LA PARTY **

30 Juin

2sur5  C‘est censé être une comédie sophistiquée ultime du classiciste mais loufoque maître en la matière, Blake Edwards. C’est un mix entre Projet X et Sacha Baron Cohen (Borat surtout mais The Dictator n’est pas loin), en tout-public, féminin et sans gros mots. Dans La Party, un idien un peu demeuré se retrouve dans une fête opulente. Extrêmement maladroit et ingénu, il essaie de s’intégrer et déclenche une série de catastrophes.

La Party déploie une espèce d’humour  »choc » et poseur, presque gênant par le décalage entre son insistance sur l’objet et la nullité de celui-ci ou du décalage. Peter Sellers alias Hrundi Bakshi, c’est Bean avant l’heure, en version molle et honteuse. Ce personnage est plus préoccupé de son image et de sa conformité sociale, enfermant le film dans un registre pesant, où l’on moque et rejoint les mondains, les bourgeois et les imposteurs rampant vers eux, incarnés par ce Bakshi dont l’irruption se veut à la fois ridicule et rafraîchissante.

Il pourrait y avoir là une démarche similaire à celle d’Andy Kaufman, le type étiquetté  »comique » mis en valeur dans Man on the Moon : mais rien de tout ça. Peter Sellers n’agit pas en troll vertueux, il est la petite souris rêvant de reconnaissance et jouant finalement l’infirmière et la mascotte. Son attitude pourrait être le reflet extrême et aberrant des mondains et des gens importants, mais ce n’est pas le cas, car les gens qu’il côtoie lors de cette party sont tous équilibrés, normaux ou globalement sobres.

Peter est plus que cela, il est un être sensible et un réconfort pour ceux qui pleurent et souffrent seuls dans leur bulle en marge de la fête. Une connivence se crée avec la fille des organisateurs de la réception, autrement dit, la princesse. Le conte de fée s’arrête là où commencent les nécessités, aussi le happy end se fait en chassant discrètement, une fois de plus, ce brave invité surprise, qui n’en demeure pas moins un crétin indigne de seulement se tenir trop longtemps auprès de la haute société.

Toutefois il a son heure de gloire et ses honneurs à lui, à son niveau s’entend. Ainsi il pourra s’élancer sur la piste de danse comme un trisomique enthousiaste et pompeux mais néanmoins libéré : et là, instaurer une nouvelle mode. Il est sincère, pas comme un génie malgré lui, plutôt comme un enfant aux productions divertissantes et inventives. Le film est proche de cette valeur lui-même. Il est amusant par endroits au début, puis s’enlise, se traîne avec ses tares qu’il étale partout.

Le chaos euphorique final devrait être une jouissance et est d’un ennui égal. Il affecte tout ce petit monde mais c’est un désordre sans gravité et surtout sans plaisir profond, à moins que les ces jeunes gens bien canalisés et insipides vivent l’expérience de leur vie en lavant un éléphant et barbottant dans la mousse.

Note globale 44

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Voir le film sur Libertyland 1 ou L2

 Voir l’index cinéma de Zogarok

Publicités

2 Réponses to “LA PARTY **”

  1. Selenie Cinéma juillet 6, 2015 à 18:43 #

    Une comédie énorme, on rit peu (3 fois pour ma part) mais on sourit de bon coeur…

  2. Marcorèle février 25, 2016 à 10:41 #

    La première partie du film est plus réussie que la seconde, mais le film comporte des pépites burlesques, je pense notamment à la scène du repas et à son serveur ivre.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :