Tag Archives: SEANCES EXPRESS

SEANCES EXPRESS n°37

12 Juil

> Soudain le 22 mai** (60)

> Abandon* (41)

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SOUDAIN, LE 22 MAI **

 

3sur5 Connu pour son controversé Ex Drummer, Koen Mortier livre son second long-métrage. Exercice de style un peu aveugle, Soudain le 22 mai s’apprécie pour son esthétique raffinée, sa mise en scène extatique ponctuée par une échappée finale onirique.

 

Le film se déroule autour d’un drame et de celui qui n’a pas su l’empêcher, l’explosion d’un centre commercial et l’agent de sécurité qui a échoué. Il se retrouve hanté par les fantômes de ses victimes, venant un par un lui demander des explications. Se déroule d’abord le procès d’un coupable par omission, par lâcheté ; un homme fatigué, dans une vie sans stimulis, sans perspective. Endormi dans cette existence, il laisse passer le danger comme il laisse passer tout le reste.

 

Malheureusement l’ensemble tourne à la simple accumulation puis tombe dans méllasse autour du cas Dolly. L’arrivée de l’auteur de l’explosion permet cependant de dépasser le simple harcèlement des innocents sacrifiés, pour ouvrir à des interactions plus globales. Bientôt, quatre protagonistes impliqués refont l’événement et défendent leur subjectivité, tout en visitant virtuellement les lieux du drame.

 

Voilà du cinéma dépressif, habillant son scepticisme avec élégance, en quête de ré-enchantement sans arriver à se décoller de la misère humaine qui l’écrase.

Note globale 60

 

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Suggestions… Passé virtuel + Abandonnée + Universal Soldier 3 + Elephant

 

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ABANDON *

2sur5  Abandon suit une étudiante brillante et ambitieuse mais obsédée par un petit ami disparu, un rebelle charismatique. Nous avons à faire avec un thriller vain et boursouflé, reposant sur les charmes de Katie Holmes et son haïssable sourire en coin – au cas où vous l’adoreriez, c’est une marque universelle de mépris et l’expression emblématique du dominant serein.

 

Les autres acteurs se prêtent à des cabotinages lourdaud tandis que l’intrigue avance sans raison, avec une colonne vertébrale douteuse. Il y a des dialogues plein d’esprit et une espèce de réflexion sur la réussite, la vocation et l’attachement. Mais comme tout ce qui parcourt le film, cela manque de clarté et plus encore de finalité.

 

Enfin on s’amuse de ces surfeurs surdoués et autres visionnaires en carton, manifestation malade de l’esprit américain du  »self made man » et sa mystique de l’excellence.

Note globale 41

 

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Suggestions…

Voir le film sur StreamComplet

 

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SEANCES EXPRESS n°38

13 Juin

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TRAFFIC **

3sur5  Film choral réalisé par Steven Soderbergh (Ocean’s Eleven, Ma vie avec Liberace, Kafka) où sont intégrées plusieurs histoires autour du trafic de drogue (de la police mexicaine jusqu’à la Maison Blanche), vouées à ne pas se rencontrer. Ambitieux mais indéterminé, Traffic est un spectacle aussi minutieux et solide que décevant. Avec Erin Brockovich, Soderbergh réalisait un film fort, essentiellement grâce à son héroine. Ici, dans le cas où il y aurait un personnage monumental, il ne prendrait de toute façon que sa petite part et sa fougue elle-même n’irradierait au mieux que son espace réduit.

Il y a beaucoup de style et de précision dans Traffic, où un metteur en scène réfléchi et raffiné est aux commandes. Le vaste travail sur les couleurs en atteste. Mais hormis l’illustration scolaire sur le thème  »la drogue, son trafic, sa consommation, les agents impliqués », Traffic n’en viens nulle part. L’avantage de sa structure est négatif : Traffic évite de appesantir et n’est pas trop plombé par sa grande platitude. Il n’est pas vif, mais se suis sans ennui et laisse s’exprimer de façon volatile la sensibilité de son auteur. C’est peu compte tenu de son ambition manifeste, mais assez faste pour un divertissement quelconque.

Note globale 56

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Training Day + Ocean’s twelve + Sexe, mensonges et vidéos

Voir le film sur ManiaStreaming 

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SÉANCES EXPRESS n°27

26 Fév

> Aux frontières de l’aube** (57)  fantastique

> The Outsiders** (51)  drame/sentimental US

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AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE **

3sur5 Film de poursuite avec vampires aux trousses, Aux frontières de l’aube est ancré dans son époque jusque dans ce qu’il s’acharne à ne pas être. Les 80s marquent une rupture pour les vampires, subitement orphelins de l’esthétique gothique. Le film de Katherine Bigelow (Point BreakDémineurs) ne compense pas par un substitut glam trash (façon Les Prédateurs de Tony Scott) ou un style apocalyptique urbain, mais en intégrant une dualité nette entre l’Amérique des ranchs paisibles et la horde de vagabonds immortels. Pas de princes ni de voyageur fantaisiste, les créatures ici sont un paysan athlétique et des bohémiens pâlots en jeans.

S’il jouit d’une bonne réputation et d’un statut d’œuvre-phare auprès des amateurs du genre, le film n’est pas tellement original, se contentant de juxtaposer deux univers parallèles, les avatars du vampire et le contexte du western docile et civilisé. Cette combinaison est pourtant une innovation au cinéma ; mais la synthèse est aussi sophistiquée que le climat faible. Bigelow compense habilement la violence et la sécheresse de l’ensemble par une tension romantique (charmant tandem amoureux avec ses attitudes entre inhibition et intrépidité), mais son emphase est plus limité que sa maîtrise. Le spectacle demeure balisé voir consensuel en son genre (sinon en tant que thriller horrifique) : la charge lascive des goules et de leurs homologues est méprisée, le récit trop fermé, figé sur les bases de départ et même le héros est un personnage assez réduit et effacé. Puissant tout en sobriété, divertissant mais relativement fade, Near Dark (titre VO) décolle lors de tournées sanguinolentes et autres démonstrations explosives du clan, mais là encore l’inhibition créatrice est criante.

Après les morceaux de bravoure, Aux frontières de l’aube s’achemine vers un conflit entre famille originelle et réseau d’adoption, élu lors d’une dérive et à cause de désirs ou d’étincelles amoureuses. Sans surprise, Near Dark tirera vers une conclusion assez  »prude », condamnant l’élan de passion, la sortie du route, tout en s’en servant opportunément pour être attractif. Sans ce type de lecture ou de biais (auquel Bigelow se sacrifie excessivement), il s’agit encore d’un Roméo & Juliette dont les parties sont irréconciliables mais liées par l’affect et le combat ; l’heureuse originalité, c’est de permettre aux protagonistes principaux d’éviter la tragédie (happy end new wave). C’est ce genre de procédés poussifs, de structures  »morales » et séquentielles très communes, qui rendent le film, si raffiné soit-il (très joli aller pour l’Enfer), terriblement linéaire et formel. Sa subtilité est diluée par trop de renoncements ou de manies conventionnelles et une approche cosmétique des sentiments qui par ailleurs sont censés être exacerbés.

Note globale 57

Interface Cinemagora

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THE OUTSIDERS **

2sur5  La grande et véritable raison de la notoriété de Outsiders est son casting, parsemé de futures stars (Tom Cruise trois ans avant Top Gun, Patrick Swayze, Matt Dillon). Déjà anachronique en son temps, The Outsiders se calque sur les grands classiques du cinéma adolescent des 50s-60s, façon American Graffiti ou La Fureur de Vivre (beaucoup ont parlé d’hommage presque explicite à ce dernier). Réalisé par Coppola dans la foulée d’un Rusty James aux mêmes dispositions, le film célèbre la rébellion vu sous l’angle traditionnel de la grande fresque teen hollywoodienne. Les méthodes et les tubes sont là, les initiés adorent, les autres confondent les modèles et les ersatz.

Avec son romantisme suranné et sa connivence appuyée avec une contre-culture de circonstance, The Outsiders oppose des ados bourgeois et des déclassés précoces, s’affrontant en bandes. On y coupe pas : il y aura le chassé-croisé entre les jeunes vierges avides sous le masque BCBG et les écorchés vifs grimés en délinquants querelleurs. En outre, le ton est assez puéril, le récit progresse par paliers ; les pirouettes du scénario et le manque de solidité sont criantes. Le British Film Institute ne s’y est pas trompé en inscrivant The Outsiders dans sa liste des « 50 films à voir avant d’avoir 14 ans », car c’est lors de la petite adolescence qu’il aura toute l’occasion de marquer les esprits. Car il y a aussi l’approche sincère de ces hommes inachevés engagés dans un processus de marginalisation volontaire, voir de renoncement déguisé devant la misère inéluctable. Les portraits sont plein d’empathie et de tendresse, à défaut de lucidité sociologique voir de réalisme.

Note globale 51

Interface Cinemagora, page Allocine

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Séances Express : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12

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SEANCES EXPRESS n°26

24 Fév

> Maîtresse*** (66) drame Français 1975

> Soul Kitchen** (52) comédie dramatique Allemande 2010

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MAITRESSE ***

3sur5 Curieux objet que le cinéma de Barbet Schroeder (Barfly, Le Mystère Von Bulow), dont le sens de l’aventure s’ancre toujours dans la réalité, mais une réalité raffinée, calculée, cérébrale. Dans Maîtresse, un film à la liberté de ton et au goût du risque typiquement seventies, il nous emmène avec Depardieu dans le monde du sadomasochisme professionnel.

C’est en la cambriolant que Olivier (Gérard Depardieu) entame une grande relation avec Ariane (Bulle Ogier). Il est un petit voyou provincial canalisé par quelques principes, elle est une maîtresse, orchestre des mises en scène de séances sado-masos, dans lesquelles elle participe généralement mais sans implication sexuelle directe ; c’est-à-dire qu’on ne fait pas  »l’amour » dans son métier.

Comment rester l’amant d’une maîtresse ? C’est trop pénible pour Gérard Depardieu qui voudra imposer sa touche et sa présence. Puis dans leur propre relation s’invite les jeux de rôle, les scénarios. Le sado-masochisme non plus festif et organique, mais psychique et romantique. Celui qui resserre les liens et la complicité.

Leur tandem laisse un joli souvenir. Celui d’une romance sourde, logique, parodiant la cruauté en toute innocence pour mieux jouir simplement et sans complications.

Note globale 66

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

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SOUL KITCHEN *

2sur5 Feel-good movie et hommage à la ville de Hambourg, Soul Kitchen a connu un joli succès à travers l’Europe et été couronné du Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise. Il s’agit de « tranches de vie » autour d’un type avec le dos en compote, tenant un restaurant et légèrement paumé existentiellement, mais raccrochant soudainement grâce à de nouvelles rencontres.

Soul Kitchen prend son inconsistance pour de la bonne volonté. Se voulant résolument excentriques, les situations et personnages sont d’une pauvreté malheureusement transparente. La mise en scène est très rapide, le ton optimiste et volontaire ; ça pétille habilement et en vain, sans souhaiter faire exister tout ce que ça balance.

La musique tonne sans cesse sans rien drainer, les gags remplissent (souvent cognent fort). La faiblesse voire l’absence d’enjeux empêchent un décollage franc même dans les meilleures passades, la BO est inégale, parfois charmante, le regard d’auteur est prudent, artificiel. On s’épanche dans la fête (dans la foulée du cuisinier théâtral, un DJ est recruté), ça paraît légitime et stimulant selon qu’on est sensible ou pas à sa représentation strictement concentrée sur la piste de danse.

Quand le ton est censé se durcir ou la démonstration se préciser, c’est plat – on dirait qu’un junkie en petite forme l’a composé (avec le gimmick rigolard du vieux marin à la présence ubuesque). D’ailleurs on finit par se demander si ce sont les acteurs ou les personnages qui sont à ce point désynchronisés : Pheline Roggan, quand on joue comme… ça, il y a trois possibilités : on interprète une autiste, on en est une, on a ses priorités ailleurs. Ou bien on est objet d’un film où les femmes en particulier doivent manquer de colonne vertébrale et d’élan vital cohérent. C’est pas un drame en soi, juste un manque de respect pour le chaland, une goûte d’eau dans un océan de vacuité polie.

Un film libre, manquant de profondeur au point de relativiser son caractère, en dépit de tous ses marqueurs culturels et de son énergie. Son excitation peut contaminer l’auditoire, à condition d’être sensible au « message » philanthropique, cinéphage inexpérimenté ou simplement de bonne humeur voire aussi léger que l’écriture du film. C’est du kitsch gratuit, joliment mis en boîte, avec des sursauts d’efficacité (et d’acuité sociologique) qui n’empêchent pas la sensation d’avoir perdu son temps.

Note globale 52

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Suggestions…

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (3), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (1)

Critique légèrement modifiée le 4-04-2018 (revu le film et passé la note de 41 à 52).

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SÉANCES EXPRESS n°28

25 Jan

> Etoile sans lumière *** (71) mélodrame

> Subway ** (52) 

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ÉTOILE SANS LUMIÈRE ***

4sur5   Édith Piaf avait déjà tourné pour Montmartre-sur-Seine (1941), mais il lui a fallu attendre Étoile sans lumière de Marcel Blistène cinq ans plus tard, pour trouver un rôle à sa mesure. A la fin des années 20, l’avènement du cinéma parlant fait peser la menace du déclin sur l’actrice Stella Dora. Une jeune bonne à la voix exceptionnelle va sauver sa carrière, mais cette doublure issue de sa province vit mal l’hypocrisie de la situation.

Beau film en musique où Piaf entonne C’est merveilleuxÉtoile sans lumière traverse exceptionnellement bien les âges : sept décennies plus tard, il ne suscite que l’enthousiasme, sans ennuyer ou impatienter ne serait-ce qu’une seconde. Il paraît que ce mélo typique (de son temps) aurait inspiré le scénario de Chantons sous la Pluie. En tout cas, la séance est un plaisir, spirituelle et légère (petits commentaires sur le monde du spectacle, la volonté de puissance) ; et on profite de la distribution prestigieuse, avec notamment la présence de Serge Reggiani ou encore de Yves Montand à qui la Môme, véritable superviseuse du film, offre ici son premier rôle sur grand écran.

Note globale 71

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SUBWAY **

2sur5  Luc Besson est encore à ses débuts en tant que cinéaste en 1985. Il est seulement l’auteur du Dernier combat, film de SF dont l’étrangeté dénote avec l’ensemble de ses productions. Subway met en scène deux stars de l’époque, Christophe Lambert et Isabelle Adjani (dont il vient de réaliser le célèbre clip Pull Marine), écumant le métro parisien, entre les milieux mafieux et marginaux.

Film culte, dont la BO de Eric Serra a été couronnée par une Victoire de la meilleure musique de film et un double disque d’or, Subway séduit par son style tranchant et emphatique, son ambiance raffinée cheap. Son plus grand intérêt est côté casting, notamment pour Adjani, malgré la conversion ridicule de son personnage (son attendrissante petite rébellion dans un dîner bourgeois). Convaincante dans son costume d’ange démoralisé, elle l’est moins en annonciatrice de Nikita.

Toutefois, c’est aussi un film sans but ni perspective. On s’ennuie légèrement, il y a des petites audaces en carton et de jolies musiques (le titre éponyme ; le reste tient du pur folklore bien de son temps). Dans le fond c’est un divertissement typé, avec les accompagnements volages d’une romance indéterminée. L’habillage social curieux (les destins pré-écrits, la hiérarchie pesante dans tous les rapports) donne une vision d’un temps présent restrictif, pas si laid mais quasi totalitaire (et pourtant nonchalant).

Voir Subway, c’est comme passer une heure et demie avec quelqu’un qui s’est forgé un caractère mais n’a en dernière instance pas grand chose à nous raconter, sinon en raccommodant les anecdotes. Et collant des paillettes partout. On est satisfait de ce moment passé, il nous reste une bonne impression, mais on serait bien en difficulté s’il fallait argumenter en sa faveur ou grossir ses qualités. C’est un spectacle stylé, jamais plus que ça, sauf vocation de fan.

Note globale 52

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Suggestions… Diva + Polisse + Ni pour ni contre + Léon 

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