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L’HUMILIATION PAR LE HAUT

1 Avr

Les élections municipales sont passées, le FN a fait une poussée somme toute très limitée (la faute aussi à son défaut d’implantation dans les territoires, qui demeure), comme convenu et nous aurons l’un des plus malsains de l’équipe en guise de Premier Ministre. C’est toujours mieux qu’une potiche, ça rendra le malaise plus saillant.

 

Peu importe, tout ça est réglé. Ce qui m’a vraiment interpellé et poussé à rugir, en-dehors des phrases creuses des beaufs et des lieutenants laborieux envoyés sur les plateaux, c’est la misérable satisfaction de François Bayrou.

 

Comment peut-on croire qu’il soit possible de nous faire avaler que ce Bayrou au creux de la vague ait pu réussir aujourd’hui ce pour quoi il a ridiculement échoué à l’heure où il était au zénith (municipales de 2008, où l’UMP lui casse sa victoire) ? Le président du MoDem vient enfin d’être élu maire de Pau, mais c’est trop tard, c’est un coup pour rien et surtout, il ne le doit pas à lui, à sa  »synthèse » ou à ses propositions.

 

Naturellement François nous a ressorti sa rengaine « au-delà de la droite et de la gauche », sans jamais de contenu explicite. Où sont les concepts passé le postulat en tant que tel ; surtout, où sont les engagements concrets ? Il s’agirait au moins de réviser la forme, car c’est de la mesquinerie et plus de l’empathie qu’il faudrait pour ne pas relever que le bonhomme s’enfonce dans le non-sens.

 

Bayrou nous parle encore de sa renaissance par le centre des modérés gentils et relaxants. Quand est-ce que la réalité croisera à nouveau son chemin ? Quand est-ce qu’il deviendra un homme politique reflétant le temps présent et tendu vers l’avenir ?

 

Le plus pathétique c’est qu’il ose savourer sa victoire alors qu’elle est totalement artificielle ; et que sa lamentable incantation du centre qui percera en dernière instance n’est même pas valide. Même cette idée fixe indigente, le centre vainqueur parce que les ornières autour tout le monde a vu que ça ne marchait pas : il ne peut pas lui donner corps.

 

Deux plantages en un ; la raison est l’alliance avec la Droite et les autres forces du centre/centre-droit. C’est bien la victoire de la Droite à Pau, la Droite qui a donné son amont et ses forces au centriste paumé. Bayrou est totalement piégé et redevable.

 

Enfin pour couronner le tout cette victoire est une humiliation profonde, puisqu’en 2012 lors des Présidentielles, Bayrou a tenté son envol en donnant son soutien moral au Parti Socialiste de François Hollande – sans que sa contribution lui attire la bienveillance.

 

Et voilà le bon petit, passé rebelle et gardant encore les oripeaux de sa transe de dissident poli, revenir dans le giron de ses tuteurs. Pour eux il n’a toujours été qu’un instrument, indiscipliné en apparence et en vain au mieux, une drama quen sans marge de manœuvre ni volonté cohérente au pire.

 

Dommage, la retraite aurait été préférable à la soumission et la désintégration publiques. C’est aussi la faute des électeurs, qui n’ont pas été capables de soutenir l’alternative qu’il proposait au bon moment, ce qui l’aurait pressé à s’exécuter quand il était temps. L’autonomie est encore possible mais Bayrou a-t-il encore l’énergie nécessaire ; et a-t-il quelques buts non tributaires de sa foi stérile ou de la Droite de confort à servir ?

 

 

 

 

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TROIS JOURS AVANT LE CHANGEMENT…

13 Mai

Le mirage Hollande déjà sabordé

A peine élu, Hollande est déjà rendu impotent, ses plans discrédités et sa posture d’alternative abattue. Dans la foulée des insolents résultats des Législatives Grecques, d’une Bourse en panique et d’un marché sceptique, les acteurs de l’actualité cherchent ouvertement à transférer les souverainetés nationales vers l’Union Européenne. Parallèlement, les commentateurs labellisés légitiment les prises de positions tranchées de leaders appliquant la vision néolibérale de l’économie et de la politique, la seule enseignée de façon massive tant par le biais des médias que des programmes scolaires ambitieux. Ceux qui devraient être les observateurs sont des porte-paroles, vraisemblablement pas tout à faits conscients de leur caractère moutonnier et prosélyte.

Plus que jamais, l’Europe est régentée par l’Allemagne, Etat fédéral qui trouve son compte, plus que les autres, dans l’établissement d’une Union supranationale et défend ardemment ses intérêts (car la monnaie euro est consacrée par et pour elle, a été formalisée selon sa propre monnaie antérieure). Ambassadeur de Bruxelles et des dogmatiques européistes, Merkel vient réprimer les alternatives et nier l’autorité d’un chef d’état sur son propre pays. Révision du Pacte de Stabilité ? C’est non et ce « non-négociable » de la Dame de Fer allemande se substitue au « There is no alternative » qui scellait, peut-être sans savoir à quel point, l’ascendant d’une logique implacable. De toutes façons, Hollande n’a posé aucune condition, le « non » est donc d’autant plus aisé qu’il vient contrecarrer une posture à l’arrachée, n’expliquant ni le comment ni l’après. Il en va de même pour l’idéal de « croissance », mot-valise à la mode depuis quelques jours, concept rabattu mais jamais planifié par l’intéressé et son équipe.

Et pendant ce temps, Hollande s’amuse du brio des Corréziens, parvenus à hisser un des leurs au  »poste suprême » (comme on pouvait le clamer, avec raison, il y a déjà quelques décennies) pour la seconde fois. En marge, il glisse à son entourage et ses collaborateurs que la situation de l’Europe, l’élection en Grèce et les perspectives de récession radicale le préoccupe ; d’ailleurs, il fait confiance aux solutions qui sont exposées par les leaders de la technocratie bruxelloise et leurs acolytes, les économistes de l’école néolibérale.

C’est donc un nouveau Président ému de son parcours, tout affecté de devoir quitter sa Corrèze, qui s’offre à la vue des Français. L’oligarchie des incapables trouve là une pleine et belle incarnation ; un type lambda qui, comme nous, sera spectateur de notre Histoire et dont les gémissements ne seront même pas audibles pour les décideurs de notre destin.


Diversion par les mœurs

Et sur quoi Hollande se recroqueville-t-il déjà ? Sur les réformes sociétales, de mœurs, et l’application de principes humanistes gratuits mais sans implication, de symboles égalitaristes. Il y aura donc parité parfaite dans le Gouvernement, pour la première fois ; puis bientôt, le mariage  »gay » (on parle peu, voir jamais, de « mariage homosexuel »).

Obama s’est épris du sujet très récemment… À l’heure ou l’empire néolibéral est chamboulé et que les peuples se donnent les moyens de gronder (mais avec les outils qu’on leur accorde), le chef d’État de la première puissance du Monde fait les unes en évoquant l’union civile homosexuelle, thème qui pourrait être réglé en un clin d’oeil… Mais la gauche libérale-démocrate a tout intérêt à repousser les réformes sociétales, car elles lui garantisse un combat penaud et fédérateur, tout en faisant des adversaires  »conservateurs » d’odieux passéistes bloquant le progrès et les libertés individuelles. Il y a une deuxième raison, c’est qu’une fois les homosexuels mariés, ceux-ci n’ont plus, comme les hétérosexuels mariés et dans une situation sociale équivalente, d’intérêt à se bercer des litanies consensuelles des valets des néolibéraux.

L’UMP tient bon, Copé tient la barre

Copé dit d’Hollande que c’est une « anguille », mais Copé lui-même est une anguille ; méthodes, personnalités et perspectives inverses, mais anguille qd même ! Après la fin des élections présidentielles, le leader de l’UMP a eu la bonne idée de reprendre le programme de Sarkozy pour la campagne des Législatives ; reste à voir en quoi les deux aventures électorales se répondront ou se contrediront.

Paradoxalement, ce programme, sans le mal-aimé Président sortant, perd son meilleur porte-parole. Copé, mal défini, n’est pas, pour l’heure, cohérent dans des postures idéologiques quelconque, puisqu’on le connaît plutôt comme un défenseur taquin de l’ordre établi et de la position officielle de la droite de gouvernement sur les débats ou polémiques du moment.

Raillé, assimilé à une « droitisation » opportuniste (sauf que le terme de  »droitisation » a été invoqué pour chacune des postures un tant soit peu non-linéaires de Sarkozy pendant cinq ans), ce programme a permis à Sarkozy de revenir à 48% et de se réapproprier l’électorat traditionnel des droites (mais aussi les non-alignés et les attentistes), devenu sceptique et parfois revenu de loin. Ce sont surtout les slogans qui ont rassurés, mais aussi la possibilité d’offrir aux électeurs du Front National une brèche, même factice ou dérisoire, sur leurs sujets de prédilection. C’était, notamment, la renégociation à propos de Schengen ; ayant gagné le respect de Merkel et des européistes, Sarkozy aurait pu davantage inciter à quelques inflexions. Il aurait pu aussi se transformer en Orban français, en mode libéral et atlantiste ; c’est en tout cas ce qu’il a laissé leurrer. Opération brillante et sans doute pas si vaine, car ainsi Sarkozy a su redonner un horizon à la droite traditionnelle. Elle n’aura le récupérer si elle comprend son intérêt objectif au lieu de se laisser absorber par l’illusion « centriste-humaniste ». Lisse et bien sous tous rapports, cette étiquette est un piège aguicheur qui la conduira à l’échec (électoral bien sûr, idéologique surtout) et à l’abandon de toute influence sur le jeu politique (quand ces centristes-humanistes croient justement le contraire).

L’UMP peut encore se tirer honorablement des Législatives, mais elle aura du mal à transformer l’essai (l’essai étant la remontée fulgurante de Sarkozy, qui a su remobiliser à droite et au centre et capter les indécis). La droite mainstream perdra probablement ce scrutin, peut-être même y aura-t-il une nouvelle vague rose qui justifiera des commentaires condescendants au sujet de la stratégie de l’UMP depuis l’entrée de Sarkozy dans la campagne (c’est-à-dire il y a deux mois et demi). Mais ils auront tort ; c’est simplement que les électeurs croient peu à la praticité des réformes promises, ou ne croient pas que les dirigeants de l’UMP pourront tenir des engagements aussi forts. Pour s’émanciper de l’absolutisme européen, Sarkozy a réussi, dans l’entre-deux de l’élection, à apparaître comme le plus apte, à défaut et même si c’est cruellement absurde, d’être le plus sincère et décidé. Un sursaut ponctuel mais néanmoins impressionnant, d’ailleurs près de la moitié (un sondage à la sortie des urnes avançait le chiffre de 51%) des électeurs du FN ont tenté le vote Sarkozy, peut-être avec l’énergie du désespoir ou bien un espoir timide, mais ils l’ont fait néanmoins, quitte à se tromper.

Le cerbère de confort tient sa belle affiche

Mélenchon n’en finira jamais d’user des armes du système pour exister. L’hypothèse d’un duel Marine/Méluche est donc désormais réalité, la candidature étant validée ce samedi. Jusqu’à jeudi, Mélenchon ne savait ou il serait catapulté ; il s’est même cramponné à des alliances réclamées (et non négociées) à Martine Aubry. Au lendemain du premier tour pourtant, cette crapule niait encore l’intérêt des législatives pour son cas personnel (allant jusqu’à minimiser son implication). Aujourd’hui, il s’invite sur les terres de Marine Le Pen pour pérenniser la bonne affiche des  »populistes », déjà encouragée lors de son émergence (avec notamment le face-à-face autour de la table de JJ Bourdin). C’est amusant, c’est triste aussi. D’emblée, Mélenchon réaffirme ses vieilles manies en animalisant sa concurrente, notamment en lui demandant de venir « aboyer » devant lui. Il réclame le débat, tout en conservant ses manières de malotru et maintenant le clivage anti-riche/anti-immigré qui séparerait les gauches radicales des droites extrêmes… alors même que Marine Le Pen a été bien plus cohérente, pugnace et surtout concrète dans, non seulement sa dénonciation de la sournoise banalisation de la crise de la dette (perçue, par le biais des médias, comme allant de soi), mais qu’elle y a par ailleurs apporté des solutions globales et précises (abrogation de la loi de 1973 notamment).

En dépit de cela, c’est ce même théâtre de dupes qui est de nouveau mis en scène. Le système envoie ainsi dos-à-dos ses deux facettes  »radicales », consacrant les deux personnages comme les représentants de mouvements à la marge des consensus, comme deux excroissances spectaculaires. Dans ce choc des  »extrêmes », Mélenchon incarne le côté  »utopiste », l’idéal que les formations plus raisonnables ne peuvent assumer, trop occupées par le principe des réalités. A l’autre bout du ring et de l’échiquier, MLP est la menace réelle et ultime, le réceptacle de tous les non-dits les plus nauséeux, celle qui engendre les débats qui font mal, celle qui bascule dans un monde interdit et pose des perspectives aveuglantes tant elles se hissent hors du cadre rationnel de la raison et de la démocratie. C’est là les images mentales qui sont fixées et sculptées dans l’esprit des français.

En outre, il y a des questions politiques pures, que les médias dominants ne posent pas et que les médias alternatifs ne posent pas non plus (par mélenchonisme -c’est le cas d’AgoraVox-, désintérêt, ou parce que l’actualité est trop vaste et vivace en cette période post-électorale doublée d’une accélération de la crise occidentale).

Les voilà donc : le FDG restera-t-il une structure, un large espace de coopération de gauche ? Ou bien est-il voué à n’être qu’un rassemblement ponctuel ? Sera-t-il torpillé par l’égoïsme des élus du PCF ou la lâcheté de Mélenchon – les deux s’annoncent déjà ? Y a-t-il d’ailleurs encore un Front de Gauche, à l’heure ou Mélenchon et ses acolytes peinent à trouver des accords et des circonscriptions ? Bref, l’étiquette Front de Gauche existera-t-elle toujours après ces Législatives ? Et si c’est le cas, est-ce que le mouvement orchestré par Jean-Luc Mélenchon ne deviendra pas un FN de confort d’une majorité de centre-gauche (balayant des cadres d’EELV à des satellites du MoDem) ?

Le rallié opportuniste

Éternel loser, Bayrou reste le spectateur de sa propre déchéance. Voilà un homme espérant se fixer au carrefour de la vie politique mais que ses voisins survolent et ses lointains adversaires méprisent. En évoquant le « danger » d’une cohabition, le brave centriste a fait le boulot, qu’aucune force apparente ni aucun mouvement d’opinion ou politique ne réclamait. Splendide retournement de veste, de la part d’un des meilleurs propagandistes de l’idée, schématique et simpliste mais pas innocente, selon laquelle Hollande allait ruiner la France.

Afin de justifier cette orientation, on invoque des raisons de valeur plutôt que de politique, d’économie. La vérité, c’est que Bayrou fait de la realpolitik à son échelle personnelle et que l’européisme béât du Parti Socialiste lui facilite la tâche. En outre, Bayrou s’est offert au camp du vainqueur annoncé en espérant participer à sa réussite électorale ; mais il n’a créée aucune interdépendance, le PS et Hollande ne lui doivent rien, simplement lui est à leurs pieds sans pouvoir plus désormais se retourner sur sa droite, puisqu’il l’a abandonné. Son ralliement, qui en fait n’existe que pour lui (il n’a intégré aucune équipe) a brisé un non-dit qui lui était favorable : en ayant toujours pas basculé officiellement vers le centre-gauche, Bayrou conservait ses chances de récupérer les fuyards modérés, libéraux et  »humanistes » de l’après-Sarkozy. Il a encore raté sa chance et s’est encore vautré tout au fond d’un gouffre, face à une pente probablement encore plus pénible à escalader (et en plus avec le sentiment, pour les électeurs, que désormais ce n’est même plus la peine). 

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TYPOLOGIE DES CANDIDATS 2012

6 Mai

Prévu depuis le lancement du Blog, cet article est l’occasion d’ouvrir la catégorie « Sociologie au Burin », dont les typologies et en particulier celles du MBTI sont des éléments décisifs (et seront définis plus précisément plus tard).  Article absolument ludique et sans doute superficiel, mais le sujet ne tient pas de la farce pour autant : il s’agit de dresser des hypothèses à parti de modèles et de présentations succinctes.

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Le MBTI est le maître et la référence la plus crédible de toutes les échelles de mesure de profils ; l’Ennéagramme est moins sérieux, ses origines sont même relativement floues voir ésotériques et les types proposés assez caricaturaux (au moins a-priori). Pour l’Ennéagramme, l’intérêt est surtout dans l’établissement de combinaisons, de correspondances ; plusieurs types peuvent former un portrait, abstrait mais significatif. Avec le MBTI, il est davantage question de comportement, d’attitude, de mode de fonctionnement.

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A noter que Slate a diffusé récemment un article sur le même thème (MBTI seulement) – néanmoins, les diagnostics MBTI ne sont pas tous ceux que vous trouverez ici (certains, comme pour Bayrou, m’ont même étonné). Retrouver ce sujet sur une plateforme aussi vive et pédagogue est une excellente surprise ; en revanche, on peut regretter qu’il y manque un argumentaire pour justifier les attributions… et que les « experts » non-cités sont probablement issus de l’avis général des internautes et amateurs, d’ailleurs les profils-types peuvent être déduits spontanément en raison de leur évidence, chez certains personnages en portant tous les traits (c’est le cas de Nicolas Sarkozy en particulier).

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Présentation rapide des deux modèles (liens pour en savoir plus), sur lesquels le Blog reviendra probablement à d’autres occasions (pour le Cinéma notamment), puis application au cas par cas pour les dix candidats.

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MBTI

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4 critères définissent le test de Myers Brigg :

* I/E (Introverti/Extraverti) = l’introverti s’épuise au contact des autres, l’extraverti gagne à être en société, il est dans son élément

*  N/S (iNtuition/Sensation) = les intuitifs comprennent à partir de la déduction, de l’extrapolation, de la généralisation ; les sensitifs se fient à l’expérience et au bon sens, à leurs acquis plutôt qu’à la théorie

* T/F (Thinking, Penseur/Feeling, Affectif) = les penseurs prennent leurs décisions sur la base de critères rationnels et objectifs ; les types sentimentaux ne sont pas nécessairement « émotionnels » ni grégaires, mais tendent à minimiser le raisonnement logique au profit de considérations soit humaines, soit passionnelles

* P/J (Perception/Jugement) = les perceptifs évitent de s’engager ; les « jugeurs » sont organisés, se fient à des critères qui sont souvent ceux de la société, savent généralement ce que sera leur futur proche et leur avenir lointain

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Tempéraments à l’épreuve de la pratique sportive, ainsi que dans le rapport au Monde en général (adaptabilité).

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4 grandes familles (descriptions caricaturales) :

* NT, les Rationnels (xNTx) = c’est la famille la plus rare (environ 10%), la moins sociable et la plus axée vers la théorie, la quête de connaissances, de compétences et de compréhension. Tout passe par la pensée ; l’analyse, la logique, jouent un rôle fondamental au quotidien. Ce groupe est orienté progrès et peut, au contraire des SJ, passer outre les traditions ; mais le souci du travail, de la découverte et de l’intelligence les séparent des SP, alors que le relativisme côté valeurs et la priorité accordée à la logique les dissocie des NF. Souvent des scientifiques, philosophes.

En savoir plus : 16types.fr

* NF, les Idéalistes (xNFx) = les standards éthiques, les valeurs culturelles jouent un rôle décisif pour les membres de ce groupe (entre 15% et 20%). Des idéaux élevés, des buts nobles via lesquels ils pourront s’extraire du marasme et de notions matérielles et affirmer leur identité sont les sujets de préoccupation essentiels de la vie des NF. Souvent des enseignants, journalistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SP, les Artisans (xSxP) = catégorie la plus exubérante, la plus spontanée et la plus « bruyante », c’est celle des esthètes, des hédonistes et des amuseurs (25% à 35%). Ils sont orientés solution et ont un bon sens pratique, mais leur faculté d’adaptation à la nouveauté est plus limitée que pour les précédents. Ce sont les plus instables mais aussi les meilleurs « vivants » ; avec les NF, c’est chez eux que se retrouvent les Artistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SJ, les Guardiens (xSxJ) = groupe le plus répandu (autour de 45%), c’est celui des « conservateurs », de ceux qui assimilent les règles, les structures et les contraintes sociales et sont naturellement portés à en reconnaître la valeur. Aptitudes logistiques, managers, protecteurs aussi. Ils peuvent être rigides, se mettre des ornières, ne pas voir ou accepter le changement.

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En savoir plus : 16types.fr

L’Essentiel :

– les caractéristiques définies par E/I et  P/J sont relatives aux attitudes. Les deux autres sont plus « viscérales » et profondes, décisives pour le fonctionnement.

– chaque type implique les quatre fonctions-clés ; le modèle estime ainsi que tout Homme est à la fois Penseur et Affectif, ainsi qu’Intuitif et Sensitif ; les niveaux d’introversion ou d’organisation (pour aller vite) s’appliquent à ces 4 notions.

– Par exemple, un NT sera d’abord Intuituif (N) et Penseur (T) ; il ne fait appel à ses aspects de Feeler (F) ou de Sensor (S) qu’en de rares occasions ; cela lui demande un effort, lui apparaît contre-nature, nouveau ou dérangeant. L’introversion et l’extraversion se calque ensuite là-dessus : un NT introverti, par exemple l’INTJ, est d’abord N (Intuition Introvertie – Ni) avant d’être T (Penseur extraverti – Te) – ou IN et TJ.

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ENNEAGRAMME

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9 types, en substance (liens vers des descriptions pour cerner plus vite)

* type 1 – l’Idéaliste, le Perfectionniste : Ennea.com ; CCE ; Moncoach ; EIP  ; EnCo

* type 2 – l’Altruiste, le Romantique : Ennea.com ;  CCE

* type 3 – le Battant, le Magicien : Ennea.com ; CCE

* type 4 – l’Artiste : Ennea.com ; CCE

* type 5 – L’Observateur, l’Expert : Ennea.com ; CCE

* type 6 – Le Loyaliste : Ennea.com ; CCE

* type 7 – L’Optimiste : Ennea.com ; CCE

* type 8 – Le Leader : Ennea.com ; CCE

* type 9 – L’Affable, le Médiateur : Ennea.com ; CCE

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– ces types sont issus de trois Triades : Emotionnelle, vivant selon le ressenti, le rapport aux autres, l’image (types 2-3-4) ; Mentale, se fondant sur la réflexion, la logique, la créativité et la planification (types 5-6-7) ; Instinctive, fidèle à ses tripes, à son monde intérieur, à ses convictions ou ses modèles personnels, orienté vers l’action (types 8-9-1)

– à chaque type peut s’ajouter une aile ; par exemple, un Type 8 peut avoir une aile 7 ou une aile 9 ; l’aile 9 le rend plus conciliant, plus modéré, plus porté au retrait ; l’aile 7 le rend davantage anticonformiste, agressif, entreprenant

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– Pour en savoir plus :

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_type_de_personnalite.htm

http://www.enneagramme.com/Theorie/9_types.htm

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_dossier.htm

– Pour déterminer votre profil :

http://www.enneagramme-envolutif.com/formation-enneagramme-test.html

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MARINE LE PEN = ESFP – 6aile7

MBTI : ESFP ou ENFP

L’hypothèse ESFP s’impose avec évidence, pour la gouaille et le tempérament bouillonnant, par endroits presque « boute-en-train » du personnage, pour la simplicité du ton aussi. Mais son brio dans les débats, sa capacité à allier des concepts ou des idées complexes avec spontanéité font pencher vers le « N », de même que ses facultés d’oratrice. Par ailleurs la capacité de MLP, plusieurs fois démontrée, à faire tomber les masques de ses interlocuteurs (d’un point de vue psychologique) et à saisir ce qui n’est pas dit au-delà même des arguments, d’une gêne ou d’une colère patente, peut être autant comprise comme une caractéristique décisive du « Se » (rien ne lui échappe dans le présent) que du « Ne » (faculté à tisser des liens dans l’environnement et l’ambiance). Très réactive, imprévisible et charismatique, comme l’est l’ENFP de papier. « ExFP » de toutes façons, le type des comédiens, des exubérants et des leaders ou pédagogues hauts-en-couleur.

Il y a une deuxième hypothèse qui peut maintenir le doute pour MLP, c’est l’ESTJ : contrairement à Mélenchon qui en adopte parfois une « persona » grossière, c’est structurel dans le cas de MLP. En effet sa tertiaire Te (la Pensée Extravertie) est de plus en plus investie, en réponse probablement à la récente accélération de sa carrière. Cette énergie Te était clairement noyée sous les deux fonctions dominantes (Perception Extravertie et Sentiment Introverti) il y a une décennie.

Enneagramme : 6, 7, 3

Loyale, dynamique, avec un côté borderline ostensible qui n’entame rien de sa combativité, voir de sa témérité. Les événements de sa vie personnelle pourraient en avoir fait une des « contre-phobiques »  souvent cités pour évoquer le Type 6 (qui tend à se laisser dominer par ses peurs, ou les surmonte avec aplomb et souvent excès). On peut parler, dans ce cas, d’optimisation maximale et magistrale du type.

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NICOLAS SARKOZY = ESTP – 3aile2

MBTI : ESTP

Comme Chirac et Berlusconi. C’est un type imprévisible, irréfléchi ou incohérent dans ses actes en surface, mais se fiant à son cadre interne (Ti – Pensée introvertie) pour décider et agir vite (Se – Sensation extravertie). Il aime les biens matériels, le clinquant, cherche la reconnaissance, le feu des projecteurs ; c’est un dominant naturel. Il vit sur le moment présent, est doué en général et en particulier pour l’improvisation ; il s’adapte en toutes circonstances, sauf s’il est compromis et ne rate jamais une occasion de se mettre en avant. Il aime les plaisirs terrestres surtout ; Sarkozy est l’ESTP, dans une version plus assumée que Chirac et plus « narcissique » que Berlusconi, lequel portait carrément toutes les outrances « sensorielles » du type (potentiellement le plus jouisseur, hédoniste et cynique).

Enneagramme : 3w2, 8w7

Sarkozy est vraisemblablement 3aile2 (le type de « la star », du Battant tendant ici vers l’instinctif), ou bien oscille entre 8 et 7 (8 aile 7 ou 7 aile 8). Sa gloutonnerie, son déni face au réel, la force physique dont il a pu faire preuve abondent en ce sens ; sa fuite de la faiblesse (trait fondamental du 8) ressemble beaucoup à la quête d’admiration et l’identification à un rôle (pratique spontanée du 3). La recherche de compensation, l’égo surgonflé, évoquent généralement les types 3 & 8 et Sarkozy incarne tout à fait ce qui les relie. La fausseté, le vide transparent de l’homme, son aptitude à s’adapter aux publics auxquels il fait face, sa façon de se mettre en scène, font cependant pencher plutôt vers le type3 (là encore, à l’instar de Chirac, qui oscillait lui plutôt entre 3 et 9).

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FRANCOIS HOLLANDE = ESFP – 7aile6 (ou 9aile1)

MBTI : ESFP ?

Peu d’intérêt sur ce profil, pas grand chose à creuser, pas d’angle d’attaques prégnant ou stimulant (comme pour le reste d’ailleurs). Hollande serait ESFP a-priori et est généralement typé comme tel. Néanmoins il y a trop d’éléments contradictoires à son sujet et en même temps peu de traits saillants ; il est donc difficile de cerner le personnage, à moins qu’il soit aussi dissocié qu’il en ait l’air.

Enneagramme : 7, 9, 6

Hollande est souvent perçu comme un 7w6 et il en est médiatiquement la caricature. Optimisme, bonne humeur, entrain définissent le type, plus encore avec cette aile ; c’est aussi, en grossissant le trait encore avec les comportements les plus récurrents, un bon communicant, mais un piètre leader et un dominateur peu crédible. Le 7aile6 peut être un bon chef d’équipe, approuvé d’ailleurs et populaire surtout, mais on ne lui fait pas confiance en cas de crise, ou on chercherait quelqu’un de plus solide, plus stable ou sérieux. En revanche, il excelle dans les rôles de seconds ou dans le costume du farceur de service. Tendance à s’affadir, à se contenter des acquis, à fuir la réalité, la tâche, l’effort, la remise en question (correspondances entre les types 7 dits ‘malsains/désintégrés’ et 9). Voit et pense à court-terme (être SFP redouble cet aspect). L’aile 6 illustre l’importance accordée au sentiment d’appartenance et par extension, à la conserver sa place au sein du groupe.

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JEAN-LUC MELENCHON = ENFJ – 8aile7

MBTI : ESTJ ou ENFJ

Idéaliste ou Gardien ? Le dogmatisme de Mélenchon est un pont entre ces deux pôles. Le candidat du FDG est considéré comme un ENFJ sur Slate, d’ailleurs peut-être penche-t-il vers le « F » , par idéalisme, ou par pratique (via ses messages et postures politiques), en raison de ce qu’il défend et de la fibre émotionnelle dont il abuse. Par ailleurs, l’ENFJ est le plus prompt des types  »F » à assumer le leadership ; c’est aussi, à l’instar de l’ENTJ pour les NT, le NF le plus disposé à fonctionner comme un SJ. Ce type est celui des orateurs passionnés, des amoureux de grandes causes capables de faire face à la foule en la prenant à témoin (les ENF mobilisent, les INF exposent leurs raisons) ; moins concordant en revanche, l’ENFJ est un type très  »féminin », peut-être aussi le plus réservé, prudent voir timide des extravertis.

Mais on attribue ce type un peu vite – généralement à beaucoup de personnages charismatiques ou flamboyants, marqués « à gauche », prophètes pacifistes ou militants associatifs d’envergure. Sans doute y a-t-il là une volonté de sacraliser et figer un portrait universel de « gourou ». Or l’INFP et l’ESTJ, pour des raisons différentes, peuvent très bien incarner ce gourou.

Ensuite, entre S et N, Mélenchon est dur à définir : il vit dans le présent, réagit au contexte physique -ou aux hommes et femmes qui s’adressent à lui- plus qu’aux idées ou aux débats, perdant parfois de vue une certaine cohérence. Ces caractéristiques indiquent plutôt le Ti-inf et la présence du Se. De plus, Mélenchon fut un grand suiveur pendant de nombreuses années, surtout à l’époque Mitterand (voir son attachement manifeste, parfois benêt, dans les vidéos), une caractéristique plutôt propre aux I, S, F et J (par rapport aux E, N, T et P) : surtout au Fe (fonction dominante ou auxiliaire des types xxFJ). Il ne s’agit pas du tout de dénigrer Mélenchon en lui refusant un type plus convoité ou censément plus noble ; mais Mélenchon est plutôt un gardien des traditions, d’un idéal de gauche et la confusion de l’ENFJ avec l’ESTJ, du NF avec le SJ, se comprend et même se justifie. Il est bien cependant le paroxysme de l’ENFJ masculin [et du NFJ] agressif et têtu.

Enneagramme : 8

Mélenchon est un 8 assez poussif, cumulant beaucoup des traits de ce type qui utilise prioritairement le centre instinctif pour le tourner vers l’extérieur.  

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FRANÇOIS BAYROU = INTP – 9aile1

MBTI : INTP, INxJ ou ISTJ ?

C’est probablement le plus difficile à cerner de tous les candidats (ce qui est sans doute un obstacle pour lui et son MoDem à plusieurs niveaux). INTP pour son non-conformisme, probablement surtout interne, qui émerge facilement mais est souvent floué, en surface toujours, par la culture du consensus, de l’harmonie. L’hypothèse INFJ, sur Slate, n’est pas aberrante, même si elle surprend spontanément : les qualités de pédagogue, le côté « mentor » du personnage renvoient à l’INFJ ; mais l’attitude, réservée et décisive, sied parfaitement aux IxxJ en général. La raideur, l’impression parfois d’observer un pantin hypnotisé par les croyances qu’il récite renvoient à l’ISTJ. Bayrou serait alors un ISTJ assez curieux, pour autant, jusque dans les détails, il épouse parfaitement les structures de ce type.

Enneagramme : 9, 1, 5, 6

A-priori, Bayrou est un « 9 » assez facile à diagnostiquer. Pour des raisons basiques : simplicité du personnage, souci de la neutralité, de la modération, ainsi que pour la sagesse (peut-être un  »6 » intégré ?) ; mais également pour les discours-fleuves, le souci du détail. Bayrou est aussi un « passif-agressif », à tous les niveaux (sur les plateaux, dans son action politique, dans sa façon d’être et de se présenter). Le 9 associé au 1 cumule la résistance aux émotions négatives, à l’adversité et à la violence des deux types ; il induit aussi un certain idéalisme, le désir de préciser (et ensuite, dans une moindre mesure, de communiquer) sa vision du Monde ; il inclue aussi une certaine rigidité, une paresse, une indécision… plutôt qu’une peur, qu’un souci de sécurité, de maîtrise (et d’une stabilité matérielle), propres aux types 5 et 6. Ces deux-derniers sont les opposés du 1 et 9, mais on peut aussi les qualifier de reflet ; par exemple, le 1aile9 et le 5aile6 se font face sur le cercle de l’ennéagramme ; ils tendent à se complémenter mais aussi à s’identifier l’un à l’autre et peuvent simultanément se confondre comme apparaître incompatibles. Bayrou pourrait être un 6aile5 (qui s’identifie, et réciproquement, avec le 1aile2) ; sa solitude abonde en ce sens (à titre privée, celle-ci est délibérée – Bayrou ferait volontairement le vide autour de lui), ainsi que sa loyauté et son attachement à un cadre familial et à des racines géographiques.

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EVA JOLY = INFJ – 3aile4 

MBTI : INFJ ou INFP

Eva Joly affiche les grandes qualités de l’INFJ… et les grands défauts des « IN » en général, communication laconique ou inadaptée en tête. Eva Joly pourrait être INFP, mais les IxFP sont souvent les plus passifs (cependant, beaucoup d’INFP compensent leur « faiblesse » par un masque d’aplomb et de dédain) ; son intransigeance et sa froideur pourrait la faire apparaître comme une « T », mais son mode d’expression (mimiques et phrasé) sont emprunts de valeurs, de références subjectives, d’affects (d’ailleurs la campagne, les propos, les clips, sont « F » malgré eux). C’est plutôt son « J » qui la rend si droite, si (apparemment) dure, si structurée et décisive ; lui aussi qui l’a portée vers le domaine qu’elle a embrassé.

Enneagramme : 3, 4, 1

potentielle 1, pour le côté justicière, pour l’idéalisme aussi, trait qui n’est pas sans rappeler le type 4 (naturellement porté vers les idéaux de gauche). Le goût du combat, le côté workaholic, la ténacité, mais aussi la multiplication des actions sur des domaines contradictoires (concours de beauté, Droit, politique, éthique) renvoient au type 3. L’association à une aile 4 paraît évidente ; elle implique une priorité au mental au détriment de l’instinctif, un sens esthétique plus développé, une plus grande discrétion et un sens de la nuance lorsqu’il s’agit de se mettre soi-même en scène (contrairement au 3w2, le 3w4 n’est pas un profil-type de « showman », il peut même être assez froid et asocial – mais aussi moins outrancier). A noter aussi qu’un Trois accompli ne ressemble pas à un Trois, mais à ses objectifs, ses combats, bref à l’objet de son identification.

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NICOLAS DUPONT-AIGNAN = INTJ – 1w9

MBTI : INTJ

Pour l’aplomb sans fards, l’expertise, la cohérence et une certaine hauteur naturelle. Solitaire sans en souffrir (aspect irrévocablement INT), NDA est porté par ses convictions ; le terme s’applique bien, semble même façonné pour des individus comme lui, poursuivant leur vision du Juste contre vents et marées. Son discours est très établi, la confiance en l’inspiration de l’INTP n’est pas de mise ; avec l’INTJ, les idéaux sont solides et vérifiés (l’INTP est plus porté vers la polémique et l’exploration de concepts que leur revendication).

NDA a ce côté un peu professoral, donneur de leçons qui s’il peut le plomber vu de loin, passe largement grâce à sa virulence sans outrances ; en outre, en parfait INTJ, NDA retient son jugement et ses paroles jusqu’à délivrer le coup fatal. Les légers problèmes de communication (coups-d’éclats de « showman » un peu désuets, mais ça ne le soucie guère) sont typiques, bien sûr des « T », mais surtout des (I)NT(J), largement plus soucieux de fond que de forme, de symboles que d’images gratuites et chatoyantes. Autre caractéristique de l’INTJ : un conformisme de façade, une auto-discipline au service d’un état d’esprit structuré.

Enneagramme : 1, 5, 6

L’ennéatype 1 s’impose rapidement (fixation perfectionniste, colère réprimée éclatant face aux « excès » broyant son sens de la droiture), quoiqu’avec des aspects ‘résonnant’ 5. Un 5 aile 6 dans ce cas, c’est-à-dire un Observateur relativement tourné vers le Monde, actif voir énergique, bien qu’assez difficile à saisir. Les 1w9 et 5w6 sont des types-miroirs.

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PHILIPPE POUTOU = ISFP – 9w1

MBTI : ISTP ou ISFP

Poutou a un profil assez classique de petit lieutenant de la « gauche radicale » ; c’est un SP, il vit dans et pour l’instant immédiat, ne se soucie pas des conséquences de ses actes. Il est fidèle à ses habitudes mais c’est un bon camarade. Plutôt introverti, il a les traits du STP, mais ses prestations ont souvent été curieusement affectives ; le personnage manie très mal la théorie, alors que les STP sont souvent capables d’asséner des convictions arrêtées et structurées.

Enneagramme : 9, 6, 7

Poutou est un 9 typique. Négligé, paresseux, même lorsqu’il monte au front, capable néanmoins de se montrer ponctuellement offensif.

BAYROU, PERDU A JAMAIS ?

28 Avr

Bayrou n’aura jamais réussi à dépasser quelques idées fixes et quelques paradoxes qu’il a minimisé ; sans doute a-t-il cru trouver finalement des fidèles prêts à le suivre vers un horizon pour lequel eux n’étaient pas prédestinés. Mais ils sont bien trop peu à lui faire confiance aussi aveuglément.

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Bayrou voudrait incarner une synthèse des sociaux-libéraux de centre-gauche et de centre-droit pour formaliser l’association idéale qui permettrait d’engendrer la sociale-démocratie à la française. Mais Bayrou est resté prisonnier d’un autre modèle lui aussi plus épanoui un peu plus à l’Est et au Nord : c’est la démocratie chrétienne, dont il est issu. Finalement, 2007 n’aura été qu’une vaine parenthèse, leurrant – surtout pour l’intéressé lui-même – que tout pouvait devenir possible, alors que Bayrou était un simple capteur mais aussi le fossoyeur même pas flamboyant du centrisme made in France… Aujourd’hui, la carte électorale révèle un retour aux publics traditionnels, soit le petit cercle des centristes historiques (sur-représenté dans les formations mais bien plus transparent dans la population civile) et, comble cruel, des zones les plus marquées par l’emprise catholique.

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Simple étape dans une quête globale et multiple d’Alternative ?

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Depuis la chute des vieux schémas, avec l’inaptitude des gauches à « changer la vie » et l’inhibition des droites, les électeurs cherchent une alternative. Le déclic a eu lieu à la fin des 90s, sous l’ère Chirac, après que Tapie ait incarnée une gauche forte qui ressemblait à une nouvelle droite nihiliste, et que les souverainistes soient réduit à l’animation folklorique autour d’un DeVilliers incapable de joindre deux bouts peu compatibles, c’est-à-dire le bloc RPR/UDF et le FN, tandem improbable dont il était une sorte d’enfant poli et sournois, mais à chaque fois réduit au silence, à genoux les mains dans le dos.

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Le désir d’alternative a porté vers Bayrou en 2007 ; mais cet arrivage massif avait déjà migré en 2009 pour faciliter le triomphe d’Europe Ecologie, avant de se réfugier à nouveau dans l’abstention, le vote blanc ou la recomposition du vote FN et, dans une autre mesure, du Front de Gauche.

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Derrière les scores intéressants de Mélenchon et Marine Le Pen (exactement 29% des suffrages), il y a ce désir de radicalité et de rupture que le réformisme serein mais exigeant de Bayrou refroidit. Si de telles postures n’ont pas été un problème auparavant, au moment ou le basculement vers des lendemains de restriction et d’incertitudes économiques est concret, imminent et surtout intégré, cette volonté de jouer l’apaisement dresse un mur car elle est inadéquate.

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Bayrou n’avait qu’à simuler l’absence d’urgence, éviter d’évoquer le problème de la dette que les Français devront résoudre de force ; alors peut-être aurait-il pu supplanter Hollande. Mais il faut beaucoup de chance ou un entourage significatif, or Douste-Blazy est un symbole déplorable, car il valide jusque dans sa silhouette l’amalgame entre centrisme et néant, entre modération et confusion, entre prudence et conservatisme. Et puis il aurait fallu que l’homme à remplacer cumule les erreurs stratégiques ; or celui-là s’appelle Nicolas Sarkozy et non pas François Hollande. Malheureusement, Bayrou ne peut reprendre le flambeau de cette droite qu’il s’est borné à réprouver ; il veut incarner ce centrisme vaguement gauchisant qu’aujourd’hui des plus forts s’approprient.

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Ce que ne veux pas admettre Bayrou, c’est qu’une large proportion des Français a compris les menaces qui pèsent sur leur avenir, mais que ceux-là, pour la plupart, ne sont pas décidés soit à se sacrifier, soit à se résigner. Les temps qui courent n’inspirent pas des aspirations consensuelles, mais plutôt une révolte brutale ou bien au minimum une soumission passive-agressive. Les deux candidats-leaders l’ont saisi : c’est pour cela que François Hollande joue à celui qui  »renégociera » le Pacte de Stabilité afin de mieux faire croire aux français qu’ils limitent les dégâts, alors qu’ils s’apprêteront à applaudir le couperet. Les marchés l’ont écrit : le SMIC sera réduit drastiquement, le CDI sera balayé afin de précariser l’ensemble des travailleurs.

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La raison de Bayrou ressemble à une incantation de politicards privilégié qui inviterait la plèbe à sagement courber l’échine en attendant la fin des intempéries. Or dans la lumière il n’y a pas d’horizon salvateur qui compenserait ; dans l’ombre, il y a des individus qui partout réalisent que les conditions d’un soulèvement de masse, mais peut-être tardif, sont réunies. Difficile alors de susciter l’espoir, surtout si les diagnostics débouchent sur la plus violente des prescriptions, c’est-à-dire européisme accéléré, technocratie accrue et rigueur intransigeante. Quand bien même un guérisseur affable nous expliquerait qu’il faut rester positif, on perd confiance.

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Bayrou, trop précoce ?

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Resurgit alors cette éternelle interrogation : et si Bayrou avait ratée sa chance historique… en 2007 ? Peut-être serait-il devenu le Hollande amélioré d’aujourd’hui, capable de créer des ponts entre les socialistes d’étiquette et les socialistes  »libéraux », les socialistes dogmatiques et les socialistes de principes, tous prêts, par stratégie, par entrisme ou par reconversion, à se ranger dans le sillage de la nouvelle Gauche, celle que Mélenchon conspue (avec raison – c’est la base-même de sa légitimité). Bayrou aurait pu se passer de ces compagnons de route essentiels mais un peu gênants que sont les Raffarin, Morin et Cavada, pour se précipiter dans les bras de ses nouveaux compagnons (« socialistes » donc) en les associant à ses collègues intimes (les « démocrates ») et devenir le père fondateur de cette famille recomposée qui dans un futur antérieur, constituait une projection tellement fascinante… Mais ce n’est pas parce qu’une vision ne s’est pas concrétisée qu’elle n’a pas eu le temps de basculer vers la désuétude ; en somme, Bayrou serait passé d’un immobilisme à un autre. Sa cécité devant le malaise de civilisation l’aurait protégé de cette cruelle révélation : en dépit de tous ses efforts et de sa compréhension plus globale que celle de ses petits camarades, François Bayrou est toujours le défenseur d’une arrière-garde, réformée seulement sur le papier.

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L’autre possibilité, pas moins lointaine mais plus cohérente et simple, c’est la reformation d’une sorte d’UDF. Si l’UMP implose ou que ses lieutenants gravitent de plus en plus clairement autour d’un rassemblement orchestré par Marine Le Pen, les centristes, les « modérés » et les « humanistes » de l’UMP, ainsi que l’aile libérale, pourraient se tourner vers le MoDem. Rama Yade et Jean-Louis Borloo joueront les hôtesses lors de ces retrouvailles, on évoquera l’incroyable popularité de François Bayrou (candidat le plus apprécié pendant la campagne 2012), peut-être d’ailleurs pour que le destin de ce dernier lui soit volé par une nouvelle génération, celle de Rama Yade et de Franck Riester. Pour l’anecdote, il sera intéressant de voir, dans une telle situation, ou se faufilera l’anguille Copé. 

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Un tel mouvement se trouverait alors au milieu du bloc PS/EELV et du rassemblement nouveau autour de feu le FN ; il pourrait être une sorte de chape de sécurité séparant l’échiquier politique de ce dernier, tout en allant quelquefois y piocher quelques thématiques qu’il s’agirait de reformuler dans un esprit de tolérance, d’harmonie et de paix… Cette formation aura la responsabilité de toujours contenir cette droite offensive et surtout de ne jamais le rejoindre ; simuler des ouvertures  »idéologiques » ponctuelles tout en raillant la candeur délicieuse du bloc de gauche modérée permettra alors à cette droite réfnovée et new look d’incarner la raison, synthèse de modernité et de tempérance. Il s’agira en quelque sorte de centristes validant les dogmes de la droite atlantiste tout en annexant les postures sociétales de la gauche américaine. Bayrou deviendra alors peut-être un vieux sage inaudible, omniprésent mais finalement transparent, qui ne trouverait sa valeur qu’une fois disparu. 

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* Article publié le même jour sur AgoraVox

ET MAINTENANT ?

22 Avr

A CAMPAGNE BIDON, DUEL FINAL BIDON

Ce fut donc une campagne oscillant entre les lamentables petites phrases du PS, le mea-culpa et les mensonges grotesques mais brillamment mis en formes de Sarkozy, cette campagne fut celle de l’esquive, de la diversion. Il aura fallu attendre les qualifications pour le second tour pour que la situation de la France devienne un enjeu sérieux des médias ; la tonalité « frivole » sera probablement balayée et les médias chercheront à nous donner, dans les deux semaines qui viennent, le sentiment que quelque chose de grand et de grave se joue. A cela s’ajoutera une euphorie, faussement contenue pour mieux être attisée (la fabrication d’un suspense quant au vainqueur n’est pas à exclure – quoique le roman de la campagne se soit déjà suffisamment, et surtout visiblement, gonflé autour de phénomènes artificiels).

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Mais il faut voir au moins à moyen-terme. Dans ce genre de moments, cela permet d’éviter un gros coup de fatigue ou d’atténuer une fièvre ponctuelle. Et puis c’est un effort auxquels nos animateurs et politiciens affairistes ne consentent que ponctuellement. Quelque soit l’élu dans deux semaines, il ne sera pas le grand décideur de la Nation, d’ailleurs la délégation des pouvoirs du Président va s’accélérer au cours de ce mandat. Au profit des technocrates chéris de nos européistes comme de l’idéal de marché-libre et sans restriction. Tous ces dogmes délétères vont pouvoir s’épanouir, au point que les sombres desseins dénoncés par les patriotes éclairés comme des rebellocrates flamboyants et nostalgiques (façon Mélenchon) trouveront une application dans le réel. Devant cet ultime abandon du politique, désormais validé par la présence du tandem en lice, les marxistes et les nationaux pourront faire leur coming-out ; non seulement la rhétorique autour de la lutte des classes va reprendre tout son sens, mais surtout l’abolition des frontières sera sanctifiée dans tous les domaines : géographiques, politiques, ethniques, culturels. Sur les deux premières notions, cette abolition sera progressivement institutionnalisée. Sur les dernières, elle sera encouragée, légitimée, par le bruit ambiant au nom de la tolérance ou par des amendements au nom de la non-discrimination et de la quête d’harmonie sociale. L’argument consistant à prendre la défense des minorités et des groupes humains alternatifs est une façon habile de les étouffer ou de les inviter à se convertir. Les artifices grotesques et les parures exubérantes sont acceptées ; derrière l’esthétisation, le néant du droit et l’encouragement à l’isolationnisme pour tous ces groupes traités de façon contradictoire (à la fois défendus et pris à partie comme jamais ; avec une volonté affichée de restaurer leur dignité et en même temps une fâcheuse tendance à les caricaturer, en les affligeant de représentants dégradants ou les assimilant à des valeurs heurtant délibérément le  »bon sens » populaire).

QUE FERA HOLLANDE ?

Lorsque Hollande sera élu (s’il est élu!), il y a fort à parier qu’il jette la suspicion sur les comptes qu’il trouvera. Discrètement pendant la campagne, le bloc PS s’est déjà trouvé les prétextes de mener une politique drastique d’austérité. Hollande pourrait donc nous la faire à la grecque, accusant un vilain gouvernement de droite qui vient d’être chassé du pouvoir d’avoir tout plombé. Ce sera évidemment une aberration, puisque le PS a participé à cet endettement et fut même un accélérateur de la crise de la dette dès l’ère Mitterrand. Ce boulet est donc traîné depuis 30 ans et non depuis le simple passage de Sarkozy. L’escroquerie consistera à faire porter cette responsabilité au Président sortant, comme si son mandat était une parenthèse délétère à ce point : c’en est la parangon, peut-être l’achèvement voir le point de rupture, mais pas le motif n°1.

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Deux grandes possibilités :

1°) Hollande se lance dans une politique protectionniste courageuse. Il se peut qu’il s’y résolve dans quelques mois face à une précipitation de la crise financière. On peut par exemple imaginer qu’un scepticisme si grand des marchés au sujet de son équipe le presse d’imposer des privations excessives et radicales ; il y aura alors le risque de déclencher un chaos social, auquel Hollande pourrait refuser de se soumettre. Si ce n’est pas le cas, il agira en infirmière, c’est-à-dire en suivant les pratiques habituelles des démocrates, qu’ils se disent  »sociaux » ou  »libéraux ».

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2°) Hollande applique une politique de rigueur faussement téméraire & prétendument  »raisonnable ». C’est-à-dire qu’il fait ce qu’aurait fait « la droite » ; avec les mêmes postures.

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Gageons que la libéralisation des mœurs permettra de combler le manque de courage et le mensonge fondamental du Parti Socialiste, qui ne l’est plus que de nom.

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QUELLES RECOMPOSITIONS A VENIR ?

Zogarok reviendra rapidement et plus abondamment sur ce thème. C’est l’intérêt majeur d’une élection, surtout lorsqu’elle est décisive ; à ce titre, ceux qui baissent les bras pour se précipiter dans le cocon libéral-bourgeois, soit dans le « vote utile », par principe, habitude ou résignation, ont tort. D’abord, parce que la victoire effective et immédiate n’est rien ; ainsi un Hollande vainqueur à 57% la semaine prochaine mais dans un contexte d’abstention de 35% devrait faire face à quelques vérités. Mais surtout, lorsque les candidats alternatifs, même s’ils échouent à figurer parmi le tandem de tête, se montrent puissants et attractifs, la victoire peut prendre le goût d’une prise d’otage. D’ailleurs, de quel côté est l’enthousiasme ; celui des leaders naturels, sur lesquels beaucoup se sont repliés passivement ou par peur de se tromper ; ou celui des challengers qui ont su braver l’ostracisme de l’ensemble des adversaires, le mépris de classe et le mépris de caste. Cela ne déverrouille pas un système. Mais ça trouble les schémas, reformule le paysage politique et pose des bases cohérentes pour l’avenir.

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2012 aurait pu être une élection de réalignement, c’est-à-dire un scrutin ou certaines formations implosent, d’autres voient leur consécration et certaines leur avènement. Il peut encore le devenir, mais les scores élevés des deux leaders compliquent cette tâche. Et comme prévu, désormais les deux rois-pantins ont écartés les ménestrels ; il est venu le temps d’être sérieux, de simuler la volonté, la puissance et le contrôle sur les Empires, politiques, financiers et immatériels, qui étendent leur emprise sur la France.

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Vers une explosion du PS & de l’UMP ?

Si le tandem PS/UMP reste omnipotent, avec 55% des suffrages cumulés, les deux formations ont attirés des électorats complémentaires. D’abord, à la marge, dans leur sociologie. Mais surtout dans leurs motivations : près d’un électeur sur deux de François Hollande a  »voté utile » ou pour contrer Sarkozy. Et c’est sans inclure ceux qui votent selon leur fidélité partisane. Sarkozy a bénéficié, dans une moindre mesure, d’un front anti-Hollande, animé par quelques dogmatiques de la droite mainstream autour des Copé et Wauquiez.

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Face à ce manque de vigueur, le PS et l’UMP peuvent péricliter à tout moment. C’est le paradoxe de ces étoiles mortes. Du côté de l’UMP, si Sarkozy échoue, c’est très probablement Copé qui passera en tête de la droite libérale-conservatrice. La guerre des chefs que certains anticipent n’est pas si évidente ; il pourrait s’agir de petits combats, notamment de coulisses, peut-être de fond, qui se grefferaient sur des réformettes ou des postures. Mais, sauf si quelques loups plus jeunes que Copé montrent les dents, la qualification d’un nouveau champion à droite s’effectuera de façon presque mécanique.

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Naturellement, il y a Fillon, plus populaire, plus aimable et lucide aux yeux du public. Mais celui-ci ne trouvera pas la force de mener un combat aussi dur, sauf (c’est une condition essentielle et c’est la seule) s’il est assisté d’une équipe décidée. Juppé est l’homme d’une ère révolue ; même s’il est apaisant pour la droite et reconnu par une partie de ses adversaires.

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La vraie menace pour l’UMP concerne davantage la formation elle-même que sa direction. Y aura-t-il des mutations idéologiques ? Ou une amplification du sarkozysme, à la sauce Copé ; les lieutenants de la droite devront intégrer que cette dernière est plutôt indigeste. Il faudra vacciner le vautour. D’ici là, avec un pactole de 27%, l’UMP demeure la grande formation de droite et jouit d’une assise considérable. Aux suivants de gâcher ce legs inespéré ! 

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Mais ce qu’on ne dit pas, c’est que le PS aussi est menacé d’explosion, qu’importe d’ailleurs que Hollande soit élu. Dans le cas inverse, le parti échouera aux Présidentielles pour la quatrième fois ; mais sa domination aux échelles inférieures, des collectivités locales aux régions, assurera son maintien. La victoire aux Législatives confortera cet ascendant ; elle aura lieu quelque soit le Président élu – d’ailleurs l’échec de François Hollande dans deux semaines permettrait de laisser les différents courants du PS s’exprimer plus aisément.

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C’est de ces derniers que viendra le changement ; le PS de François Hollande est inepte à stimuler ce changement, mais d’autres PS pourront l’orchestrer, avec ferveur et enthousiasme d’ailleurs. En effet, un parti s’étalant de Hamon et Montebourg à Valls et DSK ne peut tenir impunément ; tant de lignes ne peuvent cohabiter éternellement, encore moins lorsqu’elles partageront les responsabilités de la gouvernance. Tout ce qui retient ces hommes et ces clans idéologiques, c’est leur qualification de « gauche ». Or ce clivage n’est plus prioritaire et surtout la « gauche » est multiple, d’ailleurs le PS est devenu une boutique ou sont exposées toutes ces variétés difficilement compatibles.

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Que faire des 18% de MLP ?

MLP peut profiter de la chute de la droite mainstream ; unifiée dans l’UMP, elle s’est perdue en chemin et se trouve K.O., exsangue. De là à hisser Marine Le Pen en tête de la droite, il y a un monde ; en revanche, avec 18% des suffrages, le Front National affirme un ancrage solide et s’impose comme le grand leader des partis alternatifs. Une telle situation pourront plomber ces derniers (d’ailleurs le FN était bien « le diable de confort » comme l’a clamé Mélenchon – mais c’est déjà une autre époque), mais le FN semble avoir réussi sa normalisation.

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Marine Le Pen sera un chef de file crédible et fort, sur plusieurs conditions :

  • 1°) si la ligne Philippot l’emporte ;

  • 2°) si l’ouverture s’affirme (ce qui ne signifie pas se vendre ou se sacrifier) – d’ailleurs le « rassemblement » en vue des législatives l’annonce ;

    enfin et surtout,

  • 3°) enfin et surtout, si les consciences évoluent et dépassent, voir se passent, des clivages et grilles de lecture révolues ou obsolètes

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Front de Gauche : challenger ponctuel ou nouveau pôle stratégique ?

Les partisans, les journalistes d’I>Tele et les cadres ont été vraisemblablement déçus, pourtant les 11% de Jean-Luc Mélenchon sont un succès net, à une hauteur prévisible. Seuls les obnubilés de la farce médiacratique ont pu croire un seul instant que Jean-Luc Mélenchon atteindrait les 15% ; ceux qui s’attendaient à le voir devancer Marine Le Pen sont de doux rêveurs ou d’incroyables naïfs.

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Anecdote révélatrice, Laguiller culminait à 10% dans les sondages en 2002, avant de se contenter de 5.7% le 21 avril, son meilleur score. Cette année-là, avec Besancenot, elle permettait à l’extrême-gauche (hors-PCF ; gauche non-gouvernementale donc, pour les puristes) de franchir la barre des 10%. Deux constats à tirer : Mélenchon a profité de l’embellie traditionnelle en fin de parcours pour les leaders gauchisants, que la bonhommie flamboyante attise, avant que ces frais captifs ne se tournent vers une gauche plus raisonnable, plus institutionnelle : bref,  »l’autre gauche » permet de capter et d’acheminer le vote utile – ce n’est sans doute pas délibéré mais c’est le résultat de l’opération.

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Néanmoins, en semant « le bruit et la fureur », Mélenchon a offert à la gauche de la gauche une structure vaste et opérante qui permettra d’afficher des scores efficaces. Toutefois, celle-ci demeure dépendante de ses associés, puisqu’elle est vraisemblablement peu disposée à remporter un second tour en cas de duel. Comme pour le FN, il y a donc nécessité de triangulaires. Contrairement à celui-ci, un parti-valet ne peut se le permettre, à moins de submerger son maître. Par conséquent, le Front de Gauche devra compter sur les figures tutélaires et locales du PCF pour espérer atteindre cet objectif. Les effets de ce conservatisme ne manqueront pas d’être présentés comme un exploit au soir des Législatives, avant qu’un peu de raison, de recul et d’analyse ne vienne y remettre de l’ordre.

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Comme prévu donc, Mélenchon a asséché l’ensemble des réserves à gauche du Parti Socialiste. Cela a pour effet pervers de mettre en exergue la faiblesse de cette gauche authentique ; en effet, à gauche du PS et même si on inclus dans cette zone, outre les deux étiquetés trotskystes, Eva Joly voir, sans méchanceté, Jacques Cheminade, nous n’atteignons pas les 15%. L’avenir n’est pas ici, l’espoir non plus.

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Quelles coalitions entre partis ?

L’enjeu essentiel, pour former un Gouvernement mais aussi des blocs susceptibles de proposer des majorités crédibles ou des alternatives puissantes, est de créer des ponts entre les partis. Les formations de Gauche n’ont à ce titre plus que leurs héritages, une certaine culture, beaucoup d’éléments de langage et des ennemis communs. Avec son petit pactole à deux chiffres, Mélenchon a attiré à lui de quoi former un parti indispensable à la gauche du PS. Reste à savoir s’il saura s’assurer la fidélité de ses partenaires et notamment des communistes, emportés par l’arrogant et besogneux Pierre Laurent. Des alliances Front de Gauche/Parti Socialiste sont très vraisemblables, car les porosités sont évidentes. Malheureusement, cela signifierait sacrifier son intransigeance et beaucoup de dogmatismes pour Mélenchon et ses alliés, car il leur faudrait composer avec une aile qui derrière son étiquette centriste, a déjà basculé largement à droite de Bayrou pour s’inviter, idéologiquement comme culturellement, auprès de Rachida Dati ou autres bling-bling compatissants.

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Si le MoDem s’associe au Parti Socialiste, le PS sera consacré comme le grand parti des libéraux-bourgeois. Dès lors, pour Marine Le Pen, l’affrontement sera plus aisé car plus limpide : une telle association (combinaison la plus européiste de tous au demeurant – ne manque que EELV) ne peut qu’aboutir à défendre des intérêts absolument contraires à ceux de l’électorat de la championne frontiste. Dans ce cas, en marge, le Front de Gauche peut récupérer des déçus du PS et des cadres excédés malgré leur loyauté. Ce serait quitte ou double : soit le mouvement montre ses limites en ne décollant pas malgré la nouvelle donne et les ralliements, pendant que l’électorat populaire continue de filer vers Marine Le Pen ; soit le parti réussit ce que cherche cette dernière, c’est-à-dire créer un rassemblement opposé à l’hégémonie du capitalisme libéral. Marqué à gauche, sans les boulets et les assignations à un extrémisme survolté et obscur car mal défini, un tel mouvement pourrait prendre de l’ampleur. Il pourrait trouver écho dans les médias, qui assumeraient alors l’idée de « nation » tout en pouvant continuer à se distinguer de Marine Le Pen. Pour les antimondialistes de gauche, ce serait une aubaine ; reste à savoir quelle gauche sera celle-ci, si ce sera un rassemblement de moribond face à une gauche sociale incarnée par la culturellement droitiste et idéologiquement hybride équipe de Marine Le Pen.

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Surgirait alors un triptyque socialiste-libéral-souverainiste ; il est possible que la formation socialiste peine à exister, surtout si des personnalités comme Montebourg demeure au PS et incarne une passerelle entre le FDG et le PS, jonction factice car se contredisant elle-même. Sauf que d’une telle façon, une alliance de raison entre FDG et bloc souverainiste autour du FN, serait alors compromise ; ne nous leurrons pas, elle a déjà peu de chances de voir le jour, malgré sa criante évidence de principes. Sauf si des crises terribles précipitent la recomposition.

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Ou bien, toujours dans le cadre de ce trio, Marine Le Pen s’affilie quelques expatriés de l’UMP suite à l’implosion. Elle se gonflerait alors d’une aile conservatrice (modérée ou populiste) et incarnerait ce que d’aucuns appelleront probablement dès lors « la vraie droite ». 

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Article publié à 21h15, rédaction complétée le lendemain.