SÉANCES EXPRESS n°22

30 Août

> Crime d’amour ** (58) thriller – drame psychologique 

> Slither/Horribilis ** (48) épouvante – comédie horrifique

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CRIME D’AMOUR **

3sur5  Pour son dernier film avant sa mort, le réalisateur de Tous les Matins du monde et de Série Noire, habitué au polar, s’essaie au thriller psychologique. Crime d’amour se révèle en deux temps : le rapport trouble entre une businesswoman (Kristin Scott Thomas) et sa subordonné (Ludivine Sagnier), ennemies impliquées dans une guerre froide ; puis une enquête dans laquelle le spectateur a toujours une longueur d’avance et se plaît à observer la matérialisation d’un plan machiavélique ; et accessoirement, un prologue où la méchante novice à la fragilité de façade achève son absorption de sa cruelle adversaire.

La représentation du monde de l’entreprise comme une jungle aseptisée, dans la continuité de l’adaptation de Stupeurs et Tremblements de Nothomb, est l’aspect frappant du film, avec son duel de femmes. Sans aucun affect sinon une haine lointaine et un désir réciproque de domination, elles instrumentalisent la loi au service de leur avidité, maintiennent leurs existences épurées pour mieux étreindre et sentir leur puissance ; ce sont deux monstres froids, toujours liées par leurs besoins (leadership et contrôle), conscientes de cela au point de se donner des astuces entre un coup de poignard, une manipulation criante mais indémontrable et une humiliation publique.

Le seul amour qui soit dans le film, c’est celui du triomphe matériel, de la réussite limpide ; c’est lui qui stimule la haine et la concurrence entre ces deux reflets. L’intérêt du film dans sa seconde partie est aussi terrestre, moins intense ; Sagnier y orchestre son blanchissement après avoir provoqué son inculpation. Pour se débarrasser d’une menace, la précipiter afin de mieux la dompter en sourdine. A ce moment sur le plan technique, Corneau se montre indifférent aux méthodes policières courantes de son époque, pour imposer un polar psychanalytique, au but prévisible mais dont les ressorts et les motivations demeurent obscurs ou ambigus. Grâce à son intrigue alambiquée et ses caractères complexes, Crime d’amour donne au spectateur le plaisir d’un enquêteur égaré et la place du confident omniscient dans l’ombre.

Note globale 58

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Aspects favorables

* passion froide ; confusion entre le ton du film et l’esprit de son héroïne

* duel de femmes indépendantes et manipulatrices

Aspects défavorables

* c’est la rançon : le scénario est sans surprise

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SLITHER / HORRIBILIS **

2sur5  Mis au point par un ancien ouvrier de la Troma (industrie de nanars volontaires et de films trash), Slither est un prototype de série B musclée, à base d’humour potache ou  »décalé », d’effets généreux et avec caméos à la pelle (du réalisateur, de Lloyd Kaufman – le co-fondateur de Troma, de Rob Zombie). Pendant quatre-vingt six minutes, James Gunn (SuperMy Movie Project) nous montre les ravages causés par un germe venu de l’Espace, contaminant plusieurs membres d’une petite bourgade rurale. Des sortes de vers gélatineux pénètrent par la bouche ceux qu’ils vont par la suite transformer en monstres à la chair anarchique, relativement conscients de leur condition et de leur humanité mais néanmoins très agressifs.

Rempli de références au cinéma d’horreur, Horribilis abonde dans le sens de l’humour, accumulant les sarcasmes vis-à-vis de ses ploucs de personnages (le Maire en particulier, sorte de cow-boy maniaque) et des répliques  »second degré » de circonstance (notamment par la voix de Nathan Fillion, connu pour son rôle d’excentrique de service dans la série Castle).

Farce ou pas, c’est bien trop vulgairement appuyé et expédié : d’ailleurs dès le départ, les personnages récitent un-peu-trop le profil de leurs camarades, tandis que passées les bases du script, James Gunn avance sans vision. Son Slither emmène loin dans le gore festif, avec freaks et meurtres grotesques dans le sillage du BlobC’est plus compliqué lorsqu’il s’agit d’appliquer son propre imaginaire : l’ensemble s’oriente plus ou moins vers une ville zombiefiée, dans un mode très classique, tandis que la source matricielle des mutants est proche du pastiche de l’inoubliable orgie organique de Society. Petite envergure et talents modérés. Que les amateurs de l’horrifique à renfort d’animaux boogeyman lui préfère Arac Attack, autrement accompli en tant que comédie et thriller candide.

Note globale 48

Page Allocine & IMDB

Voir le film sur YouTube

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Séances Express : 26, 25, 24, 23, 21, 20, 19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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