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LA VIDEO QUI DIT TOUT (intro) : LE PEN DE POCHE OU VISAGE PARMI D’AUTRES D’UNE NOUVELLE GÉNÉRATION FN ?

19 Juin

10e et dernière catégorie du Blog, lancée dans la foulée des « Spectacles & Documents » démarrés avec Rendez-nous Jésus de Dieudonné. L’intention ici, avec cette « Vidéo-sentence » est d’exposer des vidéos éloquentes ou significatives. L’enjeu est de montrer des moments ou beaucoup de choses deviennent transparentes, pour peu qu’on y prête attention et qu’on accepte de réviser ses certitudes, ce qui implique de renoncer à la sécurité d’une vision du Monde et de grilles de lectures fermées et définitives. Le support : des extraits médias, essentiellement vidéos, révélateurs, parfois de façon grossière, parfois de façon subtile ou même subliminale (mais ce n’est pas à ce genre de manipulations ou de falsification que je suis le plus attentif).

Il s’agiera autant de relever des faits physiques (par exemple des irrégularités aux principes d’égalité et de démocratie dans la pratique des médias ; des mises en scène particulièrement suggestives ou orientées) que des phénomènes plus profonds (faux-semblants, duperies, chocs évocateurs dans les débats, la communication ou les prestations publiques). Naturellement, les sujets seront essentiellement politiques ou alors peu ou prou « idéologiques ».

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Cette catégorie sera aussi (c’est le cas aujourd’hui) l’occasion de rebondir sur un sujet d’actualité sans l’approcher de façon didactique ou conventionnelle – ni avec l’impératif de l’exhaustivité. Je crois que l’information doit servir la vue globale – sans quoi elle ne consiste qu’en accumulation de news ;  même un édito ponctuel vaut mieux qu’une supervision continue.

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L’ultime catégorie s’ouvre donc sur l’issue du dernier tour des élections de 2012, que je crois décisives. Occasion manquée pour le peuple, puisqu’il continue de se leurrer dans les vertus de l’opposition droite/gauche, ce rendez-vous en quatre temps a néanmoins vu l’affirmation d’une candidate authentiquement progressiste, puisqu’issue du camp du « Non », de la cause nationale et de l’antimondialisme. Dimanche dernier, le FN a réalisé une prouesse puisque deux de ses candidats l’emportent dans leurs circonscriptions.

Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen seront donc les seuls députés du Rassemblement Bleu Marine : ce n’est pas une surprise, j’avais d’ailleurs fait ce pronostic (il faut dire que les scrutins, comme la vie politique, sont très prévisibles pour peu qu’on abandonne oeillères -ou biais quelconques- et espoirs). Malgré son score brillant au premier tour (plus de 42%), Marine Le Pen abordait le second sans garantie : elle a su mobiliser mais la peur (de la démocratie ?) l’a vraisemblablement emporté… de 114 voix (50.11% pour l’insignifiant notable Philippe Kemel).  Les pratiques du PS dans cette région pourront faire douter légitimement, mais l’authenticité des résultats demeure tout à fait vraisemblable, d’autant que les situations paradoxales ou les électeurs baissent les yeux et rejoignent ceux qui leur ont causé mille turpitudes sont légions (par ailleurs, Mr Kemel n’est pas impliqué de près dans « les affaires » locales).

L’évidence de l’élection de Marion Maréchal-Le Pen m’a d’abord beaucoup agacé, parce qu’un retour du FN au Parlement n’avait pas la même allure avec une jeune fille inexpérimentée, redevable de sa position favorable (circonscription la plus mariniste au premier tour) et son succès à ses liens familiaux et l’exposition médiatique automatique qui en découle, ce qui ne légitime en rien sa présence. Marion Maréchal-Le Pen a probablement été élue par une flopée de jeunes hommes et de mamies lectrices de Gala, heureux de trouver une si fraîche représentante. Son accession au poste de député participe du roman de la politique et de la dynastie Le Pen, aussi son jeune âge et sa fragilité évidente et avérée (aux Régionales 2010 dans une vidéo qui sera probablement ressortie à la Une prochainement) ont pu séduire, toucher tout en désamorçant les suspicions. La jeune fille de 22 ans semble inoffensive et pleine de bonne volonté, sûrement dépassée et c’est cela aussi qui plaît aux électeurs : des candidats normaux, décidés mais frêles ou alors seuls et impuissants.

Naturellement, l’argumentaire est toujours hasardeux par endroits (voir son face-à-face avec le candidat UMP l’affrontant dans la triangulaire), mais même l’âme grincheuse et sceptique que je suis doit reconnaître sinon la force, au moins la détermination, dont Marion Le Pen a su faire preuve. Dans son discours post-résultats, elle y a été du clin-d’oeil jeuniste, mais son langage était plus précis. L’attitude trahit encore une difficulté à assumer l’engagement et la mesure de la tâche (sourires adressés aux quidams de la salle  quand des millions d’autres complices attendent un serment ou une clarification), mais la volonté y est et probablement avec elle, la prise de conscience qu’elle n’est qu’un maillon d’une histoire et d’un mouvement plus large, mais qu’elle peut défendre (sur ce critère, le CV est abondant) et servir en accompagnant son renouveau. J’espère qu’elle ne prendra ni la grosse tête ni le leadership des dogmatiques de service, l’urgence n’est pas dans les épopées personnelles ou la rédaction d’un plus faste roman de la vie politique. Pourvu que tout cela soit un peu plus qu’une revanche de Carpentras.


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