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L’HUMILIATION PAR LE HAUT

1 Avr

Les élections municipales sont passées, le FN a fait une poussée somme toute très limitée (la faute aussi à son défaut d’implantation dans les territoires, qui demeure), comme convenu et nous aurons l’un des plus malsains de l’équipe en guise de Premier Ministre. C’est toujours mieux qu’une potiche, ça rendra le malaise plus saillant.

 

Peu importe, tout ça est réglé. Ce qui m’a vraiment interpellé et poussé à rugir, en-dehors des phrases creuses des beaufs et des lieutenants laborieux envoyés sur les plateaux, c’est la misérable satisfaction de François Bayrou.

 

Comment peut-on croire qu’il soit possible de nous faire avaler que ce Bayrou au creux de la vague ait pu réussir aujourd’hui ce pour quoi il a ridiculement échoué à l’heure où il était au zénith (municipales de 2008, où l’UMP lui casse sa victoire) ? Le président du MoDem vient enfin d’être élu maire de Pau, mais c’est trop tard, c’est un coup pour rien et surtout, il ne le doit pas à lui, à sa  »synthèse » ou à ses propositions.

 

Naturellement François nous a ressorti sa rengaine « au-delà de la droite et de la gauche », sans jamais de contenu explicite. Où sont les concepts passé le postulat en tant que tel ; surtout, où sont les engagements concrets ? Il s’agirait au moins de réviser la forme, car c’est de la mesquinerie et plus de l’empathie qu’il faudrait pour ne pas relever que le bonhomme s’enfonce dans le non-sens.

 

Bayrou nous parle encore de sa renaissance par le centre des modérés gentils et relaxants. Quand est-ce que la réalité croisera à nouveau son chemin ? Quand est-ce qu’il deviendra un homme politique reflétant le temps présent et tendu vers l’avenir ?

 

Le plus pathétique c’est qu’il ose savourer sa victoire alors qu’elle est totalement artificielle ; et que sa lamentable incantation du centre qui percera en dernière instance n’est même pas valide. Même cette idée fixe indigente, le centre vainqueur parce que les ornières autour tout le monde a vu que ça ne marchait pas : il ne peut pas lui donner corps.

 

Deux plantages en un ; la raison est l’alliance avec la Droite et les autres forces du centre/centre-droit. C’est bien la victoire de la Droite à Pau, la Droite qui a donné son amont et ses forces au centriste paumé. Bayrou est totalement piégé et redevable.

 

Enfin pour couronner le tout cette victoire est une humiliation profonde, puisqu’en 2012 lors des Présidentielles, Bayrou a tenté son envol en donnant son soutien moral au Parti Socialiste de François Hollande – sans que sa contribution lui attire la bienveillance.

 

Et voilà le bon petit, passé rebelle et gardant encore les oripeaux de sa transe de dissident poli, revenir dans le giron de ses tuteurs. Pour eux il n’a toujours été qu’un instrument, indiscipliné en apparence et en vain au mieux, une drama quen sans marge de manœuvre ni volonté cohérente au pire.

 

Dommage, la retraite aurait été préférable à la soumission et la désintégration publiques. C’est aussi la faute des électeurs, qui n’ont pas été capables de soutenir l’alternative qu’il proposait au bon moment, ce qui l’aurait pressé à s’exécuter quand il était temps. L’autonomie est encore possible mais Bayrou a-t-il encore l’énergie nécessaire ; et a-t-il quelques buts non tributaires de sa foi stérile ou de la Droite de confort à servir ?

 

 

 

 

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