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AKINJEON / LE GANGSTER, LE FLIC ET L’ASSASSIN **

17 Août

3sur5 Polar descriptif et assez prosaïque, divertissement fiable et efficace. Le niveau est celui d’un film d’exploitation contemporain secouant et cognant allègrement son petit monde. C’est à proscrire pour les spectateurs en quête d’originalité, à recommander pour ceux lassés des thrillers timorés. Pourtant les bavardages ne sont pas exclus : le film est lent pour lancer les réelles hostilités et boucler la collaboration. Il préfère traîner autour des motivations des deux protagonistes. Comme il ne vise pas de grandes découvertes ou des sommets d’intelligences, il aurait gagné et nous aussi à se passer d’explications – éventuellement pour multiplier les démonstrations comme celles introduisant ses champions, quoique le résultat soit déjà gratiné.

Les portraits ne sont pas géniaux mais les profils assez truculents. Le gangster est un pourri blasé paroxystique mais taiseux et sans méchanceté fondamentale – un Clint avec des responsabilités. C’est clairement le leader de cette galerie emplie de testostérone où les individus sont plutôt agréables mais pas respectables (ou parfois joyeusement méprisables et idiots, même s’il y aurait de quoi pleurer, par exemple de ce larbin fanatisé). Le flic est le plus turbulent – un jeune fougueux, quasiment un chien avec la ruse en bonus, qui ne volera pas ses deux coups dans la colonne. Le démon de l’affaire est une sorte d’ovovivipare transi mais exténué avec la peau grasse et les idées sombres. Son intérêt (encore plus que celui de Don Lee) tient à sa gueule et son attitude : on dirait un croisement entre le nain diabolique de L’homme au pistolet d’or, un autre hippie dissident de l’époque Charles Manson et Gaspard Ulliel dans Hannibal les origines.

Les scènes d’action sont musclées (avec une poignée de détails burlesques ‘sans le faire exprès’) tout en restant loin des références telles que Raid 2. Les manques techniques se font alors sentir, notamment lors du passage rempli d’éclats de verre. La vraisemblance dans l’ensemble potable est jetée aux oubliettes le temps d’une bagarre seuls contre tous aux conclusions dignes d’un cartoon. L’esthétique peut se faire kitsch, en particulier lors des descentes surmontée d’un petit air ringard et dynamique. C’est raccord avec le mépris de la subtilité et les lettres du titre couvertes de sang. La fin livre sans surprise un incitatif à la peine de mort digne de Schumacher (8mm, Le droit de tuer), puis une image finale où la confusion des démons semble l’emporter.

Note globale 58

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Suggestions… The Chaser + Hard Day

Les+

  • énergique et tient ses promesses
  • Ma Dong-Seok
  • l’once de drôlerie

Les-

  • des démonstrations voire des scènes répétitives
  • bas de plafond

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GIRL **

26 Fév

3sur5 En dernière instance Girl a survolé son sujet. Loin de Transamerica ou Boys don’t cry, plus près de Tomboy, le style est froid, descriptif ; tout en gardant des distances et ne s’écartant jamais du cœur du sujet, Girl est factuellement dramatique jusqu’au dernier degré. Le spectateur compatit et/ou observe (l’anthropologue n’aura pas son compte, sauf s’il est entomologiste du graveleux) – jamais on aura tant eu le pseudo-instinct de vérifier la moulure de l’entre-jambe, entre deux scènes où on nous le soulignait carrément.

Les inévitables humiliations répondent présent, surviennent souvent masquées par des manières douces – mais elles restent modestes car le film veut éviter le misérabilisme, souhaite manifestement se placer au-dessus d’une mission de sensibilisation mielleuse. La protagoniste est faiblement caractérisée : nous n’avons accès qu’à son parcours [de transition quasi finale, médicalement étayée] ; et aux applications ou malaisances pratiques. Pas de passé, rien qui explique pourquoi on arrive là, pourquoi l’environnement familial est tolérant ou encourageant.

En émerge une tendance individuelle à se pousser à bout, à se créer des difficultés invivables dont il faut néanmoins se sortir – en cultivant, volontairement comme par nécessité, une solitude exhaustive, pour mieux atteler son narcissisme et préparer son enveloppe finale. Le film est assez lisse et ouvert pour qu’on y décèle une représentation diffuse des troubles de l’adolescence, du combat contre soi voire du masochisme ; il gagne non à rester dans l’ambiguïté mais à ne jamais trop s’engager, en restant dans l’ordre du sous-documentaire à tangente poétique. Des choses graves semblent être semées et le film pourrait les avoir récoltées ou composées malencontreusement.

La place du père est étrange : les traces d’inceste (affectif) se multiplient, son enfant est une transsexuelle alors que la mère est absente ; n’y a-t-il là que des hasards ou maladresses, les auteurs en se documentant ou rencontrant les personnes concernées (ou celles habilitées à les encadrer) ont-ils relevés malgré eux des récurrences ou bien ont retenue une originalité troublante ? Il y a paresse ou cécité volontaire, peut-être pour éviter de troubler le public ou s’attirer des foudres. Forcément on souligne le talent de l’acteur principal, mais les SJW ont raison sur ce coup en regrettant que le rôle n’ait pas été confié à un individu concerné ; ou bien c’est mal apprécier ce Whiplash de la danse (avec hara-kiri à la clé), dont la situation radicale du personnage et la grosse performance transcendent l’inertie générale.

Car sur les questions de forme, Girl est d’une ‘platitude’ appropriée, laissant place au sujet. La scène finale (et le violon rejoignant le générique) où madame est accomplie, arrivée au bout de sa route, est curieuse – dans le sens suspect du terme. Voilà Lara en bonne citoyenne raccord, apte à prendre son petit métro en souriant et se sentant à l’endroit. Définitivement ce film ne voit les choses ni du côté de l’objectivité ni du côté de son patient ; il les envisage sous un angle commun se voulant respectueux – tout en ayant le goût du détail ‘véridique’ (bien sûr les plus crus sont les bienvenus) et de l’émotion bien délimitée (hormis quelques outrances physiques rien n’est de taille à bouleverser). Le mérite d’une telle approche est de faire propre et synthétique. Enfin les très rares moments musicaux sont usés dans leur registre (‘dépouillement’ doucement lacrymal devant une éplorée courageuse).

Note globale 58

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Suggestions… Les garçons sauvages + Black Swan

Scénario/Écriture (6), Casting/Personnages (5), Dialogues (5), Son/Musique-BO (6), Esthétique/Mise en scène (5), Visuel/Photo-technique (6), Originalité (4), Ambition (7), Audace (6), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (6), Pertinence/Cohérence (5)

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QUATRE FILMS DE LOZNITSA **

21 Fév

LA STATION / POLUSTANOK (2000, 0h25) *

1sur5 Sergei Loznitsa entame son œuvre de réalisateur en 1999 avec La vie l’automne. Un an plus tard son second (court-)métrage reçoit les félicitations de la critique : c’est Polustanok, soit ‘La station’. Des gens sont endormis dans une petite gare. Le vent s’installe, les bourrasques retentissent bientôt, mais tout finit par s’affadir ou s’oublier.

Vers la fin, une vieille se réveille. Dernier plan sur une station vide. Le spectateur aura compris que ces gens sont cassés et leur environnement ne leur laisse pas d’autres perspectives. Vingt-cinq minutes de pure contemplation devant l’inertie étaient-elles nécessaires pour y parvenir, ou bien cette durée permet-elle de renforcer le propos ? Elle permet seulement d’abrutir ou d’agacer. Il n’y a à trouver là-dedans que d’infimes variations dépourvues de pertinence.

Le noir et blanc est bien présent pour encourager la distance et habiller le vide – les autres films de Loznitsa utiliseront à nouveau ce recours (Poselenie, Portret, Pismo). Fabrika, rebut flashy du réalisme socialiste, sera une exception. Malgré sa vacuité délibérée Polustanok aura toujours son esthétique pour argument et les interprétations ou justifications peuvent se forger là-dessus. Quelques effets avec la brume ou les ombres donnent l’impression d’une luminosité étouffée : comme si ces individus étaient rendus insensibles ou cet endroit broyait leur propre énergie.

Note globale 31

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Suggestions… Philosophy of a Knife/Iskanov

Scénario/Écriture (1), Casting/Personnages (1), Dialogues (-), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (-), Ambition (-), Audace (-), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (1), Pertinence/Cohérence (-)

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PORTRAIT / PORTRET (2002, 0h28) **

2sur5 D‘origine biélorusse, Loznitsa a grandi en Ukraine, tourné ses premiers films et documentaires en Russie, avant d’aménager en Allemagne en 2001. C’est à cette période qu’il tourne Portret, un de ses courts-métrages en noir et blanc, d’une durée proche de la demi-heure.

Il y investi un village russe vivant comme à l’ancien temps, celui qui était encore commun dans le contexte de Requiem pour un massacre. Les paysans y sont pris sur le fait, statufiés pendant leurs activités. L’ensemble de leur vie publique est parcouru : ils sont vus dans leur travail, mais aussi en collectif, dans leurs loisirs, dans les déplacements et les évasions solo. Aucune intimité n’est partagée, la caméra n’approche qu’une fois la porte, ne la passe jamais. L’intérêt de tout figer peut être obscur, surtout qu’il nuit au réalisme.

Il permet de cumuler des tableaux d’une communauté paysanne avec un maximum de netteté, à défaut de vivacité et de profondeur. Loznitsa présente des semblants de photographies, sans les limites de celle-ci, ni le décalage qu’induirait une bande-son ouvertement plaquée sur des images fixes. Le film est sans fantaisie, le mystère est davantage ses motivations dans le détail. Comme Polustanok, il vise probablement à baigner les premiers publics visés dans des atmosphères lointaines, reflets de conditions d’existence rudes et spécifiques (ce sera encore le cas dans Fabrika). Portret doit miser sur le gouffre entre la modernité, son culte de la vitesse et ce mode de vie arrêté dans le temps, tendu vers une immobilité inconfortable.

Note globale 50

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Suggestions…

Scénario/Écriture (-), Casting/Personnages (2), Dialogues (-), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (2), Originalité (-), Ambition (-), Audace (-), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

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FABRIKA / L’USINE (2004, 0h30) **

3sur5 Loznitsa a été remarqué par la critique dès son court à dormir debout La Station. Fabrika (aka ‘L’usine’) est nettement plus concluant et accrocheur. Entre-temps le réalisateur venu d’Ukraine s’est approché du long-métrage avec La Colonie (2002), où le maintien de ses parti-pris a pu prendre une tournure intenable.

Dans Fabrika la caméra observe l’usine pendant les pics d’activité, en deux grandes périodes. Le regard est absolument externe, la psychologie et les individualités exclues, au même titre que le récit au sens banal. En plus d’imposer du recul le film n’est pas complètement réaliste. Son attention aux sons d’ambiance le dément, son éclairage original l’indique explicitement.

Les couleurs sombres et chatoyantes font penser à la peinture baroque. Ce style permet de faire passer l’atmosphère de chaos carré des ateliers de sidérurgie, qui ressemblent à une délocalisation proprette des manufactures de l’enfer. L’inspection du domaine des femmes est traitée de façon plus plate et objective.

Note globale 58

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Suggestions…

Scénario/Écriture (-), Casting/Personnages (-), Dialogues (-), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (-), Audace (-), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

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PISMO / LETTRE (2011) **

2sur5 Le réalisateur Loznitsa vient de passer au long-métrage (avec My Joy), format qui aura sa préférence désormais (Dans la brume, Maidan). Avec Pismo (‘La lettre’) il ne s’intéresse plus à des gens ordinaires ou diversement prolétaires, mais à des aliénés au premier degré. Il nous entraîne auprès d’un asile psychiatrique niché dans la forêt russe.

Comme dans Portret (sorte de diapos de paysans) la ville et le luxe sont loin, la civilisation passe au-dessus. A-priori documentaire, l’exercice glisse vers la rêverie – pas la méditation. Le cinéaste refait le coup des flous comme dans Polustanok (la révélation de ses débuts) et a comme de coutume opté pour le noir et blanc (Fabrika étant une heureuse exception). Aucune connexion avec le spectateur n’est recherchée, celui-ci n’a qu’a se laisser glisser dans un bain grisâtre tirant vers le surréalisme, comme le font les maillons futiles de ces paysages.

Quelques tentatives et semblants de bavardages, insignifiants quand ils sont compréhensibles, meublent vainement. Les incrustes de vaches et l’accordéon sont les seules animations collectives, le reste est flottant, éparpillé dans les esprits usés et, peut-être, malades. Ces gens n’ont rien à dire et pour le réalisateur de Poselenie et Fabrika ça en fait des sujets de prédilection. L’apport direct est proche du nul, le plaisir esthétique ou régressif est envisageable. La durée raccourcie (environ 20 minutes soit 10 de moins que d’habitude) facilite la tâche, le travail du son y encourage en rendant la ballade vivante malgré tout.

Note globale 51

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PARIS VU PAR **

20 Jan

3sur5 La capitale en six épisodes – les grosses têtes de la ‘Nouvelle vague’ prennent chacun un arrondissement. Il faut se coltiner des débuts décourageants. Jean du premier film (‘Saint-Germain des Prés‘ par Douchet) se parle ‘à lui-même’ : voilà toute cette fausseté et cette balourdise de cinéma français ‘jeune et dynamique’ de l’époque. L’introduction architecturale pour touristes est bien aimable mais ce Paris est repoussant (il le sera encore un peu dans les suivants).

Gare du Nord‘ de Jean Rouch, avec Gilles Quéant en tombeur et « roi de la jungle » déprimé, est une bonne petite leçon existentielle – agaçant à bon escient avec ses deux idiots du départ (le mari est un ‘trop bon trop con’ surnaturel en théorie et courant en réalité), elle étant la pire (une hypocrite mesquine et une geignarde) et ça se confirmera. Le troisième, ‘Rue Saint-Denis‘ de Pollet, fait se rencontrer Melki dans son rôle de timide (quasiment le même que pour L’amour c’est gai) et Micheline Dax en prostituée présentable mais au langage sans ambiguïté – une Froide Primaire exemplaire dans la Caractérologie de Le Senne (Amorphe bien entendu, face à un Sentimental timoré). Une bonne comédie.

Place de l’étoile‘ de Rohmer est très bavard et en fait des tonnes en toutes circonstances, mais tout en penauderie – avec une once de burlesque pour relever la sauce. La mise en scène y est plus propre et ambitieuse. Godard à ‘Montparnasse et Levalois‘ joue des petits tours insensés avec sa bande-son (introduire des silences, baisser discrètement le volume des discussions) – ses bidouillages cryptiques et déliés sont aussi plats que cette première séquence pourrie à la forgerie. Le sursaut la concluant et le passage chez le second mécano rendent la chose caustique. Tout ça reste balourd dans l’élocution comme dans l’organisation, franchement bête et trivial une fois qu’on a franchi les barrières du bordel.

‘La muette’ nommé ailleurs ‘Pharmacie La Muette‘ clôt la séance sur une crise familiale bien banale et grotesque. Comme celui de Pollet il se passe en intérieur – bourgeois évidemment, Chabrol trouve encore l’occasion de les moquer, pas en province cette fois et en se mouillant personnellement. La future Femme infidèle est clairement la malheureuse du lot – son cas est même triste car on l’imagine difficilement pouvoir se relever, elle n’a ni l’avenir ni les moyens de son côté, seulement le confort et les médicaments pour s’engluer. À l’arrivée cette anthologie est réussie, grâce à son unité presque garantie et bien que les styles des réalisateurs ne se ressemblent pas.

Notes spécifiques : St-Germain 4, Gare 7, St-Denis 6, Place 5, Montparnasse 4, Muette 6.

Note globale 58

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Suggestions…

Scénario/Écriture (5), Casting/Personnages (6), Dialogues (6), Son/Musique-BO (6), Esthétique/Mise en scène (-), Visuel/Photo-technique (7), Originalité (4), Ambition (7), Audace (-), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (6), Pertinence/Cohérence (6)

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UN COUTEAU DANS LE COEUR **

11 Jan

3sur5  Produit fétichiste à outrance puisant dans les grands noms du bis ou du sulfureux (Cruising) des années 1970, de l »underground’ LGBT français, chez Dario Argento et auprès de vieilles références de l’épouvante (celles impliquant des masques ou des brûlés romantiques). Tous ces titres n’ont pas besoin d’être connus pour recevoir Un couteau dans le cœur, séance ‘fantasme’ aux habits de mélo, proche de l’expérimental éprouvé. Malgré ces antécédents et la relativité des surprises, le rendu général reste original, le film loufoque et bariolé sait se montrer limpide et concret.

Vanessa Paradis livre un jeu un peu surfait, plus adapté aux catégories ‘arts et essai’ ou aux courts-métrages qui auraient totalement sacrifié le narratif et la vraisemblance au service de la pose. D’ailleurs, s’il faut reconnaître au film d’aller au bout de son filon et de ses extravagances, on peut regretter qu’il laisse à quai tant de caractères – toute la cour et les sujets de cette productrice de cinéma porno. Car les pittoresques étaient bien là, comme ce réalisateur hautain à la sévérité ‘placide’ typique (Archibald Langevin) ou la vieille ouvrière Bouche d’or (suceur-réactiveur de queues).

Au lieu de développer ces personnes (comme dans Land of my dreams, plus ‘effectivement vivant’) Yann Gonzalez préfère exploiter un univers – avec succès mais aussi avec une superficialité assumée qui pourra lasser les non-acquis d’avance (parmi lesquels on appréciera le cameo de Mandico, auteur du film ‘alter ego’ de l’année : Les garçons sauvages). Souvent ces hommes ressemblent à des grands gosses aux fixations aussi insipides que rococo (120 battements, sans l’esthétique pour agrémenter, avait raison dans ses représentations ?) – c’est pourquoi Vanessa Paradis et les autres intervenantes féminines sont une bonne contribution. La trajectoire d’Anne est ambitieuse, sa traduction presque ennuyante, mais positivement – elle apporte un répit au milieu des hystéries accomplies et douceurs vaguement répugnantes (son passage avec Cathy est une déviation heureuse).

Ce n’est pas que ce film soit raté – simplement il peine à faire aimer son défilé, la faute à un éparpillement dans le genre qui ne semble servir qu’à les entacher de rêveries et de projections homosexuelles – presque toujours lubriques et quelquefois (mais pourquoi ?) parodiques (sans humour bien poussé). Les films tournés dans les studios alloués par Parèze sont à cette image : ils justifient une tournure de comédie (avec la scène du mexicain) ou laissent la fantaisie dominer (Le tueur homo – spoiler : le tueur est une [vraie] femme), toujours pour le plaisir d’un instant – à renouveler si affinités. Le plus brutal mais aussi plus abstrait Body Double avait le double de force émotionnelle (sans parler des autres signés DePalma, plus proches de leurs tristes héros) ; la connivence personnelle (sexuelle ?) n’est pas tant nécessaire chez tous les modèles et antécédents de ce Couteau dans le cœur. Enfin la pertinence de quelques trucs techniques bas-de-gamme (comme ces impressions en négatif) n’est pas évidente.

Note globale 58

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Suggestions… Le fantôme de l’Opéra, Mother !, Tous les garçons aiment Mandy Lane, Le Loup-Garou de Londres, Capitaine Orgazmo, Mandy, Annihilation, Hérédité

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (6), Dialogues (6), Son/Musique-BO (7), Esthétique/Mise en scène (6), Visuel/Photo-technique (7), Originalité (7), Ambition (7), Audace (7), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (7), Pertinence/Cohérence (4)

Les +

  • haut-en-couleur, avec des anecdotes fortes dès le départ
  • éclairages
  • se laisse suivre grâce à un certain ancrage, des détails et un ‘mauvais goût’ constants
  • le grotesque de certains rôles

Les –

  • des ‘poses’ ou des parti-pris hideux, aberrants..
  • ..par exemple dans la direction d’acteurs
  • approfondit rien sauf son esthétique, donne des personnages médiocres malgré leurs éventuelles possibilités

Note arrondie de 60 à 58 suite à l’expulsion des 10×10.

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