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POTICHE ***

27 Déc

3sur5  Farce complaisante et sophistiquée, Potiche renoue avec le kitsch et le féminisme paradoxal de 8 Femmes et des débuts d’Ozon, après quelques incursions vers les études de caractères égocentriques (Le Refuge, Le Temps qui reste), à la dimension plus concrètement sociale (Ricky). Adaptation d’une pièce de théâtre des 80s, Potiche trompe largement son support-prétexte pour dresser un tableau de la France pré-mitterandienne (1977) digne d’un roman-photo totalement désinhibé. On a dit que Ozon se moquait de ce qu’il montrait ici, ce n’est pas tout à fait vrai : il adhère à cet univers, il aime être le chef-d’orchestre de ce théâtre flamboyant. Il est complice de cette outrance. La différence, c’est qu’il est conscient et revendique cet abandon. Et surtout, il démontre par l’absurde l’échec et la facticité d’un certain féminisme, cette croyance mensongère consistant à espérer une politique différente sur la base totalement arbitraire du sexe et du style. Les artifices et apparences sont menteurs, même si Ozon garde toute son affection pour eux.

Toute la dynamique de Potiche consiste à révéler cette modernité somme toute chancelante, mais néanmoins vivifiante. Il ne s’agit que d’esquisser la réalité, en tirer l’essence sirupeuse mais aussi les pastiches délicieux ; et la fuir, s’y soustraire finalement, par la constitution d’un catalogue hystérique. La conséquence de cette cécité romanesque amène à sortir de la politique, des rapports de force (ou plutôt, de leur visibilité, mais à l’affiche, l’effet est le même), des logiques ancrées dans la société, les survoler de façon semi-lucide, en faisant semblant de croire à un monde simple, scintillant et agréable, où tout se joue sur l’avant-scène et se règle à l’écart de tout risque. Contourner la mise à l’épreuve en somme ; avec, pour réprimer cette impuissance, une foi et des icônes ravissantes, vraisemblablement un peu éméchées.

Les parallèles aux acteurs du monde politique immédiat (sortie en 2010) sont évidents : le personnage de Robert Pujol, l’industriel marié à Deneuve, sorte de vieux Picsou misogyne et grotesque, est férocement chargé et prend même pour lui les références à Sarkozy (dont le slogan  »Travailler plus pour gagner plus »). Le personnage de Deneuve, avec son tailleur blanc et sa conception spécifique de la justice, fait évidemment référence à Ségolène Royal. Tout ce manège et ces parallèles ne font que mettre en exergue la dépolitisation de la politique, sa mutation dans le spectacle ; et les candidats de l’élection présidentielle de 2007 furent les meilleurs artisans (par-delà leur propre volonté) de ce nivelage people.

Les enfants de ces réactionnaires burlesques et chics (ils le sont tous deux, simplement l’une a un costume post-moderne, et c’est ce qu’aime Ozon) sont eux-mêmes les quintessences de certaines attitudes socio-politiques. Le fils, petit dissident de confort, évoque le « sens de l’Histoire » dans lequel sa mère s’inscrirait – en étant une femme prenant le pouvoir, à l’image du mouvement du monde. Avec une certaine complaisance et une résignation complice à ce sujet, le partisan du progrès explique « le paternalisme c’est fini, si on veux réussir aujourd’hui il faut être une ordure, c’est le libéralisme et le capitalisme sauvage ». Dans sa bouche, c’est même assez glorieux, comme un signe d’acquis de conscience. Quand à la fille, authentique  »fille de » abrasive et planquée, elle raille le mode de vie désuet de sa mère, qu’elle considère piégée et humilie ouvertement ; dans le même temps, la jouisseuse individualiste se révèle autoritaire sans retenue.

Elle est la première à vomir les revendications sociales et à dénigrer les ouvriers en les considérant comme une cohorte de tarés, surfant de façon totalement cynique sur sa position et la jouissance d’être née du bon côté. Un conservatisme de soi, repoussant toutes les entraves, s’habillant de modernité et d’impertinence mais seulement pour servir un individualisme primaire et pratique ; voilà la caricature de la libertaire accomplie, opportuniste absolue, incapable haïssable, grimée comme une femme libre alors qu’elle n’est qu’une héritière indigne. Voilà la pure arrogance de classe, la vanité de la femme moderne ingrate, piteusement narcissique et déguisant sa médiocrité.C’est elle aussi, qui panique finalement lorsque tout se délite et que les choses évoluent, car, comme elle semble l’adorer, le monde change et offre de nouvelles perspectives… face auxquelles elle se retrouve finalement toute petite et désemparée, lorsque les vieilles reliques ne sont plus là comme un filet de sécurité, lorsqu’il faut choisir aussi entre une vie non-préméditée et la pilule pour se débarrasser.

Enfin, Deneuve a rarement été aussi bien exploitée qu’ainsi : elle apparaît en bourgeoise sympathique, un peu dissociée et mélancolique, désespérée mais foncièrement revêche, stoïque et habituée à être pragmatique et imperméable, réprimant ses désirs et aménageant sa frustration. Ainsi elle se montre avide d’histoires sensationnalistes ou rêvées, les fabriquant même dans son entourage proche. Et puis la ménagère endormie devient une progressiste formelle, floue et passe-partout politiquement. Une maman venant remettre de l’ordre, avec fougue et émotionnalisme. Dans l’entreprise de son mari, avec sa méthode douce, elle passe plus facilement, tout en restaurant cohésion et dynamisme : pour autant, le dialogue social n’est pas plus actif, les revendications trouvent simplement une réponse fataliste, vaguement décalée et formulée dans un ton bienveillant. Et la voilà bientôt gagnée par le délire, proclamant les femmes au pouvoir et invoquant la montée sur l’estrade des amazones. Tout se termine en chantant pour agrémenter une vision doucereuse et utopique, délibérément sucrée et parfaitement grand-guignolesque, pour fantasmer un pouvoir sympathique et dépolitisé, ouvert et non-partisan.

Note globale 69

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

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Aspects défavorables

Aspects favorables

* à cause de son mélange de premier et second degré, entre fatalisme (résignation aux artifices) et fièvre progressiste et disco, Ozon noie le poisson et son propre sujet

* farce complaisante : mise en scène d’un théâtre factice mais tellement chatoyant et aimable

* caricatures avisées et précises

* une méchanceté sourde, une esthétique kitsch

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 Voir l’index cinéma de Zogarok

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LES GAY-FRIENDLY FACON REAC

6 Mai

barjot et gays

Le réactionnaire n’est pas un simple pessimiste, ni un esprit condescendant à l’égard de naïfs présumés, ou un personnage cynique devant le déroulé constant des choses. Il est probablement tout cela mais ce n’est pas systématique et la vulgarisation des notions crée une confusion avec d’autres formes, d’autres attitudes. Il faut aller au sens des mots : et la définition veut qu’un réactionnaire soit le promoteur du passé. Le réactionnaire invoque les vertus d’un temps écoulé, éventuellement en l’idéalisant (quelquefois même en fabriquant des motivations entre les lignes de l’Histoire). Il y a trois postulats : dans le premier, l’époque regrettée porte les solutions aux maux d’aujourd’hui et dans ce cas, nous avons eu tort de nous écarter de ses schémas. Dans une version plus romantique et radicalisée, ce temps révolu est légitime, car il était au plus près de la réalité, d’un ordre naturel ; éventuellement, il rangeait les hommes à leur place. Enfin, la réaction peut être motivée par le refus de la réalité actuelle ou de basculements en cours, sans pour autant qu’un projet pour l’avenir n’intervienne, soit par amertume ou scepticisme, soit par indifférence.

Cette forme réactionnaire-là est plus pragmatique, orientée vers le confort ; l’enjeu n’est pas de maîtriser, mais de soumettre la société à une logique sécurisante et fermée, où une zone de jouissance est maintenue, quand bien même elle induit des souffrances ou une hypocrisie trop flagrante. Ainsi est celui qui se précipite dans les habits de l’artiste maudit ; ou encore le représentant politique issu des classes populaires, parlant en leur nom et les dénigrant de façon complice. Tous s’enferment dans un ghetto psychique leur permettant de cyniquement jouer un rôle social cadenassé, parfois dévalorisant, mais duquel ils tirent une satisfaction personnelle suffisante ; quitte à enfermer, dans leur caricature, ceux qui les rejoignent par l’attribut sociologique, culturel ou idéologique dont ils se réclament.

La garde hideuse d’un christianisme vociférant

Tout le monde connaît le borborygme boutiniste des « amis homosexuels ». Christine Boutin a raison ; elle et ses amis ne sont pas homophobes. Une part est simplement obtus ; il faut se rappeler aussi du magnifique « J’ai une grande capacité de pardon » lâché à l’intention, non pas des criminels ou des délinquants sexuels, mais des gays que Boutin connaîtrait si bien. Il ne s’agit dès lors plus d’affirmer un certain héritage, revendiquer des valeurs, ou même opposer à la ferveur aveugle d’un mouvement progressiste, le principe de précaution et de mise en doute ; non, il s’agit bien d’affirmer un principe théologique dans la démocratie. En confondant la loi et son esprit, le doigt de Dieu et la lune, etc.

Boutin et son PCD (Parti Chrétien-démocrate) sont intrinsèquement conservateurs ; mais son leader est une notable, une notable d’action éventuellement. Il faut comprendre que ce ne sont pas des idées ou une vision qui la pousse, ni même (et c’est plus préjudiciable) des croyances ou convictions réelles. Ainsi Boutin n’a que des combats négatifs – et peut remercier ces pédés, dont elle accueille des exemplaires pour « les vacances », de lui avoir permis de sortir du bois.

Alors que les chrétiens-démocrates classiques, qui ont dominé le centre et la droite modérée pendant l’après-guerre (le parti d’Angela Merkel, le CDU, reste ancré dans cette mouvance) étaient pragmatiques et traditionalistes, mais aussi proches des  »conservateurs compatissants » ; Boutin elle, rejette des valeurs plutôt qu’elle n’en défend. Cette attitude participe d’ailleurs à la déliquescence du christianisme en tant qu’agent social ; indirectement, Christine Boutin amène un dernier petit fagot et exclue la représentation religieuse et sa parole du sérieux politique.

Le confort de l’esclave

Ce qui frappe chez certains anti-Mariage pour tous de la droite littéraire façon Zemmour, ou des activistes apolitiques comme Frigide Barjot, c’est à quel point leur vision du gay est réactionnaire : elle en revanche ne contient plus un soupçon d’homophobie (ou si peu), mais exalte la grandeur d’un folklore et préfère l’homosexuel soit en  »zaza » soit en  »privé », soit en artiste torturé. Ils promeuvent un gay demeurant  »différent », à la marge de la société où il est très bien loti, pour le bien de tous. Un gay non-revendicatif, un fêtard voir une folle amusante, inconsistante et amicale.

Ce qu’ils aiment, c’est un gay liquéfié, pathétique, grossier, prévisible donc manipulable et duquel il n’y a rien à craindre. Ils aiment le pire du gay, car ils ont besoin du pire de tous les hommes, afin de l’instrumentaliser et de maintenir un désordre mesquin ; tout comme les vieux communistes académiques profèrent les louanges d’une classe ouvrière dont ils exploitent et affichent le plus laid et le plus trivial, afin de le garder dépendant et hors-d’état de nuire.

Ils n’aiment l’homosexualité que pour ce qu’elle a de criard et dégueulasse ; tout comme eux-mêmes sont grotesques et répugnants, entre la nonne recalée (et manipulée par Sarkozy) pour sa bêtise et sa mesquinerie ; et la vieille people délabrée et parasitaire.

Alors ils citent les vieilles figures, des auteurs du passé, dont l’homosexualité n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui ; et qui, croyez-le bien, jamais n’auraient adhérés à toutes ces manifestations, voir auraient préférés qu’on les « laisse tranquille », ou encore rejetteraient à leurs côtés les pro-Mariage pour Tous.

Voilà une posture entre nostalgie et fantasme d’un passé parfaitement structuré et ataraxique. Du reste, certains  »gays » s’y retrouvent, ou au moins essaient effectivement d’apporter un renfort ou une voix dissonante en s’opposant à la loi. Ainsi le gay-conseiller de Boutin ou le collectif  »+gay sans mariage ».

Dégénérés opportunistes de toutes les corporations, unissez-vous !

C’est une vision totalement compatible avec celle de Frigide Bardot (qui la rejoint par intérêt et expérience plus que par idéologie ou sens commun). Elle a depuis toujours fréquenté la communauté gay, non pour la valoriser ou l’élever, mais pour la rejoindre et s’adonner avec elle à la cuite et les parades vulgaires.

En effet, c’est là qu’on retrouve de façon paroxystique cette collusion amusante entre  »gay passéiste » et  »gay hédoniste aveugle », communautaire replié et outrancier. Certes, ces derniers ne revendiquent pas tellement, ni ne cherchent un regard spécifique ; en revanche, entre folle réformée, jouissance monomaniaque. Ils sont obsédés par leur orientation bien qu’ils s’en défendent ; et se vivent essentiellement par là. Ils sont tout à fait à l’aise dans un contexte officieusement permissif et officiellement conformiste comme le nôtre (pour n’importe qui, s’il y a sa place, ce n’est pas une mauvaise formule, c’est même une certaine organisation sociale fonctionnelle). Dès lors, qu’ils soient inclus dans la société, sans plus pouvoir être des anomalies de confort est agaçant pour eux. En effet, ils y perdent le seul marqueur de leur consistance, la compensation à leur absence mortifère d’intériorité. La crainte d’être exposé dans le débat n’est rien, par rapport à celle de perdre le plus précieux des acquis : une identité exotique et affranchie, ou sa parodie.

Forcément, que ce théâtre laid s’arrête, que les pédés deviennent des individus libres et responsables est un crève-cœur pour Frigide, qui risque d’y perdre ses compagnons de dissolution et d’avilissement.

D’un autre côté, les pro-Mariage gay sont énormément plombés par les libertaires dégénérés, dans et hors de leurs rangs ; pendant que leur vision petite-bourgeoise de la saine homosexualité intégrée file de l’urticaire à n’importe qui évaluant le sujet depuis une distance moyenne, qu’il soit concerné ou pas, phobique ou empathique. De la même manière que les réactionnaires aveugles et pseudo-réalistes comme Christine Boutin se rassurent en faisant des individus les esclaves de formes rigides dont l’arbitraire est un moyen et non une fin ; les progressistes conformistes écrasent les individus sous le poids des catégories lisses et rabougries qu’ils cherchent à instaurer, dans un réel toujours insuffisamment discipliné et ouvert à leur conception horizontale de la matière humaine.

Par-delà toutes ces considérations, on oublie qu’il a longtemps s’agit de « mariage gay », label toujours utilisé, de tous bords. Pourtant voilà un terme déshonorant, relevant du ségrégationnisme bienveillant ; il est digne de la  »discrimination positive » de la droite paternaliste pressée de s’ouvrir au monde. La requalification en « Mariage pour tous » fut tardive et emmène d’une aberration sémantique à une éructation pas moins révélatrice ; le caractère grégaire et aveugle de la formule tend à subordonner une institution aux désirs de chacun. Comme si le progrès était dans l’abattement de toutes les frontières, la remise au niveau de chaque égo et chaque demande des constructions manifestes ; c’est une certaine définition de la Gauche.

La brimade progressiste

Le premier problème du projet de loi est sa confusion, car on ignore où s’arrêtent ses engagements. En vérité, nous savons tous qu’une petite majorité de la population est favorable au mariage, dans l’acceptation ou l’indifférence ; mais qu’une un peu moins courte majorité est plus sceptique sur l’adoption ainsi que sur l’autorisation du recours à la PMA. C’est la position d’un bloc important de l’opinion, tout comme de personnalités publiques à l’instar d’Alain Juppé.

L’autre grand problème posé par cette loi, c’est qu’elle bouscule la société à un moment inopportun ; en temps d’agitation et de frustration sociale, une telle réforme sociétale est vécue à la fois comme un mépris de la condition des masses, un cache-misère de la part du gouvernement, mais aussi pour certains comme une façon de priver des repères sécurisants ; et là aussi, de formes identitaires constitutives d’un mode de vie, d’un code social, d’une interprétation des rapports entre les hommes, qui est une richesse première. Si les élites ne perdent rien lorsque les traditions sont chamboulées, les catégories plus démunies elles, en revanche, se voient soudain culpabilisées et mises à l’écart pour les conceptions demeurant rennes chez eux. Certains progrès peuvent ainsi, à tort ou à raison, être ostracisant pour les populations qui elles, n’ont pas intérêt à remettre en doute l’ordre établi, car elles n’ont pas de parachute pour se prémunir de l’incertitude et que leurs valeurs y sont ancrées.

Par ailleurs, le projet n’est pas simplement en faveur d’un mariage assorti éventuellement d’une adoption sous condition ; il révise effectivement la notion de famille. Et à ceux qui se sentent ainsi floués, citoyens inaudibles dans une société civile confuse et anémiée, s’ajoute un mépris pour leur cadre de vie.

Ainsi, les Manif pour tous ont cristallisées ces angoisses ; il y a, par-delà toutes les réformes engagées, la colère d’être ainsi abandonné par le pouvoir, les autorités publiques ; et l’horreur de réaliser que la politique devient sa parodie.

Les représentants politiques jouent avec cela : la droite s’est trouvée un cheval de bataille ; la gauche fait s’éterniser la mise en œuvre et ces professionnels retrouvent ainsi une contenance, par la clivage artificiel.

La polémique creuse des égoïstes

Par conséquent, le monde politique apparaît caché derrière une confusion auto-entretenue. Sous le bruit et les bavardages, on ressent le dénigrement d’une politique ambitieuse. Le Parlement se prête à l’empoignade de circonstance plutôt qu’à la mise en forme de la société, ou même à se faire son réceptacle, son écho. Dans le même temps, c’est l’abandon des populations inaptes au mouvement qui est scellé ; en parallèle de la consciencieuse et profonde démolition des identités et les institutions nationales, les cadres traditionnels sont démantelés, après que leurs figures aient perdue une guerre culturelle où elle n’avaient guère de représentants. Pour les forces dominatrices (extrême-centre, libéraux de gauche et libéraux de droite), la droite conservatrice est une tout aussi profonde entrave que la droite souverainiste et nationale, c’est aussi l’ennemie la plus pratique, un sparring partner facile.

A l’arrivée, la peur est autant dans cette horizontalité des modèles familiaux ; que dans la sensation de n’être plus qu’une « variable d’ajustement » (comme le dit si bien Christine Boutin sans assimiler le message), au regard de gestionnaires passifs et virtuoses usurpant la place de décideurs. La question qui se pose est  »moi qui n’appartient à aucune minorité, moi qui ne me distingue pas de la masse, ais-je une valeur sociale, suis-je l’objet ou la cible d’une réforme ? » et la réponse auto-administrée sera, plutôt à raison,  »Les élites ne répondent plus à mes préoccupations d’homme ordinaire ou de composante d’un ensemble social, d’une communauté par-delà les communautés et les intérêts particuliers ; elles m’approchent éventuellement, par clientélisme, de la même manière qu’une entreprise s’enquiert des segments du marché s’offrant devant elle. » Car la politique sans vision, sans principes ni dynamiques, n’est plus qu’une boutique.

Et effectivement cette caste politique est essentiellement peuplée de fantômes et de challengers ; d’ailleurs les aventures personnelles ont pris le pas, avec les polémiques proches de la farce, pour mieux excuser l’abaissement des confrontations politiques et l’évaporation des projets cohérents et soutenus. Il est naturel que le monde politique soit un nid à carriériste, mais il est inquiétant qu’il n’offre plus, pour l’essentiel, que des caricatures cyniques. Les quelques héros isolés (Montebourg, Peltier) et pantins rugissants ne font qu’insuffler un relief ponctuel à un paysage désenchanté.

Le caractère factice et bassement opportuniste de l’engagement politique fut parfaitement traduit par l’approbation de deux seuls votants UMP lors de la présentation du texte de loi du  »Mariage pour tous » (retour du texte au Parlement le 23 avril). Parmi eux, Franck Riester, gay lui-même, c’est-à-dire personnalité n’intervenant que pour ses intérêts propres (et ayant trouvé la notoriété par le coming-out), se plaçant servilement dans le sillage tracé par sa tribu copéenne pour le reste. D’ailleurs, on attend toujours l’intérêt de la présence de Riester, la particularité de son profil ou de son logiciel. Sinon le refus de dévoiler son patrimoine personnel lors de la loi sur la transparence de l’après-Cahuzac, rien ne le distingue de sa horde. Par extension, on peut se rappeler de Roger Karoutchi qui avait tenté par le coming-out de relancer sa campagne pour les régionales. Il n’a pas bénéficié de la prime aux innovateurs (premier ministre en exercice à se dévoiler sur ce sujet) et fut sèchement battu dans ce scrutin interne à l’UMP.

LE SOCIAL-LIBÉRALISME DU PS : RENONCEMENTS & PRÉLÈVEMENTS

6 Mar

On sait que le Parti Socialiste français n’a de socialiste que le nom. Et c’est tant mieux ; pourquoi espérer de lui une telle posture ? Celui qui attend tout d’un ordre supérieur a renoncé à lui-même ; celui-là ne mérite pas d’être secouru, il lui faut d’abord retrouver une exigence, ou quitter la scène sans prendre en otage la Société au nom de ses humeurs hagardes, de son refus d’éclore, de sa passion de régression.

Mais ce Parti Socialiste n’est pas non plus « social-démocrate », comme le claironnent tous les ahuris déculturés. Il est social-libéral, par défaut plus que par conviction, parce que s’il s’écrase devant la droite économique, celle qui dérégule et entube des foules de petits rentiers, d’indépendants et micro-entrepreneurs qui sont simplement la chaire électorale d’un corps que des harpies comme Copé autopsient en ce moment.

Il tente encore de s’en distinguer, outre par sa brigade des mœurs aux subtilités déjà largement tombées en désuétude, par quelques élans de générosités improvisés et à courte-vue ; parfois même, quelques bouffées antilibérales obnubilent cette sinistre équipe, à l’instar de ces 75% de taxation aux grosses fortunes. Naturellement, nous savons que personne ne mérite intrinsèquement la fortune d’un Johnny Halliday ; parce qu’il n’y a pas un homme qui ait tellement de valeur ou dont les contributions soient suffisamment imposantes pour mériter une telle déférence.

Mais c’est là qu’est le grand malentendu. Au lieu de fabriquer des ennemis dans la maison, nous devrions en faire des moteurs dont nous serions fiers ; peut-être que ces moteurs n’ont pas de raisons fondamentalement altruistes, mais eux détiennent un potentiel qui pourrait trahir notre neurasthénie. On dit que les États n’ont plus de pouvoirs et que c’est mieux ainsi, que la raison c’est d’admettre que l’économie a l’ascendant. Soit ; dans ce cas, où est le pragmatisme dans la taxation des super-riches, alors que dans le même temps, l’État n’engendre plus rien. Aucun substitut, aucune initiative.

Pourquoi ne pas chercher à instaurer une interdépendance, plutôt que de déclarer la guerre à ceux dont notre dynamisme dépend ? Le gouvernement social-libéral est incapable de restaurer une vitalité à la France, que ce soit par une planification économique ou par la remobilisation de ses forces ; alors par compensation, il exhibe des réflexes archaïques et délirants mais qu’il n’assume même pas, puisqu’ils s’ajoutent à une logique de soumission et de trahison.

Sur-taxer les multinationales, c’est légitime. Sur-taxer des individus aux revenus exceptionnels, c’est toxique, c’est  »antilibéral » au sens strict (originel, du libéralisme philosophique) et au sens élargi (du libéralisme de droite économique et du néolibéralisme, réactionnaire ou pas, qui en ces heures gagne la partie). Que ces entrepreneurs chanceux ou ces stars méritent ou pas leurs salaires ; ici nous entrons sur le terrain des valeurs et chacun peut arguer de sa petite conscience, ça ne compte pas pour le bien commun.

Ce qui compte, c’est de rendre la France et ses enfants qui  »réussissent » interdépendants. Ça ne tient pas en quelques réformettes onéreuses et généreuses ; c’est l’affaire de plusieurs années où la classe politique visible se consacrerait à se réapproprier une marge de manœuvre, et où la France reprendrait conscience d’elle-même. Ce n’est pas quelques entreprises qu’il faut promettre de « nationaliser » ; c’est la France qu’il faut récupérer, c’est elle le matériau.

Que tous les autres engagements soient tenus ou pas n’a aucune espèce d’importance. Ce ne sont que des diversions ; et dans notre contexte éclaté, où tout n’est que confusion, ces diversions peinent chaque jour un peu plus à faire illusion, parce qu’elles sont indissociables de la logique de compensation communautaire qui fait tenir le Parti Socialiste et lui assure une clientèle. Voilà comment notre Obama bedonnant est devenu le leader d’une « gauche américaine » de la pire nature qui soit. 

DEPARDIEU, BOUC-ÉMISSAIRE D’UNE NATION RESIGNEE

19 Déc

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Nous pouvons pousser des cris d’orfraie devant la fuite de nos riches, ce n’est pas ce qui réanimera l’essence de ce pays. Aujourd’hui, les médias ont fait de l’exil fiscal de Depardieu le paroxysme de cette croisée des lâches. Mais ceux-là ne font qu’abandonner un navire que chacun sait coulé depuis longtemps ; il suffit de voir qui aujourd’hui a pris la tête de ce navire, qui commente ses mœurs, qui décide de sa légitimité et choisit qu’il est tellement plus sain de vomir sa nature.

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Nous avons validé un gouvernement impuissant

On raille Depardieu parce qu’il fuit ! Or c’est le seul qui s’assume et affronte notre réalité collective. Le gouvernement social-libéral a besoin de boucs-émissaires pour éviter de rendre des comptes sur son propre abandon, non pas simplement de la cause ouvrière comme le disent les semi-habiles qui pullulent sur nos écrans en croyant toucher  »la-vérité » tellement masquée ; mais l’abandon de tout ce qui fait les valeurs de la Gauche sur le plan économique : solidarité globale, dégoût pour les privilèges, absence d’une compartimentation arbitraire de l’assistance publique, rationalisation de l’économie, primat de l’intérêt populaire sur l’économie.

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Pour le gouvernement français immédiat, les artifices gauchisants sont le substitut de la justice sociale. Non seulement, ce gouvernement ne sait pas l’appliquer, il ne peut pas (parce qu’il fait partie du bloc  »centriste » accroupi devant l’hégémonie néolibérale d’une part, l’autoritarisme européen d’une autre), il ne veux pas. Quel misérable ravi de la crèche vous êtes si un seul instant vous avez fantasmé un « hollandisme révolutionnaire ». Ce n’est pas de leaders dans la pose dont nous avons besoin, c’est de leaders téméraires et courageux. La marche des technocrates bruxellois est une aventure tout aussi délirante que l’idéal d’une nation autarcique ou d’un monde sans frontières ; c’est simplement une aventure institutionnelle et dans le même temps timorée devant l’autre, celle du triomphe de la Finance sans entraves, sans antagoniste politique, social et éthique.

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Le gouvernement insulte Depardieu alors que lui-même n’a pas su tenir ses promesses, démontrant qu’il n’avait fait du dossier Florange que sa caution sociale lors d’une campagne vécue, à raison, comme un parcours de santé. Edouard Martin n’a plus qu’à pleurer toutes les larmes de son corps : c’est qu’il a pactisé avec des hommes qui eux-mêmes se contentent des miettes (au mieux, on lui trouvera un temps une place de chroniqueur pour éponger). Et parce qu’ils ne sont pas aux commandes, ils comblent le vide par des mesurettes et cet espèce de populisme hideux consistant à pointer ceux dont il n’ont pas su extraire le potentiel, promettant d’en faire des otages et des vaches-à-lait alors qu’ils pouvaient être des héros.

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Au royaume de France, même les bouffons font grise mine

Gérard Depardieu est ce genre de héros. Son activité a apporté énormément au patrimoine culturel ; il ne s’agit pas que d’imaginaire collectif. Il a aussi galvanisé les foules et dopé le moral collectif : le cinéma français n’aurait pas une telle vitalité sans lui, que ce soit chez nous ou hors de nos frontières.

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Et que fait-il aujourd’hui ? Il déclare « nous n’avons plus la même patrie. Je suis un vrai européen, un citoyen du monde », c’est-à-dire qu’il s’appuie sur la rengaine de tous ceux qui n’ont aucun logiciel, aucune foi politique. Que s’est-il passé ? Voilà simplement un homme qui a compris que la France n’a plus d’espoir en elle-même et que, comme toujours lorsqu’elle se néglige, elle cherche des boucs-émissaires sur lesquels déverser sa petite haine. Ce n’est pas un divorce, puisque la compagne est sous perfusion.

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Depardieu n’a pas encore rejoint le luxe. Il a abandonné un hôtel particulier pour une modeste bicoque ; oui, ses raisons sont fiscales. Mais ce départ n’a pas qu’un motif financier. C’est le résultat de l’absence de vigueur d’un pays qui pour tromper sa dépression s’invente des maux, se retrouve en eux et les propage à sa population.

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Depardieu a dit de DSK, évoquant un projet de film où il doit interpréter ce minable que nous aurions propulsé à la tête de la France si on nous l’avais soumis, tellement nous sommes démoralisés : « il est un peu comme tous les français (…), il est arrogant, il est suffisant, il est jouable ». Aujourd’hui Depardieu n’a même plus cette complaisance punk ; la pesanteur de notre climat l’a fait fuir. Nous croyons que nous sommes un peuple rebelle, un peuple dissident, nous sommes juste un troupeau qui préfère la grogne et la stupeur à l’élévation et au combat. Nous réclamons le changement mais nos exigences sont diffuses ; c’est normal, nous ne voulons rien ; parce que nous avons tué le « nous » français ; nous ne voyons qu’ailleurs et que nos petits désirs ; nous acclamons tous ceux qui nous maudissent.

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Nous ne savons partager que nos complaintes

Nous sommes des serpillières, à tel point que nos leaders politiques et stars médiatiques mentent sans vergogne ; les grands partis nationaux sont annexés par des putschistes ; nos représentants politiques, nos célébrités, n’ont pour sujet qu’eux-mêmes ; notre Président moque Berlusconi mais se couche simultanément devant Merkel, Mittal et Netanyahou. Il leur sert la soupe et tient à communiquer ses regrets parce que c’est tout ce qui lui reste de puissance ; mais aussi parce que les français ne lui réclament rien de plus.

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Nous avons plus besoin de Depardieu que lui n’a besoin de nous. Qu’aurions-nous fait, nous-mêmes, à sa place ? La plupart auraient déjà fuit depuis longtemps ; celui qui se lève pour être  »riche » n’a pas de patrie. Il a juste faim de fric et il se fiche d’esthétique comme d’idéal. La plupart d’entre nous ne pensons qu’à accumuler les gadgets et flatter nos désirs passagers ; nous mettons nos humeurs au-dessus du sens collectif ; nous prenons notre paresse pour une névrose romantique ; nous pensons que nous n’avons rien à prouver puisqu’au fond nous sommes tellement doués et talentueux. Voilà qui est bien français, voilà qui est le pire de la France et c’est tout ce que nous arrivons encore à partager ; cette morgue de petits ploucs vaniteux érigeant leur improductivité en art de jouir. L’égoïste français a mieux à faire que produire et se battre, c’est tellement franchouillard, tellement sale de ne pas confondre sa frivolité avec du libre-arbitre.

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Et le résultat de ce laisser-aller généralisé, de cette rancœur à l’égard du ciment collectif et de notre héritage, pour lui préférer tout ce qui valorise nos instincts égotistes, c’est une France offerte à tous les prédateurs, aux « assistés », ceux du haut et ceux du bas. Nous avons l’élite que nous avons laissé filtrer ; et comme nous n’avons aucun sens patriote, aucun pragmatisme et pas non plus d’idéal, que nous les renions, nous oublions que d’autres les ont à notre place.

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Indirectement, Depardieu fait de lui un martyr : non par idéologie, mais parce qu’il est honnête. C’est l’un des derniers êtres sincères qui soit ; au milieu des crabes qui l’entoure, en dépit du tombereau de purin qui aurait du l’asphyxier depuis longtemps, il est toujours resté pur. Non pas qu’il soit clean. Il est simplement authentiquement original, parce que malgré tout ce qu’il a pu côtoyer, il est resté originel. Or la plupart d’entre nous, à notre humble niveau, ne resteront pas « originels » devant le si peu de promesses, d’opportunités et de faux-semblants valorisants qui s’offriront à eux. Pourtant la plupart d’entre nous n’auront ni de Césars, ni d’hôtels de luxe, ni l’occasion d’en avoir ; et déjà nous salivons devant les quelques avantages que d’autres nous promettent, les quelques grades minables qui étayerons la carte de visite, celle que nous allons présenter à d’autres petites choses factices et essorées en espérant remporter un jeu de dupes qui n’a d’effet que sur ceux qui restent dans l’illusion. Depardieu se fiche bien d’être admiré ; et lorsqu’il pisse aux pieds d’une hôtesse, ce n’est pas pour s’attribuer l’Oscar du plus odieux des rebellocrates. Simplement Depardieu laisse aller sa nature au milieu de ceux qui sont inhibés, non pas par idéal ou par délicatesse, mais parce qu’ils croient que la chance leur sourira s’ils sont les élèves disciplinés d’un système qui pourtant se passeraient bien d’eux, ces petits corps substituables. Depardieu est un ogre au milieu d’un banc de putes jamais rassasiées ; c’est ce qui leur fait mal, c’est ce qui fait mal aux apprentis que peut-être nous sommes.

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Nous traitons déjà notre propre État comme un hôtel

Nous avons peur de nous ravitailler, alors nous faisons de nos ressources des coupables. Et chacun tient son rôle, chacun récupère sa fraction à accabler dans ce jeu-là. Nous ne savons que nous éparpiller pour mieux contourner l’évidence ; et vive les débats stériles que nous adorons, vive les idoles sacrifiées comme Sarkozy que nous avons pu vomir tout en l’élisant pour pouvoir voiler notre conscience. Ce pays s’effondre parce qu’il a renoncé à bâtir et qu’il a favorisé les pulsions de régression, acclamant la nonchalance de ses élites, excusant le parasitage de ses égarés, épargnant à tous le devoir d’exister. L’auto-médicamentation ne marchera pas éternellement ; il y a un moment où le patient est incurable, lorsqu’il ne s’en remet qu’à ses anxiolytiques sans prendre en main sa propre existence, ni ne rêve à une volonté collective. S’il n’y a que des plaies et des flemmingites, c’est que nous sommes tous les membres abîmés d’un corps dont nous avons honte, que nous n’investissons plus et n’envisageons que comme une manne à exploiter. Pourrie certes, mais les organes pompent encore un peu. Quand à la tête d’un État trône des hommes qui le dénigre et une Taubira dont le premier combat politique a été de réclamer l’arrachement d’une petite portion de celui-ci, c’est que décidément, nous sommes bien résignés pour accepter à ce point de montrer à la face du Monde tout le mépris et la haine que nous avons envers nous-mêmes.

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Ce n’est même plus un navire qui prend l’eau, c’est juste un amas de barques flétries ; et si nous sommes des esclaves, nous irons néanmoins dans les bras de Copé, de Valls ou d’Aliot en 2017. Bien sûr, ils nous aurons agacés, bien sûr, ils se fichent pas mal de redonner un sens à ce que nous devrions partager et la politique n’est pour eux que le tremplin d’une carrière ; mais nous avons pris l’habitude de prendre des coups alors, qui sait, peut-être que nous pourrions trouver pire ? Et comme d’habitude nous préférerons celui qui nous aura le plus nargué avant d’aller dormir et sangloter. Tout cela en attendant à l’extérieur un sauveur, alors que les français que nous sommes auraient simplement besoin de se rappeler que la plus vieille nation du Monde dont ils disposent, si elle est celle des mélancoliques anesthésiés, reste dans l’Histoire celle dont l’amour de la liberté a irradié toutes les autres. Il faut choisir : voulons-nous être des modèles ou allons-nous continuer à croire que c’est par l’exaltation de nos névroses nationales que nous serons épargnés par la peste ? Croyons-nous que notre différence est encore suffisamment saillante pour ainsi nous complaire dans le cynisme ? Oui, les fortunes de ce pays devraient avoir honte de se plaindre compte tenu de la misère qui se répand ; mais pourquoi faudra-t-il attendre que la majorité soit amputée pour que l’ensemble se réveille ? Arrêtons de chercher des excuses et de les sacraliser, elles déguisent nos malaises, elles ne nous regonflent pas.  

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LA DISSOLUTION DE L’ETAT FRANÇAIS

28 Nov

Marie-France Garaud est une femme politique et une avocate ; gaulliste, elle fut conseiller des Premier Ministre Georges Pompidou et Jacques Chirac, qu’elle a largement formaté avant de le renier avec sa véhémence froide caractéristique.

Son influence a été considérable auprès des décideurs politiques dans les 70s ; elle est même classée « femme la plus puissante de France » par Newsweek en 1973.

Par attachement gaulliste et convictions souverainistes, Marie-France Garaud a fait campagne pour le NON au Référendum de Maastricht (1992), puis  à nouveau contre le Référendum pour la Constitution Européenne de 2005.

L’ « éminence grise » est aujourd’hui un porte-voix eurosceptique ; à l’occasion de la publication de plusieurs essais (dont Impostures Politiques en 2010), elle est remontée sur la scène médiatique, moins pour y déverser ses brillants sarcasmes que pour alerter sur la démission du pouvoir politique et les failles de l’organisation Européenne. Avec sa dernière intervention publique, dans Ce Soir Ou Jamais le 23 octobre, elle vient synthétiser les critiques sur la faillite des Etats et l’omnipotence pressante d’une UE tyrannique et illusionnée.