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LE MYSTÈRE DES PINGOUINS ***

16 Août

3sur5 Ce film d’animation s’intéresse au développement de l’enfant sans le ramener compulsivement aux adultes et aux normes. Ou du moins il s’en donne les moyens en se concentrant sur un protagoniste plus doué et pressé que ses camarades, encore sous influence des représentations niaises mais déjà peu impressionnable. Ce gamin à l’esprit scientifique, ambitieux, arrogant et droit montre du sang-froid face aux épreuves et de la gêne devant la révélation de ses envies et petites faiblesses. Victimisé par une brute, il saura la duper et garde son répondant en toutes circonstances. Son intelligence et sa curiosité sont encouragées ou du moins pas refrénées.

Tout dans ce caractère est valorisant et juste pour les enfants. On s’inscrit dans le culte du ‘petit génie’ à l’heure de la valeur refuge et narcissique du ‘surdoué’ (le fruit faux et normal du malaise quand règne la foi dans la compétition), mais le film évite de se fourvoyer en incitant à l’empathie avec la personne plutôt qu’avec son ego. Son copain est un froussard et son entourage n’est pas brillant mais rien ni personne n’est rabaissé, aucune justification émotionnelle ou biographique tortueuse n’entre en compte pour le flatter. Il sert plutôt de modèle, humain donc animé, limité mais déterminé, d’autant plus méritoire.

Le film prend son jeune cœur de cible au sérieux et élève le niveau du scénario et des sentiments, à mille lieux des gros tirages américains du moment, de leurs gags et de leurs connivences vaseuses. Sans être renversant pour les adultes, notamment ceux qui auront grandi devant les Miyazaki, il sait aussi leur parler et potentiellement les divertir. Il peut être rapproché et favorablement comparé aux œuvres d’Hosoda (plus directement percutantes et tire-larmes).

L’animation numérique est posée et ravissante, riche en détails, le dessin exploite toutes sortes de nuances de bleu (du vert au violet jusque dans les yeux), le style est enveloppant, aérien tout en restant matérialiste. Un court passage dans une ville fantôme de type méditerranéen évoque la peinture symboliste et surréaliste (la référence pour une fois n’est pas galvaudée). Seule fausse note : les sons d’ambiance sont décents mais la musique atrocement aiguë et le tout bien lisse (aussi, « jeune homme » devient lassant la 20e fois en VF).

L’explication du mystère ouvre à d’autres totalement laissés de côté à ce stade. L’enquête occupe l’ensemble de la séance et les découvertes sont relativement cohérentes ou indépendantes ; les réponses sont a-priori valides mais un peu alambiquées, car les buts demeurent obscurs. Il y a là-dessous des motivations plus poétiques et intimes – comme si la part ‘rationnelle’ devait conduire à cet essentiel. Le film apparaît alors définitivement comme un rêve d’enfance issu d’une époque d’éveil décisif et enrobé par une fantaisie bien défendue. On flirte avec la science-fiction or c’est bien Un été 42 pour enfants qui s’est joué (avec pour climax la sorte de dépucelage accompagnant la révélation concernant les canettes).

Note globale 68

Page IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Le Blob + The Stuff + Piano Forest + Le garçon et la bête + Solaris + Les maîtres du temps

Voir l’index cinéma de Zogarok

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LA DISSOLUTION DE L’ETAT FRANÇAIS

28 Nov

Marie-France Garaud est une femme politique et une avocate ; gaulliste, elle fut conseiller des Premier Ministre Georges Pompidou et Jacques Chirac, qu’elle a largement formaté avant de le renier avec sa véhémence froide caractéristique.

Son influence a été considérable auprès des décideurs politiques dans les 70s ; elle est même classée « femme la plus puissante de France » par Newsweek en 1973.

Par attachement gaulliste et convictions souverainistes, Marie-France Garaud a fait campagne pour le NON au Référendum de Maastricht (1992), puis  à nouveau contre le Référendum pour la Constitution Européenne de 2005.

L’ « éminence grise » est aujourd’hui un porte-voix eurosceptique ; à l’occasion de la publication de plusieurs essais (dont Impostures Politiques en 2010), elle est remontée sur la scène médiatique, moins pour y déverser ses brillants sarcasmes que pour alerter sur la démission du pouvoir politique et les failles de l’organisation Européenne. Avec sa dernière intervention publique, dans Ce Soir Ou Jamais le 23 octobre, elle vient synthétiser les critiques sur la faillite des Etats et l’omnipotence pressante d’une UE tyrannique et illusionnée.

POLÉMISTES MEDIAS : LEUR TYPOLOGIE

13 Nov

Passage en revue des polémistes, animateurs, chroniqueurs et éditorialistes les plus exposés ou les plus remarquables.

L’approche est guidée sous le sceau du MBTI ; l’enneatype est indiqué en complément. 

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AUDREY PULVAR = ENFJ (3w4)

Absolue fausse polémiste, toute entière construite sur des valeurs ajoutées. La dépendance aux standards et même à l’inconscient collectif est édifiante : Pulvar chausse les grosses lunettes pour jouer les chroniqueuses, puis la coiffure afro pour aborder la direction des Inrocks, magazine de la gauche bobo, « branchée » (terme ringard à tout jamais) et culturelle s’il en est. C’est une moraliste conformiste (EFJ oblige), pas une chercheuse téméraire (trait plutôt propre aux NTP ou aux IN), comme son agressivité et sa partialité cherchent à le leurrer.

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Ou quand BHL dénigre soudain les moeurs américaines (presse à sensation)…

BERNARD HENRI-LEVY = ENTP (3w4)

Un exemplaire de la pire espèce. L’ENTP est généralement relié à la figure du narcissique compensatoire (l’ESTP-ENTJ dans une moindre mesure). BHL n’agit que selon l’impact extérieur (Ne-Fe), la quête de reconnaissance de sa communauté (Fe) mais d’abord la concrétisation de l’image qu’il se fait de lui-même (provenue de son Ne et de la projection de Si) – il met en scène une aura qui, à force de suggestions, doit être implantée dans les esprits (diagonale Ne-Si).

Obnubilé de lui-même à un point de transparence nauséeux, ses bribes philosophiques ne sont que des supports et des prétextes à la mise en avant de sa personnalité factice. BHL est tout entier façonné selon une image choisie, celle de l’intellectuel cosmopolite, raffiné et suffisant. Il travaille chaque trait et chaque saillie en ce sens.

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ERIC ZEMMOUR = INTJ (5w6 ou 1w9)

Eric Zemmour est un INT caractéristique, mais dans une version à la fois outrée (d’intello mesquin) et plus littéraire. L’INTP  semble probable, surtout que Zemmour est doté d’une relative extraversion et accorde le plus grand des sérieux aux idées ; cependant, au scepticisme, Zemmour préfère toujours le dogmatisme et son mépris obstiné des sentiments et valeurs collectives, tournant parfois au grotesque, le rattache directement à l’INTJ.

Par ailleurs, Zemmour est réputé pour ses démonstrations de Te légendaires, avec un Ni forcément plus avisé (qu’un Si ou un Ti se gonflant d’extraversion) à l’appui. Des références personnelles issues de son Fi sont souvent manifestes, mais elles s’expriment davantage dans des contextes privés ou apaisés (interview face-à-face, débat horizontal). Le journaliste semble cependant assez tolérant envers lui-même ; il y a chez Zemmour une ambivalence avec la fonction Se. Si, arrivé à mi-vie, il semble composer sereinement avec cette fonction inférieure et que des manifestations hédonistes le suggère, notamment dans ses prestations radios, son laisser-aller physique, son allure négligée dans le même contexte rappellent l’endroit de sa déficience. Le côté « camarade » qu’il cherche à cultiver (Zemmour se fiche moins de son impact qu’il ne veut le prétendre) fait douter : INTJ cool ou INTP mature ? Sauf que c’est bien le Se qui s’affirme en fonction de perception extérieure dominante, alors que toutes les fièvres Ne sont systématiquement anéanties. L’hypothèse, parfois soutenue, d’un Zemmour NTP, s’effondre définitivement.

Zemmour soutient des idées qu’il juge déterminantes ; pour autant il ne brasse pas mille vérités à la façon des NTP, mais est plutôt dans la projection de ses propres visions, comme un NTJ. Il se fiche de déchiffrer les idéaux des autres (et encore plus de les corriger – trait de NFJ) ; il remet les choses à leur place, balaie ce qui lui paraît saugrenu (une mesure de réflexion économique), estime tenir sinon LA Vérité, celle qui demeure la plus valide, mettant au défi qu’on lui amène plus probant (et à cela il peut se montrer ouvert – mais trouve rarement quelqu’un à sa mesure).

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EMMANUEL TODD = INFJ (5w6)

Sociologue et chercheur, Todd semble concilier harmonieusement ses fonctions dominantes (Ni et Fe), tout y associant une dimension scientiste, objectiviste (Ti). L’emphase avec laquelle Todd use de cette fonction tertiaire est patent ; l’effet est pédagogue, mais quelquefois surfait, maladroit. On note aussi un INFJ aimant découvrir son Se, le booster et l’exhiber en public – peur de passer pour un intello rigide ou déconnecté -, parfois en mettant en scène sa spontanéité (arrivée en retard chez Taddéi), qualificatif inenvisageable pour le personnage il y a quinze ans. Enthousiaste à propos de ses idées, observateur « engagé », affichant son indifférence aux honneurs pour mieux se grandir et jouir de ses laconismes décisifs, Todd correspond bien au stéréotype de l’INFJ masculin ressemblant étrangement à l’INTP (mais pour des raisons intellectuelles et non par débordement ou jeu), tout en cherchant à montrer le dynamisme, le sens de la communauté voir le leadership des ENFJ.

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TARIQ RAMADAN = ENFJ (1w2)

Une fougue populiste canalisée par la raison, des principes identitaires et la défense de valeurs précises, qu’il incarne au point d’être définissable seulement en elles. Idéaliste lucide, meneur et décisif, mais aussi doux et charismatique, Tariq Ramadan illustre à merveille la combinaison ENFJ-1w2.

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NICOLAS DEMORAND = xNTJ 

Demorand incarne les NTj (ou les ENFJ) dans ce qu’ils ont de plus obscène. D’abord, voilà un homme imbu de sa propre position, affichant son statut culturel et social de façon même plus finaude à force de récurrence. Surtout, le sur-diplômé Nicolas Demorand campe, pas tellement le génie abrasif, mais plutôt le juge dédaigneux. Nicolas Demorand estime être une lumière et ne s’en cache pas, en même temps, il substitue presque immanquablement à la raison des adhésions ou des postures privilégiant l’analyse lapidaire et le recours consensuel (sur Marine Le Pen, sur la liberté de la presse). Son côté « cerbère » est censé lui accorder une indépendance d’esprit, or cette indépendance s’arrête là ou commence les intérêts. De plus, les interventions de Demorand sont davantage motivées par la mise en scène d’attitudes colériques donc fermes, suggérant un caractère décidé et incorruptible. Mais, sauf lors du travail de sape de l’argumentaire adverse, elles se trouvent accompagnées de sophismes aberrants présentés sous forme de raisonnements complexes (autant par l’assurance déraisonnable qu’une nonchalance forcenée à l’égard de toute idée soumise ou opposée), alors que le personnage use de techniques de rhétorique largement identifiables. Demorand ou comment maquiller la mauvaise foi par le rationalisme extrême, avant de rebondir sur la poussée mélanchoniste.

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NATACHA POLONY = InFJ (6w5)

C’est l’INFJ dans une de ses versions les plus tristes et réduites. Voici l’INFJ bourgeoise, bardée d’oeillère, atterrie dans un milieu paisible, propice à la stabilité ; et qui n’a jamais dépassées mille frontières qu’elle se fixe par réflexe (notamment sur le plan mental et idéologique). Excessivement monomaniaque, prévisible, verbeuse en vain. En langage technique, Polony vit sur son Ni qu’elle maîtrise, s’appuie correctement sur son Fe, mais il lui manque une ouverture sur les fonctions permettant la remise en question. Polony évolue en vase-clôt et sera toujours au même point dans dix ans : elle déplacera les virgules, substituera quelques mots, mais les approches et les conclusions seront les mêmes. Elle a aussi le pire côté des IJ (normalement plutôt propre aux ISJ), celui des bons élèves récitant leur leçon sans en percevoir les limites, tellement elles les ont intégrées.

Du Ni fade, berné par une condition et un environnement satisfaisant son Fe au point de leurrer un génie qui n’est pas là. Rien ne peut tirer Polony de sa léthargie intellectuelle et de son conformisme.

Ou alors, une Si-Fe des plus ordinaires, c’est-à-dire une ISFJ, donc une des seules « S » à intervenir régulièrement dans les débats. L’hypothèse est parfaitement tenable, la créativité des N dominantes paraissant tout à fait absent de l’esprit de Polony (à l’écriture laborieuse), au contraire tout entier parcouru de dogmes, de réminiscences scolaires, de points de vue caricaturaux. Cependant, il ne faut pas exclure que Natacha Polony « joue » la réac (de même qu’elle « joue » l’oratrice – et qu’elle n’est pas crédible) ; dans ONPC, elle assure la relève de Zemmour pour l’agent de droite et, depuis le début de sa carrière, elle semble avoir cherché à interpréter la parfaite locataire d’un « créneau ». Sans originalité, mais plutôt avec les idiosyncrasies des autres.

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MICHEL ONFRAY = iNTP (5w6)

Impitoyable et bienveillant, Onfray est assez proche du « sage INTP », dans une version agressive et imperturbable. Un INTP accompli ou un ENTP particulièrement axé sur la vie intellectuelle. Avec sa morale « hédoniste » et « libertaire », entendue sous un sens personnel, Onfray se délecte autant des concepts qu’il cherche à en tirer la matière à générer du bonheur ; toute son oeuvre et ses démarches sont marquées par une expression harmonieuse et systémique des diagonales Ti/Fe et Ne/Si (voilà quelqu’un qui ne refoule pas son ombre, mais l’a adopté et la revendique).

Ne/Si car Onfray est un explorateur, mais qu’il tient à propager le savoir, à l’ancrer dans les consciences et à le rendre accessible au « petit peuple », là ou l’emprise des traditions et « les chaînes » que Onfray entend briser ont le plus d’influence. Par ailleurs, Onfray aime mentionner ses origines et peut transformer des étiquettes réductrices en fragments d’un grand Tout.

Ti/Fe parce qu’au-delà du Savoir, il y a une intention altruiste (« utilitarisme joyeux » et « matérialisme sensuel » ; volonté de faire accéder à la culture et à la grande culture, dénigrement réfléchi du mainstream) – la posture pourrait a-priori sembler adopter une dialectique Ni/Se, mais le mode d’expression d’Onfray le dément formellement.

SÉANCES EXPRESS n°4

26 Oct

> Marebito*** (75)  fantastique Japonais

> Shutter/2004** (52) fantastique Thailandais

> Abandonnée* (32) fantastique Espagnol

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MAREBITO ***

4sur5 Typé underground, racé lovecraftien, Marebito est le premier film de l’après-Ju On pour Takashi Shimizu. Le créateur de cette saga rapidement remakée et internationalisée avec la version US The Grudge vit déjà une gloire discrète : Marebito, Réincarnations (sorti un peu plus tard) sont connus des amateurs d’épouvante et d’étrange nippone, mais n’ont pas franchit ce cap et restent à l’état de curiosités, d’anecdotes. C’est dommage, néanmoins ces produits sont trop rêches et décalés pour que survienne un miracle.

Dans Marebito, Shinya Tsukamoto (réalisateur notamment de Tetsuo) poursuit une quête assez iconoclaste. Fasciné par les mécanismes de la peur, il a assisté et filmé un suicide et veut retrouver cette terreur, la percevoir chez un cobaye, la capter pour la comprendre, peut-être la ressentir et pourquoi pas la dépasser. La dimension métaphysique est confuse (pas artificielle, mais plutôt potache) et il n’en reste bientôt que des miettes, au profit du déroulement d’un home-movie tendu et étrange ponctué d’illumination féroces.

La meilleure partie est le premier tiers, balade dans un monde souterrain voisin du réel, musée des âmes perdues et passage vers les ténèbres. C’est le principe du couloir interminable, jonché de créatures et de possibilités initiatiques ou oniriques – malheureusement, ça s’arrête (comme toujours) trop vite. Le héros retourne à la surface une sorte d’innocente arrachée à un Eden vierge sur les bras. Fasciné par la créature («mon petit Kaspar Hauser»), il observe ses mouvements, ses besoins et tente de la rééduquer.

Mais cette prisonnière, sexy, maladive et mutique est en proie à la démence et l’agitation, tandis que des forces obscures harcèlent Masuoka : le Deros surnaturel, des hommes menaçants au téléphone, une illuminée aux prophéties terrifiantes. Quelle boîte de Pandore a ainsi été ouverte ? Aucune importance : le héros se défile, puisque ça n’est pas rationnel, ça n’a pas de sens. Sa volonté d’absolu lui fait omettre toute approche holistique et alors même qu’il avance dans le délire, il passe à côté des évidences qu’il réclame.

C’est l’histoire d’un basculement sensoriel, le spectacle des convulsions d’un monstre. La victoire de Marebito est de faire partager la normalité interne et externe, le cheminement d’un serial-killer inspiré et curieux, mais absolument froid et pragmatique, dans sa vision, ses conclusions comme dans son comportement. Shimizu se concentre sur les déambulations de ce chercheur transi par ses découvertes et bientôt structuré selon sa psychose, faisant du monde réel et non plus de celui enfoui dans le sol ou dans sa tête, le terrain de ses expérimentations.

Note globale 75

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Enneagramme-MBTI : Le héros est un INTJ très marqué (Ni-Te-Fi). C’est un type 5 dont l’aile 4 s’épanouit et le dévore (alors qu’elle existe plutôt par défaut au départ).

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Interface Cinemagora

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SHUTTER (2004) **

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2sur5 Shutter jouit d’une excellente réputation auprès des initiés mais sa notoriété est très réduite et il n’est pas sorti en salles, tout comme Alone, le film suivant du tandem Pisanthanakun/Wongpoom. Banal mais raffiné (avec même une dose d’humour), le programme est assez rigide pendant la première moitié du film, déroulant les effets classiques du ghost-movie asiatique (manifestations surnaturelles, infiltration dans le quotidien, hallucinations sonores, sentiments de présence, etc) avec un brio certain mais aucune initiative un tant soit peu différente.

Au milieu du film, le mystère s’épaissit, la malédiction initiale, assez sommaire, devient plus complexe et envahissante, avec notamment une romance antique et des avatars imprévus (le héros n’en demeure pas moins transparent). Le climat, inlassablement tendu, sans doute trop spéculatif, devient dès lors plus attractif, gagnant en noirceur et en étrangeté. C’est sobre en tous points, contrôlé et efficace (les filtres et les apparitions sont plutôt élégants), plaisant (voir contemplatif) mais anodin. Si Shutter n’est qu’une énième variation, c’est un joli exercice de style, ni plus ni moins.

Note globale 52

Résumé :
Un photographe professionnel renverse accidentellement en voiture une jeune femme et décide de prendre la fuite. Les jours assent et il continue à prendre des photos qui s’avèrent mystérieusement gâchées par des reflets blancs inexplicables..

 

Chroniques sur CinemaFantastique

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ABANDONNÉE *

1sur5 Le passage au long-métrage pour Nacho Cerda, auteur de la curieuse et fascinante Trilogie de la Mort, était l’occasion de concrétiser un univers, des obsessions, un style précis. Il est venu briser l’aura de cet artiste tout en participant à saborder les espoirs autour de la vague fantastique espagnole des années 2000, dont l’hégémonie touchait alors à sa fin (2006-2007). Avec Abandonnée, Cerda promet une sorte de voyage « antérieur » et s’y tient : une femme découvre les images mentales enfouies, les scènes originelles, explorant les degrés de son existence et de sa conception. Le cadre est envoûtant, rêvé dans son registre (glauque, pictural et ténébreux) ; le reste manque de goût et de force. Le pitsch-minimal s’érode rapidement  (un vague complot et une identité volage), le scénario est nul, la bande-son envahissante. C’est un The Cell amorphe et péremptoire, un Silent Hill agité et encore plus autiste.

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Cerda veut en faire une balade pleine de créatures ou de lieux fantasmatiques. Il accumule les effets clippesques sans grâce, les séquences d’errance confinant à l’inertie pure, mais rien n’y fait. En vérité, Abandonnée se définit paradoxalement par un refus d’intégrer toute dimension abstraite ou irrationnelle, à la faveur de la figuration outrée, parfois stylée, toujours confuse. Le film est froid et interminable, sa description d’un Enfer est terne et sans imagination, malgré le déversement de bizarreries poussives et empruntées (au zombie comme au ghost-movie, dont tous les catalogues sont épuisés).

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Résultat : Abandonnée est extrêmement noir, mais inconsistant, tant humainement, esthétiquement que sur le terrain des frissons ou de l’initiative. On étouffe mais sans rien ressentir ni admirer, sinon le vaste gâchis d’un univers au fort potentiel, au moins graphique. C’est effectivement une sorte d’horreur extatique : on est tétanisé, plombé par un programme aussi lourd, fonctionnel, catégorique. Il accable le spectateur ou l’amène à décrocher (la diversion se fera par la léthargie plutôt que par l’humour, le film irrite passablement mais ne trouble jamais).

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Il faut en retenir l’exploitation stylée de concepts alambiqués lors d’un dernier quart-d’heure cauchemardesque, transmettant parfaitement la sensation d’évaporation de l’héroïne, spectatrice de sa propre décomposition. Cette performance isolée (pourtant en pleine cohérence graphique avec ce qui a précédé) achève le film sur une contradiction interne criante et rappelle la singularité de Cerda ; pour cet opus, il est trop tard, mais gageons que ce n’est qu’une sorte de panne industrielle. Tout au moins, ça le deviendra dans les livres spécialisés si son Yo soy legion voit le jour.

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Note globale 32

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Résumé :  Marie, productrice de cinéma américaine, retourne dans son pays natal, la Russie, où le cadavre de sa mère a été retrouvé dans des circonstances étranges. Elle ne l’a jamais connue, ayant été adoptée et emmenée aux Etats-Unis à la naissance. Le seul indice dont elle dispose est une ferme isolée, abandonnée dans les montagnes, qui appartenait à ses parents naturels.Marie hérite du lieu, mais personne ne veut l’y conduire car une superstition locale prétend que l’endroit est… damné. Un seul homme est prêt à s’embarquer pour un voyage aussi long et dangereux… Un inconnu qui, étrangement, semble en savoir beaucoup sur son histoire… Une fois sur place, le mystérieux guide disparaît, obligeant Marie à explorer seule le site abandonné.Elle y retrouve un homme appelé Nikolaï, qui prétend avoir été attiré ici exactement de la même manière, afin de découvrir également la vérité sur son passé…

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Interface Cinemagora

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TYPOLOGIE DES CANDIDATS 2012

6 Mai

Prévu depuis le lancement du Blog, cet article est l’occasion d’ouvrir la catégorie « Sociologie au Burin », dont les typologies et en particulier celles du MBTI sont des éléments décisifs (et seront définis plus précisément plus tard).  Article absolument ludique et sans doute superficiel, mais le sujet ne tient pas de la farce pour autant : il s’agit de dresser des hypothèses à parti de modèles et de présentations succinctes.

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Le MBTI est le maître et la référence la plus crédible de toutes les échelles de mesure de profils ; l’Ennéagramme est moins sérieux, ses origines sont même relativement floues voir ésotériques et les types proposés assez caricaturaux (au moins a-priori). Pour l’Ennéagramme, l’intérêt est surtout dans l’établissement de combinaisons, de correspondances ; plusieurs types peuvent former un portrait, abstrait mais significatif. Avec le MBTI, il est davantage question de comportement, d’attitude, de mode de fonctionnement.

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A noter que Slate a diffusé récemment un article sur le même thème (MBTI seulement) – néanmoins, les diagnostics MBTI ne sont pas tous ceux que vous trouverez ici (certains, comme pour Bayrou, m’ont même étonné). Retrouver ce sujet sur une plateforme aussi vive et pédagogue est une excellente surprise ; en revanche, on peut regretter qu’il y manque un argumentaire pour justifier les attributions… et que les « experts » non-cités sont probablement issus de l’avis général des internautes et amateurs, d’ailleurs les profils-types peuvent être déduits spontanément en raison de leur évidence, chez certains personnages en portant tous les traits (c’est le cas de Nicolas Sarkozy en particulier).

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Présentation rapide des deux modèles (liens pour en savoir plus), sur lesquels le Blog reviendra probablement à d’autres occasions (pour le Cinéma notamment), puis application au cas par cas pour les dix candidats.

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MBTI

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4 critères définissent le test de Myers Brigg :

* I/E (Introverti/Extraverti) = l’introverti s’épuise au contact des autres, l’extraverti gagne à être en société, il est dans son élément

*  N/S (iNtuition/Sensation) = les intuitifs comprennent à partir de la déduction, de l’extrapolation, de la généralisation ; les sensitifs se fient à l’expérience et au bon sens, à leurs acquis plutôt qu’à la théorie

* T/F (Thinking, Penseur/Feeling, Affectif) = les penseurs prennent leurs décisions sur la base de critères rationnels et objectifs ; les types sentimentaux ne sont pas nécessairement « émotionnels » ni grégaires, mais tendent à minimiser le raisonnement logique au profit de considérations soit humaines, soit passionnelles

* P/J (Perception/Jugement) = les perceptifs évitent de s’engager ; les « jugeurs » sont organisés, se fient à des critères qui sont souvent ceux de la société, savent généralement ce que sera leur futur proche et leur avenir lointain

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Tempéraments à l’épreuve de la pratique sportive, ainsi que dans le rapport au Monde en général (adaptabilité).

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4 grandes familles (descriptions caricaturales) :

* NT, les Rationnels (xNTx) = c’est la famille la plus rare (environ 10%), la moins sociable et la plus axée vers la théorie, la quête de connaissances, de compétences et de compréhension. Tout passe par la pensée ; l’analyse, la logique, jouent un rôle fondamental au quotidien. Ce groupe est orienté progrès et peut, au contraire des SJ, passer outre les traditions ; mais le souci du travail, de la découverte et de l’intelligence les séparent des SP, alors que le relativisme côté valeurs et la priorité accordée à la logique les dissocie des NF. Souvent des scientifiques, philosophes.

En savoir plus : 16types.fr

* NF, les Idéalistes (xNFx) = les standards éthiques, les valeurs culturelles jouent un rôle décisif pour les membres de ce groupe (entre 15% et 20%). Des idéaux élevés, des buts nobles via lesquels ils pourront s’extraire du marasme et de notions matérielles et affirmer leur identité sont les sujets de préoccupation essentiels de la vie des NF. Souvent des enseignants, journalistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SP, les Artisans (xSxP) = catégorie la plus exubérante, la plus spontanée et la plus « bruyante », c’est celle des esthètes, des hédonistes et des amuseurs (25% à 35%). Ils sont orientés solution et ont un bon sens pratique, mais leur faculté d’adaptation à la nouveauté est plus limitée que pour les précédents. Ce sont les plus instables mais aussi les meilleurs « vivants » ; avec les NF, c’est chez eux que se retrouvent les Artistes.

En savoir plus : 16types.fr

* SJ, les Guardiens (xSxJ) = groupe le plus répandu (autour de 45%), c’est celui des « conservateurs », de ceux qui assimilent les règles, les structures et les contraintes sociales et sont naturellement portés à en reconnaître la valeur. Aptitudes logistiques, managers, protecteurs aussi. Ils peuvent être rigides, se mettre des ornières, ne pas voir ou accepter le changement.

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En savoir plus : 16types.fr

L’Essentiel :

– les caractéristiques définies par E/I et  P/J sont relatives aux attitudes. Les deux autres sont plus « viscérales » et profondes, décisives pour le fonctionnement.

– chaque type implique les quatre fonctions-clés ; le modèle estime ainsi que tout Homme est à la fois Penseur et Affectif, ainsi qu’Intuitif et Sensitif ; les niveaux d’introversion ou d’organisation (pour aller vite) s’appliquent à ces 4 notions.

– Par exemple, un NT sera d’abord Intuituif (N) et Penseur (T) ; il ne fait appel à ses aspects de Feeler (F) ou de Sensor (S) qu’en de rares occasions ; cela lui demande un effort, lui apparaît contre-nature, nouveau ou dérangeant. L’introversion et l’extraversion se calque ensuite là-dessus : un NT introverti, par exemple l’INTJ, est d’abord N (Intuition Introvertie – Ni) avant d’être T (Penseur extraverti – Te) – ou IN et TJ.

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ENNEAGRAMME

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9 types, en substance (liens vers des descriptions pour cerner plus vite)

* type 1 – l’Idéaliste, le Perfectionniste : Ennea.com ; CCE ; Moncoach ; EIP  ; EnCo

* type 2 – l’Altruiste, le Romantique : Ennea.com ;  CCE

* type 3 – le Battant, le Magicien : Ennea.com ; CCE

* type 4 – l’Artiste : Ennea.com ; CCE

* type 5 – L’Observateur, l’Expert : Ennea.com ; CCE

* type 6 – Le Loyaliste : Ennea.com ; CCE

* type 7 – L’Optimiste : Ennea.com ; CCE

* type 8 – Le Leader : Ennea.com ; CCE

* type 9 – L’Affable, le Médiateur : Ennea.com ; CCE

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– ces types sont issus de trois Triades : Emotionnelle, vivant selon le ressenti, le rapport aux autres, l’image (types 2-3-4) ; Mentale, se fondant sur la réflexion, la logique, la créativité et la planification (types 5-6-7) ; Instinctive, fidèle à ses tripes, à son monde intérieur, à ses convictions ou ses modèles personnels, orienté vers l’action (types 8-9-1)

– à chaque type peut s’ajouter une aile ; par exemple, un Type 8 peut avoir une aile 7 ou une aile 9 ; l’aile 9 le rend plus conciliant, plus modéré, plus porté au retrait ; l’aile 7 le rend davantage anticonformiste, agressif, entreprenant

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– Pour en savoir plus :

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_type_de_personnalite.htm

http://www.enneagramme.com/Theorie/9_types.htm

http://homeusers.brutele.be/dossiers/evoluer/enneagramme_dossier.htm

– Pour déterminer votre profil :

http://www.enneagramme-envolutif.com/formation-enneagramme-test.html

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MARINE LE PEN = ESFP – 6aile7

MBTI : ESFP ou ENFP

L’hypothèse ESFP s’impose avec évidence, pour la gouaille et le tempérament bouillonnant, par endroits presque « boute-en-train » du personnage, pour la simplicité du ton aussi. Mais son brio dans les débats, sa capacité à allier des concepts ou des idées complexes avec spontanéité font pencher vers le « N », de même que ses facultés d’oratrice. Par ailleurs la capacité de MLP, plusieurs fois démontrée, à faire tomber les masques de ses interlocuteurs (d’un point de vue psychologique) et à saisir ce qui n’est pas dit au-delà même des arguments, d’une gêne ou d’une colère patente, peut être autant comprise comme une caractéristique décisive du « Se » (rien ne lui échappe dans le présent) que du « Ne » (faculté à tisser des liens dans l’environnement et l’ambiance). Très réactive, imprévisible et charismatique, comme l’est l’ENFP de papier. « ExFP » de toutes façons, le type des comédiens, des exubérants et des leaders ou pédagogues hauts-en-couleur.

Il y a une deuxième hypothèse qui peut maintenir le doute pour MLP, c’est l’ESTJ : contrairement à Mélenchon qui en adopte parfois une « persona » grossière, c’est structurel dans le cas de MLP. En effet sa tertiaire Te (la Pensée Extravertie) est de plus en plus investie, en réponse probablement à la récente accélération de sa carrière. Cette énergie Te était clairement noyée sous les deux fonctions dominantes (Perception Extravertie et Sentiment Introverti) il y a une décennie.

Enneagramme : 6, 7, 3

Loyale, dynamique, avec un côté borderline ostensible qui n’entame rien de sa combativité, voir de sa témérité. Les événements de sa vie personnelle pourraient en avoir fait une des « contre-phobiques »  souvent cités pour évoquer le Type 6 (qui tend à se laisser dominer par ses peurs, ou les surmonte avec aplomb et souvent excès). On peut parler, dans ce cas, d’optimisation maximale et magistrale du type.

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NICOLAS SARKOZY = ESTP – 3aile2

MBTI : ESTP

Comme Chirac et Berlusconi. C’est un type imprévisible, irréfléchi ou incohérent dans ses actes en surface, mais se fiant à son cadre interne (Ti – Pensée introvertie) pour décider et agir vite (Se – Sensation extravertie). Il aime les biens matériels, le clinquant, cherche la reconnaissance, le feu des projecteurs ; c’est un dominant naturel. Il vit sur le moment présent, est doué en général et en particulier pour l’improvisation ; il s’adapte en toutes circonstances, sauf s’il est compromis et ne rate jamais une occasion de se mettre en avant. Il aime les plaisirs terrestres surtout ; Sarkozy est l’ESTP, dans une version plus assumée que Chirac et plus « narcissique » que Berlusconi, lequel portait carrément toutes les outrances « sensorielles » du type (potentiellement le plus jouisseur, hédoniste et cynique).

Enneagramme : 3w2, 8w7

Sarkozy est vraisemblablement 3aile2 (le type de « la star », du Battant tendant ici vers l’instinctif), ou bien oscille entre 8 et 7 (8 aile 7 ou 7 aile 8). Sa gloutonnerie, son déni face au réel, la force physique dont il a pu faire preuve abondent en ce sens ; sa fuite de la faiblesse (trait fondamental du 8) ressemble beaucoup à la quête d’admiration et l’identification à un rôle (pratique spontanée du 3). La recherche de compensation, l’égo surgonflé, évoquent généralement les types 3 & 8 et Sarkozy incarne tout à fait ce qui les relie. La fausseté, le vide transparent de l’homme, son aptitude à s’adapter aux publics auxquels il fait face, sa façon de se mettre en scène, font cependant pencher plutôt vers le type3 (là encore, à l’instar de Chirac, qui oscillait lui plutôt entre 3 et 9).

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FRANCOIS HOLLANDE = ESFP – 7aile6 (ou 9aile1)

MBTI : ESFP ?

Peu d’intérêt sur ce profil, pas grand chose à creuser, pas d’angle d’attaques prégnant ou stimulant (comme pour le reste d’ailleurs). Hollande serait ESFP a-priori et est généralement typé comme tel. Néanmoins il y a trop d’éléments contradictoires à son sujet et en même temps peu de traits saillants ; il est donc difficile de cerner le personnage, à moins qu’il soit aussi dissocié qu’il en ait l’air.

Enneagramme : 7, 9, 6

Hollande est souvent perçu comme un 7w6 et il en est médiatiquement la caricature. Optimisme, bonne humeur, entrain définissent le type, plus encore avec cette aile ; c’est aussi, en grossissant le trait encore avec les comportements les plus récurrents, un bon communicant, mais un piètre leader et un dominateur peu crédible. Le 7aile6 peut être un bon chef d’équipe, approuvé d’ailleurs et populaire surtout, mais on ne lui fait pas confiance en cas de crise, ou on chercherait quelqu’un de plus solide, plus stable ou sérieux. En revanche, il excelle dans les rôles de seconds ou dans le costume du farceur de service. Tendance à s’affadir, à se contenter des acquis, à fuir la réalité, la tâche, l’effort, la remise en question (correspondances entre les types 7 dits ‘malsains/désintégrés’ et 9). Voit et pense à court-terme (être SFP redouble cet aspect). L’aile 6 illustre l’importance accordée au sentiment d’appartenance et par extension, à la conserver sa place au sein du groupe.

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JEAN-LUC MELENCHON = ENFJ – 8aile7

MBTI : ESTJ ou ENFJ

Idéaliste ou Gardien ? Le dogmatisme de Mélenchon est un pont entre ces deux pôles. Le candidat du FDG est considéré comme un ENFJ sur Slate, d’ailleurs peut-être penche-t-il vers le « F » , par idéalisme, ou par pratique (via ses messages et postures politiques), en raison de ce qu’il défend et de la fibre émotionnelle dont il abuse. Par ailleurs, l’ENFJ est le plus prompt des types  »F » à assumer le leadership ; c’est aussi, à l’instar de l’ENTJ pour les NT, le NF le plus disposé à fonctionner comme un SJ. Ce type est celui des orateurs passionnés, des amoureux de grandes causes capables de faire face à la foule en la prenant à témoin (les ENF mobilisent, les INF exposent leurs raisons) ; moins concordant en revanche, l’ENFJ est un type très  »féminin », peut-être aussi le plus réservé, prudent voir timide des extravertis.

Mais on attribue ce type un peu vite – généralement à beaucoup de personnages charismatiques ou flamboyants, marqués « à gauche », prophètes pacifistes ou militants associatifs d’envergure. Sans doute y a-t-il là une volonté de sacraliser et figer un portrait universel de « gourou ». Or l’INFP et l’ESTJ, pour des raisons différentes, peuvent très bien incarner ce gourou.

Ensuite, entre S et N, Mélenchon est dur à définir : il vit dans le présent, réagit au contexte physique -ou aux hommes et femmes qui s’adressent à lui- plus qu’aux idées ou aux débats, perdant parfois de vue une certaine cohérence. Ces caractéristiques indiquent plutôt le Ti-inf et la présence du Se. De plus, Mélenchon fut un grand suiveur pendant de nombreuses années, surtout à l’époque Mitterand (voir son attachement manifeste, parfois benêt, dans les vidéos), une caractéristique plutôt propre aux I, S, F et J (par rapport aux E, N, T et P) : surtout au Fe (fonction dominante ou auxiliaire des types xxFJ). Il ne s’agit pas du tout de dénigrer Mélenchon en lui refusant un type plus convoité ou censément plus noble ; mais Mélenchon est plutôt un gardien des traditions, d’un idéal de gauche et la confusion de l’ENFJ avec l’ESTJ, du NF avec le SJ, se comprend et même se justifie. Il est bien cependant le paroxysme de l’ENFJ masculin [et du NFJ] agressif et têtu.

Enneagramme : 8

Mélenchon est un 8 assez poussif, cumulant beaucoup des traits de ce type qui utilise prioritairement le centre instinctif pour le tourner vers l’extérieur.  

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FRANÇOIS BAYROU = INTP – 9aile1

MBTI : INTP, INxJ ou ISTJ ?

C’est probablement le plus difficile à cerner de tous les candidats (ce qui est sans doute un obstacle pour lui et son MoDem à plusieurs niveaux). INTP pour son non-conformisme, probablement surtout interne, qui émerge facilement mais est souvent floué, en surface toujours, par la culture du consensus, de l’harmonie. L’hypothèse INFJ, sur Slate, n’est pas aberrante, même si elle surprend spontanément : les qualités de pédagogue, le côté « mentor » du personnage renvoient à l’INFJ ; mais l’attitude, réservée et décisive, sied parfaitement aux IxxJ en général. La raideur, l’impression parfois d’observer un pantin hypnotisé par les croyances qu’il récite renvoient à l’ISTJ. Bayrou serait alors un ISTJ assez curieux, pour autant, jusque dans les détails, il épouse parfaitement les structures de ce type.

Enneagramme : 9, 1, 5, 6

A-priori, Bayrou est un « 9 » assez facile à diagnostiquer. Pour des raisons basiques : simplicité du personnage, souci de la neutralité, de la modération, ainsi que pour la sagesse (peut-être un  »6 » intégré ?) ; mais également pour les discours-fleuves, le souci du détail. Bayrou est aussi un « passif-agressif », à tous les niveaux (sur les plateaux, dans son action politique, dans sa façon d’être et de se présenter). Le 9 associé au 1 cumule la résistance aux émotions négatives, à l’adversité et à la violence des deux types ; il induit aussi un certain idéalisme, le désir de préciser (et ensuite, dans une moindre mesure, de communiquer) sa vision du Monde ; il inclue aussi une certaine rigidité, une paresse, une indécision… plutôt qu’une peur, qu’un souci de sécurité, de maîtrise (et d’une stabilité matérielle), propres aux types 5 et 6. Ces deux-derniers sont les opposés du 1 et 9, mais on peut aussi les qualifier de reflet ; par exemple, le 1aile9 et le 5aile6 se font face sur le cercle de l’ennéagramme ; ils tendent à se complémenter mais aussi à s’identifier l’un à l’autre et peuvent simultanément se confondre comme apparaître incompatibles. Bayrou pourrait être un 6aile5 (qui s’identifie, et réciproquement, avec le 1aile2) ; sa solitude abonde en ce sens (à titre privée, celle-ci est délibérée – Bayrou ferait volontairement le vide autour de lui), ainsi que sa loyauté et son attachement à un cadre familial et à des racines géographiques.

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EVA JOLY = INFJ – 3aile4 

MBTI : INFJ ou INFP

Eva Joly affiche les grandes qualités de l’INFJ… et les grands défauts des « IN » en général, communication laconique ou inadaptée en tête. Eva Joly pourrait être INFP, mais les IxFP sont souvent les plus passifs (cependant, beaucoup d’INFP compensent leur « faiblesse » par un masque d’aplomb et de dédain) ; son intransigeance et sa froideur pourrait la faire apparaître comme une « T », mais son mode d’expression (mimiques et phrasé) sont emprunts de valeurs, de références subjectives, d’affects (d’ailleurs la campagne, les propos, les clips, sont « F » malgré eux). C’est plutôt son « J » qui la rend si droite, si (apparemment) dure, si structurée et décisive ; lui aussi qui l’a portée vers le domaine qu’elle a embrassé.

Enneagramme : 3, 4, 1

potentielle 1, pour le côté justicière, pour l’idéalisme aussi, trait qui n’est pas sans rappeler le type 4 (naturellement porté vers les idéaux de gauche). Le goût du combat, le côté workaholic, la ténacité, mais aussi la multiplication des actions sur des domaines contradictoires (concours de beauté, Droit, politique, éthique) renvoient au type 3. L’association à une aile 4 paraît évidente ; elle implique une priorité au mental au détriment de l’instinctif, un sens esthétique plus développé, une plus grande discrétion et un sens de la nuance lorsqu’il s’agit de se mettre soi-même en scène (contrairement au 3w2, le 3w4 n’est pas un profil-type de « showman », il peut même être assez froid et asocial – mais aussi moins outrancier). A noter aussi qu’un Trois accompli ne ressemble pas à un Trois, mais à ses objectifs, ses combats, bref à l’objet de son identification.

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NICOLAS DUPONT-AIGNAN = INTJ – 1w9

MBTI : INTJ

Pour l’aplomb sans fards, l’expertise, la cohérence et une certaine hauteur naturelle. Solitaire sans en souffrir (aspect irrévocablement INT), NDA est porté par ses convictions ; le terme s’applique bien, semble même façonné pour des individus comme lui, poursuivant leur vision du Juste contre vents et marées. Son discours est très établi, la confiance en l’inspiration de l’INTP n’est pas de mise ; avec l’INTJ, les idéaux sont solides et vérifiés (l’INTP est plus porté vers la polémique et l’exploration de concepts que leur revendication).

NDA a ce côté un peu professoral, donneur de leçons qui s’il peut le plomber vu de loin, passe largement grâce à sa virulence sans outrances ; en outre, en parfait INTJ, NDA retient son jugement et ses paroles jusqu’à délivrer le coup fatal. Les légers problèmes de communication (coups-d’éclats de « showman » un peu désuets, mais ça ne le soucie guère) sont typiques, bien sûr des « T », mais surtout des (I)NT(J), largement plus soucieux de fond que de forme, de symboles que d’images gratuites et chatoyantes. Autre caractéristique de l’INTJ : un conformisme de façade, une auto-discipline au service d’un état d’esprit structuré.

Enneagramme : 1, 5, 6

L’ennéatype 1 s’impose rapidement (fixation perfectionniste, colère réprimée éclatant face aux « excès » broyant son sens de la droiture), quoiqu’avec des aspects ‘résonnant’ 5. Un 5 aile 6 dans ce cas, c’est-à-dire un Observateur relativement tourné vers le Monde, actif voir énergique, bien qu’assez difficile à saisir. Les 1w9 et 5w6 sont des types-miroirs.

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PHILIPPE POUTOU = ISFP – 9w1

MBTI : ISTP ou ISFP

Poutou a un profil assez classique de petit lieutenant de la « gauche radicale » ; c’est un SP, il vit dans et pour l’instant immédiat, ne se soucie pas des conséquences de ses actes. Il est fidèle à ses habitudes mais c’est un bon camarade. Plutôt introverti, il a les traits du STP, mais ses prestations ont souvent été curieusement affectives ; le personnage manie très mal la théorie, alors que les STP sont souvent capables d’asséner des convictions arrêtées et structurées.

Enneagramme : 9, 6, 7

Poutou est un 9 typique. Négligé, paresseux, même lorsqu’il monte au front, capable néanmoins de se montrer ponctuellement offensif.