Tag Archives: Droite politique

« CENTRO-HUMANISTES », LES LAQUAIS INDISPENSABLES

20 Mai

Fantômes dégénérés et accompagnants serviles, les centro-humanistes sont les pires planqués car ils sont stratégiquement sur une position réversible ; leur posture se plie à toutes les formes de gouvernements standards tels que les connaissent les démocraties occidentales aujourd’hui. Ils sont libéraux, républicains et démocrates, se glissent entre les étiquettes et affichent des signes ostensibles mais jamais ne s’investissent ou ne montent au créneau (merci à l’UMP ou même au PS d’aller en première ligne – pour mieux être accablé et servir de modèle à contester de l’intérieur).

Ils n’ont aucun parti-pris, prennent les armes de la gauche réformiste pour composer une droite molle (même pas tiède). Ce sont Borloo le pseudo-gaulliste, NKM et son front antinational (pas l’antiFront, l’anti-nation), Bachelot tellement dévorée par sa loyauté à la droite qu’elle doit bien finir par vider son sac, Rama Yade qui se faufile et esquive tout et tous en espérant trouver un tuteur politique…

Les centro-humanistes sont souvent des conservateurs : ce n’est pas conscientisé mais c’est une conséquence de leur rapport à la  »chose publique ». Ils n’ont aucune culture politique. Par exemple, Chantale Jouanno ne parvient qu’à avancer de pitoyables images pour illustrer, en creux, le concept de  »droite » (l’autorité, la sécurité, la confiance…) et ainsi se positionner ; mais cette femme est extérieure à la politique ; elle vient du monde associatif, où elle a sans doute officié avec brio, mais les enjeux tactiques, stratégiques, à échelle nationale et internationale, lui échappent complètement.

C’est ce genre de clowns, de briscards champêtres et cramoisis, ou d’assistantes sociales bling-bling, qui composent un « centre-droit » et une « droite » moderne, qui prend les traits de la gauche sociétale, les tics des libéraux-démocrates, pour se poser à droite et s’implanter là comme une force nouvelle, rénovatrice, alors qu’elle ne fait qu’importer des valeurs, des combats et des idéaux éculés et politiquement corrects, généralement pauvres et superficiels, centristes en tous points.

Mais c’est peut-être avec cette armée d’opportunistes et de passifs que Jean-François Copé devra composer pour arracher l’UMP ou la mener à la victoire dans les prochaines années… La droite mainstream cohérente, unifiée et déterminée n’est pas pour demain.

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YOUR MORALS, LES 5 VALEURS FONDAMENTALES EN POLITIQUE

27 Jan

En voulant découvrir « les racines morales des libéraux et des conservateurs » aux Etats-Unis, Jonathan Haidt a mis au point un modèle présentant cinq grands groupes de valeurs communément partagés (ou pas).
  1. Présentation des 5 valeurs (universelles et innées)
  2. Distribution des valeurs à Droite & à Gauche (affinités politiques)
  3. Passer le test « Your Morals »
  4. Voir les propositions
  5. Moral Matrix, le prolongement
 
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LES VALEURS

Cette échelle comprend cinq valeursIl s’agit de :
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* Harm * (le Bien & le Mal, les soins/la prise en charge) This foundation is related to our long evolution as mammals with attachment systems and an ability to feel (and dislike) the pain of others. It underlies virtues of kindness, gentleness, and nurturance.
* Fairness * (le sens de l’équité/réciprocité et de la Justice)  This foundation is related to the evolutionary process of reciprocal altruism. It generates ideas of justice, rights, and autonomy.
* Loyalty * This foundation is related to our long history as tribal creatures able to form shifting coalitions. It underlies virtues of patriotism and self-sacrifice for the group. It is active anytime people feel that it’s « one for all, and all for one. »
* Authority * This foundation was shaped by our long primate history of hierarchical social interactions. It underlies virtues of leadership and followership, including deference to legitimate authority and respect for traditions.
* Purity * (ce dernier point comprend les valeurs religieuses, entre autres) This foundation was shaped by the psychology of disgust and contamination. It underlies religious notions of striving to live in an elevated, less carnal, more noble way. It underlies the widespread idea that the body is a temple which can be desecrated by immoral activities and contaminants (an idea not unique to religious traditions).
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Une sixième avait été ajoutée : 
* Liberty * (vs Oppression)
Cette valeur n’est pas anodine, c’est peut-être la plus fondamentale et instinctive. Et justement, pour cette raison elle peut paraître négligeable ; c’est plutôt l’intensité de sa présence qui permet d’en faire un indicateur. Hormis avec quelques tendances politiques comme le Fascisme, il est rare voir anti-naturel de trouver des individus ou des pensées s’opposant catégoriquement et/ou de manière structurée à une telle valeur.
 

LES VALEURS CONDITIONNENT LA DÉMARCHE POLITIQUE

rep demo global morals
Voici les moyennes pour les USA, entre Démocrates (bleu) et Républicains (Rouge). Lorsque vous passerez le test, votre résultat vous sera indiqué en Vert.
 
Partout dans le monde, les individus s’identifiant à gauche, dans le camp des progressistes ou l’équivalent, ont eu en moyenne un indice très élevé pour les deux premières valeurs, tandis qu’ils accordaient une faible importance aux trois autres (allant jusqu’à flirter avec le rejet, notamment pour le dernier, la Pureté).
Chez les conservateurs, la droite ou les équivalents, les cinq valeurs sont adoptées ; mieux, elles sont assimilées de façon lisse. Les résultats sont marqués mais modérés, contrairement à ceux de  »la gauche » où ils sont passent d’une radicalité à l’autre. Toutefois, les scores en  »Authority » se détachent quelque peu, pour en faire la valeur championne – tandis que ceux en  »Pureté » sont en très léger retrait – mais là encore, les écarts sont faibles.
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Vous pouvez voir ici les indices rapportés à trois catégories : liberal US (gauche), conservative (« right-wing ») et libertarian.
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VOUS ET LES CINQ VALEURS FONDAMENTALES

Jonathan Haidt a fondé le site YourMorals, sur lequel sont rassemblés des dizaines de tests sur un grand ensemble de sujets sociaux et humains. Ils vous déterminent généralement selon des groupes de sensibilités politiques, parfois selon des appartenances (religieuses, de genre, etc).
 

Le test principal est celui-ci : Moral Foundations (inscription nécessaire)

Vous pouvez retrouver ce sujet développé par Zogarok ici, avec différents profils pour l’occasion.

LES PROPOSITIONS

Voici les propositions que vous devrez noter de 0 à 5 :
Whether or not someone cared for someone weak or vulnerable.
Whether or not someone was cruel.
Whether or not someone suffered emotionally.
Whether or not someone acted unfairly.
Whether or not some people were treated differently than others.
Whether or not someone was denied his or her rights.
Whether or not someone showed a lack of loyalty.
Whether or not someone did something to betray his or her group.
Whether or not someone’s action showed love for his or her country.
Whether or not someone conformed to the traditions of society.
Whether or not someone showed a lack of respect for authority.
Whether or not an action caused chaos or disorder.
Whether or not someone was good at math.
Whether or not someone acted in a way that God would approve of.
Whether or not someone did something disgusting.
Whether or not someone violated standards of purity and decency.

It is better to do good than to do bad.
It can never be right to kill a human being.
Compassion for those who are suffering is the most crucial virtue.
One of the worst things a person could do is hurt a defenseless animal.
Justice is the most important requirement for a society. 
When the government makes laws, the number one principle should be ensuring that everyone is treated fairly.
I think it’s morally wrong that rich children inherit a lot of money while poor children inherit nothing.
People should be loyal to their family members, even when they have done something wrong.
I am proud of my country’s history.
It is more important to be a team player than to express oneself.
If I were a soldier and disagreed with my commanding officer’s orders, I would obey anyway because that is my duty.
Men and women each have different roles to play in society.
Respect for authority is something all children need to learn.

I would call some acts wrong on the grounds that they are unnatural.
People should not do things that are disgusting, even if no one is harmed.
Chastity is an important and valuable virtue.
==> Pour ma part, je n’ai aucun réponse à zéro, seulement deux à 1 concernant la Pureté (« Some acts are unnatural » et « Chastity »). Une forte minorité de questions a été évaluée à 2, notamment concernant les catégories Purity, Care/Harm et Authority. Cinq réponses à 5sur5 concernant mes deux piliers, Fairness et Loyalty.
 
 

LE MORAL MATRIX

Le Moral Matrix est un dérivé de YourMorals. Il met en scène deux axes, censés refléter plus finement les tendances déterminant les camps politiques pour lesquels nous développerons une sensibilité. Il oppose ainsi la priorité donnée à l’Individu ou à la Collectivité ; au Jugement ou à l’Egalité. La traditionnelle dichotomie économique/social se ressent, cependant l’outil va en profondeur et sonde bien la morale et la philosophie, plus que les positions pures, bien qu’il nous donne l’aperçu de ce qu’elles devraient être, dans une logique littérale.
J’y viendrais en particulier dans un prochain article ; un autre présentera ma position sur ce Moral Matrix et sur le YourMorals, dans la foulée d’articles spéciaux sur des tests politiques.

LE PROFIL POLITIQUE DES POLÉMISTES

15 Nov

Nouvelle rubrique dans la lignée des « Typologie » des Polémistes (médias – ou plus confidentiels). Un article a déjà été publié à ce sujet. Cette fois, il s’agit non plus de la personnalité mais du profil politique de ces personnages publics, penseurs et polémistes. Démarrage avec un petit échantillon, emprunté à la droite la plus pure. Le Politest illustre le profil des concernés.

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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  

ERIC ZEMMOUR

Ce profil peut étonner. On peut instinctivement situer Zemmour à droite toute, bien plus encore qu’il ne l’est ici ; et/ou hésiter à son sujet sur l’axe 1, voir l’y classer sensiblement à gauche.

Il s’illustre notamment dans sa critique de la mondialisation et du néolibéralisme ; mais Zemmour n’est pas économiquement de gauche, c’est un UMPiste carabiné, un conservateur radical. Il est l’équivalent français du Tea Party, dans une version plus ouverte sur le terrain économique et social.

En d’autres termes, Zemmour, s’il dénonce les résignations du PS et des formation de la gauche modérée européenne, n’en demeure pas moins un agent de la droite la plus ordinaire. Il est simplement plus réticent devant la mondialisation que certains de ses camarades, essentiellement pour des questions liées à l’identité nationale ; les revendications, les droits et le bien-être des salariés, sont absents de sa pensée. Zemmour n’est pas Marine Le Pen. C’est un analyste critique, un théoricien monomaniaque qui finalement se range toujours derrière les promoteurs de ce qu’il dénonce, car il rejoint en esprit, dans les adhésions et même dans les concepts, les pessimistes de droite et les réactionnaires associés à la droite sarkozyste, certes en jouant les mijaurées, mais en se délectant de trouver un allié si cru. Ce qu’il reproche à cette dernière, ce n’est pas son abandon de l’État (dont il se sert régulièrement, mais sans être conséquent), c’est son trop grand laxisme devant l’emprise culturelle et les leitmotiv de la gauche.

La préférence de Zemmour quand à ces axes est relativement ambiguë. En volume lors de sa période Ruquier ou même des chroniques RTL, c’est plutôt l’axe des mœurs qui interpelle Zemmour. Dans ses livres ou son tandem avec Domenach, l’axe 3 est clairement le favori, balayant les deux autres.

Et s’il reproche à la gauche d’avoir déserté l’axe 1 pour s’être réfugiée dans le second (la pédagogie et les engagements sont plus faciles sur les mœurs, les points de vue sociétaux), lui-même est obsédé par les notions qui en découlent. Le libéralisme culturel l’inquiète bien plus que la tyrannie de l’économie, voir, par séquences, que la mise sous tutelle de la France par la technocratie européenne. Si les questions d’Identité et d’autorité constituent son  »fond de commerce », c’est sur celles concernant les mœurs, la culture, les modes sociales, qu’il s’enflamme le plus et développe le plus grand nombre de théories, là où ses opinions, radicales au demeurant, sont plus fines et éclairées.

Sur ce dernier axe, Zemmour est naturellement très à droite (c’est ici qu’il est le plus marqué, donc  »repérable ») et il y coche tous les critères : rejet de l’immigration, promotion des valeurs nationales, culte de la responsabilité individuelle, sévérité avec les criminels et la délinquance. Il met souvent l’accent sur l’identité française. Pour autant, toute son emphase sur ces sujets est subordonnée à son abhorration dogmatique du moindre progrès de société, et à son « pessimisme de droite » tellement caractéristique. En effet, sa vision sur ces sujets est beaucoup plus compartimentée et opportuniste (au cas par cas), alors que celle sur les deux premiers axes répond à une dynamique plus floue, passionnelle.

Surtout, Zemmour est d’autant plus  »à droite » ici pour entrer en cohérence avec son droitisme global : d’ailleurs, lorsqu’on lui évoque les bandits d’envergure internationale, il s’offusque de cette confusion entre la « délinquance en col blanc » et celle des petites frappes. Ainsi il montre bien qu’en dépit de la critique théorique de la prédation financière, il refuse d’aller au bout de sa logique et surtout, se range derrière les dominants dans tout rapport de force sérieux, par déférence pour l’ordre établi, allant jusqu’à légitimer les oppresseurs naturels. Son mépris des affaires secondaires, notamment celles suscitant l’attention des écologistes (Maldives) est l’expression la plus nette et triviale de cette philosophie de droite conformiste, à la fois hautaine et cynique.

Zemmour est avant tout un réactionnaire complaisant et un polémiste relativement arriviste à certains égards, toutefois il n’y a pas de dissociation entre ses discours et ses croyances. Il est honnête et pénétrant, jusque dans les œillères qu’il peut emprunter en omettant ou minimisant certains aspects d’une question.

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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  

ELISABETH LEVY

C’est la polémiste de l’ultra-droite par excellence. Elle se retrouve naturellement à l’extrême-droite sur tous les domaines.

Acceptation aveugle des règles du jeu, rejet de toutes les entraves à l’efficacité et l’ordonnancement lisse de la société ; le traitement des idées est à la fois impersonnel et brutal. Le style rhétorique correspond tout à fait au fond : intelligence et mise en doute méprisées, au profit d’un attachement indéfectible au « marche ou crève », dans chaque domaine de l’existence.

Elisabeth Lévy est une conformiste agressive, considérant, d’une façon unilatérale et n’entendant pas la moindre contradiction (au contraire de Zemmour), que ce qui nous parvient est légitime. Pour elle, il faut suivre l’ordre établi et la société ne doit jamais se laisser corrompre, ni par les individus naturellement, mais pas plus par les aléas sociaux ou les doutes moraux.

Elisabeth Lévy représente l’aile radicale du néoconservatisme américain, flirtant ouvertement avec un fascisme de droite contemporain. Sa vision de la chose publique relève du tribalisme (c’est d’ailleurs une défenseure cruelle et maladroite du sionisme) et de la réaction politique la plus caricaturale. Elle prêche l’autoritarisme de façon décomplexée, non par idéologie ni par projet ou romantisme euphorique, simplement car le monde est dangereux et les décideurs toujours trop laxistes.

Cette vision s’applique donc dans les trois critères :

  • l’économie doit être confiée aux corporations agissantes, l’État ne doit jamais parasiter cette bonne marche, l’aide aux populations est infamante

  • le moindre écart de comportement est tenu pour un attentat aux mœurs ; vision morale sans morale, simplement alignée sur la tradition ; conservatisme doctrinaire, dénigrant tout mode de vie s’écartant des schémas élémentaires. L’aspect phobique délirant est plus marqué ici que nulle part ailleurs.

  • le rejet de la diversité et du multiculturalisme est une évidence pour cette prêcheuse identitaire et fanatique du binaire. En vérité, les aspects identitaires et culturels n’ont aucune espèce d’importance pour Elizabeth Lévy ; sinon en tant que codes directeurs affublés de leurs outils de répression. Par ailleurs, la punition est la seule réponse à apporter pour les fauteurs de trouble. Le hic, c’est que tout ce qui n’est pas cynisme flagrant est trouble. La position sur cet axe est surtout caractérisée par l’attribution de ses aspects négatifs : les institutions sont envisagées seulement pour leur capacité à affirmer la force, la justice est inquisitrice et formelle, indifférente. La violence du monde est le principe ultime et prévaut dans tous les cas ; lorsque la société s’en écarte, elle se leurre et engendre de la confusion, des lenteurs et de l’inefficacité. Les enjeux de préservation, les symboles et la civilisation eux-mêmes n’ont finalement aucune validité, s’ils ne sont pas fonctionnels. Alain Soral, au même degré sur cette échelle, apparaît porté par des valeurs, une conception du monde élargie ; Elizabeth Lévy n’y est que par déférence au maintien de l’ordre et rejet de la plus petite once de relativisme (tant de l’autorité, de son exercice, que du statut quo).

Naturellement, les postures de Elizabeth lévy s’accompagnent d’un éloge récurent de la  »provoc », mais n’est tenue pour provocation que les discours allant, sans prendre de gants, à l’encontre de toute dimension humaine, de l’ensemble des normes culturelles de gauche, mais aussi à l’encontre de toute démarche intellectuelle. L’idéal de productivité s’étend également aux arts, à la recherche, aux sciences : ce qui n’est pas concret, univoque et manipulable est aberrant.

Invocations populistes, parle au nom d’une majorité qui aurait « les boules ». Sur la forme, c’est une sorte de Ayn Rand coercitive qui se verrait dotée d’une gouaille de poissonnière sous coke. Cette attitude peut contrarier jusqu’à ceux qui se trouveraient dans ses rangs idéologiques. Au moins, cette témérité permet la clarté : impossible de reprocher à Lévy de masquer son jeu. Cette transparence ne la rend pas aimable, mais honnête, ce qui en fait l’une des personnalités les plus intéressantes dans son domaine. 

 

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LES GAY-FRIENDLY FACON REAC

6 Mai

barjot et gays

Le réactionnaire n’est pas un simple pessimiste, ni un esprit condescendant à l’égard de naïfs présumés, ou un personnage cynique devant le déroulé constant des choses. Il est probablement tout cela mais ce n’est pas systématique et la vulgarisation des notions crée une confusion avec d’autres formes, d’autres attitudes. Il faut aller au sens des mots : et la définition veut qu’un réactionnaire soit le promoteur du passé. Le réactionnaire invoque les vertus d’un temps écoulé, éventuellement en l’idéalisant (quelquefois même en fabriquant des motivations entre les lignes de l’Histoire). Il y a trois postulats : dans le premier, l’époque regrettée porte les solutions aux maux d’aujourd’hui et dans ce cas, nous avons eu tort de nous écarter de ses schémas. Dans une version plus romantique et radicalisée, ce temps révolu est légitime, car il était au plus près de la réalité, d’un ordre naturel ; éventuellement, il rangeait les hommes à leur place. Enfin, la réaction peut être motivée par le refus de la réalité actuelle ou de basculements en cours, sans pour autant qu’un projet pour l’avenir n’intervienne, soit par amertume ou scepticisme, soit par indifférence.

Cette forme réactionnaire-là est plus pragmatique, orientée vers le confort ; l’enjeu n’est pas de maîtriser, mais de soumettre la société à une logique sécurisante et fermée, où une zone de jouissance est maintenue, quand bien même elle induit des souffrances ou une hypocrisie trop flagrante. Ainsi est celui qui se précipite dans les habits de l’artiste maudit ; ou encore le représentant politique issu des classes populaires, parlant en leur nom et les dénigrant de façon complice. Tous s’enferment dans un ghetto psychique leur permettant de cyniquement jouer un rôle social cadenassé, parfois dévalorisant, mais duquel ils tirent une satisfaction personnelle suffisante ; quitte à enfermer, dans leur caricature, ceux qui les rejoignent par l’attribut sociologique, culturel ou idéologique dont ils se réclament.

La garde hideuse d’un christianisme vociférant

Tout le monde connaît le borborygme boutiniste des « amis homosexuels ». Christine Boutin a raison ; elle et ses amis ne sont pas homophobes. Une part est simplement obtus ; il faut se rappeler aussi du magnifique « J’ai une grande capacité de pardon » lâché à l’intention, non pas des criminels ou des délinquants sexuels, mais des gays que Boutin connaîtrait si bien. Il ne s’agit dès lors plus d’affirmer un certain héritage, revendiquer des valeurs, ou même opposer à la ferveur aveugle d’un mouvement progressiste, le principe de précaution et de mise en doute ; non, il s’agit bien d’affirmer un principe théologique dans la démocratie. En confondant la loi et son esprit, le doigt de Dieu et la lune, etc.

Boutin et son PCD (Parti Chrétien-démocrate) sont intrinsèquement conservateurs ; mais son leader est une notable, une notable d’action éventuellement. Il faut comprendre que ce ne sont pas des idées ou une vision qui la pousse, ni même (et c’est plus préjudiciable) des croyances ou convictions réelles. Ainsi Boutin n’a que des combats négatifs – et peut remercier ces pédés, dont elle accueille des exemplaires pour « les vacances », de lui avoir permis de sortir du bois.

Alors que les chrétiens-démocrates classiques, qui ont dominé le centre et la droite modérée pendant l’après-guerre (le parti d’Angela Merkel, le CDU, reste ancré dans cette mouvance) étaient pragmatiques et traditionalistes, mais aussi proches des  »conservateurs compatissants » ; Boutin elle, rejette des valeurs plutôt qu’elle n’en défend. Cette attitude participe d’ailleurs à la déliquescence du christianisme en tant qu’agent social ; indirectement, Christine Boutin amène un dernier petit fagot et exclue la représentation religieuse et sa parole du sérieux politique.

Le confort de l’esclave

Ce qui frappe chez certains anti-Mariage pour tous de la droite littéraire façon Zemmour, ou des activistes apolitiques comme Frigide Barjot, c’est à quel point leur vision du gay est réactionnaire : elle en revanche ne contient plus un soupçon d’homophobie (ou si peu), mais exalte la grandeur d’un folklore et préfère l’homosexuel soit en  »zaza » soit en  »privé », soit en artiste torturé. Ils promeuvent un gay demeurant  »différent », à la marge de la société où il est très bien loti, pour le bien de tous. Un gay non-revendicatif, un fêtard voir une folle amusante, inconsistante et amicale.

Ce qu’ils aiment, c’est un gay liquéfié, pathétique, grossier, prévisible donc manipulable et duquel il n’y a rien à craindre. Ils aiment le pire du gay, car ils ont besoin du pire de tous les hommes, afin de l’instrumentaliser et de maintenir un désordre mesquin ; tout comme les vieux communistes académiques profèrent les louanges d’une classe ouvrière dont ils exploitent et affichent le plus laid et le plus trivial, afin de le garder dépendant et hors-d’état de nuire.

Ils n’aiment l’homosexualité que pour ce qu’elle a de criard et dégueulasse ; tout comme eux-mêmes sont grotesques et répugnants, entre la nonne recalée (et manipulée par Sarkozy) pour sa bêtise et sa mesquinerie ; et la vieille people délabrée et parasitaire.

Alors ils citent les vieilles figures, des auteurs du passé, dont l’homosexualité n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui ; et qui, croyez-le bien, jamais n’auraient adhérés à toutes ces manifestations, voir auraient préférés qu’on les « laisse tranquille », ou encore rejetteraient à leurs côtés les pro-Mariage pour Tous.

Voilà une posture entre nostalgie et fantasme d’un passé parfaitement structuré et ataraxique. Du reste, certains  »gays » s’y retrouvent, ou au moins essaient effectivement d’apporter un renfort ou une voix dissonante en s’opposant à la loi. Ainsi le gay-conseiller de Boutin ou le collectif  »+gay sans mariage ».

Dégénérés opportunistes de toutes les corporations, unissez-vous !

C’est une vision totalement compatible avec celle de Frigide Bardot (qui la rejoint par intérêt et expérience plus que par idéologie ou sens commun). Elle a depuis toujours fréquenté la communauté gay, non pour la valoriser ou l’élever, mais pour la rejoindre et s’adonner avec elle à la cuite et les parades vulgaires.

En effet, c’est là qu’on retrouve de façon paroxystique cette collusion amusante entre  »gay passéiste » et  »gay hédoniste aveugle », communautaire replié et outrancier. Certes, ces derniers ne revendiquent pas tellement, ni ne cherchent un regard spécifique ; en revanche, entre folle réformée, jouissance monomaniaque. Ils sont obsédés par leur orientation bien qu’ils s’en défendent ; et se vivent essentiellement par là. Ils sont tout à fait à l’aise dans un contexte officieusement permissif et officiellement conformiste comme le nôtre (pour n’importe qui, s’il y a sa place, ce n’est pas une mauvaise formule, c’est même une certaine organisation sociale fonctionnelle). Dès lors, qu’ils soient inclus dans la société, sans plus pouvoir être des anomalies de confort est agaçant pour eux. En effet, ils y perdent le seul marqueur de leur consistance, la compensation à leur absence mortifère d’intériorité. La crainte d’être exposé dans le débat n’est rien, par rapport à celle de perdre le plus précieux des acquis : une identité exotique et affranchie, ou sa parodie.

Forcément, que ce théâtre laid s’arrête, que les pédés deviennent des individus libres et responsables est un crève-cœur pour Frigide, qui risque d’y perdre ses compagnons de dissolution et d’avilissement.

D’un autre côté, les pro-Mariage gay sont énormément plombés par les libertaires dégénérés, dans et hors de leurs rangs ; pendant que leur vision petite-bourgeoise de la saine homosexualité intégrée file de l’urticaire à n’importe qui évaluant le sujet depuis une distance moyenne, qu’il soit concerné ou pas, phobique ou empathique. De la même manière que les réactionnaires aveugles et pseudo-réalistes comme Christine Boutin se rassurent en faisant des individus les esclaves de formes rigides dont l’arbitraire est un moyen et non une fin ; les progressistes conformistes écrasent les individus sous le poids des catégories lisses et rabougries qu’ils cherchent à instaurer, dans un réel toujours insuffisamment discipliné et ouvert à leur conception horizontale de la matière humaine.

Par-delà toutes ces considérations, on oublie qu’il a longtemps s’agit de « mariage gay », label toujours utilisé, de tous bords. Pourtant voilà un terme déshonorant, relevant du ségrégationnisme bienveillant ; il est digne de la  »discrimination positive » de la droite paternaliste pressée de s’ouvrir au monde. La requalification en « Mariage pour tous » fut tardive et emmène d’une aberration sémantique à une éructation pas moins révélatrice ; le caractère grégaire et aveugle de la formule tend à subordonner une institution aux désirs de chacun. Comme si le progrès était dans l’abattement de toutes les frontières, la remise au niveau de chaque égo et chaque demande des constructions manifestes ; c’est une certaine définition de la Gauche.

La brimade progressiste

Le premier problème du projet de loi est sa confusion, car on ignore où s’arrêtent ses engagements. En vérité, nous savons tous qu’une petite majorité de la population est favorable au mariage, dans l’acceptation ou l’indifférence ; mais qu’une un peu moins courte majorité est plus sceptique sur l’adoption ainsi que sur l’autorisation du recours à la PMA. C’est la position d’un bloc important de l’opinion, tout comme de personnalités publiques à l’instar d’Alain Juppé.

L’autre grand problème posé par cette loi, c’est qu’elle bouscule la société à un moment inopportun ; en temps d’agitation et de frustration sociale, une telle réforme sociétale est vécue à la fois comme un mépris de la condition des masses, un cache-misère de la part du gouvernement, mais aussi pour certains comme une façon de priver des repères sécurisants ; et là aussi, de formes identitaires constitutives d’un mode de vie, d’un code social, d’une interprétation des rapports entre les hommes, qui est une richesse première. Si les élites ne perdent rien lorsque les traditions sont chamboulées, les catégories plus démunies elles, en revanche, se voient soudain culpabilisées et mises à l’écart pour les conceptions demeurant rennes chez eux. Certains progrès peuvent ainsi, à tort ou à raison, être ostracisant pour les populations qui elles, n’ont pas intérêt à remettre en doute l’ordre établi, car elles n’ont pas de parachute pour se prémunir de l’incertitude et que leurs valeurs y sont ancrées.

Par ailleurs, le projet n’est pas simplement en faveur d’un mariage assorti éventuellement d’une adoption sous condition ; il révise effectivement la notion de famille. Et à ceux qui se sentent ainsi floués, citoyens inaudibles dans une société civile confuse et anémiée, s’ajoute un mépris pour leur cadre de vie.

Ainsi, les Manif pour tous ont cristallisées ces angoisses ; il y a, par-delà toutes les réformes engagées, la colère d’être ainsi abandonné par le pouvoir, les autorités publiques ; et l’horreur de réaliser que la politique devient sa parodie.

Les représentants politiques jouent avec cela : la droite s’est trouvée un cheval de bataille ; la gauche fait s’éterniser la mise en œuvre et ces professionnels retrouvent ainsi une contenance, par la clivage artificiel.

La polémique creuse des égoïstes

Par conséquent, le monde politique apparaît caché derrière une confusion auto-entretenue. Sous le bruit et les bavardages, on ressent le dénigrement d’une politique ambitieuse. Le Parlement se prête à l’empoignade de circonstance plutôt qu’à la mise en forme de la société, ou même à se faire son réceptacle, son écho. Dans le même temps, c’est l’abandon des populations inaptes au mouvement qui est scellé ; en parallèle de la consciencieuse et profonde démolition des identités et les institutions nationales, les cadres traditionnels sont démantelés, après que leurs figures aient perdue une guerre culturelle où elle n’avaient guère de représentants. Pour les forces dominatrices (extrême-centre, libéraux de gauche et libéraux de droite), la droite conservatrice est une tout aussi profonde entrave que la droite souverainiste et nationale, c’est aussi l’ennemie la plus pratique, un sparring partner facile.

A l’arrivée, la peur est autant dans cette horizontalité des modèles familiaux ; que dans la sensation de n’être plus qu’une « variable d’ajustement » (comme le dit si bien Christine Boutin sans assimiler le message), au regard de gestionnaires passifs et virtuoses usurpant la place de décideurs. La question qui se pose est  »moi qui n’appartient à aucune minorité, moi qui ne me distingue pas de la masse, ais-je une valeur sociale, suis-je l’objet ou la cible d’une réforme ? » et la réponse auto-administrée sera, plutôt à raison,  »Les élites ne répondent plus à mes préoccupations d’homme ordinaire ou de composante d’un ensemble social, d’une communauté par-delà les communautés et les intérêts particuliers ; elles m’approchent éventuellement, par clientélisme, de la même manière qu’une entreprise s’enquiert des segments du marché s’offrant devant elle. » Car la politique sans vision, sans principes ni dynamiques, n’est plus qu’une boutique.

Et effectivement cette caste politique est essentiellement peuplée de fantômes et de challengers ; d’ailleurs les aventures personnelles ont pris le pas, avec les polémiques proches de la farce, pour mieux excuser l’abaissement des confrontations politiques et l’évaporation des projets cohérents et soutenus. Il est naturel que le monde politique soit un nid à carriériste, mais il est inquiétant qu’il n’offre plus, pour l’essentiel, que des caricatures cyniques. Les quelques héros isolés (Montebourg, Peltier) et pantins rugissants ne font qu’insuffler un relief ponctuel à un paysage désenchanté.

Le caractère factice et bassement opportuniste de l’engagement politique fut parfaitement traduit par l’approbation de deux seuls votants UMP lors de la présentation du texte de loi du  »Mariage pour tous » (retour du texte au Parlement le 23 avril). Parmi eux, Franck Riester, gay lui-même, c’est-à-dire personnalité n’intervenant que pour ses intérêts propres (et ayant trouvé la notoriété par le coming-out), se plaçant servilement dans le sillage tracé par sa tribu copéenne pour le reste. D’ailleurs, on attend toujours l’intérêt de la présence de Riester, la particularité de son profil ou de son logiciel. Sinon le refus de dévoiler son patrimoine personnel lors de la loi sur la transparence de l’après-Cahuzac, rien ne le distingue de sa horde. Par extension, on peut se rappeler de Roger Karoutchi qui avait tenté par le coming-out de relancer sa campagne pour les régionales. Il n’a pas bénéficié de la prime aux innovateurs (premier ministre en exercice à se dévoiler sur ce sujet) et fut sèchement battu dans ce scrutin interne à l’UMP.

MUSIQUE DE GAUCHE, MUSIQUE DE DROITE

26 Fév

Y a-t-il des attitudes de droite ? Y a-t-il des ornières de gauche ? Y a-t-il un lien entre les goûts et les adhésions politiques ? J’ai toujours était persuadé que oui, car la politique ne fait que capter, ou tout au moins elle essaie, des tendances naturelles, des caractères mis à l’épreuve, des angles de vue façonnés par une culture, un environnement, mais aussi par des croyances et des idiosyncrasies plus profondes, intimes certainement.

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Je suis convaincu que les inconscients sont politiques et politisés, autant que la conscience. Il ne s’agit pas ici d’enfermer les clivages dans le traditionnel Gauche/Droite, encore moins de s’embarquer dans des débats. Ce que je vous propose ici, c’est de jauger ces musiques et de leur attribuer une couleur politique. Ne tranchez pas selon votre propre appartenance, n’attribuez pas à « votre camp » ce que vous aimez, à l’antagoniste ce qui vous répugne. Évaluez, instinctivement, les titres : ainsi nous verrons comme il y a une identité de droite et de gauche. Et si on la juge factice ou superficielle, c’est que nos catégories sont factices et superficielles.

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Pour introduire quelques nuances dans le jeu et parce qu’il y a des Gauches et des Droites (mais il ne s’agit pas de toutes les convier ici, on en sortirait jamais), il est possible d’introduire un axe supplémentaire. Il s’agit donc de distinguer, pour une musique de Droite par exemple, si elle vous évoque une : Droite libérale (sarkozyste, modérée,  »allemande », libertaire éventuellement) ou une Droite antilibérale (souverainiste, nationale, réformiste, réactionnaire éventuellement). De même, il faut trancher entre une Gauche libérale (démocrate, hollandiste, progressiste) et une Gauche antilibérale (anticapitaliste,  »insurgée », radicale, socialiste, collectiviste)

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TCHAIKOVSKY – WALTZ (SWAN LAKE)

 

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PSY – GANGNAM STYLE

 

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BRIAN ENO – AN ENDING (ASCENT)

 

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ERA – AMENO

 

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MYLENE FARMER – PLUS GRANDIR

 

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DIVINE – I’M SO BEAUTIFUL

 

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PHILIPPE KATERINE – LA BANANE

 

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DESIRE – UNDER YOUR SPELL

 

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SHY’M – ET ALORS !

 

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Pour les curieux, un site a déjà proposé (au moment de la campagne de 2012) d’identifier les « têtes de Gauche » et les têtes de Droite ». DeGaucheOuDeDroite soumet une galerie de portraits de députés que l’internaute doit classer.

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