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« CENTRO-HUMANISTES », LES LAQUAIS INDISPENSABLES

20 Mai

Fantômes dégénérés et accompagnants serviles, les centro-humanistes sont les pires planqués car ils sont stratégiquement sur une position réversible ; leur posture se plie à toutes les formes de gouvernements standards tels que les connaissent les démocraties occidentales aujourd’hui. Ils sont libéraux, républicains et démocrates, se glissent entre les étiquettes et affichent des signes ostensibles mais jamais ne s’investissent ou ne montent au créneau (merci à l’UMP ou même au PS d’aller en première ligne – pour mieux être accablé et servir de modèle à contester de l’intérieur).

Ils n’ont aucun parti-pris, prennent les armes de la gauche réformiste pour composer une droite molle (même pas tiède). Ce sont Borloo le pseudo-gaulliste, NKM et son front antinational (pas l’antiFront, l’anti-nation), Bachelot tellement dévorée par sa loyauté à la droite qu’elle doit bien finir par vider son sac, Rama Yade qui se faufile et esquive tout et tous en espérant trouver un tuteur politique…

Les centro-humanistes sont souvent des conservateurs : ce n’est pas conscientisé mais c’est une conséquence de leur rapport à la  »chose publique ». Ils n’ont aucune culture politique. Par exemple, Chantale Jouanno ne parvient qu’à avancer de pitoyables images pour illustrer, en creux, le concept de  »droite » (l’autorité, la sécurité, la confiance…) et ainsi se positionner ; mais cette femme est extérieure à la politique ; elle vient du monde associatif, où elle a sans doute officié avec brio, mais les enjeux tactiques, stratégiques, à échelle nationale et internationale, lui échappent complètement.

C’est ce genre de clowns, de briscards champêtres et cramoisis, ou d’assistantes sociales bling-bling, qui composent un « centre-droit » et une « droite » moderne, qui prend les traits de la gauche sociétale, les tics des libéraux-démocrates, pour se poser à droite et s’implanter là comme une force nouvelle, rénovatrice, alors qu’elle ne fait qu’importer des valeurs, des combats et des idéaux éculés et politiquement corrects, généralement pauvres et superficiels, centristes en tous points.

Mais c’est peut-être avec cette armée d’opportunistes et de passifs que Jean-François Copé devra composer pour arracher l’UMP ou la mener à la victoire dans les prochaines années… La droite mainstream cohérente, unifiée et déterminée n’est pas pour demain.

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LES GAY-FRIENDLY FACON REAC

6 Mai

barjot et gays

Le réactionnaire n’est pas un simple pessimiste, ni un esprit condescendant à l’égard de naïfs présumés, ou un personnage cynique devant le déroulé constant des choses. Il est probablement tout cela mais ce n’est pas systématique et la vulgarisation des notions crée une confusion avec d’autres formes, d’autres attitudes. Il faut aller au sens des mots : et la définition veut qu’un réactionnaire soit le promoteur du passé. Le réactionnaire invoque les vertus d’un temps écoulé, éventuellement en l’idéalisant (quelquefois même en fabriquant des motivations entre les lignes de l’Histoire). Il y a trois postulats : dans le premier, l’époque regrettée porte les solutions aux maux d’aujourd’hui et dans ce cas, nous avons eu tort de nous écarter de ses schémas. Dans une version plus romantique et radicalisée, ce temps révolu est légitime, car il était au plus près de la réalité, d’un ordre naturel ; éventuellement, il rangeait les hommes à leur place. Enfin, la réaction peut être motivée par le refus de la réalité actuelle ou de basculements en cours, sans pour autant qu’un projet pour l’avenir n’intervienne, soit par amertume ou scepticisme, soit par indifférence.

Cette forme réactionnaire-là est plus pragmatique, orientée vers le confort ; l’enjeu n’est pas de maîtriser, mais de soumettre la société à une logique sécurisante et fermée, où une zone de jouissance est maintenue, quand bien même elle induit des souffrances ou une hypocrisie trop flagrante. Ainsi est celui qui se précipite dans les habits de l’artiste maudit ; ou encore le représentant politique issu des classes populaires, parlant en leur nom et les dénigrant de façon complice. Tous s’enferment dans un ghetto psychique leur permettant de cyniquement jouer un rôle social cadenassé, parfois dévalorisant, mais duquel ils tirent une satisfaction personnelle suffisante ; quitte à enfermer, dans leur caricature, ceux qui les rejoignent par l’attribut sociologique, culturel ou idéologique dont ils se réclament.

La garde hideuse d’un christianisme vociférant

Tout le monde connaît le borborygme boutiniste des « amis homosexuels ». Christine Boutin a raison ; elle et ses amis ne sont pas homophobes. Une part est simplement obtus ; il faut se rappeler aussi du magnifique « J’ai une grande capacité de pardon » lâché à l’intention, non pas des criminels ou des délinquants sexuels, mais des gays que Boutin connaîtrait si bien. Il ne s’agit dès lors plus d’affirmer un certain héritage, revendiquer des valeurs, ou même opposer à la ferveur aveugle d’un mouvement progressiste, le principe de précaution et de mise en doute ; non, il s’agit bien d’affirmer un principe théologique dans la démocratie. En confondant la loi et son esprit, le doigt de Dieu et la lune, etc.

Boutin et son PCD (Parti Chrétien-démocrate) sont intrinsèquement conservateurs ; mais son leader est une notable, une notable d’action éventuellement. Il faut comprendre que ce ne sont pas des idées ou une vision qui la pousse, ni même (et c’est plus préjudiciable) des croyances ou convictions réelles. Ainsi Boutin n’a que des combats négatifs – et peut remercier ces pédés, dont elle accueille des exemplaires pour « les vacances », de lui avoir permis de sortir du bois.

Alors que les chrétiens-démocrates classiques, qui ont dominé le centre et la droite modérée pendant l’après-guerre (le parti d’Angela Merkel, le CDU, reste ancré dans cette mouvance) étaient pragmatiques et traditionalistes, mais aussi proches des  »conservateurs compatissants » ; Boutin elle, rejette des valeurs plutôt qu’elle n’en défend. Cette attitude participe d’ailleurs à la déliquescence du christianisme en tant qu’agent social ; indirectement, Christine Boutin amène un dernier petit fagot et exclue la représentation religieuse et sa parole du sérieux politique.

Le confort de l’esclave

Ce qui frappe chez certains anti-Mariage pour tous de la droite littéraire façon Zemmour, ou des activistes apolitiques comme Frigide Barjot, c’est à quel point leur vision du gay est réactionnaire : elle en revanche ne contient plus un soupçon d’homophobie (ou si peu), mais exalte la grandeur d’un folklore et préfère l’homosexuel soit en  »zaza » soit en  »privé », soit en artiste torturé. Ils promeuvent un gay demeurant  »différent », à la marge de la société où il est très bien loti, pour le bien de tous. Un gay non-revendicatif, un fêtard voir une folle amusante, inconsistante et amicale.

Ce qu’ils aiment, c’est un gay liquéfié, pathétique, grossier, prévisible donc manipulable et duquel il n’y a rien à craindre. Ils aiment le pire du gay, car ils ont besoin du pire de tous les hommes, afin de l’instrumentaliser et de maintenir un désordre mesquin ; tout comme les vieux communistes académiques profèrent les louanges d’une classe ouvrière dont ils exploitent et affichent le plus laid et le plus trivial, afin de le garder dépendant et hors-d’état de nuire.

Ils n’aiment l’homosexualité que pour ce qu’elle a de criard et dégueulasse ; tout comme eux-mêmes sont grotesques et répugnants, entre la nonne recalée (et manipulée par Sarkozy) pour sa bêtise et sa mesquinerie ; et la vieille people délabrée et parasitaire.

Alors ils citent les vieilles figures, des auteurs du passé, dont l’homosexualité n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui ; et qui, croyez-le bien, jamais n’auraient adhérés à toutes ces manifestations, voir auraient préférés qu’on les « laisse tranquille », ou encore rejetteraient à leurs côtés les pro-Mariage pour Tous.

Voilà une posture entre nostalgie et fantasme d’un passé parfaitement structuré et ataraxique. Du reste, certains  »gays » s’y retrouvent, ou au moins essaient effectivement d’apporter un renfort ou une voix dissonante en s’opposant à la loi. Ainsi le gay-conseiller de Boutin ou le collectif  »+gay sans mariage ».

Dégénérés opportunistes de toutes les corporations, unissez-vous !

C’est une vision totalement compatible avec celle de Frigide Bardot (qui la rejoint par intérêt et expérience plus que par idéologie ou sens commun). Elle a depuis toujours fréquenté la communauté gay, non pour la valoriser ou l’élever, mais pour la rejoindre et s’adonner avec elle à la cuite et les parades vulgaires.

En effet, c’est là qu’on retrouve de façon paroxystique cette collusion amusante entre  »gay passéiste » et  »gay hédoniste aveugle », communautaire replié et outrancier. Certes, ces derniers ne revendiquent pas tellement, ni ne cherchent un regard spécifique ; en revanche, entre folle réformée, jouissance monomaniaque. Ils sont obsédés par leur orientation bien qu’ils s’en défendent ; et se vivent essentiellement par là. Ils sont tout à fait à l’aise dans un contexte officieusement permissif et officiellement conformiste comme le nôtre (pour n’importe qui, s’il y a sa place, ce n’est pas une mauvaise formule, c’est même une certaine organisation sociale fonctionnelle). Dès lors, qu’ils soient inclus dans la société, sans plus pouvoir être des anomalies de confort est agaçant pour eux. En effet, ils y perdent le seul marqueur de leur consistance, la compensation à leur absence mortifère d’intériorité. La crainte d’être exposé dans le débat n’est rien, par rapport à celle de perdre le plus précieux des acquis : une identité exotique et affranchie, ou sa parodie.

Forcément, que ce théâtre laid s’arrête, que les pédés deviennent des individus libres et responsables est un crève-cœur pour Frigide, qui risque d’y perdre ses compagnons de dissolution et d’avilissement.

D’un autre côté, les pro-Mariage gay sont énormément plombés par les libertaires dégénérés, dans et hors de leurs rangs ; pendant que leur vision petite-bourgeoise de la saine homosexualité intégrée file de l’urticaire à n’importe qui évaluant le sujet depuis une distance moyenne, qu’il soit concerné ou pas, phobique ou empathique. De la même manière que les réactionnaires aveugles et pseudo-réalistes comme Christine Boutin se rassurent en faisant des individus les esclaves de formes rigides dont l’arbitraire est un moyen et non une fin ; les progressistes conformistes écrasent les individus sous le poids des catégories lisses et rabougries qu’ils cherchent à instaurer, dans un réel toujours insuffisamment discipliné et ouvert à leur conception horizontale de la matière humaine.

Par-delà toutes ces considérations, on oublie qu’il a longtemps s’agit de « mariage gay », label toujours utilisé, de tous bords. Pourtant voilà un terme déshonorant, relevant du ségrégationnisme bienveillant ; il est digne de la  »discrimination positive » de la droite paternaliste pressée de s’ouvrir au monde. La requalification en « Mariage pour tous » fut tardive et emmène d’une aberration sémantique à une éructation pas moins révélatrice ; le caractère grégaire et aveugle de la formule tend à subordonner une institution aux désirs de chacun. Comme si le progrès était dans l’abattement de toutes les frontières, la remise au niveau de chaque égo et chaque demande des constructions manifestes ; c’est une certaine définition de la Gauche.

La brimade progressiste

Le premier problème du projet de loi est sa confusion, car on ignore où s’arrêtent ses engagements. En vérité, nous savons tous qu’une petite majorité de la population est favorable au mariage, dans l’acceptation ou l’indifférence ; mais qu’une un peu moins courte majorité est plus sceptique sur l’adoption ainsi que sur l’autorisation du recours à la PMA. C’est la position d’un bloc important de l’opinion, tout comme de personnalités publiques à l’instar d’Alain Juppé.

L’autre grand problème posé par cette loi, c’est qu’elle bouscule la société à un moment inopportun ; en temps d’agitation et de frustration sociale, une telle réforme sociétale est vécue à la fois comme un mépris de la condition des masses, un cache-misère de la part du gouvernement, mais aussi pour certains comme une façon de priver des repères sécurisants ; et là aussi, de formes identitaires constitutives d’un mode de vie, d’un code social, d’une interprétation des rapports entre les hommes, qui est une richesse première. Si les élites ne perdent rien lorsque les traditions sont chamboulées, les catégories plus démunies elles, en revanche, se voient soudain culpabilisées et mises à l’écart pour les conceptions demeurant rennes chez eux. Certains progrès peuvent ainsi, à tort ou à raison, être ostracisant pour les populations qui elles, n’ont pas intérêt à remettre en doute l’ordre établi, car elles n’ont pas de parachute pour se prémunir de l’incertitude et que leurs valeurs y sont ancrées.

Par ailleurs, le projet n’est pas simplement en faveur d’un mariage assorti éventuellement d’une adoption sous condition ; il révise effectivement la notion de famille. Et à ceux qui se sentent ainsi floués, citoyens inaudibles dans une société civile confuse et anémiée, s’ajoute un mépris pour leur cadre de vie.

Ainsi, les Manif pour tous ont cristallisées ces angoisses ; il y a, par-delà toutes les réformes engagées, la colère d’être ainsi abandonné par le pouvoir, les autorités publiques ; et l’horreur de réaliser que la politique devient sa parodie.

Les représentants politiques jouent avec cela : la droite s’est trouvée un cheval de bataille ; la gauche fait s’éterniser la mise en œuvre et ces professionnels retrouvent ainsi une contenance, par la clivage artificiel.

La polémique creuse des égoïstes

Par conséquent, le monde politique apparaît caché derrière une confusion auto-entretenue. Sous le bruit et les bavardages, on ressent le dénigrement d’une politique ambitieuse. Le Parlement se prête à l’empoignade de circonstance plutôt qu’à la mise en forme de la société, ou même à se faire son réceptacle, son écho. Dans le même temps, c’est l’abandon des populations inaptes au mouvement qui est scellé ; en parallèle de la consciencieuse et profonde démolition des identités et les institutions nationales, les cadres traditionnels sont démantelés, après que leurs figures aient perdue une guerre culturelle où elle n’avaient guère de représentants. Pour les forces dominatrices (extrême-centre, libéraux de gauche et libéraux de droite), la droite conservatrice est une tout aussi profonde entrave que la droite souverainiste et nationale, c’est aussi l’ennemie la plus pratique, un sparring partner facile.

A l’arrivée, la peur est autant dans cette horizontalité des modèles familiaux ; que dans la sensation de n’être plus qu’une « variable d’ajustement » (comme le dit si bien Christine Boutin sans assimiler le message), au regard de gestionnaires passifs et virtuoses usurpant la place de décideurs. La question qui se pose est  »moi qui n’appartient à aucune minorité, moi qui ne me distingue pas de la masse, ais-je une valeur sociale, suis-je l’objet ou la cible d’une réforme ? » et la réponse auto-administrée sera, plutôt à raison,  »Les élites ne répondent plus à mes préoccupations d’homme ordinaire ou de composante d’un ensemble social, d’une communauté par-delà les communautés et les intérêts particuliers ; elles m’approchent éventuellement, par clientélisme, de la même manière qu’une entreprise s’enquiert des segments du marché s’offrant devant elle. » Car la politique sans vision, sans principes ni dynamiques, n’est plus qu’une boutique.

Et effectivement cette caste politique est essentiellement peuplée de fantômes et de challengers ; d’ailleurs les aventures personnelles ont pris le pas, avec les polémiques proches de la farce, pour mieux excuser l’abaissement des confrontations politiques et l’évaporation des projets cohérents et soutenus. Il est naturel que le monde politique soit un nid à carriériste, mais il est inquiétant qu’il n’offre plus, pour l’essentiel, que des caricatures cyniques. Les quelques héros isolés (Montebourg, Peltier) et pantins rugissants ne font qu’insuffler un relief ponctuel à un paysage désenchanté.

Le caractère factice et bassement opportuniste de l’engagement politique fut parfaitement traduit par l’approbation de deux seuls votants UMP lors de la présentation du texte de loi du  »Mariage pour tous » (retour du texte au Parlement le 23 avril). Parmi eux, Franck Riester, gay lui-même, c’est-à-dire personnalité n’intervenant que pour ses intérêts propres (et ayant trouvé la notoriété par le coming-out), se plaçant servilement dans le sillage tracé par sa tribu copéenne pour le reste. D’ailleurs, on attend toujours l’intérêt de la présence de Riester, la particularité de son profil ou de son logiciel. Sinon le refus de dévoiler son patrimoine personnel lors de la loi sur la transparence de l’après-Cahuzac, rien ne le distingue de sa horde. Par extension, on peut se rappeler de Roger Karoutchi qui avait tenté par le coming-out de relancer sa campagne pour les régionales. Il n’a pas bénéficié de la prime aux innovateurs (premier ministre en exercice à se dévoiler sur ce sujet) et fut sèchement battu dans ce scrutin interne à l’UMP.

QUELLE DROITE MAINSTREAM DEMAIN ?

9 Déc

PoliticalComp - Droite française

L’éclatement, sinon de l’UMP en tant que structure et cap idéologique, au moins de sa base logistique, est une fausse catastrophe pour la Droite mainstream. Naturellement, cette disharmonie entame sa crédibilité ; bien entendu, on ne pourra plus leurrer l’unité et la cohérence du mouvement, à moins d’assumer qu’il soit offert aux passions et plans de carrière de ses ténors les plus acharnés.

La division d’aujourd’hui prépare le rassemblement de demain

Mais la division d’aujourd’hui prépare le rassemblement de demain. C’est la meilleure stratégie politique. Elle n’est peut-être pas consciente ; mais elle sera payante, au moins dans l’estime des électeurs. En forçant la reconnaissance des différences entre courants, la Droite mainstream feinte de prendre en considération les aspirations propres des groupes sociaux qu’elle apprivoise naturellement. Il manque alors la figure du grand chef, du leader tout-puissant : mais celle-là est enterrée et Sarkozy a achevée de la souiller. La droite n’est plus bonapartiste depuis longtemps et Marine Le Pen elle-même se heurte à ce manque d’avatars autour de sa figure, certes flamboyante et solide, mais solitaire dans le paysage politique.

L’heure est toujours au pragmatisme ; après tout, c’est la nature même de la droite mainstream. Tant pis pour le héros ; au pire, il faudra préciser que c’est l’homme du quotidien, celui dont il faut protéger le pain au chocolat (droite grotesque – Copé) ou aménager en douceur le démantèlement de ses droits sociaux (droite veule -UDI). Il faudra aussi prendre l’habitude de négocier des « tickets », à l’américaine, avec un Président et un Premier Ministre qui soit son auxiliaire, son complément idéologique : ainsi, au républicain-libéral mollasson Fillon s’ajouterait le réac-néolibéral Copé et pendant que l’iconoclaste secouera le responsable, chacun se retrouvera au même endroit : chacun votera pour la droite mainstream, la seule capable d’assumer ses propres vues, alors que c’est simplement celle qui absorbe tous les vocabulaires sans assimiler le logiciel (exactement comme le PS actuel ne peut que survoler l’écosocialisme, la social-démocratie et même le social-libéralisme réel [allergie avortée au « monde de la finance »], mais en simuler quelques qualités, en nommant un gestionnaire, en affichant une sympathie, en projetant au loin une réforme nébuleuse).

L’UDI de Borloo ne peut pas (seule) devenir leader de la droite

Compte tenu de sa nature-même, il faut un mouvement hétérogène à la Droite, pour continuer d’ignorer la pauvreté de son bagage idéologique (et son émiettement immédiat si centristes, libéraux classiques, conservateurs, populistes et souverainistes décidaient réellement d’affirmer leur identité propre) : ses composantes ont énormément en commun en surface et dans la pratique, mais tout les sépare tant dans l’écho sociologique qu’elles recherchent que dans la vision de la France et de l’ordre du Monde. En vérité, la Droite Mainstream (UMP) est bien plus vaste que la Gauche Mainstream (PS), et son (habituelle) harmonie largement plus opportune.

Il y aura de toutes façons, sinon une plateforme unitaire de droite (le RPR et l’UDF étaient déjà, eux-mêmes, des mouvements catalyseurs d’infinies variables dont le grand-public se moque), au moins une candidature unique de la droite : en rassemblant de l’UDI jusqu’à la droite « hardcore » (Copé), en passant par la droite « modérée-libérale » (Fillon), cette candidature unique devra légitimement être adoubé par le peuple de Droite. S’il y a aujourd’hui l’émergence de la prise en compte « des droites », ce n’est que pour mieux étouffer les quêtes d’alternatives des électeurs de la droite mainstream (car au sein-même du noyau dur des deux blocs traditionnels et consensuels, les fidèles doutent). L’UDI de Borloo achève de supplanter Bayrou et tire vers la droite cet électorat centriste, urbain, éduqué et au modernisme désuet qui gravite autour des profils libéraux-bourgeois et libéraux-démocrates et a été tenté, voir (à la marge) a cédé à Hollande au premier tour de 2012. L’UMP copéiste

L’UMP fillonniste joue tout à la fois les vigies de base, la modération, campe l’ouverture à tous les Français (alors que Copé cible sévère et Borloo exclue les « extrêmes ») tout en ne-transigeant-pas-d’un-pouce ; il pourra espérer jouer la synthèse, quand Copé pourra espérer surfer sur la vague de défiance envers la caste politique (bien qu’il soit le parangon, jusque dans son attitude et ses convictions d’extrême-droite sociale et économique, de ce qui invite au vote « populiste » et à la dissidence électorale) et la fameuse « droitisation » de la France et du continent. Borloo, lui, sera l’atout progressiste, le libéral-libertaire de la bande – mais un tout petit libéral et un tout poli libertaire. Il restera à la remorque.

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Political - les 3 droites UMPistes

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Les trois droites « Mainstream » en résumé :

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1 = épicentre « droite Copé » (néolibéral & réactionnaire) : droite, droite radicale, EXD & centre-droit = néolibéraux, libéraux-populistes, réactionnaires (reprise de l’axe Sarkozyste de 2007, avec un centre de gravité et un balayage plus à droite sur les deux échelles). 35% des électeurs classiques de l’UMP, 37% des jeunes électeurs. Compatible avec le FN (qu’elle contribue à isoler et cherche à aliéner), peut cohabiter avec le Modem si les deux sont au second rang.

2 = épicentre « droite Fillon » (conservatisme libéral) : droite & centre-droit (abrite l’essence même de la droite « mainstream » : tendance libérale-néolibérale soft sur l’économie, conservatisme bon teint, désir d’ataraxie et de statut-quo, sceptique mais vite dépassée sur la libéralisation des moeurs). 40% des électeurs classiques de l’UMP, 30% des jeunes électeurs. Compatible avec le Modem, ouverture possible au petit noyau de souverainistes et à Dupont-Aignant.

3 = épicentre « droite Borloo » (libéral-démocrate) : centre & centre-droit (accueille les centristes, les réformateurs, les jeunes générations de l’UMP, mais aussi les libertaires, libéraux-démocrates, libéraux-bourgeois chics et urbains). 25% des électeurs classiques de l’UMP, 33% des jeunes électeurs. Compatible avec le Modem (qu’elle supplante) et la majorité du PS.

IMPOSTURES

20 Nov

Un nouveau déni de démocratie transparent est à l’oeuvre, en direct. Le plus grand parti d’opposition (c’est-à-dire la plus grosse machine logistique et numérique) est au bord de l’implosion à cause de l’égoïsme et de la voracité d’un homme. Copé dont les Français ne veulent pas, mais pour lequel ils se résoudront à voter ; même les plus réticents des sympathisants de la droite « mainstream » rejoindront l’UMP dans les années à venir et en 2017, si Copé est candidat (mais ce succès-là n’est pas acquis).

Qu’importe le résultat : dès le départ et avant même, Copé a remporté la victoire psychologique. Pendant la campagne, c’est lui qui a fait l’actualité, lui qui accompagnait les évocations de ces Primaires. Le favori Fillon n’était qu’un monolithe absent, un recours automatique forcément usé et galvaudé face au loup dissident Copé – un promoteur de « rupture » pourtant déjà en tête de cortège, très sarkozien somme toute. L’abîme entre son retard colossal supposé par les sondages et sa puissance tactique est vouée à faire de lui le « challenger » venu de loin, alors qu’il n’en est rien.

En annonçant le premier sa victoire, Copé remporte l’avantage symbolique et inscrit dans le roman-photo de la politique l’image forte de cette échéance électorale, dont il fait par conséquent une étape. La victoire de Fillon aurait été un fardeau pour ce dernier.

Qu’importe la fraude voyante, qu’importe les écarts criants entre les « départements-clés » et l’ensemble des autres, où Fillon l’emporte généralement haut-la-main (seuls deux départements lui échappent -et de peu- dans l’Ouest, où il grimpe jusqu’à plus de 70%) ; Copé montre qu’il est le plus fort. Que même la loi et l’évidence s’effacent devant ses ambitions.

Dans « son camp » et au-delà, on pliera les pouces, parce que, croit-on, la volonté égotiste de quelques-uns est maîtresse, bien plus que les urgences de sa propre réalité ; ainsi, dans les esprits, la manœuvre est plus forte que la politique, reste au citoyen dépité mais frileux d’espérer profiter des quelques éclairs de bienveillance de ce qui n’est pourtant qu’une court de tartuffes et de ploucs dégénérés rangés derrière un roitelet dégoulinant de grotesque et d’hypocrisie incandescente.

En marge, cet évènement révèle encore, on pourrait même dire qu’il consacre, l’usure des grandes plateformes politiques françaises. L’umbroglio rappelle naturellement la victoire à l’arrachée de Martine Aubry. Dans les deux cas, le leader sortant attaché aux réseaux les plus actifs du parti l’a emporté, avec l’appui de quelques « éléphants » technocratiques ou opportunistes notoires.

Le système des Primaires n’est pas assimilé en France, où les pratiques en sous-main et les tambouilles occultes restent monnaie courante, quelque soit l’échelle ; on abandonne pas facilement de si précieux réflexes. Cette immaturité démocratique est peut-être aussi une question de culture, d’obsession d’allégeance à un chef providentiel, de consciences paresseuses, complaisantes et auto-sacrificielles. EELV n’est pas en reste, avec son animateur populo éjecté en faveur d’une écolo-progressiste destroy. Que de fausses surprises…

Un pays où les scrutins de partis se soldent par des scores de 50.03% au second tour, ou de 75% au premier, n’est pas un pays où la démocratie fonctionne.

 

LA DROITE AVEC DES COUILLES

5 Nov

Après le libéral-populisme clinquant par Sarkozy candidat ; le libéral-populisme couillu du Copé postulant.

Avec Jean-François Copé et ses acolytes de « la Droite Forte » et de la « Droite Populaire », la droite française reprend de ses couleurs, cogne et redevient celle qui ose dire son nom. C’est au moins le message envoyé.

Copé parle immigration, patrie, peuple : « enfin ! », sont sommés de s’exclamer les enfumeurs, les entreteneurs d’illusions. La plèbe de droite doit être ravie que les mouvements gouvernementaux (majorité de l’UMP) prenne en charge ses sujets de prédilection.

Mais il n’en est rien. Copé et ses camarades font du sous-Le Pen, avec la même tactique et les mêmes effets, mais quelques tons en-dessous. Le principe : fâcher la « bien-pensance » médiatique, mais pas trop, pour donner l’impression de remuer les débats, sans toucher aux tables des lois ni aux sujets sacrés.

Copé a donc enchaîné les petites phrases, avec une fausse naïveté (dans le débit et dans la réaction aux réactions) : ses simulacres populistes comme le « pain au chocolat » réduisent les troubles des Français à des images grossières et caricaturales, d’autant que la solennité et l’emphase accordée à ce type de saillies par les membres de la Majorité est supposée en faire les avocats sincères du peuple français.

En marge, l’aile gauche et libérale-démocrate de l’UMP, ainsi que ses roudoudous anonymes et autres centristes amorphes, tâcle ces dérives tout en restant ancré à la niche. Avec l’UDI de Borloo, ceux-là ont maintenant un moyen de pression à portée, et un nouveau refuge éventuel. Mais cette fraîche et innocente UDI n’est pas taillée pour mener ; elle peut ratisser large, mais elle n’engendrera rien et chacun le sait, et c’est pour cela que l’UMP gardera son ascendant sur la droite et que ses petits dissidents occasionnels resteront de simples soldats dissipés.

Ne nous leurrons pas : la droite façon Copé est hypocrite, nuisible et impuissante. Elle est nuisible parce qu’elle récupère les colères et cherche à précipiter les électorats de droite dans sa nasse. Elle est hypocrite parce qu’elle reprend une partie du logiciel du FN en prétendant le ramener à la raison, tout en osant avoir le courage d’investir des terrains difficiles, alors qu’elle ne fait que chercher à contenir la montée du FN et aliéner la droite radicale, pour mieux l’associer à la droite molle tenue par l’UDI naissant ; ainsi, chacun sera la caution de l’autre, l’UDI sera la caution  »modérée » et  »sociale » pour la grinçante UMP, l’UMP copéenne ou copéisée sera la caution  »pragmatique »,  »frondeuse » et  »assumée » de la tiède UDI.

Impuissante, pour deux raisons. Une raison viscérale, relevant de sa nature-même : l’UMP est la plus outrageusement accrochée aux dogmes économiques orientant l’Europe et le Monde occidental ; sur le plan culturel, elle est la plus conservatrice devant le Front National et sur le plan social, elle s’adresse d’abord aux classes aisées, cherchant à subordonner les classes moyennes avec les méthodes du « rêve américain » et les classes populaires et défavorisées par des préjugés crasseux, une homophobie et une xénophobie, qu’elle prête aux populations démunies.

Impuissante aussi pour une raison pratique : à partir du 1er janvier 2013, la France ne sera plus qu’une circonscription européenne, une division administrative. Le souci pour la classe politique est dans la méthode à employer pour relayer les commandements émanants de la technocratie continentale ; et de déterminer à quel point il faut les appuyer, peut-être les devancer, éventuellement les nuancer. Mais la France n’a plus d’autorité sur elle-même, d’ailleurs Copé et sa bande le savent bien et c’est pour cela qu’ils peuvent se permettre d’enchaîner les discours « musclés » : car leurs postures, tranchées et ponctuelles, n’entravent pas les planifications auxquelles par ailleurs, ils adhèrent, et qu’ils s’acharnent à justifier en accablant l’état-providence et fantasmant  »la Gauche » qui n’est que sa sparring-partner, accommodante devant les mêmes commandements. 

Voir l’index politique de Zogarok