Tag Archives: ENFP (mbti)

COLOSSAL **

10 Août

2sur5 Avec Los Cronocrimines en 2008, Nacho Vigalondo a fait une entrée fracassante dans la liste des réalisateurs à suivre. Ce thriller fantastique épuisait remarquablement un concept aux prémisses fragiles. Puis Vigalondo a persévéré dans son créneau des essais décalés voire tendancieux, avec moins de bonheur (Extrarrestrial). Son quatrième long-métrage, hispano-américain comme le précédent (Open Windows, cousin de Black Mirror), confirme les paradoxes du cas Vigalondo : entraînant et pourvu d’une idée géniale, Colossal (sorti, hors-USA, directement en VOD au moment où Okja est livré par Netflix) se crashe en beauté à force d’errer (même si c’est avec aplomb).

Il se déballonne au bout d’une demi-heure, mais de façon saccadée, régulièrement en faisant douter ou compensant habilement. Au départ l’attention se concentre sur le personnage d’Anne Hathaway, jeune adulte indolente et dispersée, extravertie mais improductive et sans volonté, dissolue à la limite de la narcolepsie – accessoirement alcoolique. Le résultat relève clairement de la comédie et fonctionne. La mise en scène garde un recul sans mesquinerie sur la bouffonnerie de cette paumée sympathique. De retour dans le coin de son enfance, elle occupe la maison vide de ses parents – que bien sûr elle ne se soucie pas d’entretenir ; le mobilier lui sera apporté. Gloria ne prend pas d’initiatives, mais a des inspirations et des impulsions ; c’est elles qui l’ont poussée à s’aventurer (et somnoler) ailleurs, épargnant les coréens pendant autant de temps.

Le film a posé le personnage, banal et ‘épatant’, vrai bouffon charmant de feel-good-movie. Ironiquement, c’est la seule chose qu’il aura fouillée et menée à son terme. Il va continuer à étayer sur sa bizarrerie initiale, tourner sur le concept de l’aire de jeu ‘magique’. Sans y ajouter grand chose. Là-dessus il mêle les sentiments et assombrit le propos progressivement, jusqu’à la libération du dernier acte. Il s’affadit en recalant la farce, prend au sérieux des petites choses, d’autant plus insignifiantes rapportées à l’incroyable phénomène. Ni le film ni ses habitants ne se posent la question de l’origine et de l’étendue de ce jeu surnaturel à base de marionnettes géantes – sinon en termes purement pratiques. L’apathie face aux monstres concerne même les victimes : la vie continue presque normalement à Séoul ! Au bout du chemin, seul le moralisme de romcom et de films de post-ados nuance l’approche strictement immanente du film. Un flash-back ‘fantasy’ (lui aussi très typé et même daté) se charge de tout balayer.

L’intensité monte néanmoins avec les pétages de plombs du barman, sa capacité à aliéner Gloria aidant. Colossal se montre alors plus pathétique et inquiétant que torturé. Devenu ‘lourd’ comme un mélodrame il garde un côté gratuit, tenant intact le ridicule – manifeste aux yeux de quiconque refusera de se laisser porter, excusable en tant que contrecoup de la créativité sinon. Heureusement que le style et surtout les intentions sont énergiques jusqu’au-bout ; au moins Colossal sait divertir. L’humour s’exprime essentiellement par les dialogues et est potentiellement ravageur ; le cynisme jubilatoire est tout près, mais la barrière n’est pas franchie – question de tempéraments à privilégier (pourtant, il y avait de la matière vu la variété de lâchetés des trois hommes d’Hathaway). Mais le clash de monstres vite réglé en guise de final enferme le film dans ses vices ; il sait bien relancer et se perdre, il sait rejoindre les formules conventionnelles et éventuellement spectaculaires, mais il n’a que la fuite en avant pour rester debout.

À terme Colossal devient incohérent au-delà même de ses tendances ‘random’. La résolution bancale en suit d’autres plus petites. Gloria réalise que son ancien ami se comporte si horriblement car il se détesterais à cause de sa médiocre vie présente ; mais alors pourquoi a-t-il déclenché le mal dès leur enfance ? Avec le lot de flottements et d’angles morts contenus par le film, on pourra toujours se rattraper, expliquer, chercher de justes contorsions entre les lignes – alors que le film lui-même est sans subtilité. Il n’y a pas à blâmer des Fast and Furious débiles mais efficaces et encore moins Pacific Rim après ça (ou alors pas trop fort).

Note globale 52

Page IMDB + Zoga sur SC

Suggestions…

MBTI-Enneagramme : Hathaway joue une ENFP 9w1 carabinée. Son amant du début a une attitude IJ extrêmement prononcée (il est probablement ISTJ).

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

Note arrondie de 51 à 52 suite à la mise à jour générale des notes.

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ELISA ***

24 Déc

4sur5  Jean Becker a tendance à diluer la force de ses récits par un trop-plein de moralisme masqué et de figures sociologisantes à la petite semaine. C’est notamment ce qui a rendu son Deux jours à tuer tellement vain ; le désir de raconter des « tranches de vie », de faire  »authentique » est si évident que les personnages et toute leur trajectoire se soumettent à des velléités de concierges jouant les intellos, ou inversement.

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C’est aussi la raison du charme de son œuvre ; elle emprunte à toutes les imageries d’Épinal pour engendrer des produits caractéristiques, enjoués et foncièrement  »réels », à l’instar du Crime au paradis ou des Enfants du marais. Élisa ne s’inscrit pas dans cette lignée de romans bucoliques à la française, mais le film se bâtit étroitement sur un mythe hexagonal, Serge Gainsbourg auquel donne un nouveau corps Philippe Léotard, tout en consacrant (voir anticipant) l’heureuse déchéance de Depardieu, plus humain assumé en ogre.

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Élisa se concentre autour de la quête de Marie (Vanessa Paradis), enfant de la DDASS à la recherche de son père. Envenimée par ses monologues intérieurs (des bribes de Lautner dans la tournure), cette aventurière impulsive et paumée est aussi une observatrice désabusée, de sa propre condition et celle des Hommes. Ces deux façades de sa personnalité sont en interaction permanente ; un équilibre par défaut, en attente d’une vie meilleure, de rencontres ou d’illuminations qui feraient tout basculer. Ou des retrouvailles avec sa source organique, donc avec le sens de sa vie.

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Pour envelopper cette poursuite existentielle, Élisa prend la forme d’un road-movie urbain, auprès de la société des déclassés et des peuples de la rue. La rencontre Paradis-Depardieu, ambiguë, troublante et régénératrice pour les deux personnages, est la pièce maîtresse du long-métrage ; tout le reste, même au plus intense, n’est que figuration ou accompagnement de circonstance, l’urgence de Marie imbibant le film et le spectateur.

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Naturellement, les autres destins sont touchants, du cinquantenaire onaniste désespéré à la gamine négligée et indécise, mais aucun n’est aussi borderline que celui-là, entre exaltation et vertige devant le néant, entre nihilisme et frustration de jouir d’une liberté si hypocrite.

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Fable sur la métamorphose d’une no-future pas décidée à lâcher-prise, gros succès public et critique, Élisa e été un accélérateur pour la carrière de Vanessa Paradis. 

Note globale 76

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MBTI : Vanessa Paradis est une ENFP au Fi marqué. Ses grands-parents sont la caricature de Si dom pathologiques (grand-père ISTJ acrimonieux, grand-mère ISFJ dépendante et insipide). L’espèce de vieil apothicaire du début est un INTJ, version pantouflarde et tatillonne mais aussi plus mystique que la moyenne. La mère, Elisa, est vraisemblablement ENFJ, manifestant un tempérament Fe-N lors des rares moments où elle intervient. 

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Page Allocine

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SÉANCES EXPRESS n°14

27 Août

Trois films :

> Soeur Sourire*** (65)

> L’Enfant Lion** (53) 

> Manhunt** (44)

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SOEUR SOURIRE ***

3sur5 Évocation de la femme derrière le mythe improbable et éphémère, le film de Stijn Coninx ne s’apprécie pas pour des raisons cinématographiques. La mise en scène est impeccable mais sans ingéniosité ; la maîtrise narrative est totale mais relativement terne. L’œuvre en elle-même n’a pas l’imagination et encore moins l’intrépidité de son sujet. Mais justement, c’est un film qui s’efface derrière son sujet ; la forme est seconde, l’émotion fait tout. Sœur Sourire, alias Jeannine Decker, est de presque tous les plans. Sous les traits de Cécile DeFrance, elle illumine l’écran, le déborde même, d’ailleurs le film tout entier, à l’instar de l’environnement concret de l’héroïne de fiction, semble poursuivre cette femme qui va plus vite que son ombre. Souvent pour tourner en rond.

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Tout converge autour de l’agitation et des rêves de cette gamine androgyne et ivre de vie. Le film se décompose en deux grandes parties : dans la première, sœur Sourire est une rebelle au couvent, dans la seconde, c’est une émancipée paumée et une starlette factice en tous points. Dans un premier temps, face à l’institution religieuse à laquelle elle se livre pour rompre avec les plans d’avenir de sa famille, Jeannine est confrontée au dogmatisme (surtout apparent) et à la dureté de vieilles gardiennes empruntes d’un esprit militaire et d’un amour de la hiérarchie.

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La confrontation de cette écorchée vive bourrue et affectée à un institut castrateur, exigeant et rigoureux est révélatrice d’un paradoxe. En effet, tout ce temps ou Sœur Sourire regrette son sort, elle s’en accommode pourtant, peut-être pour gagner du temps, à moins qu’elle soit trop absorbée. Si elle est venue au couvent, c’est pour assouvir un besoin d’émancipation tout en restant prisonnière, dépendante, enfant. Il s’agit d’être une sale gosse tout en étant loyale, cadrée, bref, d’être dominé pour simuler la rébellion tout en espérant la croissance. Ce n’est pas une attitude de rebellocrate ; c’est celle de quelqu’un d’étranger à sa propre vie, voir à son propre corps. Il y a donc, avec la foi, l’occasion d’un épanouissement, de satisfaire la quête de sens pour gonfler sa vie, l’extirper d’un chaos informel (le trop-plein de traumas, de souffrances et de pesanteurs conduit au chaos créatif, à l’incapacité à « être »).

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Puis la créature accepte une pleine émancipation et les risques de la liberté. Elle expérimente une gloire bizarre, inappropriée par rapport au marché, au public aussi, mais presque finalement à elle-même. Elle se perd souvent, revient aux mêmes endroits tout en empruntant des chemins similaires. C’est son paradoxe : touchante parce que son attitude est un mélange de candeur et de brutalité, Jeannine/Sœur Sourire reste toujours une imbécile et une page blanche, donne toujours le sentiment de n’avoir rien fait de concluant de sa vie ou de survoler ses échecs et ses réussites. Cette petite fille effrontée et pleine de bonne volonté a tout pour rendre addict d’autres égarés mieux lotis, mais aussi pour agacer profondément. Et c’est là le tour de force du film.

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Coninx, réalisateur aux productions rarissimes et essentiellement tournées vers l’univers religieux, prend son sujet à bras-le-corps. La force et faiblesse ultime, c’est que son film ne vit que par et pour son personnage. Il est donc intense, curieux et passionnant, mais bref à tous les degrés. Qualifier Sœur Sourire de téléfilm serait mesquin mais logique : c’est un portrait sage et nuancé, appliqué, à échelle humaine, s’achevant sur un angélisme doucereux. Il n’offre rien que de l’emphase à volonté, mais c’est sans mièvrerie et avec une franchise déconcertante. Dans le même contexte et avec un personnage moins borderline, le film n’aurait été qu’un téléfilm lisse et affligeant. En l’état, c’est une aventure aimable pour des motifs irrationnels, pour une pureté éthique et certainement pas pour sa banalité esthétique.

Note globale 65

Page allociné + Page CineMovies   + Zoga sur SC

En écho à un des axes du Blog et parce que c’est trop criant : sœur Sourire a toutes les caractéristiques d’un ENFP dynamité par l’ennéatype 6 (plutôt 6w7).

Note arrondie de 65 à 66 suite à la mise à jour générale des notes.

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 L’ENFANT LION **

2sur5  Entre le reportage et le conte décousu, L’Enfant Lion est une sorte de roman-photo tissé à partir de réminiscences personnelles, de métaphores empruntes d’un bon sens traditionnel. Le film s’adresse à tous et pas nécessairement à un public familial ; néanmoins, c’est les plus jeunes qu’il séduira en priorité. Ceux-là se plongeront plus facilement dans l’aventure, retrouvant une part de leurs aspirations ou de leurs petits fantasmes dans cette rencontre entre un enfant et la vie. Il y a bien sûr les interactions avec les lions, mais aussi avec la nature sauvage que l’enfant expérimente, percevant sa beauté et sa dureté, sans peur ni préjugés, mais simplement avec des yeux avides et, même si c’est mal joué de la part du jeune acteur, un état d’esprit effronté.

Un peu à la façon de Il était une fois dans le Bronx dans un tout autre monde, c’est l’histoire d’un gamin perdu oscillant entre schémas traditionnels et sécurisants et appartenance à une famille d’élection. La construction du film se calque sur la croissance du garçon, dont le développement personnel et la relation avec les lions sont interdépendants. C’est une amitié édifiante, formatrice qu’il hissera toujours au-dessus des autres. Autant dire qu’il y a une large dose de bons sentiments roudoudous et un défilé de félins d’amour, au milieu desquels s’incruste une grandiloquence et des rapports de force humains voir sociaux auxquels on ne croit jamais. C’est léger en tous points.

Difficile de cerner les intentions du réalisateur au-delà ; le basculement en milieu de parcours, s’il stimule le récit, paraît très artificiel. Le film semble alors se chercher et a recours à des arguments très prévisibles pour maintenir une narration signifiante. Il lorgne ainsi vers l’ésotérisme, évoque un peu la terre des ancêtres (quand c’est ailleurs, c’est toujours magnifique, synonyme de sagesse et de paix)… Tout cela ressemble fort à du remplissage : manifestement, Patrick Grandperret s’est laissé aller à l’inspiration, à des bribes réminiscentes, mais il donne l’impression de tourner en rond. S’il avait tranché pour une radicalité formelle, alors ces vibrations internes qu’il communique auraient pu encore pleinement s’épanouir ; en l’état, L’Enfant Lion est presque parasité par son scénario. Pour le meilleur, c’est donc un film sensoriel à la candeur brute, ou l’Homme est à la hauteur de la Nature, s’inspire et compose avec elle.

Considéré comme une référence dans le petit monde d’un certain cinéma  »humanimal » (façon Deux Frères, etc.), L’Enfant Lion est un joli film, parfois sensuel, souvent mignon, mais il ne dépasse pas le cadre de l’honnête divertissement à savourer un après-midi ou on se trouverait en mal d’évasion. 

Note globale 53

Film de Patrick Grandperret (France, 1993)

D’après le roman de Réné Guillot

Page allocine & IMDB, fiche arte  + Zoga sur SC

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MANHUNT **

2sur5 Produit norvégien d’une impressionnante normopathie de genre, Manhunt (situé dans les 70s) joue du cliché à un point de ringardise sincère confinant à l’anachronisme. Ses hippies en quête d’osmose décroissante ou ados attardés, avec leurs tensions bidons et leurs caractéristiques grossières, sont épuisants. Ils ne sont qu’un intermédiaire avant le rayon trash, où le chaland retrouvera les traditionnelles gueules d’atmosphère de ploucs mutiques et autres incohérences bien glauques. Naturellement, les personnages passent comme si de rien n’était devant des mystères ou bizarreries pachydermiques, prennent un laissé-pour-mort pour un clochard ayant élu domicile dans les WC…

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Un paradoxe retient pourtant. Ce n’est pas la chasse à l’homme engagée aussitôt passée la fastidieuse première demie-heure. Si le scénariste (Patrick Syversen) est vraisemblablement un gros beauf, le metteur en scène (Patrick Syversen) a du style. Manhunt est foncièrement désuet (sauf peut-être dans son troisième quart, plus intense), mais brillant d’un point de vue esthétique. Avec ses bois vallonnés à pertes de vues, il s’approprie un cadre rêvé pour poser un climat horrifique. La douceur des lieux, la sensation d’éternité et de finitude, de mort suspendue : ce paysage désenchanté, serein mais mortifère, semble naturellement appeler la violence.

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Le  »keylight », c’est-à-dire le filtre façonnant la lumière principale, habille le décor d’une chape de brume stylée et poisseuse. Cette atmosphère chromatique renforce la sensation d’immersion dans une terre abandonnée aux hordes sauvages, où les créatures de l’imaginaire peuvent se loger, où les pulsions réprimées dans le cadre de la Civilisation peuvent ici se défouler.

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Néanmoins, c’est un univers en vase-clos et l’imaginaire à l’œuvre est lui-même minimaliste et totalement emprunté. Jusqu’au final  »ironique » tout à fait poussif, c’est un gâchis, un survival banal et un peu laborieux, voué à rester dans l’ombre des récents chefs de file comme Détour mortel. Ses plans-séquences sur les instants de transition vers la mort en atteste : Manhunt ne sert que comme exutoire complaisant, rendu un peu intrigant au moment seul où il flirte avec l’érotico-snuff.

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Sorti en direct-to-video, ce nanar poli et raffiné a pourtant su attirer l’attention des adeptes de cinéma de genre, au point que son auteur a été produit aux US. Mais avec son film de zombies Prowl, il semble plombé pour longtemps. Gageons que personne n’ira le rechercher. Il aurait pourtant beaucoup à apporter dans un film où il n’aurait à se concentrer que sur le climat et déléguerait la mise en scène et l’écriture à d’autres.

Note globale 44

Interface Cinemagora  + Zoga sur SC

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DEXTER*** – SAISONS 5 & 6

10 Oct

DEXTER – SAISON 5 ****

4sur5  La saison commence commence sur Dexter sans Rita, situation vite balayée et compensée. Place à une période ouverte : dans les premiers épisodes, Dexter semble dans une phase de déambulations hagardes plutôt que de transition. Il continue les meurtres tout en se cachant derrière son  »code » sentencieux ; il gère sa vie de père célibataire réduite à son seul enfant (les deux premiers de Rita l’abandonnant) ; il ne prend toujours aucune responsabilité sur sa vie (hors-meurtres) et se repose sur sa sœur et une nounou (au final, il sera resté indéterminé sur l’éducation du bébé, Harrisson)… Puis surtout il s’entiche malgré lui de Lumen, une victime tirée des griffes d’un lunaire ramasseur de castors écrasés.

C’est un tournant salvateur ; ce n’est pas que la saison 5 démarrait mal, mais déjà s’installait une routine sans que rien de durable et de déroutant ne perce. Avec Lumen, la trame s’ouvre vers un sordide réseau de vieux copains bourreaux ; un pitsch proche de certains films évoquant le snuff (A Serbian Film, 8 MM…), en moins démonstratif mais avec, par moments, le même sentiment de passer d’un  »autre côté » (façon Blue Velvet) qui toutefois, support audiovisuel oblige, ne sera pas concrètement accompli ; l’effet, lui, est pourtant vif et pénétrant. Entre initiation, confidences, revanche croisée, c’est surtout l’occasion d’une collaboration sous haute tension, dopant largement l’expression de la personnalité de Dexter. Apprentie et confidente, Lumen est la meilleure rencontre pour l’expert de Miami.

A partir du 7e épisode, cette saison 5 devient brillante. L’intrigue est plus complexe mais aussi plus envahissante ; tous les éléments de la vie de Dexter s’entrecroisent et sont dans la nature. Non seulement plus rien n’est « compartimenté », mais en plus tout peux céder au moindre battement de cil de travers. Autour du commissariat et de l’univers privé des personnages, des intentions de l’ombre se révèlent, au point que Debra se rapproche de la vérité sur son frère… Les degrés de simulation, de réalité masquée ou de l’ombre, se croisent dangereusement et comme dans la saison 2, la majorité des affaires lourdes gravitent autour du Passager Noir… La saison 6 devra être celle de la fêlure et des confrontations. La compartimentation a beaucoup vacillé ici, certaines lignes doivent céder. La saison 5 a trop flirté (et avec brio) avec les frontières pour repousser encore.

En outre, comme le suggérait les pistes de la saison 4, nous avons à faire à un Dexter plus entreprenant, se  »lâchant » sur le plan sentimental, se découvrant humain et empathique, dépassant le code pour découvrir la valeur des gens ou des choses. Il sort de sa solitude, prend des risques, dépasse ses limites…

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Diffusion inédite : Septembre 2010

Origine : USA – Showtime

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Page Allocine

Page Metacritic

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DEXTER – SAISON 6 **

2sur5 Une nouvelle amitié pour Dexter et une poignée de fanatiques religieux offrent l’occasion de disserter sur la religion, à l’heure ou le tueur en série le plus apathique de l’Histoire de la télévision se soucie d’inculquer des valeurs à son fils, d’incarner un rôle et proposer une image sociale et paternelle positive et édifiante. Vous n’y croyez pas, vous avez raison : si la relation de Dexter Morgan avec un pasteur ex-taulard est une vraie bonne surprise, le propos prête à sourire et les élans introspectifs émaillant les paroles du papa-killer ne fonctionnent jamais, achevant de désamorcer toute puissance dramatique.

Fait déterminant pour la série : Debra se retrouve propulsée à la tête du département. Mais le costume de lieutenant est trop grand pour elle, son tempérament trop instable, subjectif et impulsif et le duel au sommet de la hiérarchie du district, face à une Laguerta en pleine ascension, joue en sa défaveur. En conséquence de ces renouvellements, le groupe paraît plus éclaté, l’ensemble plus petit et informe et très vite la nécessité d’un retour, ou au moins de l’induction de nouveaux éléments, se fait sentir. Elle trouvera de piètres réponses, avec un nouvel expert gauche et une nounou sous-exploités.

C’est une équipe qui entame sa période de déclin ; pour les personnages au cas par cas en revanche, les opportunités et les changements intimes se multiplient. Cette incertitude, toutes ces conversions, semblent au départ engendrer un dynamisme, presque une certaine fraîcheur, un stress différent. Tout ceci réduit le recul des personnages sur eux-mêmes et du spectateur sur un univers qui lui échappe de plus en plus. Malheureusement, les auteurs sont aussi floués que leurs créatures, avancent à l’aveuglette, sans gouverne ni coup d’avance et bientôt, l’atmosphère devient engourdie, les mécanismes s’essoufflent et parodient non pas la série, mais le genre du thriller en lui-même (10e épisode consternant).

Contrairement à la saison 5, d’abord titubante puis brillante au point de fournir des épisodes parmi les meilleurs de la série, la saison 6 s’empêtre dans les effets mais est dépassée par la routine et confond grandiloquence et trivialité. Recyclant à outrance, elle saborde les fondamentaux ; ainsi la matérialisation du fantôme du père est poussée à son paroxysme et Harry s’asseoit à côté de Dexter, vit avec lui… Cette proximité annihile toute la puissance dramatique déjà largement entamé ; l’apparition n’est plus convoquée comme un ange gardien aux précieux conseils, mais comme un compagnon d’infortune, une vieille manie dont on a oublié les raisons.

Cumulant les frasques gores types Seven revival, Dexter va jusqu’à lorgner vers le buddy-movie branquignol, ressuscitant le frère du personnage éponyme, le Tueur de Glace de la première saison. Le ton est maladroit, le portrait hésite entre ange maudit hédoniste et acolyte sentencieux ; les interactions sont sans intérêt, les motifs de la présence sont obscurs, sans doute prépare-t-elle un terrain futur, mais au terme de la série, rien ne le suggère.

A partir de là, c’est le naufrage total. Dexter ressemble de plus en plus à un thriller audiovisuel cheap, une série B cachant sa peine derrière des accents baroques pachydermiques. Malgré un charme certain, la série patauge et se couvre de ridicule notamment lors d’un retournement de fin de saison (final du 6.09) au machiavélisme des plus désuets et téléphoné. Les mystères ringards se déploient à outrance (mention spéciale à Laguerta, dont le personnage se dégonfle totalement) et étirent un suspense mort-né, trahissant une sécheresse créatrice, assénée tant bien que mal comme une sorte d’ivresse trash. C’est encore sans évoquer des invraisemblances et des  »ouf-il-s’en-est-fallu-de-peu » en rafale que même McGyver n’aurait pas su résoudre (dénouement du 6.11 absolument inadmissible). Un manège sympathique mais un logiciel nain.

Après avoir pu consommer le pire fragment de la saga, les américains découvrent en ce moment-même la saison 7 de Dexter (lancement le 30/09). La série est encore prolongée sur deux saisons. Il est donc temps d’impulser une transformation dans le programme et les mœurs du personnage. Si quelques-uns passaient de l’autre côté, avec Dexter, la série pourrait prendre une direction inouïe (ou bien que ce soit pour lui soit la chute, soit la fuite, soit les collaborations légalistes au-delà du Bien et du Mal) ; elle peut aussi s’échouer lamentablement et esquiver le renouveau et les péripéties qui pourtant semblent tenter ses auteurs. 

Diffusion inédite : Septembre 2011

Origine : USA – Showtime

Page Allocine

Page Metacritic

Classement saisons : 4-5-2-136

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Ennéagramme-MBTI : Laguerta pure ENFJ 3w2 (so ou sp ?), le type le plus flagrant et une représentation paroxystique de cette combinaison. Face à elle, Debra, la sœur de Dexter, est une ENFp 6w5 (sx) et une 6 contre-phobique évidente. Dexter lui-même est vraisemblablement 5w6 ; IT exacerbé, il est plus difficile à définir au-delà et ne semble pas être l’INTJ que la plupart prétendent, les ITP (et même l’ISTJ) correspondant mieux.

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TYPOLOGIE DES CANDIDATS 2012

6 Mai

Prévu depuis le lancement du Blog, cet article est l’occasion d’ouvrir la catégorie « Sociologie au Burin », dont les typologies et en particulier celles du MBTI sont des éléments décisifs (et seront définis plus précisément plus tard).  Article absolument ludique et sans doute superficiel, mais le sujet ne tient pas de la farce pour autant : il s’agit de dresser des hypothèses à parti de modèles et de présentations succinctes.

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Le MBTI est le maître et la référence la plus crédible de toutes les échelles de mesure de profils ; l’Ennéagramme est moins sérieux, ses origines sont même relativement floues voir ésotériques et les types proposés assez caricaturaux (au moins a-priori). Pour l’Ennéagramme, l’intérêt est surtout dans l’établissement de combinaisons, de correspondances ; plusieurs types peuvent former un portrait, abstrait mais significatif. Avec le MBTI, il est davantage question de comportement, d’attitude, de mode de fonctionnement.

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A noter que Slate a diffusé récemment un article sur le même thème (MBTI seulement) – néanmoins, les diagnostics MBTI ne sont pas tous ceux que vous trouverez ici (certains, comme pour Bayrou, m’ont même étonné). Retrouver ce sujet sur une plateforme aussi vive et pédagogue est une excellente surprise ; en revanche, on peut regretter qu’il y manque un argumentaire pour justifier les attributions… et que les « experts » non-cités sont probablement issus de l’avis général des internautes et amateurs, d’ailleurs les profils-types peuvent être déduits spontanément en raison de leur évidence, chez certains personnages en portant tous les traits (c’est le cas de Nicolas Sarkozy en particulier).

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Présentation rapide des deux modèles (liens pour en savoir plus), sur lesquels le Blog reviendra probablement à d’autres occasions (pour le Cinéma notamment), puis application au cas par cas pour les dix candidats.

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MBTI

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4 critères définissent le test de Myers Brigg :

* I/E (Introverti/Extraverti) = l’introverti s’épuise au contact des autres, l’extraverti gagne à être en société, il est dans son élément

*  N/S (iNtuition/Sensation) = les intuitifs comprennent à partir de la déduction, de l’extrapolation, de la généralisation ; les sensitifs se fient à l’expérience et au bon sens, à leurs acquis plutôt qu’à la théorie

* T/F (Thinking, Penseur/Feeling, Affectif) = les penseurs prennent leurs décisions sur la base de critères rationnels et objectifs ; les types sentimentaux ne sont pas nécessairement « émotionnels » ni grégaires, mais tendent à minimiser le raisonnement logique au profit de considérations soit humaines, soit passionnelles

* P/J (Perception/Jugement) = les perceptifs évitent de s’engager ; les « jugeurs » sont organisés, se fient à des critères qui sont souvent ceux de la société, savent généralement ce que sera leur futur proche et leur avenir lointain

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Tempéraments à l’épreuve de la pratique sportive, ainsi que dans le rapport au Monde en général (adaptabilité).

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4 grandes familles (descriptions caricaturales) :

* NT, les Rationnels (xNTx) = c’est la famille la plus rare (environ 10%), la moins sociable et la plus axée vers la théorie, la quête de connaissances, de compétences et de compréhension. Tout passe par la pensée ; l’analyse, la logique, jouent un rôle fondamental au quotidien. Ce groupe est orienté progrès et peut, au contraire des SJ, passer outre les traditions ; mais le souci du travail, de la découverte et de l’intelligence les séparent des SP, alors que le relativisme côté valeurs et la priorité accordée à la logique les dissocie des NF. Souvent des scientifiques, philosophes.

En savoir plus : 16types.fr

* NF, les Idéalistes (xNFx) = les standards éthiques, les valeurs culturelles jouent un rôle décisif pour les membres de ce groupe (entre 15% et 20%). Des idéaux élevés, des buts nobles via lesquels ils pourront s’extraire du marasme et de notions matérielles et affirmer leur identité sont les sujets de préoccupation essentiels de la vie des NF. Souvent des enseignants, journalistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SP, les Artisans (xSxP) = catégorie la plus exubérante, la plus spontanée et la plus « bruyante », c’est celle des esthètes, des hédonistes et des amuseurs (25% à 35%). Ils sont orientés solution et ont un bon sens pratique, mais leur faculté d’adaptation à la nouveauté est plus limitée que pour les précédents. Ce sont les plus instables mais aussi les meilleurs « vivants » ; avec les NF, c’est chez eux que se retrouvent les Artistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SJ, les Guardiens (xSxJ) = groupe le plus répandu (autour de 45%), c’est celui des « conservateurs », de ceux qui assimilent les règles, les structures et les contraintes sociales et sont naturellement portés à en reconnaître la valeur. Aptitudes logistiques, managers, protecteurs aussi. Ils peuvent être rigides, se mettre des ornières, ne pas voir ou accepter le changement.

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En savoir plus : 16types.fr

L’Essentiel :

– les caractéristiques définies par E/I et  P/J sont relatives aux attitudes. Les deux autres sont plus « viscérales » et profondes, décisives pour le fonctionnement.

– chaque type implique les quatre fonctions-clés ; le modèle estime ainsi que tout Homme est à la fois Penseur et Affectif, ainsi qu’Intuitif et Sensitif ; les niveaux d’introversion ou d’organisation (pour aller vite) s’appliquent à ces 4 notions.

– Par exemple, un NT sera d’abord Intuituif (N) et Penseur (T) ; il ne fait appel à ses aspects de Feeler (F) ou de Sensor (S) qu’en de rares occasions ; cela lui demande un effort, lui apparaît contre-nature, nouveau ou dérangeant. L’introversion et l’extraversion se calque ensuite là-dessus : un NT introverti, par exemple l’INTJ, est d’abord N (Intuition Introvertie – Ni) avant d’être T (Penseur extraverti – Te) – ou IN et TJ.

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ENNEAGRAMME

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9 types, en substance (liens vers des descriptions pour cerner plus vite)

* type 1 – l’Idéaliste, le Perfectionniste : Ennea.com ; CCE ; Moncoach ; EIP  ; EnCo

* type 2 – l’Altruiste, le Romantique : Ennea.com ;  CCE

* type 3 – le Battant, le Magicien : Ennea.com ; CCE

* type 4 – l’Artiste : Ennea.com ; CCE

* type 5 – L’Observateur, l’Expert : Ennea.com ; CCE

* type 6 – Le Loyaliste : Ennea.com ; CCE

* type 7 – L’Optimiste : Ennea.com ; CCE

* type 8 – Le Leader : Ennea.com ; CCE

* type 9 – L’Affable, le Médiateur : Ennea.com ; CCE

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– ces types sont issus de trois Triades : Emotionnelle, vivant selon le ressenti, le rapport aux autres, l’image (types 2-3-4) ; Mentale, se fondant sur la réflexion, la logique, la créativité et la planification (types 5-6-7) ; Instinctive, fidèle à ses tripes, à son monde intérieur, à ses convictions ou ses modèles personnels, orienté vers l’action (types 8-9-1)

– à chaque type peut s’ajouter une aile ; par exemple, un Type 8 peut avoir une aile 7 ou une aile 9 ; l’aile 9 le rend plus conciliant, plus modéré, plus porté au retrait ; l’aile 7 le rend davantage anticonformiste, agressif, entreprenant

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– Pour en savoir plus :

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_type_de_personnalite.htm

http://www.enneagramme.com/Theorie/9_types.htm

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_dossier.htm

– Pour déterminer votre profil :

http://www.enneagramme-envolutif.com/formation-enneagramme-test.html

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MARINE LE PEN = ESFP – 6aile7

MBTI : ESFP ou ENFP

L’hypothèse ESFP s’impose avec évidence, pour la gouaille et le tempérament bouillonnant, par endroits presque « boute-en-train » du personnage, pour la simplicité du ton aussi. Mais son brio dans les débats, sa capacité à allier des concepts ou des idées complexes avec spontanéité font pencher vers le « N », de même que ses facultés d’oratrice. Par ailleurs la capacité de MLP, plusieurs fois démontrée, à faire tomber les masques de ses interlocuteurs (d’un point de vue psychologique) et à saisir ce qui n’est pas dit au-delà même des arguments, d’une gêne ou d’une colère patente, peut être autant comprise comme une caractéristique décisive du « Se » (rien ne lui échappe dans le présent) que du « Ne » (faculté à tisser des liens dans l’environnement et l’ambiance). Très réactive, imprévisible et charismatique, comme l’est l’ENFP de papier. « ExFP » de toutes façons, le type des comédiens, des exubérants et des leaders ou pédagogues hauts-en-couleur.

Il y a une deuxième hypothèse qui peut maintenir le doute pour MLP, c’est l’ESTJ : contrairement à Mélenchon qui en adopte parfois une « persona » grossière, c’est structurel dans le cas de MLP. En effet sa tertiaire Te (la Pensée Extravertie) est de plus en plus investie, en réponse probablement à la récente accélération de sa carrière. Cette énergie Te était clairement noyée sous les deux fonctions dominantes (Perception Extravertie et Sentiment Introverti) il y a une décennie.

Enneagramme : 6, 7, 3

Loyale, dynamique, avec un côté borderline ostensible qui n’entame rien de sa combativité, voir de sa témérité. Les événements de sa vie personnelle pourraient en avoir fait une des « contre-phobiques »  souvent cités pour évoquer le Type 6 (qui tend à se laisser dominer par ses peurs, ou les surmonte avec aplomb et souvent excès). On peut parler, dans ce cas, d’optimisation maximale et magistrale du type.

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NICOLAS SARKOZY = ESTP – 3aile2

MBTI : ESTP

Comme Chirac et Berlusconi. C’est un type imprévisible, irréfléchi ou incohérent dans ses actes en surface, mais se fiant à son cadre interne (Ti – Pensée introvertie) pour décider et agir vite (Se – Sensation extravertie). Il aime les biens matériels, le clinquant, cherche la reconnaissance, le feu des projecteurs ; c’est un dominant naturel. Il vit sur le moment présent, est doué en général et en particulier pour l’improvisation ; il s’adapte en toutes circonstances, sauf s’il est compromis et ne rate jamais une occasion de se mettre en avant. Il aime les plaisirs terrestres surtout ; Sarkozy est l’ESTP, dans une version plus assumée que Chirac et plus « narcissique » que Berlusconi, lequel portait carrément toutes les outrances « sensorielles » du type (potentiellement le plus jouisseur, hédoniste et cynique).

Enneagramme : 3w2, 8w7

Sarkozy est vraisemblablement 3aile2 (le type de « la star », du Battant tendant ici vers l’instinctif), ou bien oscille entre 8 et 7 (8 aile 7 ou 7 aile 8). Sa gloutonnerie, son déni face au réel, la force physique dont il a pu faire preuve abondent en ce sens ; sa fuite de la faiblesse (trait fondamental du 8) ressemble beaucoup à la quête d’admiration et l’identification à un rôle (pratique spontanée du 3). La recherche de compensation, l’égo surgonflé, évoquent généralement les types 3 & 8 et Sarkozy incarne tout à fait ce qui les relie. La fausseté, le vide transparent de l’homme, son aptitude à s’adapter aux publics auxquels il fait face, sa façon de se mettre en scène, font cependant pencher plutôt vers le type3 (là encore, à l’instar de Chirac, qui oscillait lui plutôt entre 3 et 9).

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FRANCOIS HOLLANDE = ESFP – 7aile6 (ou 9aile1)

MBTI : ESFP ?

Peu d’intérêt sur ce profil, pas grand chose à creuser, pas d’angle d’attaques prégnant ou stimulant (comme pour le reste d’ailleurs). Hollande serait ESFP a-priori et est généralement typé comme tel. Néanmoins il y a trop d’éléments contradictoires à son sujet et en même temps peu de traits saillants ; il est donc difficile de cerner le personnage, à moins qu’il soit aussi dissocié qu’il en ait l’air.

Enneagramme : 7, 9, 6

Hollande est souvent perçu comme un 7w6 et il en est médiatiquement la caricature. Optimisme, bonne humeur, entrain définissent le type, plus encore avec cette aile ; c’est aussi, en grossissant le trait encore avec les comportements les plus récurrents, un bon communicant, mais un piètre leader et un dominateur peu crédible. Le 7aile6 peut être un bon chef d’équipe, approuvé d’ailleurs et populaire surtout, mais on ne lui fait pas confiance en cas de crise, ou on chercherait quelqu’un de plus solide, plus stable ou sérieux. En revanche, il excelle dans les rôles de seconds ou dans le costume du farceur de service. Tendance à s’affadir, à se contenter des acquis, à fuir la réalité, la tâche, l’effort, la remise en question (correspondances entre les types 7 dits ‘malsains/désintégrés’ et 9). Voit et pense à court-terme (être SFP redouble cet aspect). L’aile 6 illustre l’importance accordée au sentiment d’appartenance et par extension, à la conserver sa place au sein du groupe.

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JEAN-LUC MELENCHON = ENFJ – 8aile7

MBTI : ESTJ ou ENFJ

Idéaliste ou Gardien ? Le dogmatisme de Mélenchon est un pont entre ces deux pôles. Le candidat du FDG est considéré comme un ENFJ sur Slate, d’ailleurs peut-être penche-t-il vers le « F » , par idéalisme, ou par pratique (via ses messages et postures politiques), en raison de ce qu’il défend et de la fibre émotionnelle dont il abuse. Par ailleurs, l’ENFJ est le plus prompt des types  »F » à assumer le leadership ; c’est aussi, à l’instar de l’ENTJ pour les NT, le NF le plus disposé à fonctionner comme un SJ. Ce type est celui des orateurs passionnés, des amoureux de grandes causes capables de faire face à la foule en la prenant à témoin (les ENF mobilisent, les INF exposent leurs raisons) ; moins concordant en revanche, l’ENFJ est un type très  »féminin », peut-être aussi le plus réservé, prudent voir timide des extravertis.

Mais on attribue ce type un peu vite – généralement à beaucoup de personnages charismatiques ou flamboyants, marqués « à gauche », prophètes pacifistes ou militants associatifs d’envergure. Sans doute y a-t-il là une volonté de sacraliser et figer un portrait universel de « gourou ». Or l’INFP et l’ESTJ, pour des raisons différentes, peuvent très bien incarner ce gourou.

Ensuite, entre S et N, Mélenchon est dur à définir : il vit dans le présent, réagit au contexte physique -ou aux hommes et femmes qui s’adressent à lui- plus qu’aux idées ou aux débats, perdant parfois de vue une certaine cohérence. Ces caractéristiques indiquent plutôt le Ti-inf et la présence du Se. De plus, Mélenchon fut un grand suiveur pendant de nombreuses années, surtout à l’époque Mitterand (voir son attachement manifeste, parfois benêt, dans les vidéos), une caractéristique plutôt propre aux I, S, F et J (par rapport aux E, N, T et P) : surtout au Fe (fonction dominante ou auxiliaire des types xxFJ). Il ne s’agit pas du tout de dénigrer Mélenchon en lui refusant un type plus convoité ou censément plus noble ; mais Mélenchon est plutôt un gardien des traditions, d’un idéal de gauche et la confusion de l’ENFJ avec l’ESTJ, du NF avec le SJ, se comprend et même se justifie. Il est bien cependant le paroxysme de l’ENFJ masculin [et du NFJ] agressif et têtu.

Enneagramme : 8

Mélenchon est un 8 assez poussif, cumulant beaucoup des traits de ce type qui utilise prioritairement le centre instinctif pour le tourner vers l’extérieur.  

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FRANÇOIS BAYROU = INTP – 9aile1

MBTI : INTP, INxJ ou ISTJ ?

C’est probablement le plus difficile à cerner de tous les candidats (ce qui est sans doute un obstacle pour lui et son MoDem à plusieurs niveaux). INTP pour son non-conformisme, probablement surtout interne, qui émerge facilement mais est souvent floué, en surface toujours, par la culture du consensus, de l’harmonie. L’hypothèse INFJ, sur Slate, n’est pas aberrante, même si elle surprend spontanément : les qualités de pédagogue, le côté « mentor » du personnage renvoient à l’INFJ ; mais l’attitude, réservée et décisive, sied parfaitement aux IxxJ en général. La raideur, l’impression parfois d’observer un pantin hypnotisé par les croyances qu’il récite renvoient à l’ISTJ. Bayrou serait alors un ISTJ assez curieux, pour autant, jusque dans les détails, il épouse parfaitement les structures de ce type.

Enneagramme : 9, 1, 5, 6

A-priori, Bayrou est un « 9 » assez facile à diagnostiquer. Pour des raisons basiques : simplicité du personnage, souci de la neutralité, de la modération, ainsi que pour la sagesse (peut-être un  »6 » intégré ?) ; mais également pour les discours-fleuves, le souci du détail. Bayrou est aussi un « passif-agressif », à tous les niveaux (sur les plateaux, dans son action politique, dans sa façon d’être et de se présenter). Le 9 associé au 1 cumule la résistance aux émotions négatives, à l’adversité et à la violence des deux types ; il induit aussi un certain idéalisme, le désir de préciser (et ensuite, dans une moindre mesure, de communiquer) sa vision du Monde ; il inclue aussi une certaine rigidité, une paresse, une indécision… plutôt qu’une peur, qu’un souci de sécurité, de maîtrise (et d’une stabilité matérielle), propres aux types 5 et 6. Ces deux-derniers sont les opposés du 1 et 9, mais on peut aussi les qualifier de reflet ; par exemple, le 1aile9 et le 5aile6 se font face sur le cercle de l’ennéagramme ; ils tendent à se complémenter mais aussi à s’identifier l’un à l’autre et peuvent simultanément se confondre comme apparaître incompatibles. Bayrou pourrait être un 6aile5 (qui s’identifie, et réciproquement, avec le 1aile2) ; sa solitude abonde en ce sens (à titre privée, celle-ci est délibérée – Bayrou ferait volontairement le vide autour de lui), ainsi que sa loyauté et son attachement à un cadre familial et à des racines géographiques.

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EVA JOLY = INFJ – 3aile4 

MBTI : INFJ ou INFP

Eva Joly affiche les grandes qualités de l’INFJ… et les grands défauts des « IN » en général, communication laconique ou inadaptée en tête. Eva Joly pourrait être INFP, mais les IxFP sont souvent les plus passifs (cependant, beaucoup d’INFP compensent leur « faiblesse » par un masque d’aplomb et de dédain) ; son intransigeance et sa froideur pourrait la faire apparaître comme une « T », mais son mode d’expression (mimiques et phrasé) sont emprunts de valeurs, de références subjectives, d’affects (d’ailleurs la campagne, les propos, les clips, sont « F » malgré eux). C’est plutôt son « J » qui la rend si droite, si (apparemment) dure, si structurée et décisive ; lui aussi qui l’a portée vers le domaine qu’elle a embrassé.

Enneagramme : 3, 4, 1

potentielle 1, pour le côté justicière, pour l’idéalisme aussi, trait qui n’est pas sans rappeler le type 4 (naturellement porté vers les idéaux de gauche). Le goût du combat, le côté workaholic, la ténacité, mais aussi la multiplication des actions sur des domaines contradictoires (concours de beauté, Droit, politique, éthique) renvoient au type 3. L’association à une aile 4 paraît évidente ; elle implique une priorité au mental au détriment de l’instinctif, un sens esthétique plus développé, une plus grande discrétion et un sens de la nuance lorsqu’il s’agit de se mettre soi-même en scène (contrairement au 3w2, le 3w4 n’est pas un profil-type de « showman », il peut même être assez froid et asocial – mais aussi moins outrancier). A noter aussi qu’un Trois accompli ne ressemble pas à un Trois, mais à ses objectifs, ses combats, bref à l’objet de son identification.

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NICOLAS DUPONT-AIGNAN = INTJ – 1w9

MBTI : INTJ

Pour l’aplomb sans fards, l’expertise, la cohérence et une certaine hauteur naturelle. Solitaire sans en souffrir (aspect irrévocablement INT), NDA est porté par ses convictions ; le terme s’applique bien, semble même façonné pour des individus comme lui, poursuivant leur vision du Juste contre vents et marées. Son discours est très établi, la confiance en l’inspiration de l’INTP n’est pas de mise ; avec l’INTJ, les idéaux sont solides et vérifiés (l’INTP est plus porté vers la polémique et l’exploration de concepts que leur revendication).

NDA a ce côté un peu professoral, donneur de leçons qui s’il peut le plomber vu de loin, passe largement grâce à sa virulence sans outrances ; en outre, en parfait INTJ, NDA retient son jugement et ses paroles jusqu’à délivrer le coup fatal. Les légers problèmes de communication (coups-d’éclats de « showman » un peu désuets, mais ça ne le soucie guère) sont typiques, bien sûr des « T », mais surtout des (I)NT(J), largement plus soucieux de fond que de forme, de symboles que d’images gratuites et chatoyantes. Autre caractéristique de l’INTJ : un conformisme de façade, une auto-discipline au service d’un état d’esprit structuré.

Enneagramme : 1, 5, 6

L’ennéatype 1 s’impose rapidement (fixation perfectionniste, colère réprimée éclatant face aux « excès » broyant son sens de la droiture), quoiqu’avec des aspects ‘résonnant’ 5. Un 5 aile 6 dans ce cas, c’est-à-dire un Observateur relativement tourné vers le Monde, actif voir énergique, bien qu’assez difficile à saisir. Les 1w9 et 5w6 sont des types-miroirs.

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PHILIPPE POUTOU = ISFP – 9w1

MBTI : ISTP ou ISFP

Poutou a un profil assez classique de petit lieutenant de la « gauche radicale » ; c’est un SP, il vit dans et pour l’instant immédiat, ne se soucie pas des conséquences de ses actes. Il est fidèle à ses habitudes mais c’est un bon camarade. Plutôt introverti, il a les traits du STP, mais ses prestations ont souvent été curieusement affectives ; le personnage manie très mal la théorie, alors que les STP sont souvent capables d’asséner des convictions arrêtées et structurées.

Enneagramme : 9, 6, 7

Poutou est un 9 typique. Négligé, paresseux, même lorsqu’il monte au front, capable néanmoins de se montrer ponctuellement offensif.