LE CAVE SE REBIFFE **

16 Fév

3sur5  Max le menteur est une trilogie de romans policiers écrits en argot, centrés sur un truand verni et vieillissant. Toute la trilogie, signée du romancier Albert Simonin, a eu les honneurs de l’adaptation sur grand écran. L’opus le plus fameux est Les Tontons Flingueurs tourné par Lautner. Avant lui ont été tournés Touchez pas au grisbi et La cave se rebiffe, ce dernier étant supervisé par Gilles Grangier, qui avait déjà dirigé Jean Gabin dans de nombreux films, dont Le rouge est mis et la comédie Les vieux de la vieille. À cause d’un flegme excessif, ce second tour de piste de Max le Menteur est le moins bon des trois.

Rien de falot loin de là, mais un divertissement routinier, allègre, remplissant son contrat avec une éloquence paresseuse. La troupe se constitue d’habitués (Audiard aux dialogues), quoique le casting ne soit pas trop encombré de poids lourds. Gabin surjoue d’une manière étonnante lors de son entrée (les retrouvailles avec le vil Lepicard joué par Bernard Blier), digne de ses outrances face au parlement dans Le président ; le reste du temps, il domine son monde en traînant sa carcasse de vieux loup repus, spirituel et vorace à ses heures. Ce monde-là est surtout composé de vieilles connaissances ; de retour dans l’Hexagone, l’expatrié retrouve sa bande de réactionnaires non-virulents, sans doute trop nantis ou préoccupés par leurs combines pour laisser croître l’aigreur.

Eux-mêmes seront rappelés à l’ordre : la morale aura le dernier mot sur ceux qui l’ont oubliée avec leur jeunesse – certes, sans devenir de vrais méchants pour autant : les truands sont sympathiques, presque aimables. Contexte oblige, la gouaille se fait plus chic : on gueule par impulsions sans omettre de rebondir. C’est l’un des rôles les plus truculents du pacha, dont l’allure deviendra plus sombre et taciturne tout au long de la décennie restante (La Horse, Le Chat). À noter qu’en-dehors d’une vieille rangée, les femmes présentes (y compris la bourgeoise de Blier) s’insèrent toutes dans une galerie de pouffes très cruches, entretenues dans leur état débile par les hommes alentour, dérangés qu’à moitié par ces natures criardes.

Note globale 62

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Carnage/Polanski 

Voir le film sur Archives.org 

Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (3), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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