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SOS RACISME, BRANCHE ORGANIQUE D’UN PS LIBÉRAL-BOURGEOIS

16 Oct

SOS Racisme est souvent accusé d’être un outil d’instrumentalisation de l’antiracisme,  une machine électoraliste au service d’un PS défaillant. La récente nomination de Harlem Désir, son président, à la tête du deuxième parti de France est venu consacrer définitivement cette corrélation. Le mouvement est connu pour ses actions de masse, ses propagandes justifiant leurs outrances par l’incantation à la Tolérance. Il s’est avéré être un tremplin pour certains individus issus de la diversité ou du monde associatif, mais ne s’embrasse pas de combats sociaux, y compris concernant les populations qu’il est supposé défendre intrinsèquement. Le verbiage et l’emphase multiculturaliste ont pris les commandes.

Il faut remonter depuis les origines. Dans les 80s, le Parti Socialiste au pouvoir a échoué à réinventer la vie ; il assume même le tournant de la rigueur de 1983 et en 1988, Mitterrand est réélu sur une ligne d’ouverture au centre et d’assimilation au social-libéralisme. Sa figure permet de dompter plusieurs ambiguïtés ; c’est à la fois le dernier des présidents-rois et le gourou de toutes les gauches, permettant à une « gauche américaine » et à la « gauche sociétale » de dominer le paysage politique alors même que les citoyens français, eux, sont encore relativement fermés à ces gauches-là aujourd’hui. La branche anti-raciste étant l’une des facettes les plus prégnantes de cette « gauche sociétale » et dans une moindre mesure de la « gauche américaine », le combat en faveur des minorités notamment ethniques étant un élément-clé du logiciel des Démocrates aux USA ; atout charme pour un Obama aussi basiquement anti-bushisme que Hollande a pu être un trivial anti-sarkozyste lors de sa campagne et ses premiers pas à l’Elysée (que nous avons la joie de contempler en direct – émouvant notable constipé et mal peigné passant de commis à chef de la cantine).

Le « rapport colonial » comme prisme des relations sociales et humaines ?

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La Vidéo… 3 > Asselineau dans CSOJ

La Vidéo… 2 > Féminisme – Tiens-ta langue ou disparaît

La Vidéo… 1 > Mirage anti-passéiste des ploucs élitistes de Gauche

La Vidéo… 0 > Marion Maréchal Le Pen – quelle envergure pour le nouveau FN ?

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Deux sondages Zogarok :

 

ASSELINEAU DANS « CE SOIR OU JAMAIS »

14 Oct

Président de l’UPR, François Asselineau a fondé ce mouvement avec un projet précis : sortir la France de l’OTAN, de l’Union Européenne et de la zone euro. Dans la foulée, il s’acharne à « désenfumer » les idiosyncrasies dominantes. Son positionnement sur l’échiquier traditionnel n’a pas d’intérêt puisqu’il recherche l’union sacrée au nom d’une vision pragmatique et réformiste.

Il est néanmoins issu de la droite souverainiste et défend des positions « antilibérales », critiquant le néolibéralisme économique, la médiacratie, la farce de la représentation parlementaire et des dualités politiques. Il s’en prend notamment aux « antisystèmes » et aux postures populistes vouées selon lui à verrouiller le système, citant souvent le cas du FN (« épouvantail consentant »).

Boycotté par les médias, le personnage a été reçu pour la première fois (début Octobre) en plateau par Frédéric Taddéi, dans son émission Ce soir ou Jamais. Mais cette invitation arrive bien tard : prétendant invisible lors de la course à l’Elysée de 2012 (il n’a pas été en mesure de réunir les 500 signatures), Asselineau ne peut plus que décrire la mise en oeuvre du TSCG, dont l’application officielle aura lieu le 1er janvier 2013, mais dont les préceptes sont déjà en partie appliqués et inscrits dans la Constitution.

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Blog de l’UPR & d’Asselineau

L’interface AgoraVox de Asselineau

Page Wikipedia (pas de version française)

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*Le TSCG est déjà officiellement validé par le Gouvernement Français, mais pas encore dans toute l’Europe.

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La Vidéo… 2 > Féminisme – Tiens-ta langue ou disparaît

La Vidéo… 1 > Mirage anti-passéiste des ploucs élitistes de Gauche

La Vidéo… 0 > Marion Maréchal Le Pen – quelle envergure pour le nouveau FN ?

LE FN DE DEMAIN : QUITTE OU DOUBLE

3 Juin

Le FN post-2012 sera-t-il un grand mouvement d’émancipation populaire ou, en tant que valet de la droite libérale, un nouveau leurre ? C’est probablement le plus grand des dilemmes à résoudre en cette année électorale qui était l’une des dernières occasions de renverser ou au moins ralentir les processus et les hégémonies en cours. Même si on peut s’en désoler pour des raisons d’idéologies (les flirts douteux de Jean-Marie Le Pen), conceptuelles (les contradictions internes et notamment sur le gaullisme et le libéralisme) ou pragmatiques (difficile d’assumer un passif et une défiance aussi péremptoires), le Front National est le seul outil dont les Français peuvent s’emparer pour servir leurs intérêts propres (intérêts patriotes ou intérêts  »de classe » pour l’ensemble d’entre eux). Mais pour que le Peuple puisse s’approprier le FN en passant outre les prescriptions de masse administrées par quelques élites financières, médiatiques et culturelles, il faut que le FN devienne lui-même pleinement un mouvement transversal, ou les postures outrancières sur des sujets moraux et sociétaux soient relégués au second plan. Les électorats du FN doivent dépasser leurs menues différences, qu’elles concernent leur religion, leur conception du sacré, de l’école, des mœurs, ou même les principes séculaires de laïcité ; le périphérique doit être pris en compte mais s’incliner devant l’essentiel, la souveraineté populaire et l’indépendance nationale. Car de ces notions dépendent la survie, c’est là qu’est l’urgence immédiate.

Vers un FN assimilé et dénaturé par la bande à Copé ?

Risque majeur : le FN post-2012 peut devenir l’aile rurale-populiste d’une extrême-droite néolibérale, actuellement aux manettes (quoiqu’elle ait, il y a deux semaines à peine, cédée la place à son équivalent sociétalement et nationalement laxiste). Le bloc de substitution qui assumera la place de l’UMP pourrait avoir recours à ce FN en plein essor pour en faire sa béquille et la caution d’une ouverture attestant de sa bonne foi. A la façon du PS d’un côté et de ses satellites de l’autre, une telle droite gouvernementale peut répartir les rôles et accentuer les sensibilités d’un bord à l’autre : en marge de l’UMP libéral, le FN aura son rôle de droite populiste, archaique et xénophobe, sorte de boîte de Pandore perpétuellement effleurée pour mieux servir le jeu du clivage gauche/droite. Or il n’est pas question de nuance : l’UMP et le FN n’appartiennent pas au même univers politique et il n’y a guère que sur le plan local (avec des élus d’envergure modeste) que des ponts peuvent se créer sans que le FN soit compromis.

En lui accordant une caution  »populaire », en en faisant le mouvement de l’homme du quotidien alors que c’est celui qui se couche le mieux devant les orfèvres de son aliénation, le FN peut devenir le jouet de l’UMP et par extension de tout le système politique. Un jouet redevable qui plus est, accédant à des mains-tendues qui seront autant de cadeaux empoisonnés ou d’actes symboliques : postes notoires grâce à des alliances, parts de Proportionnelle.

Il s’agirait alors d’un FN légitimé, dédiabolisé et effectivement plus tout à fait d’  »extrême-droite », mais plus dangereux et néfaste que jamais, puisqu’il partagerait le pouvoir pour abandonner méthodiquement ses combats et ses visées nationales en les travestissant d’excès de rages sous contrôle, d’anti-intellectualisme, anti-parisianisme et anti-élitisme. Désormais établi, le Front National serait moins facile à accabler et la critique serait nuancée, mais avec des arguments paradoxaux : ce FN assimilé à l’UMP serait un parti « facho » mais raisonnable, respecté car normalisé jusque sur le plan économique et social, la clé de l’intégration étant l’abandon de l’intention politique au profit de la posture (adhérer au théâtre ou se des performers et des metteurs en scène se jouent des dupes et des idéalistes). 

Rénovation du FN : reculs et hésitations de Marine Le Pen

Si la candidature de Marine Le Pen a suggérée une rupture possible et suscité l’espoir, la dernière partie de sa première année de chef de l’opposition « à l’UMPS », c’est-à-dire le temps de la campagne intensive, rend davantage sceptique. A plusieurs reprises, MLP a semblé tout gâcher, pas tant en « revenant aux fondamentaux » comme aiment à le dire les journalistes à chaque petite saillie polémique, mais plutôt en surfant sur l’islamophobie galopante et le populisme à la petite semaine, ou les sujets périphériques -justement!- prennent le pas et les effusions de comptoirs sont légitimées sans autre forme de procès ni de regard critique ou analytique.

Dans sa critique du Mondialisme et surtout, très concrètement, de l’aliénation des peuples par la dette et les principes économiques néolibéraux, Marine Le Pen a considérablement étoffé et précisé le discours global du FN. Ces vues nouvelles, ou plus élaborées, qui ont rendu son offre plus riche et plus crédible, doivent beaucoup à son entourage récent, l’ex-chevènementiste Philippot en tête ; on a pu retrouver également des perspectives très « soraliennes ».  Mais en février-mars, moment d’un tassement dans les intentions de vote, ce virage arrive à son point de rupture ; soit le grand-public assimile doucement le nouveau FN, qui lui est en voie d’accomplissement, soit Marine Le Pen revient à des thématiques plus triviales ou offensives. Le choix est cornélien, surtout que les propos de Marine Le Pen, d’habitude raillés ou condamnés, sont jugés avec condescendance, chacun s’empressant de déclamer combien il juge son programme économique aberrant ou farfelu – sans jamais, naturellement, soutenir le jugement par quelques précisions (Lapix tente de s’en charger mais choisit une approche partielle, plongeant dans des détails éparses, pointant les calculs sans évoquer les principes). Pour le reste, l’aspect showman de MLP est mis en avant, de même que ses réparties les plus brutales ; aux figurants de booster l’animation. JM Le Pen est d’ailleurs assez plombant pour sa candidate, les proches de Gollnisch lâcheurs et médisants (alimentant la rancœur des traditionalistes et des lecteurs de Rivarol à l’égard de Marine Le Pen) ; et puis il y a Mélenchon, l’inespérée roue de secours et cerbère de confort.

Depuis, Marine Le Pen a souvent semblé céder à son aile réac-populo, ou au moins lui accorder la priorité dans la hiérarchisation des sujets. Elle qui s’illustrait en nationale-républicaine, parfois acrimonieuse ou acerbe, a notamment cédé en laissant son programme économique alternatif et protectionniste être minimisé ; elle s’en détourne pour le laisser à ses lieutenants (le timide Nicolas Bay ou le sous-estimé Julien Sanchez). D’ou la contradiction : lors de la validation en catimini du MES, elle tient l’aubaine même, l’acte de trahison des élites agissantes et politiciennes qui est le parangon de sa dénonciation, tant d’un point de vue général (en tant que formation contestataire ou anti-européenne) que spécifique (« l’europe-passoire » – terme repris tel quel par Sarkozy pour les besoins du second tour). Effectivement, elle le dénonce avec virulence… ponctuellement ; puis plus rien et c’est aussitôt l’heure de dévier vers le Halal. Par cette diversion, Marine Le Pen s’est accommodée du rôle de droite populiste de service. C’est moins un rôle de composition que de circonstance, car elle se l’accapare faute de mieux, à la fois par stratégie et par nécessité de faire quelques concessions à un « système » qui justement la restreint lorsqu’elle pose des desseins cohérents et réellement offensifs. 

Sauf que l’incohérence est là, qui révèle les limites, peut-être du courage ou de la sincérité clameront certains, mais surtout de la marge de manœuvre de Marine Le Pen. Malgré son indépendance et la machine rôdée qui la soutient, elle n’est pas (pas encore ?) en mesure d’épanouir sa pensée et d’affirmer ses ambitions.

Ainsi, l’ouverture au FN des médias mainstream se fait ; et c’est Louis Aliot qu’on invite sur France2. Aliot, le beauf  »de droite », caricature de petit-bourgeois médiocre et parvenu grâce à son réseau de beaufs roulant des épaules, est reçu sur tous les plateaux, accueillis dans les matinales des radios prestigieuses, s’invitant éventuellement à la table des intellectuels et des polémistes pour se faire ambassadeur du Front National et des 18% d’électeurs sur lesquels il s’appuie volontiers, en général pour légitimer ses lubbies basiques. De type chasse-fric-beaujolais-antiburka. Aliot est l’incarnation de cette droite rance, cynique et matérialiste, qui est le pont entre le FN et l’UMP : d’ailleurs, il se garde bien de dévaloriser l’UMP, préférant faire de « la gauche » une déviance, tout en confondant, jusqu’à l’incohérence, toutes les composantes de cet ennemi figé et gratuit. En laissant se développer une telle rhétorique en son sein, le FN risque, de lui-même, l’enfermement dans les dualités et les schémas du « système » qu’il réprouve ; or on ne peut pas emprunter ses outils à celui dont on fait par ailleurs son inversion sur-mesure. Les qualifications de « rouge », de « bolchéviques » ou « communistes » fusent ; c’est compréhensible de la part de Jean-Marie Le Pen qui, dans sa jeunesse puis au cours de sa carrière politique, a vu l’hégémonie de l’URSS et le vertige du communisme. Mais quand Louis Aliot fait de cette Gauche archaïque, qui plus est marginale et vidée de sa substance, une menace, c’est le grotesque et la diversion absolue. Car ainsi il se choisit un adversaire facile et consensuel, voir carrément inexistant, le communisme absolutiste évoqué n’existant plus que dans les fantasmes du plouc de droite financière ou de la droite rétrograde. Ces deux droites antisociales, confondant inculture et esprit populaire, liberté et aliénation volontaire et qui sont en contradiction, tant avec la ligne majoritaire de Jean-Marie Le Pen que celle de Marine Le Pen. Le problème du clan Le Pen, c’est ses mauvais rejetons, qui feraient mieux de s’occuper de la vitrine plutôt que de vouloir s’approprier la boutique.

Encéphalogramme plat et dépression conceptuelle : les ploucs sont de chaque côté

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6 MAI 2012, TROIS ELECTIONS

7 Mai

Le second tour français d’hier est une bonne chose. D’abord, il met enfin un terme à cette campagne interminable et toujours plus médiocre et futile. Ensuite, c’est l’occasion d’évoquer deux autres scrutins qu’il ne s’agirait pas d’oublier ; l’un, mineur, en Serbie (premier tour des Présidentielles), l’autre, capital, en Grèce (législatives à hauts risques). Enfin, à titre personnel, je suis à la fois frustré et ravi qu’une telle équipe se hisse à la tête des institutions en France, car c’est au pied du mur que le sursaut aura lieu, c’est devant l’échec des fausses alternatives qu’il y aura prise de conscience : les Grecs en sont là.

FRANCE : le super-favori se contente de la « victoire étriquée » redoutée sur le tard

Contre toute attente, François Hollande est élu avec une courte majorité ; pas sur le fil, mais avec un score dérisoire compte tenu du climat actuel. Il n’aura vraisemblablement pas su canaliser la défiance vis-à-vis du monde politicien ni même de l’ « hyper-Président », au point que la carte électorale est très traditionnelle. Autrement dit, les lignes n’ont pas bougées, elles se sont simplement infléchies, comme s’il s’agissait d’un scrutin standard dans un contexte ordinaire. Ainsi, l’Est de la France reste acquis à la droite mainstream, avec notamment des envolées autour de 63% en PACA et en Alsace. Comme si cette élection n’en était qu’une de plus.

Naturellement, personne ne s’empresse de le relever (pas même les lieutenants de l’UMP!?), pourtant François Hollande est l’un des Présidents les moins bien élus de la Ve République ; c’est même carrément le moins bien élu depuis Giscard en 1974, ce dernier détenant le record avec 50.7%. Hollande se hisse à peine au niveau du Mitterand de 1981 (51.76%). En 2007, Sarkozy a réunit 53.1% des voix alors qu’il n’y avait pas de réel ou profonde sentiment anti-Ségolène ; malgré l’animosité à son encontre, il parvient à empêcher son adversaire d’atteindre un tel score et même lui en fait même réaliser un plus faible que celui de Chirac en 1995 (Jospin, à 47.36%, était alors considéré comme un vainqueur officieux).

Finalement, l’élection présidentielle française de 2012 devrait rester comme l’histoire d’une occasion manquée. Les Français sont massivement restés accrochés au Président sortant, qui s’en tire avec les honneurs alors que ses homologues européens ont été, pour la plupart, balayé en raison des inquiétudes populaires face à la crise : de toute évidence, Sarkozy a su répondre et même dompter celles-ci. Son score (48.38%) est inespéré et n’a jamais été envisagé par quelque sondage que ce soit depuis l’année dernière et même depuis les tous premiers sondages anticipant 2012, ou il était perpétuellement laminé. Il aurait fallu attendre vendredi pour qu’une issue à 52-48 soit envisagée, laissant, pour la première fois, ouverte l’idée d’une victoire très étroite pour Hollande – sauf que, à un jour et demi du scrutin, il est trop tard pour les commentaires et trop tard pour rebondir. Et si cette tendance observée en toute fin de parcours n’était pas le reflet d’un pragmatisme et d’une prudence retrouvée des sondeurs ? Et si Sarkozy n’était jamais tombé à 43% (ou même à 40%) ?

Désormais, il est évident que François Hollande n’a suscité aucun espoir – ou bien un espoir à la marge, soit à Gauche. Les Français réfutant toute appartenance politique auront probablement penché vers Sarkozy, par scepticisme devant l’effervescence infondée autour de la candidature Hollande. Il y a eu un repli vers Sarkozy ; la crise de confiance est telle qu’elle a suscité l’apathie, la nonchalance des électeurs, finalement à peine mobilisés pour le sauveur qu’on leur avait promis et résignés, pour une large partie d’entre eux, à retourner dans les bras de celui qu’il avaient sans doute raillé ou abandonné… après avoir, lui, suscité des attentes fortes.

« Quand Jean-Luc Mélenchon prend la Bastille, c’est sur arrêté préfectoral » Nathalie Arthaud

Mélenchon, l’éternel pleutre


Au soir du second tour, sur BFMTV, le candidat du Front de Gauche est interrogé à propos de son éventuelle candidature aux Législatives. Et là, c’est avec un brio édifiant, mais ô combien transparent, que Mélenchon esquive. Il prétend que si la décision n’est pas encore prise, c’est « sans doute » que le sujet n’est pas essentiel, assène que « les journées ne font que 24 heures » et aborde encore de nouveaux sujets périphériques, s’auto-congratulant et s’attribuant une part de responsabilité dans la défaite de Nicolas Sarkozy.

Jusqu’au-bout, Mélenchon n’assume même pas d’avoir rompu. Ce qu’il n’ose pas dire, c’est qu’il a besoin de la certitude que le PS se désistera dans sa circonscription. Ses hésitations sont tactiques et traduisent non seulement son manque de confiance et de légitimité, mais aussi sa dépendance à des anciens camarades qu’il exècre pour mieux servir. Mélenchon n’est qu’un faux rebelle, un dissident frileux.

Quelle majorité ?

Il y aura un Premier Ministre et dès aujourd’hui, chacun annoncera ses petits pronostics. Ce ne sera pas le cas ici. Ce n’est pas le lieutenant qui compte, c’est sa légion.

Le risque maintenant est dans la formation d’un bloc de centre-gauche, entre la gauche timorée et le centre démissionnaire. Il est possible que les  »humanistes » rejoignent les  »progressistes », pour établir la grande alliance des démocrates tièdes, bien-pensants et passifs devant l’Histoire et la marche du Monde.

Cette majorité  »raisonnable » suscitera la colère d’opposants trop tranchés (Marine Le Pen) ou trop déphasés et caricaturaux (Mélenchon, Poutou), tandis qu’elle gagnera le respect de la droite mainstream et du centre-droit qui y verront des interlocuteurs possibles. Les convergences des deux blocs majoritaires feront le bonheur des européistes et des marchés financiers, rassurés par l’assurance de concessions faciles pour les uns, d’une stabilité pour les autres. Une alliance PS/UMP n’est donc pas exclue en cas d’accélération -même légère- de la Crise, même si elle se fera tout en reniant Sarkozy et sa dérive  »pétainiste » . Si une telle situation arrive avant une décennie, gageons que Copé réussira à se placer ; Bayrou lui sera au bon endroit, mais relégué au fond de la salle.

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GRECE

Échiquier politique

Il y avait, jusqu’ici, six grandes formations en Grèce. Le paysage politique était dominé par le PASOK (parti social-démocrate) et le ND (parti de droite modérée), qui réunissaient ensemble les trois quarts des suffrages : c’était encore le cas en 2009 ou le PASOK arrivait en tête des Législatives (44% contre près de 34% pour le ND).

En marge, avec 4-8% des suffrages selon les élections, le LAOS occupait l’espace le plus à droite, les communistes sont unis derrière le KKE et la Gauche radicale est incarnée par le SYRIZA. Le parti écologiste local (adhérent du Parti Vert Européen), le OP, est lui en progrès depuis plusieurs années, mais tourne néanmoins encore autour de 2-3%.

Contexte pré-électoral

Georges Papandréou (PASOK), leader de l’opposition jusqu’en 2009, a eu le destin que l’on connaît. En révélant le gouffre financier et le déficit public national, il a ouvert la boîte de Pandore. Si les mœurs grecques sont coupables, sans doute que Papandréou ne s’attendait pas à devoir assumer un remboursement de la dette aussi intransigeant. Il a voulu négocier mais a perdu ; d’ailleurs, son initiative avortée de référendum (fin 2011) a montré à la face du Monde que les Grecs n’avaient plus la main sur leur pays. Notez que cette éphémère promesse de référendum a été aussitôt oubliée – et qu’elle n’a pas été rappelée à l’occasion du scrutin d’hier.

Forcé à la démission, Papandréou a laissé la place à un Gouvernement de circonstance. Une coalition rassemblant les deux grands partis (PASOK et ND) mais aussi, c’était pourtant techniquement dispensable, le LAOS, souvent qualifié d’extrême-droite. Avec ce Gouvernement acceptant les conditions de redressement imposées par le FMI et l’Union Européenne, la Grèce est devenu le laboratoire des européistes austéritaire.

Les sondages annonçaient une lourde sanction à ce Gouvernement improvisé, les deux partis devant céder la moitié de leurs parts du marché électoral, au profit notamment des partis de Gauche radicale et d’extrême-gauche rassemblés au sein de la coalition SYRIZA (équivalent du Front de Gauche français). De nouveaux partis sont apparus ou se sont affirmés à cet endroit de l’échiquier, pendant que l’extrême-droite authentique (bardée de références néo-nazis) était appelée à entrer au Parlement (avec 6-7% de promesses de votes).

Ce qu’on oublie aussi, c’est que des dissidents du PASOK et du ND ont aussi agité la vie politique grecque et rejoint l’opposition.

Résultats de l’élection

Le PASOK et le ND ne cumulent que 37% des suffrages, soit moitié moins qu’autrefois. Le Gouvernement sortant de Papadimos (70% des sièges) devra donc soit éclater, soit composer avec d’autres blocs. Même le LAOS, son associé de droite radicale, ne profite pas de leur chute ; lui aussi perd la moitié de son capital de voix (2.9% au lieu de 5.6% en 2009) en raison de son acceptation de la rigueur. En passant sous la barre des 3%, il perd ses quinze sièges du Parlement, arrivant au niveau des Verts, qui malgré leur stabilité et leurs 2.93%, n’ont pas encore le niveau aux Législatives. 

C’est surtout le PASOK (parti de Papandréou) qui souffre de cette désaffection ; Nouvelle Démocratie (ND, droite et centre-droit) est leader avec 18.9% des suffrages (contre 33.5% en 2009), tandis que son adversaire et homologue de centre-gauche s’effondre à la dernière place du podium avec 13.2% (c’est 30 points de moins qu’en 2009).

Le grand vainqueur de l’élection est le SYRIZA, Coalition de Gauche radicale largement étoffée pour l’occasion, atteignant les 16.8% de suffrages (+12.2pts) et devenant premier parti d’opposition au ND, si celui-ci devait se maintenir et refuser les formations en rupture ou dites  »extrémistes ». Aube Dorée, groupuscule de l’extrême-droite néonazi, est quand à lui passé d’une audience marginale (0.3% à son meilleur) à une représentation parlementaire, réunissant plus du double du seuil nécessaire et s’assurant 21 sièges.

Quelle majorité ?

Si une nouvelle majorité n’est pas formée d’ici dix jours, les Grecs devront retourner aux urnes.

Le Gouvernement sortant ne pouvant plus compter sur les forces traditionnelles du PASOK et du ND, et n’ayant plus la possibilité de recourir au LAOS pour simuler l’ouverture et l’attention au peuple qui souffre, il lui faudra accueillir (ce n’est pas une science exacte mais c’est, comme toujours, les issues probables ou éventuelles à mon sens) :

1°) les dissidents des deux partis, qui cumulent 17.7% des suffrages et 52 sièges (une façon de rallier les rebelles tout en proposant une formule alternative, prenant en compte le refus de la rigueur pour chercher le consensus – tout en le foulant dans les faits : il s’agirait donc de simuler la compassion et la rigueur saine, à l’italienne post-Berlusconi)

2°) la Gauche du PASOK : KKE communiste et SYRIZA, soit 25.3% des suffrages et 78 sièges (cette deuxième hypothèse engendrerait un Gouvernement à deux vitesses, dangereux pour les deux camps)

3°) un mix de ces forces pour essayer d’annuler leurs effets : par exemple, les dissidents du ND (avec l’argument d’une légitimité électorale plus forte pour la droite modérée) avec les communistes du KKE (qui n’ont pas profité du vote protestataire et seront plus faciles à dompter que la nouvelle Gauche radicale)

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sigle Nom de la formation score Nb votants Évolution/2009 Idéologie, position
ND Nouvelle Démocratie

18.87%

(108 sièges)

1.19 millions

-14.6pts

(+17)

Austéritaire – sortantDroite & centre-droit. Conservatisme
SYRIZA Coalition de la Gauche radicale

16.77%

(52 sièges)

1.05 millions

+12.2pts

(+39)

OppositionGauche, Gauche radicale & EXG.
PASOK Mouvement Socialiste Panhellénique

13.19%

(41 sièges)

0.83 millions

-30.7pts

(-108)

Austéritaire – sortantGauche & centre-gauche. Social-démocratie.
GI Grecs Indépendants

10.60%

(33 sièges)

0.67 millions

NEW

Opposition – dissidentsDroite issue du ND.
KKE Parti Communiste Grec

8.48%

(26 sièges)

0.53 millions

+0.9pts

(+5)

Opposition -Indéterminé Gauche/EXG – gauche communiste
XAC Aube Dorée

6.97%

(21 sièges)

0.44 millions

+6.7pts

(ENTREE)

Opposition EXD.
DIMAR Gauche Démocrate

6.10%

(19 sièges)

0.38 millions

NEW

Opposition – dissidentsGauche issue du PASOK
OP Verts Ecologistes

2.93%

0.18 millions

+0.4pts

Opposition – IndéterminéÉcologistes.
LAOS Alerte Populaire Orthodoxe

2.90%

0.18 millions

-2.7pts

(-15)

Austéritaire – sortantDroite
Autres

13.19%

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SERBIE : dualité Libéraux / Conservateurs & consensus pro-européen 

En Serbie se déroulait simultanément l’élection Législatives et le premier tour des Présidentielles.

Le premier tour des Présidentielles s’est soldé par la qualification sans surprise des deux principaux candidats. L’élection est concentrée autour du duel Tadic/Nikolic, gauche libérale/droite nationale. Le président-sortant, Boris Tadic (DS – Parti démocratique), est le favori pour le second tour qui se déroulera le dimanche 20 mai (dans deux semaines). Toutefois, leurs scores respectifs sont moins forts que prévu (autour de 30%) : Tadic est légèrement en tête avec 26.8% contre 25.2% à Nikolic. Ivica Dacic, ministre de l’Intérieur et liée au gouvernement sortant de Tadic, a quand à elle marquée des points au bénéfice du Parti Socialiste (SPS) avec 16.6% des suffrages.

Les deux camps sont pro-européens, mais Tomislav Nikolic (SNS – Parti Serbe du Progrès) est plus nuancé. Candidat conservateur à tendance national-populiste, il est parfois assimilé à la prétendue nouvelle extrême-droite occidentale. Boris Tadic, lui, a les faveurs des observateurs et journalistes étrangers ou l’intégration Européenne est envisagé comme l’unique horizon, alors même que le dogme de la libre-concurrence et de l’abattement des frontières est dans le même temps validé et souvent encouragé par les mêmes protagonistes.

Le second tour sera l’occasion de revenir plus en détail sur cette élection et ses enjeux, mais aussi de cerner les forces en présence et les clivages déterminants chez les Serbes.

Article publié à 15heures.

SECOND TOUR : QUE LES COLÈRES NOIRES DEVIENNENT UNE INSURRECTION BLANCHE

3 Mai

Lapalissade absolue : la prise de l’Élysée par le Parti Socialiste sera une fausse alternance. C’est une lapalissade, mais apparemment pas tant que ça, au point que même dans le monde réel, des individus circulent tout en étant capables de vous tenir un discours différenciant sérieusement et profondément Hollande de Sarkozy, à partir de valeurs viscérales ou d’argumentaires à la logique éculée. Le plus sincèrement du monde, ils vous sermonnent sur la nécessité de barrer la route à un incompétent qui va ruiner la France ou d’évincer le nabot maléfique, persuadés qu’alors la France retrouvera son souffle. C’est là qu’on réalise que l’enjeu est de taille et que les débats vont être hardus.

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Pourquoi votre vote ne servira à rien

Il convient de faire un rapide état des lieux. Rien de nouveau, juste une mise au point : synthétiser et aller de l’avant.

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Le Parti Socialiste et l’UMP (ainsi que EELV, le MoDem et dans une certaine mesure le Parti Communiste et l’aile prétendument souverainiste de l’UMP – les villiéristes et associés) valident les grands processus géo-politiques en cours. Qu’importe les postures, les discours ou même les clivages ou héritages : ces formations sont, de fait,  »européistes » et  »mondialistes », même si elles s’en défendent ou n’intègrent pas ces notions à leurs logiciels. Chacun a ses raisons, ses façons de déguiser un suivisme, un fatalisme ou une paresse politique.

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Concrètement, la classe politique est toujours plus impuissante et continue à déléguer ses pouvoirs, confiant toute marge de manœuvre à d’autres instances. Voici la synthèse, nourrissez vos réflexions de ces éléments :

PS & UMP sont sacrifiés à une Union Européenne antipolitique

ils votent 97% à 98% des amendements européens

le Traité de Lisbonne a été formaté selon leurs souhaits en 2008 (après le référendum de 2005, offre déclinée par les Français puis les Hollandais, dont la volonté a été trahie)

la Constitution Européenne était le premier traité économique (il n’était pas politique, ni social, ni culturel) impliquant un aussi grand nombre d’Etats (il ne s’agissait plus d’échanges commerciaux inter-Etats, mais de dissoudre les législations dans une norme commune)

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PS & UMP sont sacrifiés au dogme néolibéral

ils valident tous les deux le MES, qui implique la rigueur budgétaire, les coupes sociales et la mise à mort, à moyen voir court-terme, du modèle social français

ils valident tous les deux l’ouverture au marché transatlantique de 2015

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PS & UMP sont atlantistes

Hollande ne remet pas en cause l’intégration à l’OTAN

Sarkozy a dilapidé les stocks d’or nationaux pour les brader aux Etats-Unis et sauver leur monnaie

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Bilan du premier tour

Avec 55% des voix, les deux grands ténors du  »système », partisans d’une rigueur intransigeante, du recul de la souveraineté nationale et des acquis sociaux, ont assumés leur rôle avec brio. La propagande néolibérale et la complaisance bourgeoise ont étouffées les voix dissonantes, faisant de Dupont-Aignan un has-been, de Cheminade un illuminé, de Marine Le Pen un piège à débiles mentaux. Pendant ce temps, Mélenchon était sous les feux des projecteurs et artificiellement gonflé, au point ou le personnage lui-même et ses troupes se sont bercés d’illusion sur leur puissance mais aussi sur leur légitimité.

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Tout a été préparé pour que le vote Marine Le Pen soit minimisé ou assimilé à un « vote de crise », donc un vote de contestation brutal, spontané, irréfléchi, surtout motivé par l’envie de secouer l’ordre établi. Par exemple, faire du vote MLP un vote de  »jeunes non-diplômés » s’inscrit dans cette éternelle stratégie consistant à assimiler le vote FN à celui d’une masse d’ignorants, de petites gens mal éduqués, à l’intelligence et la condition médiocres.

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L’hypothèse d’un « vote d’adhésion » n’est jamais émise, les thématiques du FN de Marine Le Pen sont récupérées pour être caricaturées par Nicolas Sarkozy, généralement sur un ton haineux ou violent. Le vote FN est réduit à être le témoin d’une « peur » alimentant le conflit de civilisations et l’islamophobie. La masse votant en faveur du FN se voit attribué des fantasmes que les partis traditionnels alimentent mais ne peuvent clamer haut et fort ; en quelque sorte, ils projettent sur le Front National ce qu’eux-mêmes ne peuvent assumer mais aspirent à utiliser (et Marine Le Pen doit être prudente et résister à un opportunisme qui pourrait la couper de ses axes anti-mondialistes). Il s’agira ensuite de répondre à des menaces qui n’existent pas, en menant des politiques sécuritaires et liberticides (déjà largement entamé avec la culture du fichage de Sarkozy) au nom d’une grogne qu’on feint de mal comprendre. Ou comment faire d’un vote patriote et antilibéral concret et résolu, une constellation de fachos, de désœuvrés et de borderlines électoraux ponctuels.

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Vote blanc ou abstention ?

Bien sûr, un vote blanc massif ferait la fierté ponctuelle des personnages antisystèmes et révélerait une prise de conscience active de l’inanité du duel proposé. Mais si, le 6 mai, c’est un « 30% d’abstention » qui s’affiche (et c’est tout à fait probable – l’idée est plutôt de viser un score largement supérieur), alors cela aura plus d’effet, que si étaient enregistrés 24% d’abstention plus 6% de votes blancs (ce qui signifierait 8-10% des votants), car le « 30% » restera un chiffre-clé, voir façonnera une image mentale. Tandis que si une abstention relativement forte et un vote nul et blanc vaguement en hausse s’ajoutent, alors en vérité ils s’annulent. Dans ce dernier cas, la nuance ne sera relevée que par quelques érudits tatillons au beau milieu de débats qui se dérouleront sans tenir compte de cette anecdote qui, et ce sera vrai, n’aura pas grand intérêt puisqu’elle n’est pas significative, pas assez brutale.

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A moins d’un raz-de-marée de blancs, l’abstention est une sorte de potentielle esquive lucide. Il s’agit de s’inscrire du côté de ce raz-de-marée et de l’amplifier car il y a, ici, quelque chose qui peut se jouer et prendre forme.

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Cela sanctionnera aussi en passant, les postures et les tentatives d’OPA grossières des candidats, comme Nicolas Sarkozy souhaitant ravir l’électorat du Front National tout en vomissant ses cadres et singeant ses idéaux, avec toute sa médiocrité de petit teigneux qui se croit devenu Sage.

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Comprenons également qu’une abstention massive de second tour a un sens, lorsqu’au premier tour le peuple s’est mobilisé. Sinon, cela signifie que le jeu continue ; or là, il y a rupture et crise de confiance indéniable. C’est la seule façon de signifier aux apprentis sorciers que nous serons des otages certes, mais indisciplinés. Car le 22 avril, lorsque les deux grands représentants des libéraux-bourgeois sont venus valider, définitivement et avec des scores proches (qui permettent d’autant plus d’entretenir l’illusion d’une dualité à armes égales, et de créer deux camps aux antagonismes factices), l’américanisation et la bipolarisation vaine, absurde et menteuse de la vie politique, c’est le politique qui est mort. Il est donc temps de refuser cette mascarade mortifère, ce théâtre moribond et nauséeux parce qu’il est fourbe et artificiel ; même si cela n’y changera rien, au moins, la pièce se jouera sans notre participation, mais pas sans que nous ayons posé notre mépris et notre dégoût – elle est déjà écrite mais d’autres échéances permettront, avec un peu de foi, beaucoup d’efforts et de patience, ainsi qu’un vaste travail de désenfumage, de casser ce cycle.

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Le piège « Alter-kozy »

La perversité consiste à faire de Sarkozy l’ennemi et leurrer qu’en « virant Sarkozy », naturellement tout ne sera pas réglé, mais la France retrouvera un calme intérieur et surtout, que les politiques antisociales engagées par Sarkozy se stopperont. Au contraire, elles trouveront leur point d’orgue, la crise et la dette publique servant un discours « pragmatique » frauduleux.

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L’ennemi reste dans la maison ; c’est un néolibéral qui en chasse un autre. Qu’il le soit viscéralement ou qu’il le soit par la force de ses alliances, de ses réseaux et des logiques qu’il accepte. La situation continuera à empirer, car celui-là aussi, comme tant d’autres autour des grands partis mainstream, est dans l’acceptation et la résignation devant les règles du jeu.

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Nous sommes totalement, à cet instant, dans l’entretien de l’illusion du démocrate tout beau tout neuf, surgissant après le vil conservateur (c’est le piège éternel de  »l’alternance » conçue par les libéraux-bourgeois – ou, si vous préférez, par les néolibéraux et leurs assistants ou observateurs). En quelque sorte, Hollande est notre Obama. La région France est un peu plus paupérisée, alors vous excuserez l’écart de prestance… Nous nous replions donc sur le petit gros rigolo fait maison, en attendant de trouver plus  »cool ». 

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En marge… Comment ont voté les Zogarokéens ?

Les chiffres sont naturellement très différents de ceux issus des suffrages citoyens ; les Internautes sont souvent en rupture avec les schémas politiques ou avec les leaders habituels ; ce Blog fait de la politique un sujet-phare et  »se range » en prenant parti ; les petits candidats, peu mis en valeurs dans les médias traditionnels, compensent avec Internet ; enfin, les mélenchon-marinistes sont plus nombreux sur le Net, parfois même ont tendance à bourrer les urnes.

Sans surprise, les deux candidats des grands partis mainstream n’accèderaient pas au second tour avec les Zogarokéens ; ce sont même les seuls à se situer en-dessous de leur moyenne nationale. Marine Le Pen est largement en tête (24.61%, soit +38% que ses 17.90% en France) mais pour autant, Mélenchon (19.16%, soit +72%) et même François Bayrou (13.51%, soit +48%) sont davantage sur-représentés). Ce dernier a été devancé dans la dernière ligne droite par Sarkozy (14.87%, soit -45%) tandis que François Hollande est le looser pathétique sur Zogarok (9.13%, -64%).

Les petits voir micro-candidats, c’est-à-dire l’autre moitié, réalisent des scores naturellement très au-dessus de leur niveau réel, grâce à une meilleure reconnaissance et visibilité sur le Net. Ainsi, avec +1.760%, Cheminade est en quelque sorte le grand vainqueur du scrutin Zogarokéen, même si cela ne signifie qu’un modeste 4.40% le plaçant septième sur dix. NDA est le grand champion des  »petits » (5.86%, +327%), ce qui s’est accéléré après son intervention  »choc » du Grand Journal (phénomène validé dans l’ensemble des autres sondages, impliquant critères, popularité, confiance, etc.). Le différentiel est moins exorbitant pour Eva Joly (4.08%, soit +77%) qui fait néanmoins le double de son score national (mais c’était facile). Arthaud a réussi une petite percée (2.30%, soit +410%) assez curieuse, tandis que Poutou fait à peine mieux que dans la réalité (1.57%, soit +37%), ce qui, dans les circonstances présentes, a presque valeur de fiasco.

Zogarok

France

Différentiel

Hollande

9.63%

28.63%

-19.0pts (-64%)

Sarkozy

14.87%

27.18%

-12.3pts (-45%)

Marine Le Pen

24.61%

17.90%

+6.7pts (+38%)

Méluche

19.16%

11.10%

+8.1pts (+72%)

Bayrou

13.51%

9.13%

+4.4pts (+48%)

Eva Joly

4.08%

2.31%

+1.8pts (+77%)

NDA

5.86%

1.79%

+4.0pts (+327%)

Poutou

1.57%

1.15%

+0.4pts (+37%)

Arthaud

2.30%

0.56%

+1.8pts (+410%)

Cheminade

4.40%

0.25%

+4.1pts (+1760%)