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E.T. L’EXTRATERRESTRE *

27 Mai

1sur5  Certaines prises de conscience vous mettent dans un état de détresse profond, d’autres vous laissent simplement KO. Il y avait des indices pourtant, il y avait la carrière de Spielberg, les guimauves et les produits tendancieux la parsemant. Certes. Mais non, ce n’était pas vrai, non, ce fameux ET ne pouvait pas être stupide à ce point, à ce degré où la médiocrité devient manifeste hostile.

Quatre ans après l’horripilant Rencontres du 3e type, Spielberg passe définitivement du côté laiteux et dégénéré de la création. La blague concernant la différence entre ET et un arabe a plus de valeur que les aventures de Elliott et son invité venu de l’Espace. Il n’y a à peu près rien à dire sur ce machin, fondé sur une trame primaire et trois pauvres notions : ET rentrer maison (ses seules paroles), ET mal à l’aise (comme un touriste sans sa moustiquaire), ET il est cool tu l’apprendras.

ET a la subtilité d’un enfant trisomique expérimentant ses premières émotions allocentristes. La mièvrerie : pourquoi pas ; mais il faut avoir un minimum de sujet. La reconnaissance et l’estime dont jouit ce blockbuster triomphant consacré classique par les instances officielles américaines fout le doute. Les foules sont-elles suggestibles à un point critique, seulement lentes ou carrément attardées ? Les institutions et professionnels de la profession sont-ils à ce point corrompus qu’ils en omettent la vraisemblance de leurs supercheries, sont-ils simplement conformistes ? Se sentent-ils obligés d’adouber les pires loukoums-blockbusters pour parer aux accusations de snobisme ? 

Quel attrait trouves-t-on à ce bout de plastique dégueulasse et plein de suie (l’extraterrestre en animatronics) ? Quel crédit accordes-t-on à cette soucoupe, genre de lave-vaisselle rose-orangé fluorescent, chiant un arc-en-ciel à son départ ? ET est une immense claque. Vous croyez que la débilité sera nuancée, qu’il y aura quelque chose de supplémentaire et finalement tout s’amplifie vers la bêtise, l’humanisme et le sentimentalisme de primates immatures. Le jugement commun vous répondra : le message est tendre et les enfants sont bouleversants.

Sur le tournage, ils se sont liés à la créature et ont véritablement perdu un ami au final. Leur histoire personnelle n’est qu’un fétiche pour alimenter cette baudruche. ET le pendant monocellulaire de Birdy. Il faut regarder ce qu’est ce film ou devenir fou avec les autres. ET exige une trop grande fatigue, une trop grande faiblesse, une inertie malsaine, pour être perçu comme merveilleux ou simplement enduré sans qu’en vous s’installe une consternation abyssale.

Note globale 21

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ANNIHILATION **

15 Mai

3sur5  Ce film fait chauffer les claviers et les compteurs Youtube car tant de monde s’acharne à vouloir apporter des explications [de scénario] quand lui les refuse. Annihilation lance de nombreuses pistes, fournit de la matière à étayer ; ce qu’il est aussi doit compter et il n’y a pas de raison que les ambiguïtés gâchent l’identité ou la qualité d’un film. Si on souhaite tirer des déterminations d’Annihilation, cerner ce qu’il propose (et pas seulement ce qu’il effleure ou convoite), il faut y lire des allégories et évaluer son message, plutôt que chercher des solutions à cette aventure. Son espèce de méga-cancer, poids lourd amorphe reflétant et absorbant, permet d’appliquer une profondeur ‘mathématique’ à l’ego ou théorique à l’humain. Puis il cultive ses propres mystères plutôt que se mettre en quête de vérités ou de dimensions inédites ou mal comprises – ou alors, la quête repousse tout ce qui n’est pas (soumis ou) elle-même.

Un substrat biologiste enveloppe le film au bénéfice d’une cosmologie incertaine – même si Annihilation donne la première impression de procéder en sens inverse, avec une action commandée par les aléas du concret (pendant qu’un projet ou mécanisme surnaturel étend ses filets – et doit être maîtrisé à double titre car l’essentiel est la conservation de ce monde, de ce couple). En bon organisme en expansion, le miroitement (« the shimmer ») procède par mutation (expéditive grâce à la ‘réfraction’) et sélection. Celle-ci est généralement aberrante car inutile – mais jamais au point de rendre dysfonctionnel ou de produire des effets ‘trop’ sidérants sur les humains, ce qui plongerait vers le nanar. Sauf sur le plan de l’esprit (que justement elle écrase) et du maintien de la vie organique (mais à terme, au prix de déclins ou de pertes de fonctions parfois et même si celle-ci doit être aseptisée). L’une des principales questions du film (non résolue – évidemment) porte sur la part de volonté que peut avoir l’individu sur son irrésistible transformation génétique ; dans quelle mesure la conscience de soi permet-elle d’instrumentaliser sa réalité et de se corriger. Le sens et la vocation ne sont pas au programme, qui exclue l’élan religieux et rétame ses prétentions, ne serait-ce que par omission. La spiritualité peut demeurer mais elle se passe de l’élan de ses sujets, rendus à l’état de simples outils, dont les désirs personnels mais aussi la compréhension ou l’adhésion au ‘miroitement’ ont la même incidence que des ingrédients inertes pour une recette.

Le film est très ouvert, y compris pour rationaliser (sur le plan de certaines hésitations ou lenteurs à conclure) et recomposer l’expédition sous nos yeux (apparemment loin de durer près d’un an comme celle des militaires). Les légèretés curieuses dans l’organisation devraient gâcher la crédibilité du film. Mais en utilisant l’inconnu comme un mur ne laissant passer que les interprétations et les discussions (et justement, ne les laissant que passer), il s’évite d’être pris en défaut. La narration est d’une fluidité étrange, digne d’un épisode de Druuna (série de BD érotiques exhibant les joies malsaines d’un univers post-apocalyptique). Le montage et la répartition cérébrale l’emportent (sur l’émotion, le récit), les matérialisations et symboles aussi (le signe de l’infini/l’ouroboros est placé pour s’assurer de passer l’information aux retardataires ?). Quelques bizarreries, par exemple la contre-offensive face au crocodile, peuvent dès lors être de vraies ou fausses négligences (et vraies ou fausses naïvetés lourdes – comme le côté sombre et tourmenté réduit et surligné des participantes). Les allers-retours récurrents dans le temps pourraient avoir des intentions non ‘performatives’ – on ne pourra justement que spéculer, en d’autres termes les digressions qu’on aurait pu pratiquer, le film nous suggère fortement de les appliquer et de les associer à l’expérience de visionnage (et non aux méditations qui peuvent se greffer dessus). Les décors sont sophistiqués (les bâtiments sont des reflets explicites et conventionnels des états des cinq femmes, leurs absorptions ‘sur-mesure’ sont plus subtiles) sans être nécessairement beaux, même si les amateurs de psychédélisme seront clients. L’analogie avec Stalker est inévitable car dans les deux films des voyageurs viennent trouver une révélation dans une zone désolée. La nature et l’aspect varient déjà, la zone dans Annihilation est plus colorée et surtout animée. Puis à la chute existentielle et au vertige subjectif du film de Tarkovski, Annihilation préfère une issue du style d’Aronofsky, avec un aperçu de ‘dark enlightment’ au goût lovecraftien.

Ce qui génère frustration voire malaise avec Annihilation, c’est son obstination à compliquer le tableau et insérer des indices non-concluants. Il garde une part d’obscurité en s’appuyant sur trois méthodes : en faisant rideau, en ne s’engageant pas, en détournant sur les accessoires et une cohérence formelle (en cultivant des points discrets dans la mise en scène ou certaines caractéristiques des personnages – silencieuses, ‘clignotantes’ ou les deux mêlées). Il ne rentre pas dans l’obscurantisme dans la mesure où il n’est que marginalement ‘positif’ au test – il ne répand pas de fausses théories construites, de clés certifiées pour emprisonner. Par contre il enfile de grands desseins en se gardant bien de prendre un point de vue ou en préférer un ; s’il en a c’est sans l’affirmer. À terme si on interroge le film ou ses questions, il apparaît creux (bien qu’il soit rempli à ras-bord et réfléchi). Il n’éclaircit rien concernant les profits ou les vices de ces mutations, l’après lointain ; la victoire objective de Lena mène au malheur quand même – mais nous n’avons pas tous les éléments, seulement quelques-uns appuyés lourdement, alors nous flottons. Ce qui dégouline en revanche, c’est que l’évolution pourrait ne servir qu’à mourir plus à fond ! Annihilation laisse ce paradoxe à l’écran et s’attache à ce qu’il y a en chemin, les peurs comme les enthousiasmes – il ne discute pas ce paradoxe, c’est ce que ramasseront ses personnages, mais lui n’en répond pas.

Certains acteurs des réseaux sociaux ont décrété que ce spectacle illustrait les ressentis de la dépression ; c’est possible. Sa nature dépressive elle est catégorique (sauf si on le regarde en se faisant abstraction de notre animalité et de notre humanité, mais hors de ces formes la notion de dépression perd justement de sa pertinence). Sans spoiler Annihilation, il promet à l’espèce la défaite ou un avenir pourri (même quand les situations sont matériellement positives et les entités opérationnelles). Dans tous les cas, le film se solde par l’effacement fatal de l’humanité et de l’environnement humain ; il s’épuise s’il ne sait pas s’adapter, se converti de force au point de disparaître sinon. La seule conclusion réaliste, ne dénaturant pas le film et ne parlant pas à sa place, unissant ses expressions, c’est cet effacement. Qu’on gagne sur ses mauvaises tendances ou se laisse couler, qu’on aime ou se dessèche, on s’éteint, n’en a pas le temps ou la chance, puis on se dissout. Il faut grandir pour mourir. Les progrès ne sont pas simplement empoisonnés. La vie et la conscience humaine sont des passages. Et quand ils s’usent, comme pour la jeunesse et l’ignorance heureuse, il n’y a pas de remède. Moralité : en dernière instance, la nullité de l’intelligence humaine et de ses fruits l’emporte sur toutes autres considérations. Mieux vaut alors s’éparpiller en idées, possibilités, degrés de perception et réalisations qui démentent cette impuissance fatale (ou meublent agréablement). C’est la façon radicalement pessimiste mais toujours ‘pro-vie’ de concevoir l’essence humaine. Le big boss d’Ex Machina (déjà le faciès d’Oscar Isaac se prêtait au vendu de l’espèce alternative) donnait crédit à quelque chose de ressemblant dans ses moments de dépit, mais il avait à côté une démarche entreprenante et positive qui factuellement et philosophiquement rabrouait ce fatalisme – par contre dans les deux cas, l’Homme est obsolète, a suffisamment joué, pourrait bien céder la place à une forme de vie supérieure (sans ‘âme’ de préférence).

Les hypothèses psychologiques ou métaphysiques germent inévitablement. Le gommage (lui-même pas strictement avéré) des frontières spatiales et temporelles (jetant un flou supplémentaire sur la place de Kane et son existence) peut soutenir les constructions de nombreuses imaginations. Malheureusement il semble fonctionner selon les besoins du scénario et de l’avancée dans la jungle (est-ce le sacrifice nécessaire sans lequel le film deviendrait inintelligible et plus près du grand clip ou d’une œuvre musicale ? – ç’aurait le mérite d’une radicalité accomplie et d’une cohérence ‘achevée’). Si la pensée et le caractère doivent commander la réalité, les quatre femmes autour d’elle seraient les boulets de Lena. Elles incarnent différentes tendances ou pentes de sa personnalité, deux immatures (l’impulsive et l’intello suicidaire, celles qui se situent émotionnellement pour se définir et se sentir vivre), deux matures (la mère ‘orpheline’ et la directrice scientifique, celles qui comprennent et savent subordonner leur subjectivité), toutes déjà obsolètes pour avancer vers la mutation disponible aujourd’hui. Malheureusement ce dépassement n’implique pas en bout de chaîne un épanouissement. L'(affreuse) option ‘tout ça est rêve/une création’ est disponible également. Elle accrédite l’idée que les compagnes de voyage sont des Lena alternatives ou particulières. Cette explication rebattue mais bien cachée justifierait le recours à des stéréotypies et ramènerait les fantaisies génétiques dans le champ de l’esprit – divagant. Vient une hypothèse qui en rajoute derrière celle-ci et se mêle à ces caprices temporels : la vie que nous connaissons est ‘artificielle’ – une brèche vient annoncer son origine extraterrestre à une population qui sera bientôt prête à s’accepter objet (car elle sera modifiée, non parce qu’elle succombera à la beauté d’une proposition ou d’une prophétie), tout en ayant son fond de vécu humain, ses souvenirs et ses attachements, qui feront de chacun une particule avec ses nuances et ses propres élans, tout en participe passivement à la grande masse dont le miroitement est le moyen de locomotion.

Là encore, cela donne un renouvellement de l’Humanité, de sa religiosité (qui ne convergera plus vers un Dieu, des rituels ou un culte classique, anéantira le cœur et l’esprit de ses fidèles plutôt qu’elle ne les aliénera), un apaisement de ses tensions en les liquidant. La mort elle-même mute. La nouveauté disparaît au rayon humain, le goût des expériences et les émotions eux ne se renouvellent pas. Hors accidents, cet état amélioré et nettoyé empêche la prolifération des toxiques, mais compresse le passé au lieu de carrément le supprimer. Il peut donc encore diminuer l’individu, surtout qu’il ne développe plus de réponses ou moyens appropriés à ces questions ‘primaires’ du vécu, des sentiments, des affections. Dans tous les cas, les humains et leur cadre de vie sont appelés à se fondre. Et s’ils y résistent ou s’ils s’accrochent, ce qui est quasiment inévitable tant que l’oubli de ‘soi’ n’est pas plus puissant, ils souffriront et s’annuleront simplement. Être absorbé est inévitable, l’intégrité n’est pas possible. De quoi idéalement anéantir la crainte du mensonge et de la corruption (d’une personne, d’un rapport au monde), car ils ne sont que les véhicules de ces transitions (ça en revanche ce ne sera pas révolutionnaire). La perspective reste pessimiste, même en mettant de côté les sentiments ou instincts archaïques. Si Lena a la possibilité d’agir sur ‘la chose’ (dans sa rencontre finale), sa domination ne consiste qu’à détruire. En tout cas pour le moment – on en revient éternellement à ces manques délibérés du film.

La fin (de ce film dont les événements se situeraient après ceux d’un Life origine inconnue) est à la fois ce qu’il y a de plus ‘ouvert’ et de plus banal, au niveau du scénario et des considérations pragmatiques. Nous allons potentiellement vers la propagation d’un virus étranger et surtout d’une nouvelle façon de diriger sa vie, vers l’immortalité grâce à l’ADN métamorphosé, ou à défaut un nouvel état biologique optimisé. Il peut carrément se profiler une invasion extraterrestre, comme dans une série B ou un SF trivial (qui dans ses belles heures livre du Body Snatchers). Avec cette dernière piste (ou dernier degré d’acception) le film est plus ouvert à une suite. C’est d’autant plus défendable qu’il n’est supposé adapter (certes en le trahissant allègrement) que le premier opus d’une trilogie (sauf que la trahison le coupe des deux opus suivants). Alex Garland n’aurait rien prévu de tel. Peut-être que des opportunistes ou des motivateurs seront sur les rangs, leur principal défi sera d’allouer le budget qu’avait accordé la Paramount (celle qui a décidé de ne pas diffuser Annihilation en salles hors des USA, du Canada et de la Chine, laissant Netflix prendre la relève).

Note globale 58

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Suggestions… Under the Dome + Solaris + Premier contact + Under the Skin + The Lost City of Z + Cold Skin + Alien le huitième passager + Le Labyrinthe de Pan + Le Blob + Le Mur invisible + Okja + Dreamcatcher + The Descent + Les Ruines

Scénario/Écriture (4), Casting/Personnages (6), Dialogues (5), Son/Musique-BO (7), Esthétique/Mise en scène (7), Visuel/Photo-technique (7), Originalité (6), Ambition (7), Audace (6), Discours/Morale (6), Intensité/Implication (5), Pertinence/Cohérence (6)

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TRILOGIE MEN IN BLACK **

5 Août

MEN IN BLACK ***

3sur5  Adaptation d’une mini-série de comics d’un certain Lowell Cunningham, ce blockbuster nous invite auprès de deux agents de la MIB dans leur mission contre une espèce de cafard géant et un prince arquilien. Les Men In Black sont une agence secrète chargée de surveiller la présence extraterrestre sur Terre, elle-même cachée au public. Grâce à une technologie avancée et la capacité d’effacer la mémoire des témoins, elle se montre ultra-efficace.

Les producteurs ont remis le projet à Barry Sonnenfeld en raison de l’humour noir déployé dans sa mise en scène de La Famille Addams et sa suite Les Valeurs. Celui-ci s’est fortement enthousiasmé pour le projet et son film est devenu un phénomène, décliné en une série télévisée, appelant une suite puis une autre quinze ans plus tard. La chanson éponyme, dont Will Smith est crédité, est culte, tandis que la bande-originale bénéficie de la contribution de Danny Elfman (compositeur récurrent de Tim Burton et de nombreuses séries), qui a fourni le theme principal.

En plus d’une comédie SF, Men In Black est un buddy movie et marque des points avec son tandem Will Smith/Tommy Lee Jones. C’est enfin surtout une réussite technique, avec de beaux effets de synthèses, absolument pas vieillis à l’aune de deux décennies de recul. Les concepteurs déploient une vive imagination et présentent une excellente d’introduction (où on accompagne, par moments carrément en vision subjective, une libellule survolant une route de nuit) et de conclusion (où l’infini grand se joue de notre Terre).

Arachnophobie et Creepshow semblent avoir été mixés par un SOS Fantômes agrémenté d’une pointe de Brazil. À voir enfant ou vers 12 ans, pour un plaisir optimal.

Note globale 65

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Suggestions… The Mask

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MEN IN BLACK II **

3sur5 Men In Black II est un blockbuster aimable, mais il n’accroît pas l’univers des Men In Black. En d’autres termes, c’est un coup pour rien, sinon pour le plaisir des spectateurs acquis lors du premier film. Cette suite tente pourtant de rabattre les cartes et se fonde sur la recomposition du tandem J et K (toujours interprétés par Will Smith et Tommy Lee Jones). Ce dernier a subit un effacement de mémoire et vit sans se douter de rien dans une nouvelle vie d’emprunt.

L’agent J doit le convaincre de le rejoindre. De nouveau en activité, l’agent K est perçu comme une légende vivante, craint et admirée ; l’homme s’adapte à ce rôle, taciturne et nonchalant, toujours vaguement sceptique. Pendant ce temps un extraterrestre déguisé en Lara Flynn Boyle (Donna de Twin Peaks) sème le trouble. Tout se déroulera très vite, d’ailleurs le film est concis (1h28). Il passe en un éclair pour toutes les bonnes raisons imaginables, mais son dénouement semble un peu précipité.

Les tensions et l’intrigue générale sont à peine perçues que déjà Men In Black II se referme, d’ailleurs il a tout survolé. Le film est encore plus  »vulgaire » que son prédécesseur, notamment à cause de la contribution d’un agent chien. Il le dépasse aussi en vitesse et en superficialité au point que tout est traité avec brio (les retrouvailles notamment) et sans fioritures. On savoure et le programme le vaut bien, mais il faudra être un fan et y revenir avec entrain pour en garder quelque trace.

Note globale 60

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MEN IN BLACK III **

2sur5 Sorti longtemps après les autres, Men In Black III est le plus hystérique des trois opus, le plus généreux et imaginatif au niveau de la variété d’apparitions approximativement humaines. Ambitieux, il étend l’occupation des aliens dans des proprotions de complotiste enflammé. Les extraterrestres ont maintenant toutes les places ne revenant pas à l’homme ordinaire, quoique le business ne soit pas évoqué ; mais les mannequins, stars et artistes sont tous des invités masqués.

Men In Black III est le moins bon de la trilogie car il aligne quelques choix douteux. Du retour vers les sixties, il ne tire l’occasion que de deux petites saynètes sur le racisme ordinaire de l’époque aux USA, des clins-d’oeil appuyés à Mad Men et une relecture cynique de l’oeuvre de Andy Warhol. Il est aussi l’objet d’incohérences extrêmes, parfois à la limite de la logique élémentaire. Enfin la grossièreté du trait annihile tout.

Tout, c’est la rencontre de Men In Black avec Guillermo del Toro – voir avec Terry Gilliam (son Imaginarium Parnassus), auquel on pouvait déjà songer lors des deux premiers opus. C’est aussi une mise en scène épurée, des décors presque aériens, théâtre d’une course inlassable, de gags et gimmicks à chaque instant. Mais Barry Sonnenfeld est passé de chef-d’orchestre impeccable à ours dandy.

Men In Black III n’est qu’abondance et qu’il ne frappe pas tellement l’esprit n’aurait pas été un problème ; mais l’échec de tentatives bruyantes et lapidaires le handicape. De même, ses guest censés faire plaisir sont au mieux invisibles, au pire manifestement inutiles. Il marque donc une régression par rapport au précédent opus, bien qu’il vise plus haut. Il a cependant le mérite d’introduire avec succès un nouveau personnage (l’agent O incarné par Emma Thompson), balayant l’apparition de Lara Flynn Boyle.

Note globale 53

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MINI-CRITIQUES 2

28 Avr

Seconde vague de Mini-critiques, avant la première pour les séances Mubi.

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Cujo * (USA 1983) : Ce film d’épouvante récolte des appréciations très contradictoires, du ‘culte’ nostalgique aux tomates moisies pour nanars accablants. Je suis plus proche de la seconde troupe. Cujo est lent, redondant, trop centré sur ses personnages insipides – notamment sur la mère et le fils. La première échappe un peu à la platitude générale par sa faute morale, le second jouit d’une VF phénoménalement cruche. La créature est pour le moins décevante, les quelques plans subjectifs avec la bête sont très courts (celui de l’intro est une exception, l’enjeu est médiocre puisque le chien y course un lapin). Le film manque de ressources dramatiques, les flottements après le combat de la mère le démontrant par l’absurde. Le huis-clos arrive trop tard et bien sûr le final est médiocre. La mise en scène est brutale mais de bonne tenue pour du gros bis qui tâche. Sur le thème des chiens tueurs il vaut mieux encore Dressé pour tuer/White Dog, pour un chien maléfique de plus haut niveau préférez Baxter. (40)

Cowboys & envahisseurs * (USA 2011) : Réalisé par Jon Favreau après les deux premiers Iron Man. Mélange western/science-fiction assez improbable sans verser dans l’humour. Au XIXe s’organise une chasse du syndicat des cow-boys contre des extraterrestres aux trafics sinistres. De courtes hallucinations couleur glauque sont servies en guise de flashforward hypothétiques pour ces pauvres terriens. Les personnages se la jouent lourdement burnés, le ton devient grandiloquent et l’écriture est bâclée. Les effets spéciaux sont à la fois très expansifs, apparemment ambitieux et salement kitsch. (36)

Gorky Park ** (USA 1983) : Par le réalisateur des futurs Gorilles dans la brume et Le monde ne suffit pas. Ce film américain tourné sous Reagan se déroule en Russie. Produit assez banal au rayon espionnage/thriller, mais doté d’un cadre et de termes un peu exotiques, avec des parti-pris inhabituels, un rythme tendu mais posé, un souci des psychologies. Choix pas nécessairement payants, surtout le dernier.

Par son biais les USA livrent une représentation à charge de l’URSS, en dénonçant en plus de ses vices idéologiques et de son autoritarisme (crimes du KGB) sa désintégration en marche. Mais la corruption et le cynisme n’ont pas de frontières. La vision est pessimiste, ce qui peut donner l’impression d’une Amérique vaguement auto-critique.

Ceux qui ont accroché peuvent se tourner vers Réincarnations de 1981, fantaisie horrifique partageant beaucoup de points communs, en esprit et dans les détails d’ambiance. (56)

Falbalas ** (France 1945) : Jacques Becker a réalisé Casque d’or, Touchez pas au grisbi et finalement du Trou (vus les deux derniers) ; avant ceux-là il a tourné Falbalas à la fin de l’Occupation. Ce film est centré sur un couturier parisien et ses démêlées sentimentales avec une Micheline (Presle) brisant sa confiance, ses défenses et ses illusions.

Falbalas est donc un festival de mondains, pédants productivistes, plus encore (mais au second plan) d’armées de mannequins ou petites mains. Il est à découvrir pour les amateurs de mode ou ceux qui en veulent une vision inhabituelle (ancienne et française), vraisemblable mais sans les excès. Le milieu est relativement ‘libertin’ par rapport à la société, par les goûts et dégoûts.

On nous donne à contempler les loisirs (hauts-)bourgeois, l’amour discourtois, les exercices de séductions entre autres tenues de comptes.. puis le tout verse près de l’onirisme, avec un antihéros à la poursuite du romantisme perdu. Marcel Rochas, couturier d’envergure mondiale, s’occupe des costumes – deux ans après une contribution équivalente pour un film écrit par Cocteau (L’éternel retour). (56)

Communion ** (1989) : « Based on the true experience of one american family » dont le scénariste avait tiré un livre, ce film (par le réalisateur des deux premières suites de Hurlements) pourra plaire aux amateurs d’ufologie. Le style est très kitsch et l’écriture semble hasardeuse, avec du bourrage entre les éléments clés. L’environnement du protagoniste joué par Walken prend beaucoup de place (famille, amis, interlocuteurs) mais ne nourrit pas de conflits. Quelques mouvements et prises typiques de films d’horreur et notamment de slasher (ou de cauchemar) d’assez bon niveau.

Tournant majeur au milieu du film, à partir duquel la psychose, la parano justifiée ou non, une manipulation à la X-Files, deviennent envisageables – le risque de tomber dans la première dominant largement. Les apparitions sont cheap & plastique, pas sans charmes lorsqu’elles restent abstraites. Le climax niveau ‘fantasy’ a probablement inspiré l’épisode pilote de South Park avec la sonde anale. Bons interprètes mais les ambitions sont superficielles – hors-récupération d’un thème insolite. (58)

Real ** (Japon 2013) : Signé Kiyoshi Kurosawa (Kairo, Tokyo Sonata), un des réalisateurs japonais les plus suivis depuis Cure en 1997. Un jeune homme aux traits féminins plonge dans l’inconscient de sa fiancée dans le coma. L’expérimentation vire à la balade nostalgique, à la lisière du conte de fée – sombre et dépouillé. L’approche est sentimentale et prudente. Real rappelle Inception, The Cell, un peu Oshii, mais n’a ni l’éclat ni le panache de ceux-là. (52)

Tu seras mon fils *** (2011) : Centré sur la filiation et le rejet d’un fils trop fluet par son père. Proche d’un téléfilm sans bavures ni relâchements. Montre assez bien les enfermements dans des situations insolubles mais chargées émotionnellement (le fils qui ‘s’accroche’) ; et par extension le déni, pour retarder la prise de conscience entière et éviter conflits ou autres actions décisives. Acteurs très bons, bonne surprise du côté de Mairesse même si elle reste plus théâtrale que les autres. (64)

Fast and Furious 5 ** (2011) : Meilleur opus présumé de cette saga, découverte pour l’occasion sur TF1. Moins de vigueur dans la deuxième partie, à cause des préparatifs de l’invasion de la Banque et des approches indirectes ; plus de musique tapageuse d’ailleurs. Amitié limite et pleine de sous-entendus entre les beaux-frères. (52)

Hot Shots ! * (USA 1991) : Un des exploits de l’écurie ZAZ, parodie fonctionnant sur l’abaissement constant, soit de la dignité des scènes ou de l’esprit originels, soit en tirant tout vers le pragmatisme balourd. L’humour est essentiellement visuel, avec un petit côté ‘Les Nuls’ quand il passe par les dialogues ou attitudes en face-à-face.

Moins bon et varié que les Y a-t-il un flic, moins enfantin que le pilote dans l’avion, ce foutage de gueule fait pâle figure face à la Team America des auteurs de South Park. Concrètement Hot Shots épluche Top Gun, avec des agréments tirés de gros films récents (Full Metal Jacket, Danse avec les loups..). Il gagnerait à être concentré sur plusieurs cibles (comme son descendant Scary Movie) – ou totalement émancipé (OSS 117). (38)

Flic ou zombie/Dead Heat ** (1988) : Marqué par état d’esprit léger, parodique (des films à ‘mystère’ typiques de l’époque, qu’ils avancent sous le vernis policiers ou SF), mais surtout bête et lubrique. Poussif au début, quand les personnages prennent encore toute la place ; sauvé et dopé par son culot. Fantaisiste et grotesque, avec des séquences de gros bis torché : le climax étant cette séquence avec animaux morts voire quartiers de viandes zombiefiés, où on trouvera une attaque de cochons ressuscités. La scène où le sosie de Vincent Price plaide pour l’immortalité des riches est autrement croustillante. Le reste est peu intéressant mais enjoué (la danse au rythme des coups de feu – et de leurs déjections rouges, les poussées beaufs). (52)

Grand Hôtel ** (USA 1932) : Un des premiers ‘all star movies’ avec notamment Greta Garbo et Joan Crawford. La direction d’acteurs est extrêmement théâtrale, les décors se veulent baroques, sur tous les plans on sort le grand jeu. Produit dans un contexte d’optimisme généralisé, le film est habité par un esprit ‘progressiste’ (au-delà de la politique, où s’il faut classer il sera loin de toutes considérations élevées ou généreuses), balancé par les malheurs et les chagrins propres au luxe et à l’ennui des éléments parasitaires ou ‘show-biz’ des plus vernis (fût-ce le temps d’être dans la cour). Les fantaisies de riches (ou wannabee) sont bientôt englouties par les drames, les hontes, même la mélancolie, avec des démêlées criminelles en bout de course. (56)

Le prisonnier de Zenda ** (1952) : Format très carton-pâte avec une mise en scène proche du théâtre lors des présentations. Commence comme une balade touristique et vire au mélodrame masqué en film de cape et d’épées, sur fond de royauté. Combats peu crédibles et sentiments exacerbés, le tout très strictement emballé. Réalisé par Richard Thorpe (Le rock du bagne avec Elvis) à la même époque que son Ivanhoe. (56)

Sarajevo mon amour ** (Bosnie 2005) : Autour du secret d’une femme et mère. Ceux tombés sous le ‘charme’ de Goodbye Lenin !, ou généralement convaincus par les films ‘à prix’ à l’esprit un peu scolaire, devraient aimer. (58)

L’attaque de la malle-poste ** (USA 1951) : Rawhide, western se déroulant dans l’Arizona. Sans cow-boys dans la poussière ; huis-clos. Film de série rondement exécuté, tendu mais lent à la manœuvre, insignifiant au fond. Personnages pauvres sans être caricaturaux (hormis par les gueules côté idiots et/ou méchants). Beau travail du chef opérateur. (62)

Vincent, François, Paul et les autres ** (France 1974) : Histoires de cœur et blues de CSP+ quinquagénaires. Des femmes froides et frustrées remontées contre eux. Depardieu incarne la touche CSP- digne et petit aventurier posé. Franchement oiseux, ce film de mœurs n’aurait rien été sans ses acteurs. Yves Montand est lourd et mauvais pour un personnage infect dont le déclin est encore à peine perceptible. (44)

Hatari ! *** (1962) : Signé Hawks, un film qui pourrait réjouir en particulier les enfants. Foule d’animaux différents filmés de près. Proximité appuyée parfois entre humains et animaux (Dallas avec ses éléphants ‘domestiques’). Vision d’un zoo idéal, presque ouvert. Les scènes d’interactions humaines exclusives sont un peu plombantes. (68)

Tout ce que le ciel permet *** (1955) : Douglas Sirk, mister ‘mélo’ signe un de ses meilleurs films, indirectement politisé (comme Le temps d’aimer et le temps de mourir). Une bourgeoise d’âge respectable et un ouvrier envisagent de se marier. Le scepticisme, les railleries et le rejet sont au programme, pour la seconde moitié (d’une courte séance). Il est donc question de hiérarchies et de classes sociales, sans différences flagrantes ou éléments gadgets pour court-circuiter : la sortie d’un Tout ce que le ciel permet serait un bug aujourd’hui (hormis pour les joies de la comédie). Vif, synthétique, implacable plutôt que dégoulinant. Angélique au fond, non-conformiste en dernière instance (met les sentiments au-dessus). Style moins rococo que dans les autres opus que j’ai vus (tel Le secret magnifique). (72)

Le Marginal ** (France 1983) : Le dernier représentant de l’apogée de Belmondo, alors abonné aux polars. Celui-ci est caricatural mais aimable. Bébel fricote avec plus déviant que lui. Deray (La Piscine, Borsalino) sera à nouveau derrière la caméra en 1987 pour Le Solitaire, où ce numéro de flic ‘libre’ commencera à user. (58)

Les enfants Loups, Ame et Yuki *** (2012) : Conte joli en tous points de Hosoda, réalisé après La traversée du temps et juste avant Le garçon et la bête (un des bons crus de l’an dernier). Joue avec de nombreux clichés : le vieux bougon avec du cœur au fond, les enfants sur-kawai, la mère-courage aussi gentille dame qui ravale tout. (68)

Le Loup-garou de Paris ** (France 1997) : Film cosmopolite du réalisateur de Témoin muet, se présentant comme la suite d’An American Werewolf in London de John Landis (1981). Lorgne vers le slasher et se balade entre le teen-movie, la comédie lubrique et l’horreur gothique. Devrait plaire aux nanardophiles, pour lesquels ce sera un genre de blockbuster haut-en-couleur.

Malheureusement il devient trop décousu dans la seconde partie, où il s’effondre avec des éléments prégnants mais bizarrement employés, sinon sapés (les méchants skinh, la pente ‘film de poursuite’). Les fantômes de cadavres déchiquetés doivent-ils devenir des acolytes ingrats, ont-ils bien quelque chose à faire payer ou à apporter? Julie Delpy est en fâcheuse mais séduisante posture ; des images de synthèse (très ‘jeu-vidéo’ d’époque) enluminent les vues subjectives de monstres. (48)

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Changements de notes le 15 mai 2018 suite au lissage de l’échelle : Cowboys et envahisseurs (37-36), Communion (57-58), Fast and Furious 5 (53-52), Grand Hotel (57-56), Le prisonnier de Zenda (55-56), L’attaque de la malle-poste (61-62), Tout ce que le ciel permet (73-72), Le marginal (59-58).

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Autres Mini-critiques : 9, 8, 7654321 + Mubi 4, 3, 21 + Courts 2, 1 + Mubi courts 2, 1

MEATBALL MACHINE **

17 Août

meatball capture3sur5 Meatball Machine est l’un des V-videos (films de genre japonais ludiques, gores et barrés) les plus fameux. Remake d’une obscure pellicule de Yakamoto, il est signé Yudai Yamagushi, lequel s’est illustré depuis par d’autres bizarreries comme Dead Ball ou Yakuza Weapon. Meatball (2005) est son film le plus célèbre et le seul à être assez accessible en Occident.

En terme de valeur, il est proche du niveau de Machine Girl, qui toutefois bénéficiait de meilleures ressources techniques (moyens de nature Z ici). Mais il en est très différent, car il développe davantage son histoire, potache et inventive ; multiplie les créatures et apparitions étranges, plus encore que les tranches de gore ; globalement, se montre plus bizarre et paradoxalement réaliste qu’hystérique.

Au-delà de ses excentricités, Meatball se distingue du lot commun de son genre par sa tonalité relativement intimiste, nous plongeant dans l’antre de son héros paumé (un jeune ouvrier apathique en situation de misère sexuelle et sentimentale), traduisant les conflits dans lesquels il se trouve engagé. Pour faire court, Meatball raconte une romance contrariée et l’aliénation des laissés-pour-compte par des extraterrestres prenant possession de leurs corps grâce aux Necro-Borgs, afin de les pousser à s’entre-tuer puis s’auto-détruire. Si la pantalonnade est bien saillante (imaginez les créatures de Arac Attack en version alien désinhibé à l’intelligence trollesque et supérieure), il y a aussi un climat de désespoir dans Meatball Machine, celui des habitants des banlieues minables de Tokyo.

Yamagushi affirme ainsi un vrai talent de raconteur d’histoire ; il introduit des flashs très construits, sinon de petites nouvelles, au sein du métrage, au milieu des créations folkloriques et des références à Tetsuo (son pilier), à Evil Dead ou même à Dead or Alive. Son Meatball Machine est toujours plus curieux, avec ses effets artisanaux, ses visions sans comparaison, ses personnages pathétiques dont le portrait est brossé avec une sensibilité étonnante. Si on passe le dégoût ou la focalisation sur la dimension de nanar exalté et fauché du départ, on se retrouve presque hypnotisé par ce spectacle hors-norme, imprévisible et irrationnel, mais maintenant toujours une sorte de cohérence interne, d’évidence qu’il s’appliquerait à nous exposer sans autres préoccupations.

Les spectateurs, hormis les zeddards obsessionnels et les bisseux accomplis, doivent être prévenus d’où ils mettront les pieds. Il est tout à fait permis de se sentir paumé, voir de s’agacer, pour celui qui tomberait par hasard, tant le film, capable d’être aussi vulgaire que précieux, fait cohabiter sérieux et dernier degré, farce et emphase, mais aussi mélancolie et divertissement, avec un naturel déroutant. C’est difficile à appréhender, il y a des tunnels, mais même l’ennui y est intense et inhabituel.

Note globale 61

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Marebito + Tetsuo + les V-Video + Tokyo Gore Police

Voir le film sur YouTube (VOST-Anglais)

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