ET MAINTENANT ?

22 Avr

A CAMPAGNE BIDON, DUEL FINAL BIDON

Ce fut donc une campagne oscillant entre les lamentables petites phrases du PS, le mea-culpa et les mensonges grotesques mais brillamment mis en formes de Sarkozy, cette campagne fut celle de l’esquive, de la diversion. Il aura fallu attendre les qualifications pour le second tour pour que la situation de la France devienne un enjeu sérieux des médias ; la tonalité « frivole » sera probablement balayée et les médias chercheront à nous donner, dans les deux semaines qui viennent, le sentiment que quelque chose de grand et de grave se joue. A cela s’ajoutera une euphorie, faussement contenue pour mieux être attisée (la fabrication d’un suspense quant au vainqueur n’est pas à exclure – quoique le roman de la campagne se soit déjà suffisamment, et surtout visiblement, gonflé autour de phénomènes artificiels).

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Mais il faut voir au moins à moyen-terme. Dans ce genre de moments, cela permet d’éviter un gros coup de fatigue ou d’atténuer une fièvre ponctuelle. Et puis c’est un effort auxquels nos animateurs et politiciens affairistes ne consentent que ponctuellement. Quelque soit l’élu dans deux semaines, il ne sera pas le grand décideur de la Nation, d’ailleurs la délégation des pouvoirs du Président va s’accélérer au cours de ce mandat. Au profit des technocrates chéris de nos européistes comme de l’idéal de marché-libre et sans restriction. Tous ces dogmes délétères vont pouvoir s’épanouir, au point que les sombres desseins dénoncés par les patriotes éclairés comme des rebellocrates flamboyants et nostalgiques (façon Mélenchon) trouveront une application dans le réel. Devant cet ultime abandon du politique, désormais validé par la présence du tandem en lice, les marxistes et les nationaux pourront faire leur coming-out ; non seulement la rhétorique autour de la lutte des classes va reprendre tout son sens, mais surtout l’abolition des frontières sera sanctifiée dans tous les domaines : géographiques, politiques, ethniques, culturels. Sur les deux premières notions, cette abolition sera progressivement institutionnalisée. Sur les dernières, elle sera encouragée, légitimée, par le bruit ambiant au nom de la tolérance ou par des amendements au nom de la non-discrimination et de la quête d’harmonie sociale. L’argument consistant à prendre la défense des minorités et des groupes humains alternatifs est une façon habile de les étouffer ou de les inviter à se convertir. Les artifices grotesques et les parures exubérantes sont acceptées ; derrière l’esthétisation, le néant du droit et l’encouragement à l’isolationnisme pour tous ces groupes traités de façon contradictoire (à la fois défendus et pris à partie comme jamais ; avec une volonté affichée de restaurer leur dignité et en même temps une fâcheuse tendance à les caricaturer, en les affligeant de représentants dégradants ou les assimilant à des valeurs heurtant délibérément le  »bon sens » populaire).

QUE FERA HOLLANDE ?

Lorsque Hollande sera élu (s’il est élu!), il y a fort à parier qu’il jette la suspicion sur les comptes qu’il trouvera. Discrètement pendant la campagne, le bloc PS s’est déjà trouvé les prétextes de mener une politique drastique d’austérité. Hollande pourrait donc nous la faire à la grecque, accusant un vilain gouvernement de droite qui vient d’être chassé du pouvoir d’avoir tout plombé. Ce sera évidemment une aberration, puisque le PS a participé à cet endettement et fut même un accélérateur de la crise de la dette dès l’ère Mitterrand. Ce boulet est donc traîné depuis 30 ans et non depuis le simple passage de Sarkozy. L’escroquerie consistera à faire porter cette responsabilité au Président sortant, comme si son mandat était une parenthèse délétère à ce point : c’en est la parangon, peut-être l’achèvement voir le point de rupture, mais pas le motif n°1.

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Deux grandes possibilités :

1°) Hollande se lance dans une politique protectionniste courageuse. Il se peut qu’il s’y résolve dans quelques mois face à une précipitation de la crise financière. On peut par exemple imaginer qu’un scepticisme si grand des marchés au sujet de son équipe le presse d’imposer des privations excessives et radicales ; il y aura alors le risque de déclencher un chaos social, auquel Hollande pourrait refuser de se soumettre. Si ce n’est pas le cas, il agira en infirmière, c’est-à-dire en suivant les pratiques habituelles des démocrates, qu’ils se disent  »sociaux » ou  »libéraux ».

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2°) Hollande applique une politique de rigueur faussement téméraire & prétendument  »raisonnable ». C’est-à-dire qu’il fait ce qu’aurait fait « la droite » ; avec les mêmes postures.

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Gageons que la libéralisation des mœurs permettra de combler le manque de courage et le mensonge fondamental du Parti Socialiste, qui ne l’est plus que de nom.

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QUELLES RECOMPOSITIONS A VENIR ?

Zogarok reviendra rapidement et plus abondamment sur ce thème. C’est l’intérêt majeur d’une élection, surtout lorsqu’elle est décisive ; à ce titre, ceux qui baissent les bras pour se précipiter dans le cocon libéral-bourgeois, soit dans le « vote utile », par principe, habitude ou résignation, ont tort. D’abord, parce que la victoire effective et immédiate n’est rien ; ainsi un Hollande vainqueur à 57% la semaine prochaine mais dans un contexte d’abstention de 35% devrait faire face à quelques vérités. Mais surtout, lorsque les candidats alternatifs, même s’ils échouent à figurer parmi le tandem de tête, se montrent puissants et attractifs, la victoire peut prendre le goût d’une prise d’otage. D’ailleurs, de quel côté est l’enthousiasme ; celui des leaders naturels, sur lesquels beaucoup se sont repliés passivement ou par peur de se tromper ; ou celui des challengers qui ont su braver l’ostracisme de l’ensemble des adversaires, le mépris de classe et le mépris de caste. Cela ne déverrouille pas un système. Mais ça trouble les schémas, reformule le paysage politique et pose des bases cohérentes pour l’avenir.

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2012 aurait pu être une élection de réalignement, c’est-à-dire un scrutin ou certaines formations implosent, d’autres voient leur consécration et certaines leur avènement. Il peut encore le devenir, mais les scores élevés des deux leaders compliquent cette tâche. Et comme prévu, désormais les deux rois-pantins ont écartés les ménestrels ; il est venu le temps d’être sérieux, de simuler la volonté, la puissance et le contrôle sur les Empires, politiques, financiers et immatériels, qui étendent leur emprise sur la France.

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Vers une explosion du PS & de l’UMP ?

Si le tandem PS/UMP reste omnipotent, avec 55% des suffrages cumulés, les deux formations ont attirés des électorats complémentaires. D’abord, à la marge, dans leur sociologie. Mais surtout dans leurs motivations : près d’un électeur sur deux de François Hollande a  »voté utile » ou pour contrer Sarkozy. Et c’est sans inclure ceux qui votent selon leur fidélité partisane. Sarkozy a bénéficié, dans une moindre mesure, d’un front anti-Hollande, animé par quelques dogmatiques de la droite mainstream autour des Copé et Wauquiez.

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Face à ce manque de vigueur, le PS et l’UMP peuvent péricliter à tout moment. C’est le paradoxe de ces étoiles mortes. Du côté de l’UMP, si Sarkozy échoue, c’est très probablement Copé qui passera en tête de la droite libérale-conservatrice. La guerre des chefs que certains anticipent n’est pas si évidente ; il pourrait s’agir de petits combats, notamment de coulisses, peut-être de fond, qui se grefferaient sur des réformettes ou des postures. Mais, sauf si quelques loups plus jeunes que Copé montrent les dents, la qualification d’un nouveau champion à droite s’effectuera de façon presque mécanique.

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Naturellement, il y a Fillon, plus populaire, plus aimable et lucide aux yeux du public. Mais celui-ci ne trouvera pas la force de mener un combat aussi dur, sauf (c’est une condition essentielle et c’est la seule) s’il est assisté d’une équipe décidée. Juppé est l’homme d’une ère révolue ; même s’il est apaisant pour la droite et reconnu par une partie de ses adversaires.

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La vraie menace pour l’UMP concerne davantage la formation elle-même que sa direction. Y aura-t-il des mutations idéologiques ? Ou une amplification du sarkozysme, à la sauce Copé ; les lieutenants de la droite devront intégrer que cette dernière est plutôt indigeste. Il faudra vacciner le vautour. D’ici là, avec un pactole de 27%, l’UMP demeure la grande formation de droite et jouit d’une assise considérable. Aux suivants de gâcher ce legs inespéré ! 

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Mais ce qu’on ne dit pas, c’est que le PS aussi est menacé d’explosion, qu’importe d’ailleurs que Hollande soit élu. Dans le cas inverse, le parti échouera aux Présidentielles pour la quatrième fois ; mais sa domination aux échelles inférieures, des collectivités locales aux régions, assurera son maintien. La victoire aux Législatives confortera cet ascendant ; elle aura lieu quelque soit le Président élu – d’ailleurs l’échec de François Hollande dans deux semaines permettrait de laisser les différents courants du PS s’exprimer plus aisément.

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C’est de ces derniers que viendra le changement ; le PS de François Hollande est inepte à stimuler ce changement, mais d’autres PS pourront l’orchestrer, avec ferveur et enthousiasme d’ailleurs. En effet, un parti s’étalant de Hamon et Montebourg à Valls et DSK ne peut tenir impunément ; tant de lignes ne peuvent cohabiter éternellement, encore moins lorsqu’elles partageront les responsabilités de la gouvernance. Tout ce qui retient ces hommes et ces clans idéologiques, c’est leur qualification de « gauche ». Or ce clivage n’est plus prioritaire et surtout la « gauche » est multiple, d’ailleurs le PS est devenu une boutique ou sont exposées toutes ces variétés difficilement compatibles.

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Que faire des 18% de MLP ?

MLP peut profiter de la chute de la droite mainstream ; unifiée dans l’UMP, elle s’est perdue en chemin et se trouve K.O., exsangue. De là à hisser Marine Le Pen en tête de la droite, il y a un monde ; en revanche, avec 18% des suffrages, le Front National affirme un ancrage solide et s’impose comme le grand leader des partis alternatifs. Une telle situation pourront plomber ces derniers (d’ailleurs le FN était bien « le diable de confort » comme l’a clamé Mélenchon – mais c’est déjà une autre époque), mais le FN semble avoir réussi sa normalisation.

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Marine Le Pen sera un chef de file crédible et fort, sur plusieurs conditions :

  • 1°) si la ligne Philippot l’emporte ;

  • 2°) si l’ouverture s’affirme (ce qui ne signifie pas se vendre ou se sacrifier) – d’ailleurs le « rassemblement » en vue des législatives l’annonce ;

    enfin et surtout,

  • 3°) enfin et surtout, si les consciences évoluent et dépassent, voir se passent, des clivages et grilles de lecture révolues ou obsolètes

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Front de Gauche : challenger ponctuel ou nouveau pôle stratégique ?

Les partisans, les journalistes d’I>Tele et les cadres ont été vraisemblablement déçus, pourtant les 11% de Jean-Luc Mélenchon sont un succès net, à une hauteur prévisible. Seuls les obnubilés de la farce médiacratique ont pu croire un seul instant que Jean-Luc Mélenchon atteindrait les 15% ; ceux qui s’attendaient à le voir devancer Marine Le Pen sont de doux rêveurs ou d’incroyables naïfs.

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Anecdote révélatrice, Laguiller culminait à 10% dans les sondages en 2002, avant de se contenter de 5.7% le 21 avril, son meilleur score. Cette année-là, avec Besancenot, elle permettait à l’extrême-gauche (hors-PCF ; gauche non-gouvernementale donc, pour les puristes) de franchir la barre des 10%. Deux constats à tirer : Mélenchon a profité de l’embellie traditionnelle en fin de parcours pour les leaders gauchisants, que la bonhommie flamboyante attise, avant que ces frais captifs ne se tournent vers une gauche plus raisonnable, plus institutionnelle : bref,  »l’autre gauche » permet de capter et d’acheminer le vote utile – ce n’est sans doute pas délibéré mais c’est le résultat de l’opération.

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Néanmoins, en semant « le bruit et la fureur », Mélenchon a offert à la gauche de la gauche une structure vaste et opérante qui permettra d’afficher des scores efficaces. Toutefois, celle-ci demeure dépendante de ses associés, puisqu’elle est vraisemblablement peu disposée à remporter un second tour en cas de duel. Comme pour le FN, il y a donc nécessité de triangulaires. Contrairement à celui-ci, un parti-valet ne peut se le permettre, à moins de submerger son maître. Par conséquent, le Front de Gauche devra compter sur les figures tutélaires et locales du PCF pour espérer atteindre cet objectif. Les effets de ce conservatisme ne manqueront pas d’être présentés comme un exploit au soir des Législatives, avant qu’un peu de raison, de recul et d’analyse ne vienne y remettre de l’ordre.

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Comme prévu donc, Mélenchon a asséché l’ensemble des réserves à gauche du Parti Socialiste. Cela a pour effet pervers de mettre en exergue la faiblesse de cette gauche authentique ; en effet, à gauche du PS et même si on inclus dans cette zone, outre les deux étiquetés trotskystes, Eva Joly voir, sans méchanceté, Jacques Cheminade, nous n’atteignons pas les 15%. L’avenir n’est pas ici, l’espoir non plus.

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Quelles coalitions entre partis ?

L’enjeu essentiel, pour former un Gouvernement mais aussi des blocs susceptibles de proposer des majorités crédibles ou des alternatives puissantes, est de créer des ponts entre les partis. Les formations de Gauche n’ont à ce titre plus que leurs héritages, une certaine culture, beaucoup d’éléments de langage et des ennemis communs. Avec son petit pactole à deux chiffres, Mélenchon a attiré à lui de quoi former un parti indispensable à la gauche du PS. Reste à savoir s’il saura s’assurer la fidélité de ses partenaires et notamment des communistes, emportés par l’arrogant et besogneux Pierre Laurent. Des alliances Front de Gauche/Parti Socialiste sont très vraisemblables, car les porosités sont évidentes. Malheureusement, cela signifierait sacrifier son intransigeance et beaucoup de dogmatismes pour Mélenchon et ses alliés, car il leur faudrait composer avec une aile qui derrière son étiquette centriste, a déjà basculé largement à droite de Bayrou pour s’inviter, idéologiquement comme culturellement, auprès de Rachida Dati ou autres bling-bling compatissants.

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Si le MoDem s’associe au Parti Socialiste, le PS sera consacré comme le grand parti des libéraux-bourgeois. Dès lors, pour Marine Le Pen, l’affrontement sera plus aisé car plus limpide : une telle association (combinaison la plus européiste de tous au demeurant – ne manque que EELV) ne peut qu’aboutir à défendre des intérêts absolument contraires à ceux de l’électorat de la championne frontiste. Dans ce cas, en marge, le Front de Gauche peut récupérer des déçus du PS et des cadres excédés malgré leur loyauté. Ce serait quitte ou double : soit le mouvement montre ses limites en ne décollant pas malgré la nouvelle donne et les ralliements, pendant que l’électorat populaire continue de filer vers Marine Le Pen ; soit le parti réussit ce que cherche cette dernière, c’est-à-dire créer un rassemblement opposé à l’hégémonie du capitalisme libéral. Marqué à gauche, sans les boulets et les assignations à un extrémisme survolté et obscur car mal défini, un tel mouvement pourrait prendre de l’ampleur. Il pourrait trouver écho dans les médias, qui assumeraient alors l’idée de « nation » tout en pouvant continuer à se distinguer de Marine Le Pen. Pour les antimondialistes de gauche, ce serait une aubaine ; reste à savoir quelle gauche sera celle-ci, si ce sera un rassemblement de moribond face à une gauche sociale incarnée par la culturellement droitiste et idéologiquement hybride équipe de Marine Le Pen.

*

Surgirait alors un triptyque socialiste-libéral-souverainiste ; il est possible que la formation socialiste peine à exister, surtout si des personnalités comme Montebourg demeure au PS et incarne une passerelle entre le FDG et le PS, jonction factice car se contredisant elle-même. Sauf que d’une telle façon, une alliance de raison entre FDG et bloc souverainiste autour du FN, serait alors compromise ; ne nous leurrons pas, elle a déjà peu de chances de voir le jour, malgré sa criante évidence de principes. Sauf si des crises terribles précipitent la recomposition.

*

Ou bien, toujours dans le cadre de ce trio, Marine Le Pen s’affilie quelques expatriés de l’UMP suite à l’implosion. Elle se gonflerait alors d’une aile conservatrice (modérée ou populiste) et incarnerait ce que d’aucuns appelleront probablement dès lors « la vraie droite ». 

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Article publié à 21h15, rédaction complétée le lendemain.

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8 Réponses to “ET MAINTENANT ?”

  1. arielmonroe avril 22, 2012 à 22:48 #

    On attendra donc demain pour en savoir plus… Je sens un peu d’affolements dans les premiers paragraphes avec le coming-out des nationalistes ?

    • zogarok avril 23, 2012 à 23:54 #

      J’ai rajouté dans l’après-midi, puis été pris d’une flémingite aiguë. Je boucle cet article demain, puis d’autres viendront.

  2. Voracinéphile avril 23, 2012 à 21:44 #

    Arf… Malgré mes maigres espoirs, les sondages ont triomphés dans leur prédication du duel inepte. Toutefois, Sarko atterrit derrière Hollande, ce qui ne manque pas de faire frissonner l’électorat de droite… Mais bon, les conversations qui ont suivi l’annonce des chiffres sur TF1 m’ont rapidement saoulé, jusqu’à ce qu’on revienne à la bonne vieille cacophonie où tous les partis parlent, où le représentant du PS tape sur le quinquénat de Sarko et où celui de l’UMP tapait sur la discorde de la gauche… So french, ce duel… Même un gros navet en deuxième partie de soirée n’a pas réussi à me calmer. Enfin bon, on en reparlera aux législatives, mais parti comme on est, on va creuser encore un peu plus profond…

    • zogarok avril 23, 2012 à 23:46 #

      27.18%, c’est pourtant un excellent score, en tout cas une performance brillante pour un Présidente présumé hai de tous pendant cinq ans ; et puis c’est un score classique de co-leader à ce genre de scrutins. Les grands candidats sont proches des 25-30% (comme en 2007 et 1974-1981 – en 1988, 1995, 2002, il y a au moins deux grands prétendants dans chaque camp – Barre et Chirac en 1988 ; Balladur et Chirac en 1995 ; émiettement en 2002). Ce sont des scores normaux. A cette époque, une telle normalité paraît insensée, scandaleuse même… Je considère que c’est une forme de procrastination de la part des français. Je suis en tout cas ravi de ne pas porter la responsabilité qu’ont endossé 55% des électeurs hier ; ils ont voulu la stabilité, il auront la médiocrité, les conflits de petits caids et l’animation culturelle en guise de réformisme politique et de progrès social. Au cas ou ces électeurs croyaient en ce qu’ils faisaient, je leur souhaite bonne chance, leurs lendemains seront difficiles.

      Je n’ai pas la TV, je la regarde par Internet ; j’ai suivi I>Tele, c’était une soirée laborieuse et ennuyante, avec des intervenants déplorables et caricaturaux. Le personnel politique a fait « le boulot ». Les réactions des candidats ont été lamentables du côté de la Gauche, qui s’est comme toujours cherché des boucs-émissaires et n’a fait qu’incendier ses adversaires pour se donner une contenance. Tout s’est déroulé de façon prévisible et Mélenchon s’est pitoyablement soumis à la logique de son camp ; hier ceux qui raillait cette soumission étaient considérés comme des calomnieux, mais à la fin toujours le masque tombe.

  3. arielmonroe avril 24, 2012 à 18:08 #

    Ouais… L’information à retenir et tu le dit plus ou moins, c’est que Sarkozy arrive quand même à 27% après des années de détestation massive. Comme on l’avait vu dans un ancien article, il a réussi son coup : je ne pensais pas que ça aurait pris, apparemment sa stratégie a marché, bien vu de votre part. Navré par contre parce que, au vu de ce que j’ai lu ici, vous devez faire partie de ceux qui la voyait à 20%.
    Hyper sceptique sur l’avenir de l’UMP. Je ne pense pas qu’ils passeront l’hiver… Assez d’accord sur les hypothèses de nouveau leader, avec un Copé successeur, Fillon suiveur et Juppé à la baisse. Le débat avec Hollande lui a déjà fait très mal. Pour lui, c’est l’heure de la retraite… en Corrèze peut-être ?
    Pour Marine Le Pen, je n’arrive pas à la projeter dans l’avenir… Elle a un bon score,  »solide », c’est vrai, mais elle peut baisser aux législatives et finalement le FN se retrouvera à son niveau ordinaire et sans avoir de député. Bref, pas gagné pour eux. Le changement, c’est pas pour tout de suite !

    • zogarok avril 24, 2012 à 22:57 #

      Oui, je ne doutais pas que Sarkozy s’en sortirait, même si malgré tout ces 27% ne me semblaient pas acquis d’avance. Je pense qu’avant un réalignement et quelques postures « droitières » que beaucoup se sont empressés de dénoncer, Sarkozy n’était pas encore tiré d’affaires, ou au moins la marge avec MLP restait limite. Pour le second tour, il peut encore limiter la casse. Il faudrait peu de choses (enfin… si, il en faudrait énormément, mais elles restent dans le champ de l’accessible) pour faire bouger les tendances ; si Bayrou se rapprochait de lui pour peser sur son gouvernement futur, ce serait excellent pour les deux : au mieux, cela permet à Sarkozy d’approcher voir atteindre -allons-y- les 50% ; l’électorat frontiste n’accueillera pas cet arrivée de Bayrou dans l’allégresse, mais Bayrou ne le dissuedera pas massivement pour autant, et alors le Président Sarkozy pourra être un rassembleur – de tous les Français sauf la gauche, en somme. Au pire, Bayrou se place ainsi pour devenir le nouveau champion de la droite. Cette seconde option est très vraisemblable en revanche, par contre… Il faudra jouer serré pour Bayrou. Bref, pas gagné, mais il y a quelque chose à faire ici pour lui ; surtout que son électorat gravite plutôt au centre-droit qu’au centre-gauche cette année (contrairement à 2007).

      Et Mélenchon dans tout ça ? Et votre (faut-il dire « tu » ou « vous ») propre vote, Ariel ?

      Finalement, le premier tour a été sans surprise et même, tous ces résultats sont très conventionnels, très habituels (alors que la situation ne l’est pas – repli défensif des Français?). Néanmoins, ils nous précipitent dans l’incertitude ; ce que va devenir le FN va dépendre des positions à venir, d’éventuels ralliements et peut-être des premiers accords avec d’autres formations ; si c’est avec l’UMP, je crains que le FN ne se perde, tant ces deux-là sont incompatibles. Autant le PS et l’UMP se répondent, s’imbriquent, autant l’UMP et le FN ont quelques points communs assez grossiers, souvent mis en avant, qui masquent en vérité des divergences fondamentales. C’est peut-être même, sur le terrain économique et social par exemple, entre l’UMP et le FN qu’on relève le plus de différences ; même le MoDem ou EELV est plus proche du FN sur ce terrain.

      • arielmonroe avril 25, 2012 à 19:27 #

        Mon vote ? Roulement de tambour… Bayrou ! Je sais que je vais être accusé, qu’on me dira naif, qu’il ne propose rien, qu’il est sortie de route depuis 2007, mais moi je ne vois que lui. Je ne dis pas que j’y crois encore mais ça reste l’homme qui peut rassembler la grande majorité derrière des objectifs commun sans attiser les haines, les gué-guerres de partis. Il a l’étoffe d’un président, son rôle c’est de rassembler. Bon, maintenant, ça aussi, on ne sait pas ce que ça donnera… Est-ce que ses 9% vont se maintenir, est-ce qu’il va s’effondrer encore, est-ce qu’il va devenir premier ministre ? Ce serait bon pour tout le monde.
        Mélenchon…. C’est déjà du passé à mon avis.

        • zogarok avril 26, 2012 à 10:58 #

          Non non, c’est encore autorisé. L’avenir est sombre pour Bayrou et pour les centristes historiques en général : s’il est intégré à un futur bloc de droite, il risque d’occuper une place mineure ou d’y être isolé. S’il est intégré à gauche, il y aura conflit avec Mélenchon… et la constitution d’un axe social-démocrate/social-libéral, soit PS hollandais / Modem bayrouiste, sera inadéquate avec les aspirations actuelles. En tout cas, cette combinaison est la meilleure pour permettre à Marine Le Pen de devenir leader d’une opposition recomposée.

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