L’HOMME DE RIO ****

2 Avr

4sur5  Largement inspiré de Tintin et du personnage de fiction Bob Morane, L’Homme de Rio est l’un des films d’aventure les plus remarquables du cinéma français, mettant en jeu de vastes moyens et dépensant autant d’énergie. Il arrive à injecter dans la réalité une ambiance de ‘facilité’ propre à la bande-dessinée, rarement crédible ou pertinente ailleurs (les véritables adaptations de Tintin ont d’ailleurs aussitôt sombré dans l’oubli à cause de leur raideur). Autrement dit il arrive à décréter la fantaisie, à l’aide de personnages réussis, aimables, dans le sens d’un cartoon ou d’un James Bond innocent.

Le scénario est virevoltant, en revanche dans ses élans le film aligne quelques faux raccords (dont certains ambigus, à la façon d’une faiblesse transformée en force ou en farce). Il ne contient pas une minute de pesanteur (sauf peut-être aux extrémités), sans pour autant souffrir d’hystérie ou de surcharge. Cette science de l’amusement devrait produire ses meilleurs effets sur les enfants, ou un public docile, abandonné, qui sera comblé – dès la poursuite à Paris (séquence marquée par un humour typique, proche des pitreries du Gendarme avec De Funès). Les décors sont variés et luxuriants, la caméra aussi aérienne en intérieur qu’en hauteur, Françoise Dorléac (la sœur de Catherine Deneuve dans Les demoiselles de Rochefort et dans la réalité, morte peu après) au summum de ses charmes en droguée enthousiaste.

Et surtout le Tintin réformé n’est pas un enquêteur scrupuleux, mais un esprit jeune, intrépide, dont les péripéties ont une tournure romantique. Belmondo est éblouissant, à multiplier les cascades – vu depuis sa fin de carrière, la plupart de ses usages stakhanovistes (en flic) ou à contre-emploi en prennent un coup. C’est alors une vedette montante, révélée quatre ans plus tôt au grand-public via À bout de souffle. Il a déjà mis Philippe de Broca sur les rails du succès en 1962 avec Cartouche, le triomphe de L’Homme de Rio est donc une consécration. Leurs noms deviendront indissociables (parmi les quatre autres opus à venir, le dernier c’est Le Magnifique), avant l’apogée de Bébel autour de 1980. L’Homme de Rio aura une influence sur la gestation d’Indiana Jones et d’OSS 117. Les épreuves exotiques des Douze Travaux d’Astérix ont des points communs, au moins en esprit – d’ailleurs la bagarre générale rappelle fortement Obélix et sa bande.

Note globale 80

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… La Sirène du Mississippi + Mort sur le Nil + Les Mariés de l’An II

Scénario/Écriture (4), Casting/Personnages (4), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (5), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (4), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

.

Publicités

Une Réponse to “L’HOMME DE RIO ****”

  1. dasola avril 3, 2017 à 15:12 #

    Bonjour Zogarok, j’ai revu ce film il y a quelques mois: un régal sans temps mort. Le spectateur est presque aussi fatigué que Belmondo quand le film se termine. Je n’oublie pas Jean Servais, le « méchant » toujours impeccable. Bonne après-midi.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :