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UN PRÉSIDENT NE DEVRAIT PAS DIRE CA … ***

17 Déc

3sur5 Oui François Hollande va laisser une trace dans l’Histoire, mais elle risque d’être plus folklorique que dramatique. Avec le livre Un Président ne devrait pas dire ça il réalise une performance sans précédent, où un chef d’État en exercice s’ouvre en tant qu’homme (politique), balance des vérités ou des considérations in-assumables à son niveau. Un Président de la République a pris le risque du suicide social. Intolérable pour la classe politique, apocalyptique pour son groupe ; aberrant pour toute conscience responsable ; petit miracle pour qui souhaite voir la crédibilité du politique anéantie ou au moins ses hypocrisies flétries.

De la fin de campagne de 2012 à la rentrée 2016, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, journalistes d’investigation travaillant pour Le Monde, ont rencontré François Hollande à l’occasion de 61 rendez-vous, chez eux ou à l’Élysée. Le candidat, qui sera président sur l’essentiel de la durée, s’est engagé à ne pas intervenir sur le livre qui devait en résulter, leur accordant donc une liberté inouïe. De quoi terrifier de simples amuseurs vaguement exposés. Le résultat est un pavé de 672 pages (650 sans les marges) très organisé, avec sept grandes parties (comme ‘L’Homme’ la deuxième, ‘La Méthode’ en troisième). Il révèle un François Hollande paradoxal, sûrement moins énigmatique à la sortie, mais toujours insaisissable.

La grande préoccupation d’Hollande concernant les affaires publiques semble d’entretenir les choses, au degré d’un super-fonctionnaire à la vue haute. Quelquefois il faudra payer de sa personne, souvent se contraindre, dans tous les cas il reste l’apathie intègre comme principe et horizon. François a la hantise du ‘tous pourris’ dans le peuple. Il aime dire que les affaires éclaboussant son mandat et souvent impliquant sa majorité sont la preuve de son exemplarité ; voici la démonstration que « la République irréprochable » a été instaurée. La transparence aurait ce prix que nous voyons (les quelques démissions forcées au gouvernement ou dans l’organigramme de l’Élysée) et pour lequel, ironiquement, Hollande se trouve blâmé. Ces révélations restent cependant à un niveau étriqué ; elles sont dérisoires à l’échelle d’une nation (notamment l’épisode de la « phobie administrative »), plus significatives comme illustrations que comme faits. Seule l’affaire Cahuzac souille fondamentalement le désir d’intégrité affichée du Président ; au fond, seule cette affaire est sérieusement compromettante pour le pouvoir, au-delà de François dont les mésaventures romantiques sont de violentes humiliations.

En lisant ce livre on a l’impression d’entrer dans la pseudo-intimité d’un sommet bizarre. Le représentant du palais est centré sur lui-même et sur l’actualité ; il faut bien utiliser ce terme, car si Hollande tient du ‘roi-fainéant’ il ressemble aussi à un ‘maire du palais’, mais un maire égocentrique et simple, peu voire pas touché par les afféteries du pouvoir, indifférent au luxe et aux symboles marbrés. Parfois il parle comme les journalistes, emprunte souvent l’attitude d’un observateur rationnel, non-interventionniste, qui pourrait en faire un professionnel remarquable. Au fond le job le plus sacré pour François Hollande est celui d’un gestionnaire d’images et de ressources humaines ; et à ce job il est plutôt mauvais. L’intendance médiatique occupe une place disproportionnée dans son regard. Elle dévore des parties entières du livre, de façon décroissante (donc énormément les deux premières, soit ‘Le pouvoir’ puis ‘L’homme’, celle du ‘Monde’ radicalement moins).

Le livre produit des effets nuancés, mais beaucoup plus négatifs au départ ; l’un des points culminants est l’étalage d’un cynisme de crétin de la part de Hollande, notamment lorsqu’il note la petite recrue Najat, en jubilant sur sa langue de bois et recouvrant son volontarisme d’une odeur moisie (« elle en veut »). ‘Le pouvoir’ (partie I) est, surtout avec le recul et si on laisse de côté le livre (donc reste sur le plus laid), sidérant par sa pauvreté et sa bassesse. Tout y est pris par le petit bout de la lorgnette, grâce à la contribution d’un homme d’État amorphe envers tout ce qu’il y a de grand, d’urgent, de fondamental, ou simplement d’extérieur à lui, son image et son plan d’avenir. Du pouvoir tel qu’il s’exerce aujourd’hui en France, ce livre donne, entre autres choses, une image pathétique, lamentable. Mais lorsqu’on s’écarte de celui-ci ou de la France, pour se concentrer sur François en général et Hollande dans ses relations hors-médias, la curiosité l’emporte sur la nausée. La sympathie peut même éclore pour cet individu si complexe, différent de ce qu’on en a fait ou déduit collectivement, de ce qu’on a pu projeter individuellement, mais assez multiple pour qu’on ait pu saisir le morceau qui nous inspirait – ou nous révulsait (au minimum il y aura la dimension chamallow, la plus éclatante, elle-même bien plus intéressante ou estimable lorsqu’on la connecte à celle du méga-notable, du troll séditieux ou du malin froid).

Au niveau des grandes idées et des enjeux trop subtils, Un président ne devrait pas dire ça n’est pas satisfaisant. Il vaut le coup sur un plan plus technique et technocratique. Il aborde les manœuvres politiciennes et entre grandes puissances sans déflorer de dossiers ou coutumes trop sensibles, en donnant un point de vue plutôt cru et carré sur ces choses. Pour le lecteur en demande ‘d’actuel’ le livre, fin 2016, vaut le détour. Les entrevues ayant duré jusqu’à la fin de l’été 2016, plusieurs épisodes de l’année sont évoqués, alors que leurs retombées sont toutes fraîches – et certaines en cours de traitement, au-delà même des résultats fracassants obtenus par Hollande le président « fantôme » et candidat potentiel. La lecture est un peu enrichissante malgré quelques parasitages, qui comme le reste tendent à être corrigés au fur à et mesure (la dernière partie, ‘La France’, retrouvant certains défauts initiaux, devenus plus recevables ou profitables).

Sur les 150 premières pages le style est souvent médiocre et irréfléchi. Les phrases sont courtes et souvent ponctuées par ce type de conclusion : virgule puis « donc » ou « aussi » inutile. Manifestement il faut marquer le coup pour rendre une micro analyse plus saillante, ce qui doit vouloir dire, dans certaines sphères, plus pertinente. Par contre, ce défaut de fabrication est propre aux deux premières parties, (quasi) inexistant ensuite ! Il y aura plusieurs cas de « Voilà. Drôle d’histoire quand même. » (p.140) ; des transitions maladroites au mieux. Les auteurs placeront tout le long quelques jugements moraux, avec leur fibre de centre-gauche humaniste, ‘social’ light et abstrait au mieux, en gardant une certaine décence ; la tendance à tout réduire montre là ses vertus. Dans l’ensemble, leurs remarques savent apprécier les éléments offerts avec un recul ‘plat’ comme il faut, en se souciant de précision à propos de ce qu’ils rapportent. Le livre sait exposer le ‘dur’ de la politique en adoptant le ton d’un compte-rendu – notamment lors de la partie ‘Le Monde’, la plus riche et la plus grave, puisqu’elle met en jeu les grands leaders de la planète.

La voix du président domine, c’était préférable. Les agréments ne font que nuire lorsqu’ils ne sont pas factuels ; les auteurs en arrivent sinon à dire n’importe quoi. Par exemple : le conflit, qu’ils (se) posent, entre vie privée des hommes de pouvoir/raisons publiques est taxé « interrogations existentielles ». L’usage impropre de la notion de ‘rationnel/rationalité’ (parfois à peine digne d’un langage parlé) est récurrent. Les mots sales et représentations dégueulasses de gens de télé ou de papier comme « imprimer » répondent présent. Le lecteur goûtera aussi ce style de finesse : « Toujours ce sentiment que, quoiqu’il fasse, il sera critiqué. Délire de persécution, début de paranoïa ? En même temps, les faits auraient plutôt tendance à lui donner raison.. » (p.254). Heureusement, dans l’ensemble la capacité de jugement du lecteur reste respectée ou n’est prise en compte que lointainement – car quand Hollande parle il semble abandonner plus que jamais, pour le grand-public (sans doute pas pour les journalistes), le souci des apparences, de la respectabilité.

À quelques endroits les auteurs en rajoutent pour rabaisser le président, souligner sa nonchalance et son irresponsabilité ; peut-être pour se dédouaner de la leur, eux qui lui ont tendu la perche pour ce hors-piste. Leur posture peut se faire mesquine et lâche, à d’autres moments presque complaisante par sa faloterie, en plus de la superficialité habituelle (et probablement nécessaire). Il y a des attaques et des faits à prendre en considération, ou au moins à évaluer selon le contexte et les éléments liés, sur lesquels ils laissent le président placer ses démentis ou justifications. Sur le chômage (dont Hollande aurait réussi à stopper l’ascension à partir de 2016) les journalistes d’investigation sont d’une bienveillance inconsidérée ; ils frisent le mensonge par omission. C’est de l’ignorance ou une cécité indigne de leur métier (ou prétention). La révolte de Trierweiler est dénigrée car elle sent mauvais ; Lhomme et Davet seraient clean, auraient de la dignité et du respect. À la limite, ils sont de bons commis – bons et faux manifestement, car ce livre existe et la mise à distance est déloyale.

Quoiqu’il en soit ce livre répond à des attentes plus exigeantes que Merci pour ce moment, essai et vengeance de Trierweiler (publié en septembre 2014, quelques mois après que Valérie ait été sortie de la vie privée d’Hollande), au ton extrêmement émotif et subjectif. Il offre des morceaux également croustillants mais le rire est plus rare et ambigu. Même le dégoût se fait clinique. Il y a aussi matière à apprécier Hollande avec un minimum d’a-prioris ou de déformations par des tiers. L’homme, le président et l’homme politique suscitent presque une tristesse ‘théorique’. Un des angles morts les plus flagrants du hollandisme concerne ses ressources humaines : il a payé cher ses lacunes dans l’évaluation de ses collaborateurs et notamment des effrontés, dont il semble envier la liberté (Taubira ou Macron, qu’il couvre d’éloges). L’hypothèse d’une malice virtuose, d’un détournement hilare, tient toujours (même si elle n’est pas considérée dans ces lignes) ; la remarque de Hollande sur son apprentissage de l’écologie en est un exemple discret mais sidérant (monsieur éteint les lumières à l’Élysée parfois le soir!). Planté où il est sur l’échelle sociale, Hollande doit être informé, quand bien même il serait tenu de faire de la figuration sur l’essentiel du politique ; en bon corrézien ambitieux Hollande sait se faire passer pour un imbécile ; et sait trouver les sujets pour le croire et s’en réjouir. Plus loin dans le livre, il revendiquera son action sur ce sujet (citant notamment la Cop21) qu’il avoue méconnaître et négliger a-priori.

Le seul manque persistant qui aurait pu être corrigé concerne la politique intérieure au sens fort. Ce manque est révélateur : l’intendance médiatique est plus importante pour le pouvoir, ou pouvoir officiel, ou supposé pouvoir. Le FN est très peu évoqué. Sauf via sa petite sous-partie (‘IV – Les Autres > 2. La menace) consacrée à Marine Le Pen, il n’est jamais traité pour lui-même (rares citations : p.142,246, une ligne quand est évoqué projet d’ouverture du droit de vote aux étrangers p.288, puis dans une discussion avec Sarkozy dix pages plus loin). Même lors des dernières pages relatives aux attentats et aux attentes populaires, il est toujours enjambé, traité soit comme un détail, soit comme un rouage à prendre en compte dans la conjoncture politicienne. Or le FN a réussi à créer la tripolarisation, qu’il a maintenue pendant tout le mandat de Hollande ; s’il était resté à son étiage des années 2000, qu’en aurait-on dit dans ce livre ?

En revanche le livre a le mérite de relever les aspects plus reluisants du quinquennat, les quelques legs ignorés ou incompris d’un mandat dont Hollande n’a peut-être pas correctement mesuré la perception (par manque d’intérêt plutôt que par insuffisance – mais cela garde une part de bêtise). Par exemple, ‘Flamby’ a raison de rappeler l’avènement de la HATVP (Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique), mise en place fin 2013 et emblématique de sa lutte contre la corruption. Ses mesures ont pu être décalées (par rapport à l’opinion, aux nécessités, à la ‘vraie’ corruption) mais elles trompent le vide dans le plus minable des cas. Hollande sait que le mariage ‘pour tous’ sera une mesure sociétale historique comme l’ont été la légalisation de l’avortement ou l’abolition de la peine de mort (il les citent). Au moins il s’agira d’un repère dans la chronologie du catéchisme progressiste, qui, comme les voix modérées et raisonnables dont il se réclame, ne sont pas audibles en cette période (là encore, c’est dans le texte).

Raison de plus de se disperser et courir après les médias (et leur assentiment, ou au moins leur considération, leurs commentaires) ? Pendant son mandat le président a donné de son temps pour d’autres livres contenant également des « confidences », ou du moins des propos susceptibles d’être tordus comme tel. Un Président ne devrait pas dire ça est l’opus qui fauche tous les autres, leur mètre-étalon ; ils ont recueillis et révéleront des miettes. François qui ne peut s’empêcher de tempérer, affadir, a trouvé le moyen de s’inscrire dans ce vent de transgressions (d’obédiences réactionnaires pour la plupart – de Trump à Beppe Grillo en passant par Zemmour) qu’en bon centriste inséré il regrette – en restant indirect, mais en signant mieux que jamais.

Au travers de ces 61 rendez-vous étalés sur quatre ans, il a trouvé un espace où s’adresser à la population indirectement ; par l’intermédiaire des journalistes. Tout est cohérent dans son système de rapports et ses hiérarchies de communiquant. Le président absent, le politicien suprême qui parlait aux médias et les cherchaient, tend une perche aux gens auxquels il ne sait pas parler, sauf en campagne et s’ils sont disposés (il y en a toujours, de ces malheureux optimistes). Avec ce livre, il peut les atteindre de façon presque souterraine, intime sans devenir familier ni s’ouvrir véritablement, en s’invitant avec eux à la table des spectateurs ; mais lui en est un placé au-delà de ce qu’ils peuvent encadrer, aussi sa légèreté n’empêche pas cette exhibition à chaud d’être attrayante. Le lecteur découvrira bien un homme cynique, tacticien impitoyable voire destructeur, mais peu disposé à la corruption ou à la jouissance de la mesquinerie – ou peu vu sa fonction. Cet homme riant de ses blagues serait « définitivement plus rousseauiste que voltairien » (p.420).

La récompense pourrait se faire attendre ou ne tenir qu’à des suffrages immatériels, éparpillés. Ce livre est une calamité, un acte fou mais, sans compenser les errements de ce quinquennat et encore moins les pardonner, il crée une différence. Il peut susciter l’admiration des négativistes de cette planète, sidérer les nihilistes juniors ou endurcis. Oui François Hollande, sa mission et les conséquences de ses actes ou non-actes mis à part, a été héroïque. Il a violé des règles tacites élémentaires et même bafoué des exigences officielles fondamentales, en lâchant quasiment des secrets d’État, affichant au grand jour des anecdotes et références d’initiés ou du ‘tout-paris’. Il ne s’est pas racheté en tant que leader politique, mais il a été révolutionnaire en politique ; même si tout ça est à relativiser, car le rayon d’observation reste prudent ; et également à prendre avec des pincettes, car Hollande a souhaité manipuler et quand bien même il se serait égaré, il a avancé ce qu’il a bien voulu et pu dire (ce qui pourrait n’être pas grand chose). Cet exercice pourrait en inspirer d’autres, qui donnerait à la culture des fuites organisées et du déballage des ‘of’ un débouché funeste.

En tout cas ce livre-là aura eu des effets radicaux. À la sortie (en octobre 2016) le résultat est, ‘objectivement’, désastreux. Les ‘socialistes’ du PS sont plongés dans un psycho-drame hallucinant, certains répandent des saillies dignes de commentateurs Youtube éméchés, d’autres doivent faire bonne figure. Ce suicide apparent accompagne Hollande vers son record à 4% d’opinions favorables et 6% d’intentions de vote pour 2017. Il enfonce Hollande dans la solitude et donne à ses nombreux adversaires internes une raison non ‘électoraliste’ de le mettre sur la touche. Que ses troupes se résignent à le soutenir, c’était tout ce qui restait à Hollande ; à moins que ce livre ne lui permette de tisser des liens insoupçonnés avec les Français. Cela n’a pas été le cas, faute de temps et de pédagogie, probablement. Quelques semaines plus tard et quelques jours après la désignation du candidat de l’ex-UMP, Hollande annonce sa non-candidature. Contre toute attente et conformément aux indices réels, enfin.

Note globale 67

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MERCI POUR CE MOMENT *

4 Avr

2sur5  Neuf mois à peine après sa rupture avec François Hollande (consommée en janvier 2014), Valérie Trierweiler publiait aux Arènes le témoignage de ses neuf années de concubinage avec le Président le plus ramolli depuis René Coty. Les résultats sont fracassants : ‘tout le monde’ a son avis sur le sujet, les médias n’en peuvent plus de relayer les ‘informations’ du livre, les retombées politiciennes sont assez importantes (notamment à cause de l’expression des « sans-dents » attribuée à l’ex-premier secrétaire du Parti Socialiste) ; enfin, les chiffres des ventes sont astronomiques (meilleures de l’année avec plus de 603.000 exemplaires, devant Fifty shades of grey et le dernier Musso, Central Park). Merci pour ce moment est le torchon enflammé de son temps.

Le style est quelconque, la qualité générale faible, même si le niveau reste décent, au niveau d’une série de notes impulsives ou de mails recueillis. En revanche le livre est complètement déstructuré, le plan certainement bâclé s’il a existé. Sauf anecdotes (ou mise à quai sur la fin), il n’y a jamais de nouveautés au fur et à mesure, de montée ou changement de ton. Les répétitions sont courantes, dans les réflexions, à l’égard de François et son caractère, ou ce qui ne pouvait plus tenir. De plus, le ton outrancier et la composition d’une multitude de petits blocs ne permettent pas toujours de maintenir le divertissement. Ces trois cent pages virulentes, souvent putassières et toujours ‘grasses’ ne sont pas faciles à avaler ; la chose se fait tout de même en quelques rafales, grâce à l’amoindrissement par la fatigue, les médicaments ou l’usure de ses médiocres échappatoires habituels.

Si le livre peut nuire à François Hollande voire à la classe politique dominante du moment, c’est de manière finalement bien superficielle. Ce qu’il génère de plus flagrant, c’est de la gaudriole empoisonnée, salissant Trierweiler elle-même – à moins de la considérer, avec ses écrits, de manière particulièrement candide et complaisante. C’est d’ailleurs bien possible puisque le niveau de langage et d’esprit est exclusivement émotionnel, le filtre toujours personnel. La lecture amuse et assomme : elle inspire surtout une certaine consternation, voire de la pitié. Comme toujours lorsqu’elle gère son image, Trierwieler met l’accent sur ses valeurs de gauche ‘partageuse’ (la gauche poussiéreuse et puant du bec, mais toujours stockée dans les rangs du PS) et fait dans la surenchère populo, en dépit de l’image de nantie qui lui colle à la peau depuis qu’elle est affichée publiquement auprès d’Hollande.

Et l’ex-première dame (jamais intronisée – c’est la première  »squatteuse » sous la Ve République) n’est pas malhonnête lorsqu’elle s’acharne à casser cette représentation : c’est une ambitieuse plutôt qu’une héritière. Elle n’a donc pas la décence ni le respect des formes des croulants établis, ni la conscience de classe dont elle se repaît, ni le respect des symboles et des combats de ses camarades de surface (qui eux ne l’ont jamais reconnue). Trierweiler c’est l’arriviste superbe pointant à gauche, n’ayant au fond que les démonstrations humanitaires et les origines modestes pour asseoir un engagement politique artificiel, tenant plus de l’étiquette voire de la ‘carte de secours’ en cas de confusion. Le parcours personnel de Trierweiler est aussi dense que ses vues politiques vulgaires et approximatives. En lisant Merci pour ce moment, on est moins tenté de croire à un étalage de mensonges qu’à la mise en scène exacerbée d’une ogresse avouant sa part d’innocence pour mieux punir l’adversaire, amadouer le chaland et désarmer les critiques.

Pour arriver à ses fins, Trierweiler essaie de se faire passer à l’écrit pour un modèle plus intense et résilient de la mégère affable ; une femme ordinaire et émotive, simplement engagée dans des processus exceptionnels, face auxquelles elle déploie ses forces (cette puissance manifeste qui rend dérisoire les aveux de fragilité, humiliants s’ils étaient seuls). Peu importe la sincérité, le résultat est crédible et pathétique. Le livre regorge de moments grotesques (surtout ceux où la femme agitée est postée devant un amant taciturne et indifférent) aptes à nourrir une romcom d’une tristesse et d’une platitude hilarantes. Souvent en s’écartant du récit pur, les généralités imbéciles s’accumulent. Bouger avec passion et doper sa carrière ne laissent pas beaucoup de temps pour mûrir ses pensées, surtout lorsqu’on est une femme de tripes et de cœur ? C’est à un point tel que Manuel Valls et ses réactions paraissent modérés (d’ailleurs, ses deux apparitions donnent l’impression d’un type sincèrement ‘droit’, au moins dans son manège intérieur).

Ce coup-de-pouce n’était sûrement pas prévu (et pas nécessaire : Manu est positivement plombant lorsqu’il passe à la télé, on en oublierait presque les déviances de son gouvernement), mais il faut réaliser qu’Hollande en profite aussi. Sauf pour la mégère aux idées courtes, le crétin limité au réactif ou le sous-idéaliste soucieux de se blottir dans un cadre mental coutumier et ronronnant : les principaux acteurs de ce livre en sortent presque ragaillardis. Certes, par le bas, par le vil, comme de médiocres croque-morts ou flambeurs de comédies. Mais l’apathie systématique d’Hollande face à sa compagne, son cynisme toujours tempéré par cette compulsion à protéger sa propre paix et sa situation (et parfois des scrupules d’allure enfantine) ; toute cette froideur et ce conformisme las le servent. Loin du bouffon joyeux (‘monsieur petites blagues’ chef de cantine) immortalisé par les Guignols (la satire de gauchistes ‘gentils’ et fatigués sur Canal+), il apparaît plutôt comme un pseudo-roi fainéant vif d’esprit et pauvre en ambitions pour son pays : un passager loyal assurant le service minimum pour se maintenir, dans sa vie personnelle comme à la tête de l’État.

Si on a jamais éprouvé pour lui d’estime ou d’intérêt particulier, le personnage inspire une pitié cordiale ; il peut même réjouir comme le ferait un méchant navrant mais efficace dans une fiction grossière. Valérie elle-même peut plaire au fond, flattant autant les instincts animal du lectorat s’identifiant à la bo-beauf impériale cachant une ‘vraie’ femme, les attentes mesquines des vicieux en général et des nobodies en particulier, mais aussi cette fibre compassionnelle un peu sordide qu’on peut éprouver envers les semi-délirants (authentiques ou chiqués) tendance attention whore en train d’exécuter leur numéro. Merci pour ce moment est un glaviot efficace, fougueux et nullement perfectionniste, rapportant à merveille la banalité de ces gens vulgaires en vadrouille dans la cour des grands : ces méga-notables, traditionnels et épris de dépassement ‘propret’, cristallisant et réalisant parfois les fantasmes débiles et so cool imprimés par les médias de masse (les exaltations sur le couple Obama – au moins Martine n’aurait pas ce genre de fixettes, ou liquiderait la comédie en moins de temps qu’il n’en faut pour classer une interview ou planquer un ‘cadavre’).

En fermant le livre on se dit que Valérie n’est qu’une fille rentrée dans les hautes sphères sans avoir rien à y faire, sans avoir les lunettes pour capturer des informations politiques sérieuses, ou l’énergie de les décoder – la faute à son focus ‘people’ (c’est de là qu’elle vient en tant que journaliste, de là qu’elle a abordé la vie politique) plutôt qu’à une éventuelle incompétence intrinsèque. Malgré les nombreux déballages privés, il n’y a pas d’affaires ou d’intérêt politique ‘dur’ ; sauf peut-être avec les petites révélations du dernier chapitre sur l’engagement d’Hollande (son entrée en politique forcée et contrariée par Ségolène, son rapport au mariage pour tous). Mais là encore, ce n’est que cuisine et arrière-cour ; c’est le poids des intrigues romanesques accompagnant les grands acteurs de l’Histoire, ne la stimulant que dans l’œil des hystériques obsédés par la tapisserie.

Note globale 40

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LE SOCIAL-LIBÉRALISME DU PS : RENONCEMENTS & PRÉLÈVEMENTS

6 Mar

On sait que le Parti Socialiste français n’a de socialiste que le nom. Et c’est tant mieux ; pourquoi espérer de lui une telle posture ? Celui qui attend tout d’un ordre supérieur a renoncé à lui-même ; celui-là ne mérite pas d’être secouru, il lui faut d’abord retrouver une exigence, ou quitter la scène sans prendre en otage la Société au nom de ses humeurs hagardes, de son refus d’éclore, de sa passion de régression.

Mais ce Parti Socialiste n’est pas non plus « social-démocrate », comme le claironnent tous les ahuris déculturés. Il est social-libéral, par défaut plus que par conviction, parce que s’il s’écrase devant la droite économique, celle qui dérégule et entube des foules de petits rentiers, d’indépendants et micro-entrepreneurs qui sont simplement la chaire électorale d’un corps que des harpies comme Copé autopsient en ce moment.

Il tente encore de s’en distinguer, outre par sa brigade des mœurs aux subtilités déjà largement tombées en désuétude, par quelques élans de générosités improvisés et à courte-vue ; parfois même, quelques bouffées antilibérales obnubilent cette sinistre équipe, à l’instar de ces 75% de taxation aux grosses fortunes. Naturellement, nous savons que personne ne mérite intrinsèquement la fortune d’un Johnny Halliday ; parce qu’il n’y a pas un homme qui ait tellement de valeur ou dont les contributions soient suffisamment imposantes pour mériter une telle déférence.

Mais c’est là qu’est le grand malentendu. Au lieu de fabriquer des ennemis dans la maison, nous devrions en faire des moteurs dont nous serions fiers ; peut-être que ces moteurs n’ont pas de raisons fondamentalement altruistes, mais eux détiennent un potentiel qui pourrait trahir notre neurasthénie. On dit que les États n’ont plus de pouvoirs et que c’est mieux ainsi, que la raison c’est d’admettre que l’économie a l’ascendant. Soit ; dans ce cas, où est le pragmatisme dans la taxation des super-riches, alors que dans le même temps, l’État n’engendre plus rien. Aucun substitut, aucune initiative.

Pourquoi ne pas chercher à instaurer une interdépendance, plutôt que de déclarer la guerre à ceux dont notre dynamisme dépend ? Le gouvernement social-libéral est incapable de restaurer une vitalité à la France, que ce soit par une planification économique ou par la remobilisation de ses forces ; alors par compensation, il exhibe des réflexes archaïques et délirants mais qu’il n’assume même pas, puisqu’ils s’ajoutent à une logique de soumission et de trahison.

Sur-taxer les multinationales, c’est légitime. Sur-taxer des individus aux revenus exceptionnels, c’est toxique, c’est  »antilibéral » au sens strict (originel, du libéralisme philosophique) et au sens élargi (du libéralisme de droite économique et du néolibéralisme, réactionnaire ou pas, qui en ces heures gagne la partie). Que ces entrepreneurs chanceux ou ces stars méritent ou pas leurs salaires ; ici nous entrons sur le terrain des valeurs et chacun peut arguer de sa petite conscience, ça ne compte pas pour le bien commun.

Ce qui compte, c’est de rendre la France et ses enfants qui  »réussissent » interdépendants. Ça ne tient pas en quelques réformettes onéreuses et généreuses ; c’est l’affaire de plusieurs années où la classe politique visible se consacrerait à se réapproprier une marge de manœuvre, et où la France reprendrait conscience d’elle-même. Ce n’est pas quelques entreprises qu’il faut promettre de « nationaliser » ; c’est la France qu’il faut récupérer, c’est elle le matériau.

Que tous les autres engagements soient tenus ou pas n’a aucune espèce d’importance. Ce ne sont que des diversions ; et dans notre contexte éclaté, où tout n’est que confusion, ces diversions peinent chaque jour un peu plus à faire illusion, parce qu’elles sont indissociables de la logique de compensation communautaire qui fait tenir le Parti Socialiste et lui assure une clientèle. Voilà comment notre Obama bedonnant est devenu le leader d’une « gauche américaine » de la pire nature qui soit. 

TROIS JOURS AVANT LE CHANGEMENT…

13 Mai

Le mirage Hollande déjà sabordé

A peine élu, Hollande est déjà rendu impotent, ses plans discrédités et sa posture d’alternative abattue. Dans la foulée des insolents résultats des Législatives Grecques, d’une Bourse en panique et d’un marché sceptique, les acteurs de l’actualité cherchent ouvertement à transférer les souverainetés nationales vers l’Union Européenne. Parallèlement, les commentateurs labellisés légitiment les prises de positions tranchées de leaders appliquant la vision néolibérale de l’économie et de la politique, la seule enseignée de façon massive tant par le biais des médias que des programmes scolaires ambitieux. Ceux qui devraient être les observateurs sont des porte-paroles, vraisemblablement pas tout à faits conscients de leur caractère moutonnier et prosélyte.

Plus que jamais, l’Europe est régentée par l’Allemagne, Etat fédéral qui trouve son compte, plus que les autres, dans l’établissement d’une Union supranationale et défend ardemment ses intérêts (car la monnaie euro est consacrée par et pour elle, a été formalisée selon sa propre monnaie antérieure). Ambassadeur de Bruxelles et des dogmatiques européistes, Merkel vient réprimer les alternatives et nier l’autorité d’un chef d’état sur son propre pays. Révision du Pacte de Stabilité ? C’est non et ce « non-négociable » de la Dame de Fer allemande se substitue au « There is no alternative » qui scellait, peut-être sans savoir à quel point, l’ascendant d’une logique implacable. De toutes façons, Hollande n’a posé aucune condition, le « non » est donc d’autant plus aisé qu’il vient contrecarrer une posture à l’arrachée, n’expliquant ni le comment ni l’après. Il en va de même pour l’idéal de « croissance », mot-valise à la mode depuis quelques jours, concept rabattu mais jamais planifié par l’intéressé et son équipe.

Et pendant ce temps, Hollande s’amuse du brio des Corréziens, parvenus à hisser un des leurs au  »poste suprême » (comme on pouvait le clamer, avec raison, il y a déjà quelques décennies) pour la seconde fois. En marge, il glisse à son entourage et ses collaborateurs que la situation de l’Europe, l’élection en Grèce et les perspectives de récession radicale le préoccupe ; d’ailleurs, il fait confiance aux solutions qui sont exposées par les leaders de la technocratie bruxelloise et leurs acolytes, les économistes de l’école néolibérale.

C’est donc un nouveau Président ému de son parcours, tout affecté de devoir quitter sa Corrèze, qui s’offre à la vue des Français. L’oligarchie des incapables trouve là une pleine et belle incarnation ; un type lambda qui, comme nous, sera spectateur de notre Histoire et dont les gémissements ne seront même pas audibles pour les décideurs de notre destin.


Diversion par les mœurs

Et sur quoi Hollande se recroqueville-t-il déjà ? Sur les réformes sociétales, de mœurs, et l’application de principes humanistes gratuits mais sans implication, de symboles égalitaristes. Il y aura donc parité parfaite dans le Gouvernement, pour la première fois ; puis bientôt, le mariage  »gay » (on parle peu, voir jamais, de « mariage homosexuel »).

Obama s’est épris du sujet très récemment… À l’heure ou l’empire néolibéral est chamboulé et que les peuples se donnent les moyens de gronder (mais avec les outils qu’on leur accorde), le chef d’État de la première puissance du Monde fait les unes en évoquant l’union civile homosexuelle, thème qui pourrait être réglé en un clin d’oeil… Mais la gauche libérale-démocrate a tout intérêt à repousser les réformes sociétales, car elles lui garantisse un combat penaud et fédérateur, tout en faisant des adversaires  »conservateurs » d’odieux passéistes bloquant le progrès et les libertés individuelles. Il y a une deuxième raison, c’est qu’une fois les homosexuels mariés, ceux-ci n’ont plus, comme les hétérosexuels mariés et dans une situation sociale équivalente, d’intérêt à se bercer des litanies consensuelles des valets des néolibéraux.

L’UMP tient bon, Copé tient la barre

Copé dit d’Hollande que c’est une « anguille », mais Copé lui-même est une anguille ; méthodes, personnalités et perspectives inverses, mais anguille qd même ! Après la fin des élections présidentielles, le leader de l’UMP a eu la bonne idée de reprendre le programme de Sarkozy pour la campagne des Législatives ; reste à voir en quoi les deux aventures électorales se répondront ou se contrediront.

Paradoxalement, ce programme, sans le mal-aimé Président sortant, perd son meilleur porte-parole. Copé, mal défini, n’est pas, pour l’heure, cohérent dans des postures idéologiques quelconque, puisqu’on le connaît plutôt comme un défenseur taquin de l’ordre établi et de la position officielle de la droite de gouvernement sur les débats ou polémiques du moment.

Raillé, assimilé à une « droitisation » opportuniste (sauf que le terme de  »droitisation » a été invoqué pour chacune des postures un tant soit peu non-linéaires de Sarkozy pendant cinq ans), ce programme a permis à Sarkozy de revenir à 48% et de se réapproprier l’électorat traditionnel des droites (mais aussi les non-alignés et les attentistes), devenu sceptique et parfois revenu de loin. Ce sont surtout les slogans qui ont rassurés, mais aussi la possibilité d’offrir aux électeurs du Front National une brèche, même factice ou dérisoire, sur leurs sujets de prédilection. C’était, notamment, la renégociation à propos de Schengen ; ayant gagné le respect de Merkel et des européistes, Sarkozy aurait pu davantage inciter à quelques inflexions. Il aurait pu aussi se transformer en Orban français, en mode libéral et atlantiste ; c’est en tout cas ce qu’il a laissé leurrer. Opération brillante et sans doute pas si vaine, car ainsi Sarkozy a su redonner un horizon à la droite traditionnelle. Elle n’aura le récupérer si elle comprend son intérêt objectif au lieu de se laisser absorber par l’illusion « centriste-humaniste ». Lisse et bien sous tous rapports, cette étiquette est un piège aguicheur qui la conduira à l’échec (électoral bien sûr, idéologique surtout) et à l’abandon de toute influence sur le jeu politique (quand ces centristes-humanistes croient justement le contraire).

L’UMP peut encore se tirer honorablement des Législatives, mais elle aura du mal à transformer l’essai (l’essai étant la remontée fulgurante de Sarkozy, qui a su remobiliser à droite et au centre et capter les indécis). La droite mainstream perdra probablement ce scrutin, peut-être même y aura-t-il une nouvelle vague rose qui justifiera des commentaires condescendants au sujet de la stratégie de l’UMP depuis l’entrée de Sarkozy dans la campagne (c’est-à-dire il y a deux mois et demi). Mais ils auront tort ; c’est simplement que les électeurs croient peu à la praticité des réformes promises, ou ne croient pas que les dirigeants de l’UMP pourront tenir des engagements aussi forts. Pour s’émanciper de l’absolutisme européen, Sarkozy a réussi, dans l’entre-deux de l’élection, à apparaître comme le plus apte, à défaut et même si c’est cruellement absurde, d’être le plus sincère et décidé. Un sursaut ponctuel mais néanmoins impressionnant, d’ailleurs près de la moitié (un sondage à la sortie des urnes avançait le chiffre de 51%) des électeurs du FN ont tenté le vote Sarkozy, peut-être avec l’énergie du désespoir ou bien un espoir timide, mais ils l’ont fait néanmoins, quitte à se tromper.

Le cerbère de confort tient sa belle affiche

Mélenchon n’en finira jamais d’user des armes du système pour exister. L’hypothèse d’un duel Marine/Méluche est donc désormais réalité, la candidature étant validée ce samedi. Jusqu’à jeudi, Mélenchon ne savait ou il serait catapulté ; il s’est même cramponné à des alliances réclamées (et non négociées) à Martine Aubry. Au lendemain du premier tour pourtant, cette crapule niait encore l’intérêt des législatives pour son cas personnel (allant jusqu’à minimiser son implication). Aujourd’hui, il s’invite sur les terres de Marine Le Pen pour pérenniser la bonne affiche des  »populistes », déjà encouragée lors de son émergence (avec notamment le face-à-face autour de la table de JJ Bourdin). C’est amusant, c’est triste aussi. D’emblée, Mélenchon réaffirme ses vieilles manies en animalisant sa concurrente, notamment en lui demandant de venir « aboyer » devant lui. Il réclame le débat, tout en conservant ses manières de malotru et maintenant le clivage anti-riche/anti-immigré qui séparerait les gauches radicales des droites extrêmes… alors même que Marine Le Pen a été bien plus cohérente, pugnace et surtout concrète dans, non seulement sa dénonciation de la sournoise banalisation de la crise de la dette (perçue, par le biais des médias, comme allant de soi), mais qu’elle y a par ailleurs apporté des solutions globales et précises (abrogation de la loi de 1973 notamment).

En dépit de cela, c’est ce même théâtre de dupes qui est de nouveau mis en scène. Le système envoie ainsi dos-à-dos ses deux facettes  »radicales », consacrant les deux personnages comme les représentants de mouvements à la marge des consensus, comme deux excroissances spectaculaires. Dans ce choc des  »extrêmes », Mélenchon incarne le côté  »utopiste », l’idéal que les formations plus raisonnables ne peuvent assumer, trop occupées par le principe des réalités. A l’autre bout du ring et de l’échiquier, MLP est la menace réelle et ultime, le réceptacle de tous les non-dits les plus nauséeux, celle qui engendre les débats qui font mal, celle qui bascule dans un monde interdit et pose des perspectives aveuglantes tant elles se hissent hors du cadre rationnel de la raison et de la démocratie. C’est là les images mentales qui sont fixées et sculptées dans l’esprit des français.

En outre, il y a des questions politiques pures, que les médias dominants ne posent pas et que les médias alternatifs ne posent pas non plus (par mélenchonisme -c’est le cas d’AgoraVox-, désintérêt, ou parce que l’actualité est trop vaste et vivace en cette période post-électorale doublée d’une accélération de la crise occidentale).

Les voilà donc : le FDG restera-t-il une structure, un large espace de coopération de gauche ? Ou bien est-il voué à n’être qu’un rassemblement ponctuel ? Sera-t-il torpillé par l’égoïsme des élus du PCF ou la lâcheté de Mélenchon – les deux s’annoncent déjà ? Y a-t-il d’ailleurs encore un Front de Gauche, à l’heure ou Mélenchon et ses acolytes peinent à trouver des accords et des circonscriptions ? Bref, l’étiquette Front de Gauche existera-t-elle toujours après ces Législatives ? Et si c’est le cas, est-ce que le mouvement orchestré par Jean-Luc Mélenchon ne deviendra pas un FN de confort d’une majorité de centre-gauche (balayant des cadres d’EELV à des satellites du MoDem) ?

Le rallié opportuniste

Éternel loser, Bayrou reste le spectateur de sa propre déchéance. Voilà un homme espérant se fixer au carrefour de la vie politique mais que ses voisins survolent et ses lointains adversaires méprisent. En évoquant le « danger » d’une cohabition, le brave centriste a fait le boulot, qu’aucune force apparente ni aucun mouvement d’opinion ou politique ne réclamait. Splendide retournement de veste, de la part d’un des meilleurs propagandistes de l’idée, schématique et simpliste mais pas innocente, selon laquelle Hollande allait ruiner la France.

Afin de justifier cette orientation, on invoque des raisons de valeur plutôt que de politique, d’économie. La vérité, c’est que Bayrou fait de la realpolitik à son échelle personnelle et que l’européisme béât du Parti Socialiste lui facilite la tâche. En outre, Bayrou s’est offert au camp du vainqueur annoncé en espérant participer à sa réussite électorale ; mais il n’a créée aucune interdépendance, le PS et Hollande ne lui doivent rien, simplement lui est à leurs pieds sans pouvoir plus désormais se retourner sur sa droite, puisqu’il l’a abandonné. Son ralliement, qui en fait n’existe que pour lui (il n’a intégré aucune équipe) a brisé un non-dit qui lui était favorable : en ayant toujours pas basculé officiellement vers le centre-gauche, Bayrou conservait ses chances de récupérer les fuyards modérés, libéraux et  »humanistes » de l’après-Sarkozy. Il a encore raté sa chance et s’est encore vautré tout au fond d’un gouffre, face à une pente probablement encore plus pénible à escalader (et en plus avec le sentiment, pour les électeurs, que désormais ce n’est même plus la peine). 

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6 MAI 2012, TROIS ELECTIONS

7 Mai

Le second tour français d’hier est une bonne chose. D’abord, il met enfin un terme à cette campagne interminable et toujours plus médiocre et futile. Ensuite, c’est l’occasion d’évoquer deux autres scrutins qu’il ne s’agirait pas d’oublier ; l’un, mineur, en Serbie (premier tour des Présidentielles), l’autre, capital, en Grèce (législatives à hauts risques). Enfin, à titre personnel, je suis à la fois frustré et ravi qu’une telle équipe se hisse à la tête des institutions en France, car c’est au pied du mur que le sursaut aura lieu, c’est devant l’échec des fausses alternatives qu’il y aura prise de conscience : les Grecs en sont là.

FRANCE : le super-favori se contente de la « victoire étriquée » redoutée sur le tard

Contre toute attente, François Hollande est élu avec une courte majorité ; pas sur le fil, mais avec un score dérisoire compte tenu du climat actuel. Il n’aura vraisemblablement pas su canaliser la défiance vis-à-vis du monde politicien ni même de l’ « hyper-Président », au point que la carte électorale est très traditionnelle. Autrement dit, les lignes n’ont pas bougées, elles se sont simplement infléchies, comme s’il s’agissait d’un scrutin standard dans un contexte ordinaire. Ainsi, l’Est de la France reste acquis à la droite mainstream, avec notamment des envolées autour de 63% en PACA et en Alsace. Comme si cette élection n’en était qu’une de plus.

Naturellement, personne ne s’empresse de le relever (pas même les lieutenants de l’UMP!?), pourtant François Hollande est l’un des Présidents les moins bien élus de la Ve République ; c’est même carrément le moins bien élu depuis Giscard en 1974, ce dernier détenant le record avec 50.7%. Hollande se hisse à peine au niveau du Mitterand de 1981 (51.76%). En 2007, Sarkozy a réunit 53.1% des voix alors qu’il n’y avait pas de réel ou profonde sentiment anti-Ségolène ; malgré l’animosité à son encontre, il parvient à empêcher son adversaire d’atteindre un tel score et même lui en fait même réaliser un plus faible que celui de Chirac en 1995 (Jospin, à 47.36%, était alors considéré comme un vainqueur officieux).

Finalement, l’élection présidentielle française de 2012 devrait rester comme l’histoire d’une occasion manquée. Les Français sont massivement restés accrochés au Président sortant, qui s’en tire avec les honneurs alors que ses homologues européens ont été, pour la plupart, balayé en raison des inquiétudes populaires face à la crise : de toute évidence, Sarkozy a su répondre et même dompter celles-ci. Son score (48.38%) est inespéré et n’a jamais été envisagé par quelque sondage que ce soit depuis l’année dernière et même depuis les tous premiers sondages anticipant 2012, ou il était perpétuellement laminé. Il aurait fallu attendre vendredi pour qu’une issue à 52-48 soit envisagée, laissant, pour la première fois, ouverte l’idée d’une victoire très étroite pour Hollande – sauf que, à un jour et demi du scrutin, il est trop tard pour les commentaires et trop tard pour rebondir. Et si cette tendance observée en toute fin de parcours n’était pas le reflet d’un pragmatisme et d’une prudence retrouvée des sondeurs ? Et si Sarkozy n’était jamais tombé à 43% (ou même à 40%) ?

Désormais, il est évident que François Hollande n’a suscité aucun espoir – ou bien un espoir à la marge, soit à Gauche. Les Français réfutant toute appartenance politique auront probablement penché vers Sarkozy, par scepticisme devant l’effervescence infondée autour de la candidature Hollande. Il y a eu un repli vers Sarkozy ; la crise de confiance est telle qu’elle a suscité l’apathie, la nonchalance des électeurs, finalement à peine mobilisés pour le sauveur qu’on leur avait promis et résignés, pour une large partie d’entre eux, à retourner dans les bras de celui qu’il avaient sans doute raillé ou abandonné… après avoir, lui, suscité des attentes fortes.

« Quand Jean-Luc Mélenchon prend la Bastille, c’est sur arrêté préfectoral » Nathalie Arthaud

Mélenchon, l’éternel pleutre


Au soir du second tour, sur BFMTV, le candidat du Front de Gauche est interrogé à propos de son éventuelle candidature aux Législatives. Et là, c’est avec un brio édifiant, mais ô combien transparent, que Mélenchon esquive. Il prétend que si la décision n’est pas encore prise, c’est « sans doute » que le sujet n’est pas essentiel, assène que « les journées ne font que 24 heures » et aborde encore de nouveaux sujets périphériques, s’auto-congratulant et s’attribuant une part de responsabilité dans la défaite de Nicolas Sarkozy.

Jusqu’au-bout, Mélenchon n’assume même pas d’avoir rompu. Ce qu’il n’ose pas dire, c’est qu’il a besoin de la certitude que le PS se désistera dans sa circonscription. Ses hésitations sont tactiques et traduisent non seulement son manque de confiance et de légitimité, mais aussi sa dépendance à des anciens camarades qu’il exècre pour mieux servir. Mélenchon n’est qu’un faux rebelle, un dissident frileux.

Quelle majorité ?

Il y aura un Premier Ministre et dès aujourd’hui, chacun annoncera ses petits pronostics. Ce ne sera pas le cas ici. Ce n’est pas le lieutenant qui compte, c’est sa légion.

Le risque maintenant est dans la formation d’un bloc de centre-gauche, entre la gauche timorée et le centre démissionnaire. Il est possible que les  »humanistes » rejoignent les  »progressistes », pour établir la grande alliance des démocrates tièdes, bien-pensants et passifs devant l’Histoire et la marche du Monde.

Cette majorité  »raisonnable » suscitera la colère d’opposants trop tranchés (Marine Le Pen) ou trop déphasés et caricaturaux (Mélenchon, Poutou), tandis qu’elle gagnera le respect de la droite mainstream et du centre-droit qui y verront des interlocuteurs possibles. Les convergences des deux blocs majoritaires feront le bonheur des européistes et des marchés financiers, rassurés par l’assurance de concessions faciles pour les uns, d’une stabilité pour les autres. Une alliance PS/UMP n’est donc pas exclue en cas d’accélération -même légère- de la Crise, même si elle se fera tout en reniant Sarkozy et sa dérive  »pétainiste » . Si une telle situation arrive avant une décennie, gageons que Copé réussira à se placer ; Bayrou lui sera au bon endroit, mais relégué au fond de la salle.

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GRECE

Échiquier politique

Il y avait, jusqu’ici, six grandes formations en Grèce. Le paysage politique était dominé par le PASOK (parti social-démocrate) et le ND (parti de droite modérée), qui réunissaient ensemble les trois quarts des suffrages : c’était encore le cas en 2009 ou le PASOK arrivait en tête des Législatives (44% contre près de 34% pour le ND).

En marge, avec 4-8% des suffrages selon les élections, le LAOS occupait l’espace le plus à droite, les communistes sont unis derrière le KKE et la Gauche radicale est incarnée par le SYRIZA. Le parti écologiste local (adhérent du Parti Vert Européen), le OP, est lui en progrès depuis plusieurs années, mais tourne néanmoins encore autour de 2-3%.

Contexte pré-électoral

Georges Papandréou (PASOK), leader de l’opposition jusqu’en 2009, a eu le destin que l’on connaît. En révélant le gouffre financier et le déficit public national, il a ouvert la boîte de Pandore. Si les mœurs grecques sont coupables, sans doute que Papandréou ne s’attendait pas à devoir assumer un remboursement de la dette aussi intransigeant. Il a voulu négocier mais a perdu ; d’ailleurs, son initiative avortée de référendum (fin 2011) a montré à la face du Monde que les Grecs n’avaient plus la main sur leur pays. Notez que cette éphémère promesse de référendum a été aussitôt oubliée – et qu’elle n’a pas été rappelée à l’occasion du scrutin d’hier.

Forcé à la démission, Papandréou a laissé la place à un Gouvernement de circonstance. Une coalition rassemblant les deux grands partis (PASOK et ND) mais aussi, c’était pourtant techniquement dispensable, le LAOS, souvent qualifié d’extrême-droite. Avec ce Gouvernement acceptant les conditions de redressement imposées par le FMI et l’Union Européenne, la Grèce est devenu le laboratoire des européistes austéritaire.

Les sondages annonçaient une lourde sanction à ce Gouvernement improvisé, les deux partis devant céder la moitié de leurs parts du marché électoral, au profit notamment des partis de Gauche radicale et d’extrême-gauche rassemblés au sein de la coalition SYRIZA (équivalent du Front de Gauche français). De nouveaux partis sont apparus ou se sont affirmés à cet endroit de l’échiquier, pendant que l’extrême-droite authentique (bardée de références néo-nazis) était appelée à entrer au Parlement (avec 6-7% de promesses de votes).

Ce qu’on oublie aussi, c’est que des dissidents du PASOK et du ND ont aussi agité la vie politique grecque et rejoint l’opposition.

Résultats de l’élection

Le PASOK et le ND ne cumulent que 37% des suffrages, soit moitié moins qu’autrefois. Le Gouvernement sortant de Papadimos (70% des sièges) devra donc soit éclater, soit composer avec d’autres blocs. Même le LAOS, son associé de droite radicale, ne profite pas de leur chute ; lui aussi perd la moitié de son capital de voix (2.9% au lieu de 5.6% en 2009) en raison de son acceptation de la rigueur. En passant sous la barre des 3%, il perd ses quinze sièges du Parlement, arrivant au niveau des Verts, qui malgré leur stabilité et leurs 2.93%, n’ont pas encore le niveau aux Législatives. 

C’est surtout le PASOK (parti de Papandréou) qui souffre de cette désaffection ; Nouvelle Démocratie (ND, droite et centre-droit) est leader avec 18.9% des suffrages (contre 33.5% en 2009), tandis que son adversaire et homologue de centre-gauche s’effondre à la dernière place du podium avec 13.2% (c’est 30 points de moins qu’en 2009).

Le grand vainqueur de l’élection est le SYRIZA, Coalition de Gauche radicale largement étoffée pour l’occasion, atteignant les 16.8% de suffrages (+12.2pts) et devenant premier parti d’opposition au ND, si celui-ci devait se maintenir et refuser les formations en rupture ou dites  »extrémistes ». Aube Dorée, groupuscule de l’extrême-droite néonazi, est quand à lui passé d’une audience marginale (0.3% à son meilleur) à une représentation parlementaire, réunissant plus du double du seuil nécessaire et s’assurant 21 sièges.

Quelle majorité ?

Si une nouvelle majorité n’est pas formée d’ici dix jours, les Grecs devront retourner aux urnes.

Le Gouvernement sortant ne pouvant plus compter sur les forces traditionnelles du PASOK et du ND, et n’ayant plus la possibilité de recourir au LAOS pour simuler l’ouverture et l’attention au peuple qui souffre, il lui faudra accueillir (ce n’est pas une science exacte mais c’est, comme toujours, les issues probables ou éventuelles à mon sens) :

1°) les dissidents des deux partis, qui cumulent 17.7% des suffrages et 52 sièges (une façon de rallier les rebelles tout en proposant une formule alternative, prenant en compte le refus de la rigueur pour chercher le consensus – tout en le foulant dans les faits : il s’agirait donc de simuler la compassion et la rigueur saine, à l’italienne post-Berlusconi)

2°) la Gauche du PASOK : KKE communiste et SYRIZA, soit 25.3% des suffrages et 78 sièges (cette deuxième hypothèse engendrerait un Gouvernement à deux vitesses, dangereux pour les deux camps)

3°) un mix de ces forces pour essayer d’annuler leurs effets : par exemple, les dissidents du ND (avec l’argument d’une légitimité électorale plus forte pour la droite modérée) avec les communistes du KKE (qui n’ont pas profité du vote protestataire et seront plus faciles à dompter que la nouvelle Gauche radicale)

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sigle Nom de la formation score Nb votants Évolution/2009 Idéologie, position
ND Nouvelle Démocratie

18.87%

(108 sièges)

1.19 millions

-14.6pts

(+17)

Austéritaire – sortantDroite & centre-droit. Conservatisme
SYRIZA Coalition de la Gauche radicale

16.77%

(52 sièges)

1.05 millions

+12.2pts

(+39)

OppositionGauche, Gauche radicale & EXG.
PASOK Mouvement Socialiste Panhellénique

13.19%

(41 sièges)

0.83 millions

-30.7pts

(-108)

Austéritaire – sortantGauche & centre-gauche. Social-démocratie.
GI Grecs Indépendants

10.60%

(33 sièges)

0.67 millions

NEW

Opposition – dissidentsDroite issue du ND.
KKE Parti Communiste Grec

8.48%

(26 sièges)

0.53 millions

+0.9pts

(+5)

Opposition -Indéterminé Gauche/EXG – gauche communiste
XAC Aube Dorée

6.97%

(21 sièges)

0.44 millions

+6.7pts

(ENTREE)

Opposition EXD.
DIMAR Gauche Démocrate

6.10%

(19 sièges)

0.38 millions

NEW

Opposition – dissidentsGauche issue du PASOK
OP Verts Ecologistes

2.93%

0.18 millions

+0.4pts

Opposition – IndéterminéÉcologistes.
LAOS Alerte Populaire Orthodoxe

2.90%

0.18 millions

-2.7pts

(-15)

Austéritaire – sortantDroite
Autres

13.19%

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SERBIE : dualité Libéraux / Conservateurs & consensus pro-européen 

En Serbie se déroulait simultanément l’élection Législatives et le premier tour des Présidentielles.

Le premier tour des Présidentielles s’est soldé par la qualification sans surprise des deux principaux candidats. L’élection est concentrée autour du duel Tadic/Nikolic, gauche libérale/droite nationale. Le président-sortant, Boris Tadic (DS – Parti démocratique), est le favori pour le second tour qui se déroulera le dimanche 20 mai (dans deux semaines). Toutefois, leurs scores respectifs sont moins forts que prévu (autour de 30%) : Tadic est légèrement en tête avec 26.8% contre 25.2% à Nikolic. Ivica Dacic, ministre de l’Intérieur et liée au gouvernement sortant de Tadic, a quand à elle marquée des points au bénéfice du Parti Socialiste (SPS) avec 16.6% des suffrages.

Les deux camps sont pro-européens, mais Tomislav Nikolic (SNS – Parti Serbe du Progrès) est plus nuancé. Candidat conservateur à tendance national-populiste, il est parfois assimilé à la prétendue nouvelle extrême-droite occidentale. Boris Tadic, lui, a les faveurs des observateurs et journalistes étrangers ou l’intégration Européenne est envisagé comme l’unique horizon, alors même que le dogme de la libre-concurrence et de l’abattement des frontières est dans le même temps validé et souvent encouragé par les mêmes protagonistes.

Le second tour sera l’occasion de revenir plus en détail sur cette élection et ses enjeux, mais aussi de cerner les forces en présence et les clivages déterminants chez les Serbes.

Article publié à 15heures.