt son « J » qui la rend si droite, si (apparemment) dure, si structurée et décisive ; lui aussi qui l’a portée vers le domaine qu’elle a embrassé.

Enneagramme : 3, 4, 1

potentielle 1, pour le côté justicière, pour l’idéalisme aussi, trait qui n’est pas sans rappeler le type 4 (naturellement porté vers les idéaux de gauche). Le goût du combat, le côté workaholic, la ténacité, mais aussi la multiplication des actions sur des domaines contradictoires (concours de beauté, Droit, politique, éthique) renvoient au type 3. L’association à une aile 4 paraît évidente ; elle implique une priorité au mental au détriment de l’instinctif, un sens esthétique plus développé, une plus grande discrétion et un sens de la nuance lorsqu’il s’agit de se mettre soi-même en scène (contrairement au 3w2, le 3w4 n’est pas un profil-type de « showman », il peut même être assez froid et asocial – mais aussi moins outrancier). A noter aussi qu’un Trois accompli ne ressemble pas à un Trois, mais à ses objectifs, ses combats, bref à l’objet de son identification.

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NICOLAS DUPONT-AIGNAN = INTJ – 1w9

MBTI : INTJ

Pour l’aplomb sans fards, l’expertise, la cohérence et une certaine hauteur naturelle. Solitaire sans en souffrir (aspect irrévocablement INT), NDA est porté par ses convictions ; le terme s’applique bien, semble même façonné pour des individus comme lui, poursuivant leur vision du Juste contre vents et marées. Son discours est très établi, la confiance en l’inspiration de l’INTP n’est pas de mise ; avec l’INTJ, les idéaux sont solides et vérifiés (l’INTP est plus porté vers la polémique et l’exploration de concepts que leur revendication).

NDA a ce côté un peu professoral, donneur de leçons qui s’il peut le plomber vu de loin, passe largement grâce à sa virulence sans outrances ; en outre, en parfait INTJ, NDA retient son jugement et ses paroles jusqu’à délivrer le coup fatal. Les légers problèmes de communication (coups-d’éclats de « showman » un peu désuets, mais ça ne le soucie guère) sont typiques, bien sûr des « T », mais surtout des (I)NT(J), largement plus soucieux de fond que de forme, de symboles que d’images gratuites et chatoyantes. Autre caractéristique de l’INTJ : un conformisme de façade, une auto-discipline au service d’un état d’esprit structuré.

Enneagramme : 1, 5, 6

L’ennéatype 1 s’impose rapidement (fixation perfectionniste, colère réprimée éclatant face aux « excès » broyant son sens de la droiture), quoiqu’avec des aspects ‘résonnant’ 5. Un 5 aile 6 dans ce cas, c’est-à-dire un Observateur relativement tourné vers le Monde, actif voir énergique, bien qu’assez difficile à saisir. Les 1w9 et 5w6 sont des types-miroirs.

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PHILIPPE POUTOU = ISFP – 9w1

MBTI : ISTP ou ISFP

Poutou a un profil assez classique de petit lieutenant de la « gauche radicale » ; c’est un SP, il vit dans et pour l’instant immédiat, ne se soucie pas des conséquences de ses actes. Il est fidèle à ses habitudes mais c’est un bon camarade. Plutôt introverti, il a les traits du STP, mais ses prestations ont souvent été curieusement affectives ; le personnage manie très mal la théorie, alors que les STP sont souvent capables d’asséner des convictions arrêtées et structurées.

Enneagramme : 9, 6, 7

Poutou est un 9 typique. Négligé, paresseux, même lorsqu’il monte au front, capable néanmoins de se montrer ponctuellement offensif.