MINI – CRITIQUES : MUBI (1)

22 Mai

Après avoir cessé les critiques systématiques, je viens de passer aux mini-critiques. Tous les films seront donc assortis d’un commentaire – et pour les meilleurs ou quelques cas précis, de ‘critiques’.

Les compte-rendus des séances MUBI seront proposés à part : cet article est le premier exemplaire.

La première est plus corsée et personnelle, rédigée avant de prévoir ces Mini-critique et donc le postage ici.

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La guerre est déclarée * (France 2011) : Assez inventif sur la forme, même si ça dope pas le rythme ; mais récit et esthétique pénibles. Gestion irrégulière (voix-off et musiques).

Quelques pics de haine enregistrés sur ma personne, par exemple lors de cette fin de séquence :

« T’as compris tout ce qu’il a dit ? »

« Nan mais faut retenir tout ce qui est positif. »

« L’opération est réussie !!!!! Ouoooouaiis »(collectif plein d’oestrogène moite et pleurnicharde)

Ou encore : « Tout le monde s’est barré en vacances et on est là comme des cons. » Monsieur, à l’hôpital, est interrompu dans son petit bonheur (« se faire la vie douce » est son idéal) : il aurait pu se rouler dans la neige, s’éclater dans des jeux forains et festoyer avec ses amis, or le voilà à veiller, comme si la vie c’était ça ! Subir ! « Ils sont restés solides » nous dit-on plus tard.

Heureusement j’ai pu me soulager grâce à des moments de drôleries comme :

à 1h14, quand une dizaine de sacs à merde en soirée écoutent deux connards chanter et que le papa chiale. (42)

Les mariés de l’an II *** (France 1971) : Second film vu sur Mubi sous cette nouvelle ère et second également de Rappeneau (car j’ai déjà vu en partie sa version avec Depardieu de Cyrano). Apporte un regard cynique et un peu critique sur la Révolution Française et notamment la Terreur, la dictature de la vertu, tout en humiliant les nobles et notables sûrs d’eux (plus conventionnel sur ce point). Mon enthousiasme s’est tassé sur la fin, le scénario a du mal à rebondir et l’action en souffre – l’éclatement des conflits vient compenser mais pas faire oublier. (69)

L’une chante l’autre pas ** (France 1977) : J’aime approfondir les filmos déjà bien engagées (et donc avec critiques, à l’heure actuelle). Celle d’Agnès Varda en fait partie (voir mes chroniques de Mr Cinéma, Lions Love). Dans L’une chante l’autre pas on voit Valérie Mairesse à ses débuts, plus naturelle que d’habitude (ou à l’avenir). Le film présente plusieurs situations liées aux combats féministes des années 70, dans le sillage des exaltations de mai 68. Le point de vue est neutre et bienveillant, pas spécialement militant. Séance posée qui permet un peu de lucidité. (48)

Baghead ** (USA 2008) : Exemplaire du ‘mumblecore’, genre dont l’affligeant Funny Ha Ha est un des pionniers. Je n’aurais pas connu ce mouvement sans Mubi et ces deux films. Cet opus est un peu au-dessus mais ne tient pas ses promesses et reste violemment creux, voire encore complaisant avec le vide. Il est censé introduire le slasher et s’effondre dès qu’il y touche sérieusement. La pirouette finale est jolie mais des plus triviales et ne méritait pas de liquider quatre-vingt minutes, surtout que sur les sacrifices pour l’art, ce film n’a rien à dire et n’est pas sur le bon terrain. Enfin tout est relatif et le mumblecore est à ranger au rayon ‘arts et essais’, alors peut-être que ces bouts de somnolence en vacances et de piaillages oklm ressemblent à ‘de l’Art’, pour qui est assez dévoué pour le voir ! (27)

Sayat Nova *** (Arménie/URSS 1969) : Série de tableaux vivants censés refléter l’œuvre du poète Sayat Nova (XVIIIe siècle), peut-être aussi la culture et la poésie arméniennes. Langage symbolique, avec bouts cycliques. Raffiné mais répétitif et assommant. (67)

Les trois brigands *** (Allemagne 2007) : Adapté d’un best-seller. Univers luxuriant (superbes couleurs) et un peu fou, animation parfois originale. Assez superficiel et lénifiant malgré l’enrobage lourd. Personnages et créatures fades, mais parfois avec de fortes allures. La méchante tante Betterave domine facilement. (66)

Le plus dignement ** (Japon 1944) : Second film de Kurosawa (un an après La légende du grand judo), Ichiban utsukushiku est une propagande (déclarée et sous forme fictionnelle) assermentée par l’État. Elle se concentre sur l’activité d’ouvrières bénévoles dans une usine d’optique japonaise à la fin de la seconde guerre mondiale. La valeur documentaire est évidente mais plus esthétique que technique, les atermoiements des femmes permettent d’en voir plus (des décors, infrastructures, préoccupations) que le zoom sur leurs travaux. Récit complètement haché, poussées lyriques, artificialité plombante, mélange des registres contre-productif. (52)

L’accordeur de tremblements de terre ** (UK 2005) : Long-métrage des frères Quay, connus pour une œuvre sombre et fantasque, composée jusque-là d’une dizaine de courts-métrages (Rue des crocodiles, Le peigne, Rehearsals for Extinct Anatomies). Une expérience aussi radicale qu’Avalon d’Oshii, mais nettement moins lisible sur le scénario comme dans les intentions.

Originalité esthétique (avec recyclage d’anciennes figurines et marottes), narration très construite et enfumée, romantisme. Assurément unique, on peut toutefois le rapprocher de Guy Maddin, certains Lynch. Plutôt plombant (direction falote, acteurs sans charisme, froideur et dans mon cas manque d’attractivité), seule l’inventivité (sur la forme et dans les symboles) titille l’esprit. (60)

Madame Sata (Brésil 2002) : Représentation ‘libre’ d’un épisode de la jeunesse de Joao Francisco dos Santos, afro-brésilien excentrique, figure de la marginalité. Il vit en colocation avec une blanche et Tabu, un Vincent MacDoom, femme en général, enfant à ses heures.

Film (franco-brésilien) nerveux, peu méticuleux, axé sentiments et petites péripéties. Donne à voir les quartiers populaires de Rio (vers 1930). Par petites touches, met l’accent sur la situation d’exclus/opprimés (intro au poste de police) de Joao et ses proches.

Le caractère du protagoniste reste le grand argument. Il est multiple dans ses expressions, dominateur (sur la forme régulièrement, au fond toujours) et même violent, malgré certaines attitudes (et surtout le travestissement ‘professionnel’ – avec peu d’emphase sur la féminité). Semble mettre à l’épreuve les gens puis part dans ses exactions borderline. Généreux quand sa psychose arrive à s’estomper. Dans le même registre, voir Le baiser de la femme araignée. (45)

 

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