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PERSONA ***

27 Nov

3sur5  Bergman s’est livré à une thérapie originale ; pour le spectateur, c’est une escale dans une sorte d’îlot maladif, pour le réalisateur sans doute, la voie d’accès à ses secrets. Malheureusement Persona est ravagé par ce qu’il sonde – une dépression identitaire dont n’émergent que des faux reliefs et un inexorable rebond malheureux. Ce qui limite ce film est cette volonté d’embrasser des camps distincts sans nourrir profondément et profusément la cause d’aucun (Elisabet est-elle, peut-elle, doit-elle, être une personne forte ?). Il exprime la nostalgie et in fine le vœu de dépassement d’un état de prostration – mondain, mental, physique. Tout ce qui s’autorise alors est une illustration, plutôt splendide et troublante si on s’y laisse prendre, reposant sur des motifs et des principes toujours abstraits – avec de rares bouts de concret prenant des proportions exagérées et exclusives.

Pourquoi ne pas étayer concernant ce probable nœud masochiste ? La majeure partie du crédit accordé à Persona vient du succès de ses étrangetés formelles, qui en font un ancêtre, après Bunuel (Chien andalou, Age d’or), des films et clips surfant sur des images apparemment échappées de l’inconscient au lieu de raconter simplement ; cependant ces effets semblent un peu gratuits. Ces penchants surréalistes, vidéos hors-sujets et déraillements de la pellicule n’expriment pas une volonté de flouer. Ils font sentir une habileté et une invention palpable, incitants à la curiosité. Mais ils sont des gratifications, des bonus, se posant au mieux en éventuelles explications cryptiques. En affichant des motifs personnels, Bergman amalgame de pures fantaisies avec le développement plus objectif et au fond limpide du programme ‘psychologique’ (inspiré des notions signées Jung) – l’exposition a pris le pas sur la définition et même sur la psychologie.

L’essentiel repose sur l’infirmière, absorbée par ce monde de décroissance totale ou de morgue déguisée ; ses émotions et ses mots sont forts (dès qu’elle quitte son corset de professionnelle soumise [sa ‘persona’ basique, de papier], dans le cadre de la clinique), meublent un programme abonné à l’échec. Alma ne se heurte plus à rien, ou si peu – elle est au stade où les moindres petites secousses pourraient prendre sens (comme chez Lynch [Eraserhead] où la fantasmagorie et le trivial sont conjoints), sauf si on en est dans une [‘non’]-humeur à les ignorer car usé par ce sens. Bien sûr Persona est inconfortable, mais il n’est pas frustrant qu’à cause de son génie, il l’est aussi par sa démonstration à la fois vernie et aseptisée d’une désintégration (et aussi d’une reprise de soi, ce qui est un comble). Il est céleste mais en restant à la fois fleuri et dégarni, universel en étant personnel et d’une économie inutile, comme si elle était fin en soi, avec les schémas psychologiques comme vérités révélées.

Ce que dit la doctoresse au début suffi[sai]t : elle est d’une précision remarquable à propos de l’apathie défensive, de ce qui se rapproche de ces ‘schizophrénies’ plus ou moins volontaires ou conscientes. Tout le reste revient à se plier à ce mensonge (mais la dérive feint de s’assumer tout en protégeant ce mensonge et cette aventure, les emballant dans un paquet propret – même tragique il est émoussé). Alma a été foudroyée : tout ce qu’on fait ‘dans le monde’, voir déjà rien qu’auprès de lui, est devenu aberrant à son âme. Cette dernière fait alors le choix de l’impuissance active. Puis Alma ne peut s’approcher de la vie plus que pour geindre, s’effacer, ou bien entraîner dans son impuissance. C’est un puits sans fond. Sa résignation propre à tous les humains qui ont été au bout, ou se font surprendre par des éclairs de lucidité ou d’absurdisme mesquins, semble en être une de confort – et ce confort est responsable de l’absence de contreparties, mêmes de forces toxiques créatrices ; la crainte et la panique viendront nuancer sa fatigue et l’accabler encore. Elle s’est perdue pour de bonnes raisons mais n’a pas pris le temps ni l’énergie pour les muscler.

Sa rébellion est stérile. D’après ce que le film indique (mais qu’il ne prescrit pas – car il n’ose se le permettre ?), il lui faudrait soit retourner vers les emprunts sociaux, soit s’engager ; opter pour l’abandon donc, un abandon dans l’action, un don de soi manifeste. Ou bien il faut creuser ce recul – mais Elisabet n’est plus habitée que par ce mur, son recul, sans être vide, est une négativité et non le résultat d’une positivité qui ne trouverait pas d’autre refuge ou méthode. Si elle n’est plus une égarée en détresse, sa manie de faire peser ce recul sur les autres devient ignoble, car ce recul lui-même est faux. C’est juste un lâcher prise radical, du genre à vous ramener au pré-natal. Le film est ambigu à ce sujet. La persona d’Elisabet est abattue, son anima, force vitale, inconsciente, ne formant pas d’objectifs, est sinon en ascension au moins en train de se libérer dans sa conscience ; mais elle ne fait qu’en rajouter dans l’impuissance. L’anima est finalement censurée, ou bien son contenu a été évacué (et la réalisation vient anesthésier puis sublimer). Bergman et Elisabet cassent le véhicule comme on casse le thermomètre pour régler une maladie – Elisabet quitte son masque mais pour épuiser ses ressources (ce qu’elle inflige à Alma), Bergman peut-être abandonne sa dérive mais en y revenant pour la transfigurer, soit il admet que c’était d’abord une fantaisie vide, une facilité, soit il imite des profondeurs qu’en même temps il ne veut que nommer, auxquelles il ôte tout matériel, toute vibration sincère. Alors il meuble cette contemplation, qu’il ne veut pas livrer pour ce qu’elle est, dans ce qu’elle a de pathétique – en tire une sorte de [plate-forme à] catharsis, potentiellement très efficace.

S’il faut un modèle de descente en soi dégénérée, ce concourant et Seul contre tous sont chacun à deux pôles extrêmes ; celui (vulgaire) de Noé est direct, agile, même s’il y a un crapaud immonde à la surface comme sous le crâne. Bergman s’assigne une tache plus difficile car son sujet n’est plus dans le temps des démonstrations ou du bouillonnement intérieur avec participation volontaire ; mais à généraliser la souffrance et l’expérience de son cas, à force d’en nier les spécificités ou les ramener à des détails ‘clés’ étanches, il se fait complice de cette patiente, pose un mur au spectateur en l’incitant à dialoguer avec quelque chose qui se fait fort d’avoir fait le tour de sa chapelle et n’avoir plus rien à répondre (l’absence de particularismes et l’aspect cryptique des confessions laissant intacts les objets du film – il ne nous communique pas leur nature, sauf par des impressions dont on ne sait trop si elles sont littérales, fantasmées, allégoriques – à bon escient pour les sentiments même si c’est aussi appauvrissant). Il reste alors à ressentir, en communion avec les deux femmes du film (le transfert rend la blonde sympathique), des états comparables, en passant peut-être par la mémoire, sinon par l’intime ou les connaissances – ou à se laisser gagner par le dédain, la peur, l’hostilité ou le scepticisme concernant ce plongeon dans un monde englouti verrouillé – ce petit manège secrètement répugnant et complètement débile, près de la mer. Il serait donc étrange que peu de gens lui résistent ou s’en détachent – les éloges couvrant Persona sont légitimes, mais l’expression d’un dégoût ou d’un agacement à son égard devraient se faire entendre aussi (en-dehors de la fermeture au caractère expérimental ou austère d’un film).

Note globale 66

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Mulholland Drive + En présence d’un clown + A travers le miroir + Le Silence

Scénario/Écriture (6), Casting/Personnages (7), Dialogues (7), Son/Musique-BO (-), Esthétique/Mise en scène (7), Visuel/Photo-technique (9), Originalité (8), Ambition (9), Audace (8), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (7), Pertinence/Cohérence (7)

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Les +

  • photo, qualités plastiques
  • aspect expérimental, audacieux
  • illustration de concepts psychologique – pas pré-mâché mais accessible pour qui s’informe, le tire suggérant où chercher

Mixte

  • psychologie en mode art-déco/ exposition d’art
  • sublime plutôt qu’explorer, y compris les rares bouts de concret voire de trivialité (anecdote grasse confiée au lit)

Les –

  • faible substance derrière les généralités et les représentations mystérieuses
  • centré sur une femme à la résistance dont on ne sait rien

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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SORTIES FIN 2011 : THE ARTIST & A DANGEROUS METHOD (& DE L’EAU POUR LES ELEPHANTS)

25 Mai

Deux films majeurs : le frenchie oscarisé et ultra-rabattu The Artist et le dernier-façonné d’un de mes auteurs-fétiches (A Dangerous Method de Cronenberg). Et en bonus, le petit De l’eau pour les éléphants avec Robert Pattinson (héros du prochain Cronenberg).

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A DANGEROUS METHOD ***

3sur5  Depuis 2007, l’activité de Cronenberg était en suspens. Après le tandem A History of Violence/Les Promesses de l’Ombre, tournant déconcertant pour les cinéphiles qui voyait Cronenberg se lancer dans un cinéma mainstream, on était logiquement plongé dans le doute. Il s’agissait toujours d’un cinéma très froid et ambitieux, mais aussi moins cérébral et surtout assez codifié, tant par rapport à un genre (la mafia, le western) que par rapport à l’air du temps. Cronenberg revenait donc en fin 2011 avec A Dangerous Method, achevant dans la foulée ce Cosmopolis (sortant en salles ce jour) s’annonçant ébouriffant. Ce tandem-là semble marquer un retour à un cinéma conceptuel et des projets plus téméraires et abstraits : l’enjeu, à moyen-terme, est de déterminer ce que Cronenberg gardera de ses récentes mutations ou d’identifier ses nouvelles manies et lubbies.

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En attendant le come-back révolutionnaire, A Dangerous Method rassure sur l’intransigeance intellectuelle et formelle de son auteur, convoquant les deux papes de psychanalyse (Freud et Jung). Dans leurs joutes s’immisce Sabina Spielrein (Keira Knightley), elle-même future psychanalyste freudienne, arbitre et accessoire relationnel et des fabrications théoriques en chantier. Désincarné et abondant, tout le film se partage entre la confrontation des visions de Freud et Jung (opposés notamment sur l’importance et l’implication du sexe dans la lecture psychanalytique des esprits). Spielrein est un avatar temporisateur ; Cronenberg aurait pu en faire celle par qui l’émotion arrive, mais il évite cet écueil, d’ailleurs les effusions romantiques ou sensuelles convergent immédiatement vers l’analyse rationnelle (tout devant nécessairement être inscrit dans un ordre d’idée plus vaste – ou s’évanouir faute d’être significatif).

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Voilà le pitsch : il était une fois une psychanalyse dure, hybride de pseudo-science, de traditionalisme et de rigorisme agressif. Une psychanalyse obscurantiste, post-médiévale en quelque sorte. Carl Jung (Michael Fassbinder) en extraie Sabina/Keira, maniaque hystérique aux mains de vautours conservateurs, dont la psychiatrie est l’arme et le moyen d’assouvir des besoins de domination et de sécurité. Jung emploie sa protégée comme assistante, cherche à valider puis élabore avec elle des thèses, d’abord au sujet d’un principe de déduction et d’associations de mots, puis, entre autres expérimentations savantes, autour de confrontations sadomasochistes très platoniques. Face à eux, un homme arrogant de ses découvertes, certain d’être un pionnier ; tout en flegme mesquin, Viggo Mortensen (en passe de devenir un collaborateur-fétiche de Cronenberg) fait de Freud le connard arrogant et opportuniste par excellence. Les deux hommes entretiennent des rapports constructifs, dans une pédagogie mutuelle, jusqu’à l’émergence d’un conflit couvert, toujours courtois et assassin.

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Avec A Dangerous Method, Cronenberg retrouve de cette dynamique  »clinique » qui manquait depuis Spider. Il introduit également une dose d’humour plus tacite – mais sans jamais s’égarer pour autant, sans se mettre à esquiver son sujet en se masquant derrière une ironie quelconque. C’est aussi pour cela que Cronenberg est resté auteur productif avant d’être faiseur industrieux. Pour autant, cette livraison est encore plus académique que le diptyque précédent ; mais son univers est moins ancré, son horizon n’a pour limites que celles des spéculations et de l’imagination de ses héros. A Dangerous Method est l’écrin de réflexions aventureuses mais méthodiques. C’est un objet mouvant mais passablement neutre. La forme, simple et épurée, paraît choisie comme pour ne pas gêner l’intelligence et la croissance ; comme, aussi, pour mieux anticiper les tentatives d’irruption de pulsions et prise de conscience violentes au milieu d’une atmosphère immaculée. Bien sûr, l’œuvre ressemble à un vieux drame bourgeois d’époque, mais est tâché par des névroses et des désirs latents cherchant à exulter ; dès lors, cette réserve, cette pudibonderie de façade même, deviennent le jouet d’un artiste pervers et chercheur décidé.

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Note globale 67

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Page AlloCiné

Fiche Metacritic 

Critique Chronic’Art

Interface Wikipedia

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THE ARTIST **

2sur5  Ce sera donc l’un, sinon le grand sur-côté de l’année 2011. Deux regrets majeurs : d’abord, que cette surévaluation soit aussi transparente, démonstration ultime de l’omnipotence des industries mainstream sur le cinéma labellisé  »authentique »,  »d’auteur », voir alternatif. Ensuite, que le cinéma français ne puisse être reconnu et récompensé de façon significative que pour des productions globalement défrancisées.

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Néanmoins, The Artist marque la consécration de Michel Hazanavicius, dont les trois premières livraisons ont révélé toute la créativité, en dépit du scepticisme qu’inspirait l’amorce de sa carrière, puisqu’elle se déroulait à la télévision sur Canal+. Hazanavicius est désormais lié à Dujardin, qui devient de fait son acteur fétiche, son Johnny Depp. Ouvertement policé, The Artist est naturellement loin de l’irrévérence de OSS 117, mais il met aussi en valeur les limites de cette filmographie et pose le doute : finalement, peut-être qu’Hanazavicius, virtuose technicien et narrateur, ne sait que sublimer les matériaux qu’on lui prête ou qu’il décide de s’approprier. C’était le cas avec La Classe Américaine, son premier long-métrage, ou il compilait des morceaux de films-cultes américains en les doublant avec un français farfelu. La créativité de Hanazavicius était confirmée avec les deux OSS, ou il déployait un sens aigu du grand-guignol, de l’allusion (parfois folklorique) et de la farce borderline (Rio ne répond plus étant le point culminant). Mais cette inventivité paraît dépendante d’un support extérieur ; comme si, seul, Hazanavicius ne pouvait rien fabriquer, mais que son talent consistait plutôt en la mise en scène d’univers pré-existants, voir pré-mâchés. C’est donc plus certainement un cinéaste-critique qu’un artiste-iconoclaste ; d’ou la réussite actuelle, d’un réalisateur sachant concilier style et conventions. A condition que le matériau soit valable ; or ici il est chancelant, promotionnel et il est manifeste que The Artist est à la fois une œuvre de commande à la gloire d’un mythe épuisé, en même temps que l’oeuvre d’un fan trop obnubilé, trop enfantin, pour maintenir sa lucidité acide et rebelle.

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Ce film sur l’avènement du parlant avec en toile de fond, un amour niaiseux pleins d’obstacles et de sentiments ambivalents (orgueil, jalousie, admiration) est un produit totalement creux, mais d’une dextérité absolue. Il n’y a pas de mystère, The Artist est une œuvre formelle et synthétique, rien d’autre. Et le contrat est rempli : Hazanavicius cumule les idées de mise en abyme, allant même jusqu’à conceptualiser son propos en l’adaptant physiquement à ses méthodes. Cette démarche s’épanouit notamment dans une scène cauchemardesque très inspirée, que d’aucuns qualifieront avec empressement de cinéma pur.

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Sauf que The Artist est d’abord un divertissement et qu’il n’est jamais plus séduisant qu’en assumant sa frivolité, ne convaincant guère dans sa phase de gravité. Le solennel ne lui va pas, les intenses effusions sentimentales paraissent excessivement artificielles et poussives, tant le drame est infondé. La lourdeur est elle que même la mielleuse romance heurte par son incohérence, sa construction malhabile. The Artist inspire alors une satisfaction penaude, mélange d’indifférence et de respect pour les efforts et la maestria déchaînés, réclamant légitimement (en raison de leur qualité objective et littérale) les applaudissements sans les mériter. Rien ne transpire ni n’éclate de et dans The Artist (les curieux concluant  »tout ça pour ça » sont ou seront légions).

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Au-delà de ce qu’il est, The Artist est approuvé et acclamé pour ce qu’il implique : un peu à la façon de La Môme sans en partager les tares et le lyrisme méthodique et assourdissant, The Artist dispose d’une valeur culturelle indépendante de ses qualités propres, mais associée à l’identité cultu(r)elle mise en scène. Le geste est si bien accompli, si dévoué à l’âge d’or d’Hollywood, que ce programme chic et bien-aimable en révèle toute l’absence de profondeur. Le génie consiste à utiliser la banalité pour la camoufler sous des dehors enjoués et aguicheurs ne laissant jamais de répit, pour que les aspirations candides trouvent leur sublimation dans la légèreté et l’allégresse.

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De fait, Hazanavicius est aussi besogneux et minimaliste (tout en étant brillant) que les modèles après qui il court ; or un faiseur ne peut pas s’engouffrer dans les brèches s’offrant à lui. Lorsque la ringardise et l’angoisse se confondent, un univers étrange surgit, tapis dans l’ombre, étouffé sous la lumière filtrante des projecteurs voraces et aveugles. Par moments, The Artist affiche le potentiel d’un film d’horreur, mais ne l’assimile pas. Résultat, le tragique seul occupe l’écran alors que le comique sardonique de la situation est évident. Drame inconséquent et hésitant, The Artist est aussi un piètre mélo, alors qu’il est assez bon en tant que divertissement pur (imitant et modernisant avec brio), avec même par endroits la magie de la comédie musicale hollywoodienne (classique et normative, mais néanmoins captivante pour sa théâtralité). Pas ennuyeux pour autant en raison de son agitation compulsive, le film semble néanmoins très long, comme abusant de la patience de spectateurs déjà acquis au fait que tout est réglé.

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Note globale 52

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> MBTI : Dujardin dans ce rôle est un bel exemple de ESTP : enjoué, spontané, conquérant et séducteur (révélant les traits narcissiques de ce type, ainsi que sa difficulté à admettre un échec ou l’invalidité de ses positions).

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DE L’EAU POUR LES ELEPHANTS **

2sur5 C’est dans un contexte forain pendant les 30s récessionistes que se déroule le choc des titans entre Pattinson le vampire et Christopher Waltz, le nazi d’Inglorious. Enfin, c’est la rencontre improbable qui aurait pu être à l’œuvre, mais ce n’est pas le cas, puisqu’autour il y a une petite fille désabusée (Reese Witherspoon), de charmants animaux et quelques briscards alanguis ou femmes de joie transparentes.

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Après avoir perdu ses parents, un jeune homme d’origine polonaise (Robert Pattinson) se retrouve seul à la rue, atterrissant bientôt dans un cirque quand il était promis à une carrière de vétérinaire. Genèse à la Titanic (et puis ça finira en catastrophe humaine et matérielle avant la lénifiante stabilité finale), ou un vieux monsieur raconte à un jeune l’expérience-clé de sa vie. Pour installer le récit, Francis Lawrence expédie la mise en forme, sans reculer devant les incohérences et les niaiseries typiques. Dès le départ, joli couplet hypocrite sur le plan idéologique, avec le vilain banquier à la morale capitaliste et conservatrice expliquant la nécessaire intransigeance en affaires au fils d’un immigré généreux avec le petit-peuple et optimiste (lui) malgré la Grande Dépression.

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Pathos à foison et schémas ressassés au programme, avec Rozzy l’éléphante pour élément perturbateur (drôle de rencontre avec Roby ou elle se suggère en femme phallique). Mais il ne faut pas se mentir, le film est mignon, il génère probablement ce plaisir qu’on les enfants en balade au zoo, ou bien celui d’une âme un peu esseulée prête à larmoyer pour n’importe quelle tragédie romancée et bien trop surfaite pour réellement pénétrer (et donc, briser). De l’eau pour les éléphants est plutôt agréable, voir efficace par intermittences (quelques hausses de tension, courtes mais réussies), mais incapable de tenir la distance ; sur le fond, parce qu’il est trop manichéen, sentimentaliste et normatif ; sur la forme, parce qu’il est outrageusement prévisible (fragments de phrases caractéristiques et faciles à anticiper), régulièrement explicatif (celui qui n’a pas intégré « la prohibition » est sourd ou idiot) et bien trop collé à son cahier des charges du mélo hollywoodien à l’ancienne. D’où une discordance à l’occasion : August est hilarant dans ses élans auto-parodiques, alors que dans ces moments-là, le drame s’accélère et parfois mêmes, des vies se jouent.

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August, alias Christopher Waltz, est justement l’atout évident de ce petit manège foncièrement insignifiant mais globalement attachant, pour les raisons mêmes qui font sa petitesse et sa candeur navrante. Voilà un méchant typé jusqu’à l’os (cynique, excentrique, contradictoire, colérique et surtout despotique – alors qu’on pourrait le présenter comme logique, original, haut-en-couleur et protecteur) ; quand tous les autres caractères sont limpides, univoques (le film est donc très disneyen) et notamment Robert Pattinson, personnage sensible, modéré et éclairé, doux et introverti. Pourtant les efforts déployés sont manifestes, mais August/Waltz restera le seul personnage un peu dense, quand le tricotage d’un amour contrarié par la réalité mais plus fort que le fatalisme et les méchants obstacles du monde laisse à désirer. Bref, le film est innocent, mais laborieux, sans intérêt ni ampleur, toutefois les animaux sont adorables, le couple de benêt transi est touchant malgré tout et un trublion relève un peu le niveau et apporte un contrepoids à la rafale de loukoum. Par ailleurs, ce troisième long-métrage de Francis Lawrence est bien plus regardable que ses blockbusters SF prétendument « arty » (Constantine) puis « conceptuel » (Je suis une Légende). 

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Note globale 44

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Fiche AlloCine 

Fiche Metacritic

TYPOLOGIE DES CANDIDATS 2012

6 Mai

Prévu depuis le lancement du Blog, cet article est l’occasion d’ouvrir la catégorie « Sociologie au Burin », dont les typologies et en particulier celles du MBTI sont des éléments décisifs (et seront définis plus précisément plus tard).  Article absolument ludique et sans doute superficiel, mais le sujet ne tient pas de la farce pour autant : il s’agit de dresser des hypothèses à parti de modèles et de présentations succinctes.

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Le MBTI est le maître et la référence la plus crédible de toutes les échelles de mesure de profils ; l’Ennéagramme est moins sérieux, ses origines sont même relativement floues voir ésotériques et les types proposés assez caricaturaux (au moins a-priori). Pour l’Ennéagramme, l’intérêt est surtout dans l’établissement de combinaisons, de correspondances ; plusieurs types peuvent former un portrait, abstrait mais significatif. Avec le MBTI, il est davantage question de comportement, d’attitude, de mode de fonctionnement.

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A noter que Slate a diffusé récemment un article sur le même thème (MBTI seulement) – néanmoins, les diagnostics MBTI ne sont pas tous ceux que vous trouverez ici (certains, comme pour Bayrou, m’ont même étonné). Retrouver ce sujet sur une plateforme aussi vive et pédagogue est une excellente surprise ; en revanche, on peut regretter qu’il y manque un argumentaire pour justifier les attributions… et que les « experts » non-cités sont probablement issus de l’avis général des internautes et amateurs, d’ailleurs les profils-types peuvent être déduits spontanément en raison de leur évidence, chez certains personnages en portant tous les traits (c’est le cas de Nicolas Sarkozy en particulier).

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Présentation rapide des deux modèles (liens pour en savoir plus), sur lesquels le Blog reviendra probablement à d’autres occasions (pour le Cinéma notamment), puis application au cas par cas pour les dix candidats.

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MBTI

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4 critères définissent le test de Myers Brigg :

* I/E (Introverti/Extraverti) = l’introverti s’épuise au contact des autres, l’extraverti gagne à être en société, il est dans son élément

*  N/S (iNtuition/Sensation) = les intuitifs comprennent à partir de la déduction, de l’extrapolation, de la généralisation ; les sensitifs se fient à l’expérience et au bon sens, à leurs acquis plutôt qu’à la théorie

* T/F (Thinking, Penseur/Feeling, Affectif) = les penseurs prennent leurs décisions sur la base de critères rationnels et objectifs ; les types sentimentaux ne sont pas nécessairement « émotionnels » ni grégaires, mais tendent à minimiser le raisonnement logique au profit de considérations soit humaines, soit passionnelles

* P/J (Perception/Jugement) = les perceptifs évitent de s’engager ; les « jugeurs » sont organisés, se fient à des critères qui sont souvent ceux de la société, savent généralement ce que sera leur futur proche et leur avenir lointain

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Tempéraments à l’épreuve de la pratique sportive, ainsi que dans le rapport au Monde en général (adaptabilité).

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4 grandes familles (descriptions caricaturales) :

* NT, les Rationnels (xNTx) = c’est la famille la plus rare (environ 10%), la moins sociable et la plus axée vers la théorie, la quête de connaissances, de compétences et de compréhension. Tout passe par la pensée ; l’analyse, la logique, jouent un rôle fondamental au quotidien. Ce groupe est orienté progrès et peut, au contraire des SJ, passer outre les traditions ; mais le souci du travail, de la découverte et de l’intelligence les séparent des SP, alors que le relativisme côté valeurs et la priorité accordée à la logique les dissocie des NF. Souvent des scientifiques, philosophes.

En savoir plus : 16types.fr

* NF, les Idéalistes (xNFx) = les standards éthiques, les valeurs culturelles jouent un rôle décisif pour les membres de ce groupe (entre 15% et 20%). Des idéaux élevés, des buts nobles via lesquels ils pourront s’extraire du marasme et de notions matérielles et affirmer leur identité sont les sujets de préoccupation essentiels de la vie des NF. Souvent des enseignants, journalistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SP, les Artisans (xSxP) = catégorie la plus exubérante, la plus spontanée et la plus « bruyante », c’est celle des esthètes, des hédonistes et des amuseurs (25% à 35%). Ils sont orientés solution et ont un bon sens pratique, mais leur faculté d’adaptation à la nouveauté est plus limitée que pour les précédents. Ce sont les plus instables mais aussi les meilleurs « vivants » ; avec les NF, c’est chez eux que se retrouvent les Artistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SJ, les Guardiens (xSxJ) = groupe le plus répandu (autour de 45%), c’est celui des « conservateurs », de ceux qui assimilent les règles, les structures et les contraintes sociales et sont naturellement portés à en reconnaître la valeur. Aptitudes logistiques, managers, protecteurs aussi. Ils peuvent être rigides, se mettre des ornières, ne pas voir ou accepter le changement.

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En savoir plus : 16types.fr

L’Essentiel :

– les caractéristiques définies par E/I et  P/J sont relatives aux attitudes. Les deux autres sont plus « viscérales » et profondes, décisives pour le fonctionnement.

– chaque type implique les quatre fonctions-clés ; le modèle estime ainsi que tout Homme est à la fois Penseur et Affectif, ainsi qu’Intuitif et Sensitif ; les niveaux d’introversion ou d’organisation (pour aller vite) s’appliquent à ces 4 notions.

– Par exemple, un NT sera d’abord Intuituif (N) et Penseur (T) ; il ne fait appel à ses aspects de Feeler (F) ou de Sensor (S) qu’en de rares occasions ; cela lui demande un effort, lui apparaît contre-nature, nouveau ou dérangeant. L’introversion et l’extraversion se calque ensuite là-dessus : un NT introverti, par exemple l’INTJ, est d’abord N (Intuition Introvertie – Ni) avant d’être T (Penseur extraverti – Te) – ou IN et TJ.

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ENNEAGRAMME

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9 types, en substance (liens vers des descriptions pour cerner plus vite)

* type 1 – l’Idéaliste, le Perfectionniste : Ennea.com ; CCE ; Moncoach ; EIP  ; EnCo

* type 2 – l’Altruiste, le Romantique : Ennea.com ;  CCE

* type 3 – le Battant, le Magicien : Ennea.com ; CCE

* type 4 – l’Artiste : Ennea.com ; CCE

* type 5 – L’Observateur, l’Expert : Ennea.com ; CCE

* type 6 – Le Loyaliste : Ennea.com ; CCE

* type 7 – L’Optimiste : Ennea.com ; CCE

* type 8 – Le Leader : Ennea.com ; CCE

* type 9 – L’Affable, le Médiateur : Ennea.com ; CCE

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– ces types sont issus de trois Triades : Emotionnelle, vivant selon le ressenti, le rapport aux autres, l’image (types 2-3-4) ; Mentale, se fondant sur la réflexion, la logique, la créativité et la planification (types 5-6-7) ; Instinctive, fidèle à ses tripes, à son monde intérieur, à ses convictions ou ses modèles personnels, orienté vers l’action (types 8-9-1)

– à chaque type peut s’ajouter une aile ; par exemple, un Type 8 peut avoir une aile 7 ou une aile 9 ; l’aile 9 le rend plus conciliant, plus modéré, plus porté au retrait ; l’aile 7 le rend davantage anticonformiste, agressif, entreprenant

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– Pour en savoir plus :

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_type_de_personnalite.htm

http://www.enneagramme.com/Theorie/9_types.htm

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_dossier.htm

– Pour déterminer votre profil :

http://www.enneagramme-envolutif.com/formation-enneagramme-test.html

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MARINE LE PEN = ESFP – 6aile7

MBTI : ESFP ou ENFP

L’hypothèse ESFP s’impose avec évidence, pour la gouaille et le tempérament bouillonnant, par endroits presque « boute-en-train » du personnage, pour la simplicité du ton aussi. Mais son brio dans les débats, sa capacité à allier des concepts ou des idées complexes avec spontanéité font pencher vers le « N », de même que ses facultés d’oratrice. Par ailleurs la capacité de MLP, plusieurs fois démontrée, à faire tomber les masques de ses interlocuteurs (d’un point de vue psychologique) et à saisir ce qui n’est pas dit au-delà même des arguments, d’une gêne ou d’une colère patente, peut être autant comprise comme une caractéristique décisive du « Se » (rien ne lui échappe dans le présent) que du « Ne » (faculté à tisser des liens dans l’environnement et l’ambiance). Très réactive, imprévisible et charismatique, comme l’est l’ENFP de papier. « ExFP » de toutes façons, le type des comédiens, des exubérants et des leaders ou pédagogues hauts-en-couleur.

Il y a une deuxième hypothèse qui peut maintenir le doute pour MLP, c’est l’ESTJ : contrairement à Mélenchon qui en adopte parfois une « persona » grossière, c’est structurel dans le cas de MLP. En effet sa tertiaire Te (la Pensée Extravertie) est de plus en plus investie, en réponse probablement à la récente accélération de sa carrière. Cette énergie Te était clairement noyée sous les deux fonctions dominantes (Perception Extravertie et Sentiment Introverti) il y a une décennie.

Enneagramme : 6, 7, 3

Loyale, dynamique, avec un côté borderline ostensible qui n’entame rien de sa combativité, voir de sa témérité. Les événements de sa vie personnelle pourraient en avoir fait une des « contre-phobiques »  souvent cités pour évoquer le Type 6 (qui tend à se laisser dominer par ses peurs, ou les surmonte avec aplomb et souvent excès). On peut parler, dans ce cas, d’optimisation maximale et magistrale du type.

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NICOLAS SARKOZY = ESTP – 3aile2

MBTI : ESTP

Comme Chirac et Berlusconi. C’est un type imprévisible, irréfléchi ou incohérent dans ses actes en surface, mais se fiant à son cadre interne (Ti – Pensée introvertie) pour décider et agir vite (Se – Sensation extravertie). Il aime les biens matériels, le clinquant, cherche la reconnaissance, le feu des projecteurs ; c’est un dominant naturel. Il vit sur le moment présent, est doué en général et en particulier pour l’improvisation ; il s’adapte en toutes circonstances, sauf s’il est compromis et ne rate jamais une occasion de se mettre en avant. Il aime les plaisirs terrestres surtout ; Sarkozy est l’ESTP, dans une version plus assumée que Chirac et plus « narcissique » que Berlusconi, lequel portait carrément toutes les outrances « sensorielles » du type (potentiellement le plus jouisseur, hédoniste et cynique).

Enneagramme : 3w2, 8w7

Sarkozy est vraisemblablement 3aile2 (le type de « la star », du Battant tendant ici vers l’instinctif), ou bien oscille entre 8 et 7 (8 aile 7 ou 7 aile 8). Sa gloutonnerie, son déni face au réel, la force physique dont il a pu faire preuve abondent en ce sens ; sa fuite de la faiblesse (trait fondamental du 8) ressemble beaucoup à la quête d’admiration et l’identification à un rôle (pratique spontanée du 3). La recherche de compensation, l’égo surgonflé, évoquent généralement les types 3 & 8 et Sarkozy incarne tout à fait ce qui les relie. La fausseté, le vide transparent de l’homme, son aptitude à s’adapter aux publics auxquels il fait face, sa façon de se mettre en scène, font cependant pencher plutôt vers le type3 (là encore, à l’instar de Chirac, qui oscillait lui plutôt entre 3 et 9).

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FRANCOIS HOLLANDE = ESFP – 7aile6 (ou 9aile1)

MBTI : ESFP ?

Peu d’intérêt sur ce profil, pas grand chose à creuser, pas d’angle d’attaques prégnant ou stimulant (comme pour le reste d’ailleurs). Hollande serait ESFP a-priori et est généralement typé comme tel. Néanmoins il y a trop d’éléments contradictoires à son sujet et en même temps peu de traits saillants ; il est donc difficile de cerner le personnage, à moins qu’il soit aussi dissocié qu’il en ait l’air.

Enneagramme : 7, 9, 6

Hollande est souvent perçu comme un 7w6 et il en est médiatiquement la caricature. Optimisme, bonne humeur, entrain définissent le type, plus encore avec cette aile ; c’est aussi, en grossissant le trait encore avec les comportements les plus récurrents, un bon communicant, mais un piètre leader et un dominateur peu crédible. Le 7aile6 peut être un bon chef d’équipe, approuvé d’ailleurs et populaire surtout, mais on ne lui fait pas confiance en cas de crise, ou on chercherait quelqu’un de plus solide, plus stable ou sérieux. En revanche, il excelle dans les rôles de seconds ou dans le costume du farceur de service. Tendance à s’affadir, à se contenter des acquis, à fuir la réalité, la tâche, l’effort, la remise en question (correspondances entre les types 7 dits ‘malsains/désintégrés’ et 9). Voit et pense à court-terme (être SFP redouble cet aspect). L’aile 6 illustre l’importance accordée au sentiment d’appartenance et par extension, à la conserver sa place au sein du groupe.

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JEAN-LUC MELENCHON = ENFJ – 8aile7

MBTI : ESTJ ou ENFJ

Idéaliste ou Gardien ? Le dogmatisme de Mélenchon est un pont entre ces deux pôles. Le candidat du FDG est considéré comme un ENFJ sur Slate, d’ailleurs peut-être penche-t-il vers le « F » , par idéalisme, ou par pratique (via ses messages et postures politiques), en raison de ce qu’il défend et de la fibre émotionnelle dont il abuse. Par ailleurs, l’ENFJ est le plus prompt des types  »F » à assumer le leadership ; c’est aussi, à l’instar de l’ENTJ pour les NT, le NF le plus disposé à fonctionner comme un SJ. Ce type est celui des orateurs passionnés, des amoureux de grandes causes capables de faire face à la foule en la prenant à témoin (les ENF mobilisent, les INF exposent leurs raisons) ; moins concordant en revanche, l’ENFJ est un type très  »féminin », peut-être aussi le plus réservé, prudent voir timide des extravertis.

Mais on attribue ce type un peu vite – généralement à beaucoup de personnages charismatiques ou flamboyants, marqués « à gauche », prophètes pacifistes ou militants associatifs d’envergure. Sans doute y a-t-il là une volonté de sacraliser et figer un portrait universel de « gourou ». Or l’INFP et l’ESTJ, pour des raisons différentes, peuvent très bien incarner ce gourou.

Ensuite, entre S et N, Mélenchon est dur à définir : il vit dans le présent, réagit au contexte physique -ou aux hommes et femmes qui s’adressent à lui- plus qu’aux idées ou aux débats, perdant parfois de vue une certaine cohérence. Ces caractéristiques indiquent plutôt le Ti-inf et la présence du Se. De plus, Mélenchon fut un grand suiveur pendant de nombreuses années, surtout à l’époque Mitterand (voir son attachement manifeste, parfois benêt, dans les vidéos), une caractéristique plutôt propre aux I, S, F et J (par rapport aux E, N, T et P) : surtout au Fe (fonction dominante ou auxiliaire des types xxFJ). Il ne s’agit pas du tout de dénigrer Mélenchon en lui refusant un type plus convoité ou censément plus noble ; mais Mélenchon est plutôt un gardien des traditions, d’un idéal de gauche et la confusion de l’ENFJ avec l’ESTJ, du NF avec le SJ, se comprend et même se justifie. Il est bien cependant le paroxysme de l’ENFJ masculin [et du NFJ] agressif et têtu.

Enneagramme : 8

Mélenchon est un 8 assez poussif, cumulant beaucoup des traits de ce type qui utilise prioritairement le centre instinctif pour le tourner vers l’extérieur.  

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FRANÇOIS BAYROU = INTP – 9aile1

MBTI : INTP, INxJ ou ISTJ ?

C’est probablement le plus difficile à cerner de tous les candidats (ce qui est sans doute un obstacle pour lui et son MoDem à plusieurs niveaux). INTP pour son non-conformisme, probablement surtout interne, qui émerge facilement mais est souvent floué, en surface toujours, par la culture du consensus, de l’harmonie. L’hypothèse INFJ, sur Slate, n’est pas aberrante, même si elle surprend spontanément : les qualités de pédagogue, le côté « mentor » du personnage renvoient à l’INFJ ; mais l’attitude, réservée et décisive, sied parfaitement aux IxxJ en général. La raideur, l’impression parfois d’observer un pantin hypnotisé par les croyances qu’il récite renvoient à l’ISTJ. Bayrou serait alors un ISTJ assez curieux, pour autant, jusque dans les détails, il épouse parfaitement les structures de ce type.

Enneagramme : 9, 1, 5, 6

A-priori, Bayrou est un « 9 » assez facile à diagnostiquer. Pour des raisons basiques : simplicité du personnage, souci de la neutralité, de la modération, ainsi que pour la sagesse (peut-être un  »6 » intégré ?) ; mais également pour les discours-fleuves, le souci du détail. Bayrou est aussi un « passif-agressif », à tous les niveaux (sur les plateaux, dans son action politique, dans sa façon d’être et de se présenter). Le 9 associé au 1 cumule la résistance aux émotions négatives, à l’adversité et à la violence des deux types ; il induit aussi un certain idéalisme, le désir de préciser (et ensuite, dans une moindre mesure, de communiquer) sa vision du Monde ; il inclue aussi une certaine rigidité, une paresse, une indécision… plutôt qu’une peur, qu’un souci de sécurité, de maîtrise (et d’une stabilité matérielle), propres aux types 5 et 6. Ces deux-derniers sont les opposés du 1 et 9, mais on peut aussi les qualifier de reflet ; par exemple, le 1aile9 et le 5aile6 se font face sur le cercle de l’ennéagramme ; ils tendent à se complémenter mais aussi à s’identifier l’un à l’autre et peuvent simultanément se confondre comme apparaître incompatibles. Bayrou pourrait être un 6aile5 (qui s’identifie, et réciproquement, avec le 1aile2) ; sa solitude abonde en ce sens (à titre privée, celle-ci est délibérée – Bayrou ferait volontairement le vide autour de lui), ainsi que sa loyauté et son attachement à un cadre familial et à des racines géographiques.

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EVA JOLY = INFJ – 3aile4 

MBTI : INFJ ou INFP

Eva Joly affiche les grandes qualités de l’INFJ… et les grands défauts des « IN » en général, communication laconique ou inadaptée en tête. Eva Joly pourrait être INFP, mais les IxFP sont souvent les plus passifs (cependant, beaucoup d’INFP compensent leur « faiblesse » par un masque d’aplomb et de dédain) ; son intransigeance et sa froideur pourrait la faire apparaître comme une « T », mais son mode d’expression (mimiques et phrasé) sont emprunts de valeurs, de références subjectives, d’affects (d’ailleurs la campagne, les propos, les clips, sont « F » malgré eux). C’est plutôt son « J » qui la rend si droite, si (apparemment) dure, si structurée et décisive ; lui aussi qui l’a portée vers le domaine qu’elle a embrassé.

Enneagramme : 3, 4, 1

potentielle 1, pour le côté justicière, pour l’idéalisme aussi, trait qui n’est pas sans rappeler le type 4 (naturellement porté vers les idéaux de gauche). Le goût du combat, le côté workaholic, la ténacité, mais aussi la multiplication des actions sur des domaines contradictoires (concours de beauté, Droit, politique, éthique) renvoient au type 3. L’association à une aile 4 paraît évidente ; elle implique une priorité au mental au détriment de l’instinctif, un sens esthétique plus développé, une plus grande discrétion et un sens de la nuance lorsqu’il s’agit de se mettre soi-même en scène (contrairement au 3w2, le 3w4 n’est pas un profil-type de « showman », il peut même être assez froid et asocial – mais aussi moins outrancier). A noter aussi qu’un Trois accompli ne ressemble pas à un Trois, mais à ses objectifs, ses combats, bref à l’objet de son identification.

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NICOLAS DUPONT-AIGNAN = INTJ – 1w9

MBTI : INTJ

Pour l’aplomb sans fards, l’expertise, la cohérence et une certaine hauteur naturelle. Solitaire sans en souffrir (aspect irrévocablement INT), NDA est porté par ses convictions ; le terme s’applique bien, semble même façonné pour des individus comme lui, poursuivant leur vision du Juste contre vents et marées. Son discours est très établi, la confiance en l’inspiration de l’INTP n’est pas de mise ; avec l’INTJ, les idéaux sont solides et vérifiés (l’INTP est plus porté vers la polémique et l’exploration de concepts que leur revendication).

NDA a ce côté un peu professoral, donneur de leçons qui s’il peut le plomber vu de loin, passe largement grâce à sa virulence sans outrances ; en outre, en parfait INTJ, NDA retient son jugement et ses paroles jusqu’à délivrer le coup fatal. Les légers problèmes de communication (coups-d’éclats de « showman » un peu désuets, mais ça ne le soucie guère) sont typiques, bien sûr des « T », mais surtout des (I)NT(J), largement plus soucieux de fond que de forme, de symboles que d’images gratuites et chatoyantes. Autre caractéristique de l’INTJ : un conformisme de façade, une auto-discipline au service d’un état d’esprit structuré.

Enneagramme : 1, 5, 6

L’ennéatype 1 s’impose rapidement (fixation perfectionniste, colère réprimée éclatant face aux « excès » broyant son sens de la droiture), quoiqu’avec des aspects ‘résonnant’ 5. Un 5 aile 6 dans ce cas, c’est-à-dire un Observateur relativement tourné vers le Monde, actif voir énergique, bien qu’assez difficile à saisir. Les 1w9 et 5w6 sont des types-miroirs.

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PHILIPPE POUTOU = ISFP – 9w1

MBTI : ISTP ou ISFP

Poutou a un profil assez classique de petit lieutenant de la « gauche radicale » ; c’est un SP, il vit dans et pour l’instant immédiat, ne se soucie pas des conséquences de ses actes. Il est fidèle à ses habitudes mais c’est un bon camarade. Plutôt introverti, il a les traits du STP, mais ses prestations ont souvent été curieusement affectives ; le personnage manie très mal la théorie, alors que les STP sont souvent capables d’asséner des convictions arrêtées et structurées.

Enneagramme : 9, 6, 7

Poutou est un 9 typique. Négligé, paresseux, même lorsqu’il monte au front, capable néanmoins de se montrer ponctuellement offensif.