LE BAGARREUR ***

26 Mar

3sur5  Scénariste de films d’action et proche de Peckinpah (dont il écrit le Guet-apens), Walter Hill se fait connaître dans le milieu pendant les années 1970. Il passe à la réalisation grâce à l’appui du producteur Lawrence Gordon. Hill reprend un de ses anciens scripts (le projet de western Llyod Williams and his Brother) pour remanier un autre pré-écrit que lui fournit Gordon. Pour son premier film, Le Bagarreur (aka ‘Hard Times’), il dirige déjà deux comédiens renommés : Charles Bronson et James Coburn.

Tourné à La Nouvelle-Orléans, le film se déroule pendant la Grande Dépression (années 1930) et suit Chaney (Bronson), boxeur louant ses services au manager Speed (Coburn, toujours un brin vicieux). Le Bagarreur rappelle un certain cinéma d’aventures des années 1950, mis au goût du jour à l’ère où Leone a bousculé les codes. Les combats sont fréquents et vraisemblables, les trajectoires assez sinistres même si le ton est bienveillant. Les figures positives sont superficiellement mal-aimables, leur résilience et leur honnêteté étant mises en avant. L’emphase est forte sur les deux abîmés à l’idylle simple (et insoluble), conforme à la rudesse ‘juste’ de Channey, antihéros vertueux.

Le réalisme est de mise à tous les nouveaux (tant que la volonté domine les conventions) et le temps présent seul importe : les paris sur l’avenir sont timides, l’histoire des personnages est évoquée au minimum, celle de Channey jamais concrètement. À l’instar des samouraïs interprétés par Toshirō Mifune, la fureur en moins, Channey est une apparition : il vient peut-être de s’improviser boxeur au cours de cette étape. Charles Bronson récolte ainsi un des meilleurs rôles de sa carrière, poussant à fond mais avec soin l’image du prédateur blasé et magnanime. C’est un sommet avant la décadence, car l’acteur est à l’aube de sa reconversion en baroudeur du bis – encouragée par sa performance dans le vigilante Un justicier dans la ville l’année précédente (1974).

Pour Hill c’est un premier film à la fois prudent et prometteur. Les thèmes et leurs avatars sont rebattus, le traitement est rigoureux et la sensibilité d’un auteur patente ; en tout cas avec le recul elle devient évidente. En effet il y a déjà la grande tendance de Hill à raccrocher ses sujets, ne serait-ce que par l’ambiance, au western ; le focus pour des héros solitaires, [ou] agissant à la marge de la société en donnant une certaine noblesse (ou une sophistication incongrue) à leurs bas-fonds. Walter Hill réalisera bientôt des films fracassants dans leur registre (Driver, Southern Comfort), parfois peu lumineux flanqués de sympathies pour des abrutis (le film-culte Les guerriers de la nuit).

Note globale 66

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Un homme est passé + Nous ne sommes pas des anges + Les sept mercenaires + Sanjuro 

Scénario & Écriture (2), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (4), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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