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RAMBO LAST BLOOD ***

2 Oct

4sur5 Au moment où Rambo arrache l’aorte d’un mec, je me suis dit ‘oui ce film est grave’ et pour ça j’y adhère définitivement. Après une ouverture torrentielle annonçant une séance sous le sceau des sensations fortes, on nous invite à l’empathie pour lui et ses rares proches. C’est primaire mais indispensable et on y va sans retenue. Il n’y a pas cette distance mesquine imprégnant l’ensemble des productions violentes ou amères aujourd’hui. L’homme de la situation n’est pas une noble victime ou une star de bande-dessinée ; ici pas de super-héros ou de héros sophistiqué avec sa mythologie ; vous n’aurez pas le second degré ou la fantaisie douce dans lesquels se réfugier pour aimer et (s’)accepter. Rambo Last Blood présente une vision exécrable des rapports humains et ose le faire sans humour ou sarcasmes d’artiste misanthrope à ses heures. Il ne le fait pas sans cœur ni espoir. Ce film d’action bourrin renvoie à l’essentiel de ce qui a de la valeur, quand on ne croit plus ; en même temps et comme pourraient le dire ses détracteurs, il touche le fond. Il active des leviers fondamentaux : l’envie d’harmonie et le besoin de tout casser.

Sur l’effort sociologique le film mérite zéro. Pourquoi et comment les salauds en sont là, dans ce ‘job’ : peu importe, car on refuse de développer envers eux une sympathie. On peut bien deviner de nous en eux, repérer des liens à certains endroits, mais c’est la pourriture et on ne la veut pas aimable. Ce milieu est nauséeux et on ne réforme ou pardonne pas aux hommes et aux espaces qui se sont livrés à la boue des boues. C’est direct à la fosse, au goulag les places sont déjà prises ! Les mauvaises fréquentations menant à ce désastre ne sont pas moindrement abjectes ou corrompues, seulement moins criminelles. Ce dégoût généralisé, voire cette paranoïa et cette hostilité, dopent la tension. La tendance du film à récupérer des clichés ou cibler le sale sans précautions y ajoute en fatalisme et détermination. Il est évident que la gamine va s’enfoncer dans un traquenard, que son amie trop soucieuse de son apparence (pourtant ridicule) est un poison. Et naturellement chercher une connexion ou seulement des réponses dignes est souvent un acte désespéré ; l’est toujours là où il n’y a que de la bêtise et de l’égoïsme débile.

La mise en scène d’une lourdeur et d’une candeur exquises rend l’expérience presque passionnante, en tout cas immersive. Les spectateurs réticents vont d’autant plus s’exaspérer qu’ils auront légitimement l’impression d’être forcés. Si on apprécie pas ce qu’est devenu Rambo, on aura l’ivresse mauvaise ou rejettera en bloc, d’autant plus si au lieu de plans sans détours on préfère des ouvertures, au lieu d’un choix manichéen on préfère tendre la main. Pourtant ce cinquième Rambo assure une continuité et une synthèse parfaites, spécialement avec les premier et quatrième opus, soit les sérieux où le personnage apparaît comme une icône brisée et se prête facilement à la critique de l’imaginaire guerrier ou impérialiste américain. Simplement il est tard et les questions de gloire ou de contre-gloire ont perdu leur sens. John est un personnage tragique approchant le crépuscule. C’est un homme fort qui met sa monstruosité au service d’actes justes, est capable de maîtriser sa violence potentiellement infinie et chaotique. Ses actes sont extrêmes mais son attitude est simple.

La stylisation est ‘naturelle’ ou axée sur ses comportements, sa présentation pourtant complaisante n’a rien de fantoche ou à demi surnaturelle. À 73 ans il ressemble parfois à MacGyver et est à l’opposé des chorégraphies asiatiques ou des déambulations de pacotille qu’elles soient hollywoodiennes ou exotiques comme celles dans Bacurau. Contrairement à celui de sa seconde jeunesse (donc des opus II et III), le Rambo actuel a des limites, souffre durablement et sur tous les plans après une dérouillée. Même lui peut être impuissant (comme le sauveur incomplet dans Hardcore), ce n’est pas Chuck Norris ou JCVD, ni Bruce Lee, il est soumis aux mêmes lois que les autres, simplement il est largement plus fort. C’est son don et sa malédiction. C’est pourquoi ce film est à la fois réaliste et grotesque, en allant aux extrêmes du vraisemblable et d’une vie extraordinaire, celle d’un type au désir de paix éternellement frustré, honnête et capable d’amour même au comble de sa rage. Il faut peut-être un film d’exploitation désinhibé pour toucher ces émotions sans passer par des médiations amphigouriques : ceux qui souhaitent des justifications n’ont qu’à se reporter sur John Rambo, l’opus précédent approuvé par David Morell (le créateur du personnage).

Note globale 76

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Suggestions…  Harry Brown + Vigilante + Homefront

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LE LOCATAIRE DIABOLIQUE ***

16 Juin

4sur5 Après quelques années de succès dont Le Voyage dans la Lune (1902) est l’emblème, Georges Méliès connaît des difficultés. En France, les studios Pathé et Gaumont dominent le marché et produisent les nouveaux défricheurs (Louis Feuillade en fera bientôt partie). C’est dans ce contexte que Méliès réalise Le Locataire Diabolique (1909) où il joue lui-même le personnage-titre (il joue dans la moitié de ses films). Pendant six minutes ce personnage fait un coup à la Mary Poppins, en plus boulimique. Après avoir baratiné ses nouveaux propriétaires, il tire de sa petite valise des dizaines et des dizaines d’accessoires, puis encore d’autres d’une valise plus grosse et en passant il sort même toute une maisonnée, des enfants à la servante en passant par la femme et le bon ami. Le propriétaire découvrira cette diablerie à ses dépens en s’attirant l’hilarité des meubles et la circonspection de ses proches.

Ces six minutes sont efficaces et intrigantes, grâce à la pagaille semée et à tout le dispositif déployé. Méliès s’autorise presque les largesses qu’Emile Cohl n’a pu accomplir qu’en dessin animé, avec son Fantasmagorie l’année précédente (premier film d’animation élaboré à ce degré – il y eut avant les pantomimes lumineuses et The Enchanted Drawing accouchant de la stop-motion). Méliès utilise comme presque toujours l’arrêt caméra, avec désormais une profusion et une virtuosité considérables (c’était encore minimaliste dans Un homme de têtes, vu d’ici). Il a également recours à la pyrotechnie en fin de séance, procédé qu’il a toujours exploité avec modération. Les effets spéciaux utilisés pour la danse des meubles sont propres au théâtre. Les six minutes se déroulent dans le même espace à deux exceptions près, Méliès proposant comme toujours des plans longs et peu (ou pas) d’interruptions (négligeant en cela les possibilités du montage indiquées par Le baiser dans un tunnel – et d’autres procédés raffinés par l’école de Brighton).

Le rythme n’en souffre pas grâce à la malice et aux ressorts mis en œuvre – et parce que l’humour guilleret et cruel de l’œuvre de Méliès atteint son paroxysme. Robert W.Paul indiquait (en pionnier) le grand potentiel du hors-champ dans A Chess Dispute (1903), Méliès montre qu’il peut faire le maximum en un lieu. On peut y voir une métaphore du cinéma ou des arts ‘forains’ (le premier serait alors une sorte de tremplin ‘final’ du second), traînant avec eux une panoplie phénoménale de gadgets et de tours de magie. En outre, Méliès montre ici que l’immobilisme de ses cadres ne barre pas la route à un cinéma riche et expressif. Enfin au rayon anecdotes : l’enfant du locataire est André Méliès, fils de Georges, déjà engagé par lui pour Conte de la grand-mère et rêve d’enfant (1908) ; il aura plus tard quelques apparitions au cinéma, notamment dans Casque d’or (1952).

Ce sera le dernier film ’emblématique’ de Méliès, avant une baisse de productivité puis l’abandon forcé de son activité de réalisateur. Il ne sort plus qu’un film en 1913, Le Voyage de la famille Bourrichon, son dernier. Dix ans plus tard il devra vendre à la société Pathé son cabaret d’opérette, triste date à l’occasion de laquelle il vend, détruit (à des fins d’exploitation, non émotionnelles) ou brûle des caisses entières de films. En 1925 il retrouve son ancienne comparse Jeanne d’Alcy, le cobaye d’Escamotage d’une dame (où il effectuait son premier trucage pour l’écran) et d’Après le bal (première vue quasi-nue au cinéma – hors but documentaire, comme pour Eugen Sandow d’Edison en 1894). Ils se marient, elle lui survit après 1938 et participera en 1952 au Grand Méliès, hommage signé Franju.

Note globale 76

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Suggestions… Le Locataire/Polanski + L’Appartement/Svankmajer

ANOTHER DAY IN PARADISE ***

26 Avr

4sur5  Ce second long-métrage de Larry Clark est souvent considéré comme sa réalisation lui ressemblant le moins. C’est un film hybride, empruntant la voix du road-movie, flirtant avec une version comique de American Gigolo puis une autre plus terre-à-terre de Tueurs nés. L’emprunte de Larry Clark est toujours criante mais les éléments figurés sont moins propres au cinéaste-photographe, c’est vrai. C’est en tout cas parmi ce qu’il a fait de mieux au cours de sa carrière.

Another Day in Paradise est l’histoire d’un gâchis, de quatre en un même, mais où la frontière entre la déchéance fatale et le salut est ténue. Bobbie (Vincent Kartheiser) y est un ado en total décrochage, qui se retrouve approché par Mel, un petit gangster charismatique. Avec lui il s’ouvre à l’aventure, en trouvant plus de ressources (et de fix faciles) et de sécurité. C’est aussi un tuteur avec lequel il peut quelquefois se sentir à égalité ; et une figure paternelle, mais également sentimentale. Mel pourrait être son guide et son amant. Cette dépendance est cependant à sens unique et Bobbie reste seul face aux défis lui tombant dessus, comme celui d’être père.

Les quatre acteurs sont parfaits, d’une énergie exemplaire. James Woods est fascinant dans son rôle de protecteur contrariant, pousse-au-crime dérangé aussi frustrant que dangereux en tant que référence pour Bobbie. Car si celui-ci en fait un modèle, jamais Mel ne souhaite son élévation : il souhaite en faire son assistant, éventuellement son relais, certes. Mélanie Griffith est grisante en fiancée du connard. Son personnage est le plus contrasté, ce que renforce sa position d’observatrice impliquée, parfois de catalyseur. Elle est héroique et lâche, maternelle et pragmatique, soumise mais refuse la fatalité. Paul Kartheiser devra attendre 2007 et Mad Men pour qu’on s’accorde sur son talent, ce qui est injuste. Enfin Natasha Gregson Wagner, actrice plus confidentielle, ne démérite pas, sa performance étant la plus triste et banale au sein de l’équipe de malfrats.

Tout au long de la séance, Another day gagne en intensité et en qualité. Ce drame puissant reste en mémoire grâce à ces personnages remarquables, avec lesquels Larry Clark se permet quelques excentricités sans sacrifier la vraisemblance qui lui est chère. Le film est imprévisible et maîtrisé, part dans tous les sens et ne rencontre jamais d’impasse. Il ose suivre le parcours chaotique de ces quatre anti-héros en prenant des risques romantiques et définitifs. Avec le recul, Larry Clark est bien plus envoûtant et perspicace dans le drame hystérique (ici ou Bully) que dans ses peintures sensuelles avec teenagers en émulation (Ken Park, Kids). Il n’a pas raté sa voix, mais il a du génie là s’attarde moins.

Note globale 76

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Suggestions… Sailor & Lula + Salvador + Videodrome + Eyes Wide Shut + Trainspotting

 

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LOS ANGELES 2013 ***

25 Avr

los angeles 2013

4sur5  Quinze ans après New York 1997, cette suite le surpasse par sa radicalité. Si New York 1997 était un film d’anticipation très inventif et plein de caractère, Los Angeles 2013 est un brûlot d’une fureur adolescente mais réfléchi et un action-movie à la mélancolie virile. Il reprend le postulat de son prédécesseur et radicalise les options, en présentant accessoirement un pouvoir ayant repris la main et jouissant des moyens technologiques avancés. En 2013, le contrôle de la population est rendu possible. Désormais c’est la grande prison est Los Angeles. Détachée du continent, elle est devenue le quartier où sont réunies les personnes incompatibles avec l’Amérique morale nouvellement instaurée.

Intelligent mais grossier, captivant et tapageur, Los Angeles 2013 laisse dans une situation inconfortable. Il y a des raisons d’y voir un spectacle pour buveurs de bière se prenant pour des conquistadors : Los Angeles 2013 est accessible à l’amateur de film d’action puissant et au dernier des abrutis, délivrant la marchandise avec force et étayant un implacable trip badass. Mais de la même manière que Ghosts of Mars sera un nanar flamboyant sentant le fuck amer, Los Angeles 2013 est une déclaration d’hostilité brutale et virtuose au monde contemporain. Carpenter, Russell et Debra Hill anticipent le tournant répressif et le règne idéologique et politique du néoconservatisme US tel qu’il se déploie à l’échelle mondiale après les attentats du World Trade Center (11 septembre 2001).

Los Angeles s’illustre par cette mise en exergue d’un fascisme réel et propre à son temps et ceux qui viennent, sur lequel il vomit toute sa bile. Il n’y a pas de refuge pour autant et le monde entier est devenu une poubelle en plus d’être une prison. Ce monde n’a pas besoin des tyrans pour être sali. Les anars s’entre-déchirent, n’ont pas ou plus de destin, imitent le pouvoir central initialement hai et d’ailleurs toujours dénoncé, se confondent dans le chaos décérébré et se détruisent eux-mêmes. Au milieu des courses et des explosions, il y a le blues d’un anarchiste au milieu de ses congénères stupides ou vicieux, face à l’inéluctable triomphe de dominants planqués, avançant avec leur Bien frelaté. Tous utilisent le spectacle pour exercer leur emprise, comme dans They Live. Mais pour les anarcho-fascistes jouissant du chaos dans Los Angeles, cette emprise est directe, physique : la réalité est moche mais il y a un contact avec elle, une capacité à vivre vraiment et à épanouir son être, même à satisfaire ses fantaisies ou ses ambitions les plus rudes (Carjack Malone aka Hershé Las Palmas).

Au contraire l’emprise du nouveau pouvoir étatique est particulièrement intolérable parce qu’elle s’exerce jusque dans les choses du quotidien, les plaisirs ordinaires mais vitaux. L’Amérique de LA 2013 usurpe son nom de « terre de liberté » où il n’y a « pas de tabac, pas d’alcool, pas de drogues pas de femmes – sauf si on est marié » : il y a ce côté libertaire outragé un peu poussif a-priori, mais finalement fondé. De la même manière, accuser la religion comme mobile et grille de lecture des dominants (sociaux) est assez curieux vu d’Europe, mais recevable somme toute aux USA et dans la majorité des pays. Sous le règne des flics (moralistes) totalitaires, le 20e siècle devient une période idéalisée. D’ailleurs, le seul espoir serait de revenir à l’harmonie d’autrefois, où vivre libre et dans la solitude était possible. Un ordre naturel a cet avantage de vous laisser des horizons à explorer, un territoire à choisir, la capacité d’être sans se justifier : dans un ordre naturel votre intégrité s’épanouit et vous n’avez qu’a être fort, en vous-mêmes, non parce que vos moyens vous le permettent.

Comme New York 1997 il est authentiquement et pleinement anarchiste, le propos étant cette fois bien plus accompli encore, arrivé à un stade final. Los Angeles 2013 est libertaire et réactionnaire : ce monde est foutu, on le sauvera par la purge catégorique de tous les moyens technologiques élaborés depuis des siècles. Umanbomber pourrait être fier de Carpenter. Oui mais après, que fait-on ? On souffre tous et reconstruit le monde sur soi, sans se leurrer sur un ordre commun ? Probablement, c’est l’occasion de vivre en anarchiste enfin, dans un contexte l’étant aussi puisqu’il n’y a plus de société, plus d’aliénations, plus de confort aussi ni de progrès toxiques. Dans cinq ans Carpenter tirera sa révérence avec Ghosts of Mars. Sa fin de carrière est particulièrement nihiliste.

Note globale 76

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UN COTTAGE DANS LE DARTMOOR ***

20 Fév

4sur5 Le muet l’a emporté définitivement au cinéma dès 1930-1931. A Cottage on Dartmoor (muni d’un accompagnement jazz depuis 2016 et déjà pourvu de quelques passages sonores à sa seconde sortie en 1930 – pour la scène de mise en abyme) fait partie des derniers fiers résistants, mobilisant de grosses ressources créatrices et clamant son rejet du nouveau (et fatal) progrès. Le scénario est simple, assez ‘pulp’ et rien de ce que raconte le film n’est original ou mémorable. Pourtant il sait produire de fortes impressions et peut marquer les esprits, relativement à l’état des lieux en 1929.

En cause, la splendeur technique (photo sublime, montage complexe et abondant, travellings avants et autres mouvements amples) et les initiatives dans la narration. La mise en scène ajoute des petites intrigues emmêlées du quotidien, ausculte le milieu ‘esthétique’ (les protagonistes se retrouvent autour d’un salon de manucure). Le récit est forgé au travers d’un empilement de flash-backs, dans lesquels s’insèrent des rafales de flashs, vécus ou abstraits, instantanés ou en série (par exemple cette scène où Joe rase son adversaire).

Plus préoccupé d’expérimentations que d’épaisseur, le film multiplie les détours, les tableaux intenses et soudains, les pics expressifs. La fille, Sally, entretient une attitude bizarre vis-à-vis de son collègue et éventuel amant. Il y a des mystères dans la relation, voire dans la réalité objective, sinon carrément la nature de ce qu’on voit. Les liens du trio eux-mêmes sont contradictoires. Défendables sur le papier et sûrement cohérents dans le cadre de ces péripéties, ils sont pollués par un certain flou psychologique, qui est probablement l’effet le plus voyant des turpitudes du projet artistique.

L’évocation du parlant se concentre autour d’une séance mystère. Pendant cette longue séquence (onze minutes – avec quelques souvenirs et fantasmes de Joe en guise de récréation), le spectateur d’Un cottage ne peut que contempler les spectateurs face à leur écran. Il constate leurs visages, soupçonne leurs tensions, refabrique le film projeté à travers eux ; un opus grave ou plombant manifestement (au moins plus agaçant qu’amusant), dès que le son est venu couper la douce euphorie dans la salle. Ainsi se joue le procès du parlant, accusé de désacraliser les charmes et la magie du septième art.

Ce quatrième et dernier film muet d’Anthony Asquith est son premier grand ‘coup’, deux ans après s’être lancé via Shooting Stars, déjà témoin de ses audaces formelles et de sa distance. Connu des cinéphiles pour Browning Version et Pygmalion, il est devenu un des ‘grands’ réalisateurs britanniques d’avant-guerre, derrière Hitchcock et Michael Powell en termes de reconnaissance et de passage à la postérité.

Note globale 76

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Suggestions… Safety Last + L’Ange Bleu + Asphalt/1929 + M le Maudit + L’Aurore

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (3), Dialogues (2), Son/Musique-BO (-), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (5), Originalité (3), Ambition (4), Audace (4), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

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