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LIVRES 2019 (Bilan)

18 Jan

Année moins riche que les précédentes en quantité comme en qualité, où pourtant s’est maintenu le nombre de critiques (pour Cosmos et Arino) alors que je venais d’abandonner les systématiques pour le cinéma.

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Céline Mea culpa **** (France 1936) : C’est donc la découverte sérieuse de l’œuvre de Céline qui sauve cette année littéraire (j’ai entamé un autre de ses pamphlets). Texte court et limpide. Les démonstrations ne sont pas nécessairement le meilleur ni le plus pertinent : en quelques exclamations ou sentences amères tout un filon sur la nature et la condition humaines est déjà épuisé. Les perversions de l’unanimisme, des revendicateurs et des flatteurs, du populisme sont parfaitement senties. (78)

Betsy Haynes – Panique à la cantine * (USA 1998) : De la collection ‘Froid dans le dos’, concurrente de ‘Chair de Poule’. L’idée est bonne mais le plan médiocre et le développement misérable. Pour une adaptation à l’écran il semble impossible de dépasser le très-court métrage sans donner un résultat ennuyeux et copieusement débile. En l’état c’est déjà gentiment crétin à force d’étirer des révélations qui n’en ont jamais été et de donner des réponses plates – même la fin grotesque est expéditive et décevante. (42)

HG Wells – Le pays des aveugles *** (UK 1904) : Édition Folio de 1984. Contient, dans l’ordre : Le pays des aveugles (1904), La porte dans le mur (1906), Un rêve d’Armageddon (1901), La vérité concernant Pyecraft (1903), L’œuf de cristal (1897), L’étoile (1897), La pomme (1896). La nouvelle éponyme approche le niveau des autres grands titres de Wells, comme La machine à explorer le temps. La suivante annonce déjà moins d’ambition, pose des enjeux plus moraux et égocentrés que scientifiques. Les autres sont anodines et ne font qu’évoquer des idées, sauf Pyecraft qui est plus joueuse et frontale, mais assez stérile à cause de son narrateur un brin terre-à-terre. Le fantastique ou la spéculation mystérieuse sont plus fréquents que la véritable SF ; seule La porte dans le mur est un peu marquante grâce à l’émotion de son narrateur, tandis que les autres reposent davantage sur les pures intrigues (interminable dans le cas d’Un rêve, sous-développées faute de temps accordé dans les autres). Notes : Le pays 8.5, La porte 7.5, Un rêve 6, Pyecraft 6.5, L’œuf 6, L’étoile 6.5, La pomme 6. (68)

Guillaume Apollinaire – Les onze mille verges *** (France 1907) : Au départ j’avais surtout du dédain pour ces grossièretés dignes d’un Bigard des heures un peu trash, dans un style correct et déjà un peu fleuri. On y trouve de quoi s’amuser mais c’est quand même bien pauvre. Puis dès le chapitre 2 on décolle et au chapitre 3 on s’envole avec une succession de séquences sauvages et bouffonnes. À partir de là ce n’est plus qu’une excellente farce, qui n’a de surréaliste que la surenchère, la foule d’heureuses coïncidences et la fluidité des interactions vicieuses. La facilité devient un atout, c’est comme dans un conte, mais gras et méchant. (68)

Brigitte Lahaie – Moi la scandaleuse ** (France 1988) : Biographie de l’ancienne actrice de « pornérotisme ». devenue animatrice radio. Je l’ai appréciée en tant qu’actrice ‘traditionnelle’ et dans sa séquence face à une pitoyable enragée. De quoi m’arrêter sur ce témoignage construit bizarrement mais globalement sans fioritures. (62)

Une théorie économique d’après les propos de Soros (le carré ‘équilibre+statique’ est sous-envisagé)

George Soros – Le défi de l’argent ** (1996) : Entretien, en plusieurs parties qui m’ont semblées trompeuses, sans doute plaquées là pour meubler. (62)

Vladimir Nabokov – Natacha ** (Russie 192-193/2012) : Recueil de nouvelles lapidaires, paru en 2012. Amoral et doux. Des choses significatives ou pittoresques. (58)

Gabriel Tallent – My absolute darling ** (Californie 2018) : Beaucoup trop long avec une emphase et une dureté de chialeux. Sauve sa crédibilité en relevant régulièrement les ambivalences de la gamine, comme elle peut être cassée tout en ayant des ressources, comme elle peut être attachée à son père tout en le détestant ; puis son évolution vers le mépris. Malheureusement trop de tartines mielleuses, une gravité et des élans ‘action-movie’ tous les deux surfaits. (42)

Jean Cocteau – La machine infernale ** (France 1932) : Vulgaire et futile. L’intérêt du projet m’échappe. Les publics rétifs aux tragédies classiques vont trouver une version plus plate, pataude et désacralisée de ce qu’ils se représentent. (52)

Michel Houellebecq – La carte et le territoire *** (France 2010) : Un opus souvent drôle comme toujours, plus sèchement désenchanté et ouvertement misanthrope, où Houellebecq se donne un des rôles principaux. En tant qu’auteur, il s’engage dans des fixettes bizarres autour de quelques idées ou personnes (notamment Beigbeder qui a dû faire partie [à quel degré?] de ses ‘amis’ personnels) ; certaines surprises n’ont malheureusement aucun sens, comme cette supposée homosexualité de Jean-Pierre Pernaut et l’ensemble de ce qui est dit à propos de lui. Houellebecq m’a semblé moins pertinent que d’habitude. Le style est de meilleure tenue que dans Soumission, mais les longues annotations ou compte-rendu (ou copies avérées de notices Wikipedia) annoncent les lourdeurs démonstratives du roman à suivre. Plusieurs éléments cruciaux restent négligés, comme tout ce qui concerne les révélations suite à la mort violente d’un des protagonistes. (64)

Gabriel Garcia Marquez – L’automne du patriarche ** (Colombie 1968-1975) : Atypique dans la forme, car écrit avec un minimum de points (aucun dans le chapitre final de 40 pages). L’expérimentation et quelques descriptions cinglantes le long de cette satire vaguement délirante sont les points forts du livre ; pour le reste il ne vaut pas le coup, devient facilement saoulant (pas forcément agaçant) et demande trop de temps. Vous n’y apprendriez rien, en faits, en pensées spéciales comme en nature humaine – mais vous aurez une illustration bien nourrie du quotidien médiocre des tyrans dans les pays pauvres (l’Amérique Latine ne fait office que de spécificité dans celui-là). (46)

 

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Mise à jour de premières notes (2016) :

  • Le livre noir d’Evola → 7, -2. J’avais crée sa fiche sur SC. Dégoulinant de violence, d’ambition et de grandiloquence. Lyrique plutôt que critique. Pas à cultiver et même peut-être pas bon pour influencer car manque de nuance, mais pertinent souvent et divertissant – d’une façon bouillante. À lire si vous aimez les débordements de fanatisme et de mépris, que vous soyez enthousiaste pour les idées et l’univers d’Evola, ou simplement amateur d’ivresses bien construites et jusqu’au-boutistes (tant qu’elles sont mortes ou impuissantes à bouleverser le monde, mais assez ‘fortes’ pour exister et rayonner par et pour elles-mêmes).
  • Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Dagerman 1952) → 8, -1. Peu aimé au départ, avant d’admettre que ce n’est pas parce que c’était si élégamment banal et triste que ce n’était pas juste et plutôt remarquable. Je formais mon top10 et comme il devait y être pour un court temps, car ne me remuait pas (je peux trouver géniales et noter très haut des œuvres brillantes me laissant froid), je l’y ai inscris – c’est le genre de livre qui a le mérite de mettre haut la barre.
  • Des souris et des hommes → 6, +1. Note un peu sèche pour ce roman.
  • La conjuration primitive → 8, -1. Évidemment surnoté en lui collant une note maximale, surtout que la fin gâchait largement le programme. Sauf que je n’en renie rien et maintiens que c’est, en terme de littérature vulgaire, sûrement une sorte de sommet – au sens de chef-d’œuvre, pas de ‘super-daube’. La lecture est jubilatoire, la mienne s’est faite en une nuit et des poussières. Néanmoins, laissez-le de côté si le polar/thriller, ou toutes sortes de littérature actuelle et sans noblesse, vous rebutent.

J’avais prévu de mettre à jour plusieurs premières notes ; j’ai réglé les cas a-priori et attendais de les relire pour confirmer, mais comme je n’ai toujours pas pris le temps d’y revenir et que nous sommes plus d’un an après (près de trois ans ?), j’assume maintenant les changements. Des modifications sont donc encore possibles et les bilans annuels seront les occasions d’y procéder.

BELLADONNA (ANIMERAMA) ***

11 Jan

3sur5  Animerama est une série d’anime érotisants composée de trois opus, indépendants les uns des autres. Belladonna en est le dernier morceau, sorti en 1973, officiellement inspiré de La Sorcière de Michelet (1862). Toujours produit par Osamu Tezuka (créateur de Astro Boy, du Roi Léo), personnage aussi important pour l’époque que Miyazaki vingt ans plus tard, le film est réalisé exclusivement par Eiichi Yamamoto, contrairement au second (Cleopatra) et à l’instar du premier (Les Mille et Une Nuits). Cette fois cependant, Yamamoto peut laisser libre cours à son emprunte, l’intervention de Tezuka étant réduite au minimum.

Heureusement ou malheureusement, cette opportunité reflète une situation générale tendue quand à la conception du film. Le studio Mushi Production est alors en faillite et fermera quelques mois après la sortie de Belladonna. Quoiqu’il en soit, la contrainte dope le projet dans une certaine mesure et abouti à une pièce notable de l’animation expérimentale. Pour compenser une animation réduite, Yamamoto mise à fond sur le style. Contrairement aux deux précédents films disposant donc d’une animation ordinaire, celui-ci alterne images fixes avec ou sans déplacements de caméra et mouvements conventionnels.

Et surtout, la direction artistique est radicalisée. La musique est déversée en flot continu et les aquarelles inventives se succèdent. C’est le déluge de l’Art Nouveau, mais aussi de références au tarot et d’inspirations empruntées auprès de Egon Schiele ou de peintes symbolistes comme Klimt ou Odile Redon. Dans ses quelques phases les plus sinistres, Belladonna tient du Pieter Bruegle allégé. Il y a dans le film de quoi fabriquer un catalogue largement exploitable ; personne ne prendra de tableaux issus des deux précédents opus dans son salon : celui-ci fournit la matière appropriée quasiment sans retenue.

Toutes ces caractéristiques peuvent être rebutantes pour une séance de cinéma, mais une telle expérience interpelle au moins pour sa singularité et son raffinement. Belladonna est un film très audacieux, une synthèse curieuse mais sans fausse note, avec même quelques séquences proches de l’érotico-gore et de l’Urotsukidoji fuguré. Yamamoto avait pu faire la démonstration de son génie créatif et de son culot dans le premier opus et a tout le loisir de s’épanouir ici. Les représentations sexuelles y gagnent et comme Les Mille et Une Nuits, Belladonna se montre conceptuel et percutant à la fois. Cleopatra souffrait d’une vision obèse, baignant dans une ambiance grivoise et simpliste.

Enfin Yamamoto présente ouvertement un film  »révolutionnaire », citant en conclusion l’emblématique La Liberté guidant le peuple de Delacroix. Comme dans Sweet Movie, la révolution s’effectue par le sexe ; par rapport à ses deux prédécesseurs, Belladonna va donc décidément jusqu’au-bout des engagements. Son rapport à la narration est très différent ; il lui donne une place plus claire, structure. La limite du film concerne ses répétitions dans les dessins, tandis que sa raideur est une affaire plus intime ou subjective. Globalement les Animerama auront donnés trois films notables, pionniers également, mais avec beaucoup d’angles morts.

Les Mille et une Nuits, le premier, reste le meilleur, même si Belladonna se distingue davantage grâce à son approche picturale, qui lui vaut d’être devenu l’opus retenu par l’Histoire.

Note globale 70

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BANDAGED **

15 Août

3sur5  Maria Betty s’est illustrée dans le monde de la vidéo fétichiste et a alignés quelques courts-métrages et plusieurs moyens de trois quarts d’heure, comme Ecstasy in Berlin, célébrations BDSM légèrement transgressives. Bandaged est son premier long-métrage. Le cadre ressemble à celui de L’Heure du Loup : bourgeoisie old school et raffinée. Désireuse de s’engager dans des études de littératures, Lucille ne reçoit pas le consentement de son papa chirurgien. La magnifique jeune fille tente de se suicider et ne réussi qu’à se brûler la moitié gauche du visage. Son père fait venir une infirmière pour la surveiller en permanence jusqu’à son rétablissement.

Intentions et photographie remarquables. Pour le reste, après les bavardages d’introduction très chargés, Bandaged devient un mélo sans temps fort. La passion est induite artificiellement et les personnages n’ont jamais aucune existence. Le point de vue fait défaut et cette absence est ironique pour une cinéaste réputée pour les vertus anticonformistes et libératrices de son œuvre. Son Bandaged est un Prison de cristal s’arrêtant avant le premier obstacle. Maria Betty ne fait rien de cet amour incorrect, se sert de papa et tatie pour s’offusquer dans un dernier acte, mais hormis eux personne n’est tellement troublé. Leurs réactions disproportionnées sont assassines car elles mettent en relief le manque de substance de Bandaged.

Maria Betty n’avait manifestement pas grand chose à exprimer. La relation gagne de l’ampleur que dans le dernier tiers, où le sadomasochisme des deux femmes est généralisé et leurs rôles réversibles. La réalisatrice flirte avec l’horreur, s’inspire de tout le fantastique gothique et est manifestement sous l’influence des Yeux sans visage voir des Innocents. Elle utilise le genre pour habiller son film d’un voile de mystère, comme elle s’attarde sur les rituels (la mise en forme de l’infirmière) et les soins pour insinuer la sensualité dans les non-dits actifs. C’est ravissant à contempler, malheureusement même la séance érotique est déchargée de toute tension. Bandaged montre des objets se côtoyant les uns les autres, figés et sans intériorité.

Bandaged séduit malgré tout. Il est conforme à sa ligne déclarée, simplement inapte à décoller. Maria Betty a un talent de chef opératrice mais pas d’auteure. Elle a pourtant signé plusieurs moyens d’une durée conséquente et jouit ici de moyens corrects. Son œuvre est loin d’être un échec, c’est plutôt une affirmation molle, une occasion manquée. Sorti trois ans plus tard, La Piel que Habito est la version épanouie de ce Bandaged. Enfin les deux actrices sont parfaites, surtout l’infirmière. En les réduisant à l’état de gravures animées sans leur interdire leurs qualités d’interprètes, Maria Betty fait le meilleur choix de son film.

Note globale 57

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Suggestions… Canibal + Dead & Buried

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UROTSUKIDOJI : LE FILM, LA SAGA, LA MARQUE

17 Nov

urotsu 11

Les Urotsukidoji sont une saga d’anime parfois classés hentai, mais constituant de véritables films, avec même des histoires assez riches. Les deux premiers opus jouissent de qualités techniques supérieures et dans l’ensemble, les scénarios sont bons, la forme élaborée même si sa qualité est propre à son époque.

Seul le premier Urotsukidoji est parfois référencé dans les bases de données (Allocine ou Sens Critique notamment) et les autres opus ne sont normalement pas cités lorsqu’on évoque le nom de Urotsukidoji.

Voici comment se décline le label Urotsukidoji – et ce sujet a un grand besoin d’éclaircissement :

 

Manga papier.

La série d’anime (OAV) . Treize épisodes ; puis trois dans la « Nouvelle saga » de 2002. La durée et la cible des épisodes n’ont pas de continuité, sauf dans le cadre des six films singuliers qu’elles composent.

Les six films (rassemblant les 16 épisodes).

Dès le second opus, les OAV sont conçues en vue d’être restituées dans le cadre du long-métrage – et sont connues principalement par ce biais. Sauf confusion des encyclopédies, on note six films mais pas 16 opus.

 

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urotsukidoji 1

UROTSUKIDOJI 1, LA LEGENDE DU DEMON ***

4sur5  Sade et Paprika se sont coalisés pour engendrer ce monstre. Urotsukidoji est d’abord un manga hentai conçu en 1986 pour une revue de mangas pour adultes (des seinen) par Toshio Maeda. Contrairement à ses pairs, Maeda est capable de donner du sens à ses dessins érotiques, d’y apporter du soin et une certaine vraisemblance. Mais son manga n’aurait jamais été célèbre sans l’adaptation animée.

Entre 1987 et 1989, trois anime portent son œuvre sur grand-écran. Ils seront fusionnés en un film, nommé La légende du démon pour l’exploitation française. Dans ce dernier, de nombreuses séquences sont coupées : les 23 minutes d’ultraviolence. Urotsukidoji devient néanmoins culte et un quart de siècle plus tard la version non-censurée du film est relativement accessible, sans avoir à passer par les épisodes. Par la suite, cinq autres films réuniront une dizaine de nouveaux épisodes, mais le premier Urotsukidoji est considéré comme le meilleur et la marque Urotsukidoji est généralement citée en référence à lui seul.

Urotsukidoji, c’est la perversion des anime japonais à son paroxysme. Le personnage principal, Nagumo, loser voyeur au début, devient le réceptacle d’un démon dont le but est de rassembler  »les » trois mondes. Et déjà les démons et jiyujinkai s’abattent sur le monde des humains pour semer le chaos dans leurs villes et surtout violer leurs jeunes représentants avec une préférence quasi exclusive pour les filles innocentes et pures. Lorsque la fusion des trois mondes sera accomplie, le Nouveau Monde sera un gigantesque parc trash où ces créatures prédatrices pourront exulter dans l’horreur, comme elles le font déjà dans ces 23 minutes.

Lors de ces séances d’extase morbide, les cibles passives reçoivent une décharge agressive sans commune mesure. C’est là que se généralise un élément dont la galaxie hentai ne se remettra jamais : les tentacules en guise de phallus mutants, armes sexuelles plus sensuelles que la foreuse pénienne de Tetsuo mais à l’hostilité subtile et illimitée. Ces tentacules s’inscrivent dans un lot de séquences érotico-gore, quasiment porno-gore même, manifestant une grande puissance d’imagination. Urotsukidoji est un spectacle extrême et brutal, comprenant le sens et la source de ces extases terrifiantes.

Cette conversion d’instincts primaires et antagonistes en déchaînement exotique et raffiné a une vertu : elle représente toute la branche sexuelle et sadique d’un éventuel Apocalypse. Cette jouissance dans un contexte sans limites est justement le meilleur argument promotionnel de tout chantre de l’Apocalypse, du chaos ou de la dégradation. Cette dimension ne se cantonne pas aux fameuses séquences de sexe, dont la proportion dans le métrage est dérisoire par rapport à un hentai traditionnel. Dans Urotsukidoji, le trash et l’invention s’insinuent dans chaque angle du cadre pour doper le tout : et à chaque instant. Le spectacle est vicieux jusqu’au-bout, l’outrance en fait partie également.

Il y a la part vulgaire : les culottes d’étudiantes, le héros minable, les phrasés aussi basiques que les les expérimentations sont raffinées. Mais le véritable sujet c’est cette intempérance absolue, cette furie blobesque, transgression par-delà la vulgarité ou l’élitisme. Face à ce délire visuel dément, Maeda a fait part de sa stupéfaction et de sa révolte tout en reconnaissant être admiratif. Le réalisateur Hideki Takayama dira lui : « Rien ne provoque une réponse aussi forte chez l’être humain que le sexe ou la violence. La fusion des deux est donc très puissante. » Il a raison et son œuvre est au-delà du désespoir car elle déroule le programme d’un Enfer compensatoire pour les déçus de l’Humanité aux appétitis impertinents ; mais aussi au-delà de l’horreur car elle constitue sinon une délectation malsaine, au moins un motif de sidération qu’aucun curieux ne peut bouder.

Note globale 76

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Suggestions… Perfect Blue

Voir le film sur YouTube : FRANCAIS, ANGLAIS

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UROTSUKIDOJI 2, L’ENFANT ERRANT **

4sur5  La suite directe de Urotsukidoji est moins connue mais parfaitement à la hauteur. Les viols tentaculaires, attaques sur la ville, crises organiques et autres orgies sadiennes sont à nouveau au programme. L’histoire se déroule peu après celle du premier opus et en reprend quelques personnages, dont Nagumo et la mascotte (l’espèce de singe).

Urotsukidoji avait une option : la surenchère. Il en prend le parti et se montre encore plus machiavélique, violent et explicite, cela dès sa redoutable intro de 8 minutes. Urotsukidoji 2 ne fait pas que persévérer dans la quantité ou la radicalité. Là où le premier opus était déjanté et très éparpillé, celui-ci se montre plus concentré et structuré.

Les scènes érotico-gores sont plus lisibles. L’aspect estudiantin et léger est plus présent, vire parfois à la grivoiserie, sans être aussi expressément vicieux que dans le premier opus ; d’ailleurs, l’allégresse est répandue quand le Monde est préservé des caprices sadiques. Ceux-là justifient des séquences très virulentes, où s’impose une broyeuse pénétrant puis finalement atomisant ses victimes. La fantaisie est totale : cette fois, Hitler et Satan, carrément, sont sur la rampe. Préférant toujours les instincts dévoyés à l’usage de la matière grise, Urotsukidoji 2 manie un certain langage théologique ou occulte et là aussi, se montre plus accompli et précis que son prédécesseur.

Le Graal représenté par le Nouveau Monde est affiché au grand jour, lui qui permettra une domination notamment sexuelle, une emprise sur les corps et une annihilation des esprits. Avec cette plus grande attention pour les motivations des démons et autres obsédés de la réunion des trois mondes, Urotsukidoji 2 fait écho aux théories complotistes. Il reflète les fantasmes alimentant le mythe des reptiliens mais aussi toutes sortes d’aspirations ésotériques qui ont pu occuper quelques hommes de pouvoir les plus haut placés.

Note globale 75

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Suggestions…

Voir le film sur YouTube : FRANÇAIS  

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UROTSUKIDOJI 3, LE RETOUR DU DÉMON ***

3sur5 Le troisième opus de la saga marque une rupture. Le niveau est moindre, la fièvre aussi retombe un peu. Il n’empêche que le spectacle vaut largement la peine de sacrifier 3h30, si on a été convaincu par les deux premiers essais. Urotsukidoji 3 se partage entre 4 épisodes cumulant 210 minutes, dont 56 pour le premier. Il chasse la plupart des protagonistes de référence jusqu’alors ainsi que leurs intrigues pour se situer dans un univers déjà acquis aux lois des démons, où certaines forces travaillent là aussi à rassembler les trois mondes.

La plupart des créatures et éléments introduits dans ce film sont totalement étrangers au manga originel et il en sera de même par la suite désormais. Urotsukidoji 3 est une mutation achevée vers le soap opera, voir le space opera. Il est très ambitieux et cela vaut dans un premier temps un retour à l’éparpillement de La légende du démon, décuplé par 10. Les 4 épisodes marquent quatre temps différents, bien marqués ; dans le second, la tragédie romantique occupe l’essentiel du terrain. Dans un climat mélangeant étrangement langueur et fureur, de nombreuses thématiques malines sont traitées.

Parmi les prédicateurs du Nouveau Monde, le nouveau Nagumo mise sur la séduction pour asservir et accomplir ses desseins, distribuant les plaisirs et laissant croire à ses sujets qu’il a pour eux un semblant d’affection ou d’amour. C’est un portrait du Mal très ingénieux, reflétant certainement le lot commun des gourous, mais surtout le mode de domination le plus répandu dans les périodes où règnent démoralisation, divertissement et immanence la plus bête et sommaire.

Au niveau narratif, ce troisième opus casse ce qui distinguait Urotsukidoji pour rejoindre un semblant d’heroic fantasy. L’univers reste toutefois trop singulier pour diluer Urotsukidoji dans une sous-galaxie précise. Les scènes de sexe sont plus rares mais basculent clairement dans le porno désormais, avec des séquences particulièrement odieuses (la longue tournante avec les monstres du troisième épisode) et d’une inventivité formidable ; intérieur des organes et phallus inside, voici la pénétration vue de l’intérieur – vingt ans avant Enter the Void.

En marge du défouloir, un romantisme cabalien. Le sentimentalisme de Urotsukidoji 3 est adulte et déviant, il est aussi omniprésent. Une certaine tendresse est là, au milieu de la haine et des ignominies. L’idylle entre la princesse et sa bête puissante et protectrice elle aussi vise nos instincts primaires, pour le meilleur et le pire. Toutefois la belle Alector n’est pas cernée seulement par son amant rebelle Buju, car un papa possessif est également de la partie. Ce climat incestueux se consacrera lors d’une abominable scène de freak porn, gargantuesque et repoussante contrairement aux autres.

Dans l’ensemble, Urotsukidoji 3 est un grand plaisir, quelquefois hagard (premier des quatre épisodes), avec des morceaux de bravoure touchés par la grâce, peut-être une once de gras en trop. Il est objectivement plus calme et tempéré, d’ailleurs du gore et de la mort, c’est surtout l’odeur qui répond présent. Une violence inouïe est cependant omniprésente, au travers de chacune des scènes, alors que les deux premiers opus avaient leurs séquences purement réalistes, même si c’étaient souvent des intersections plutôt que des séquences valant pour elles-mêmes.

Note globale 69

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Suggestions…

Voir le film sur CineMay

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UROTSUKIDOJI 4, APOCALYPSE *

2sur5 Après la confirmation du second opus et la transformation valable du troisième, les restes. Apocalypse pour la France, Inferno Road ailleurs, Urotsukidoji 4 s’étale sur plus de deux heures et comprend trois épisodes. Il propose une version rabougrie de ce qui a été connu jusqu’à ce jour et emmène la marque vers l’anecdote. Le trip soap opera occupe la moitié de la place, les affaires du gang du Village des Damnés en prennent un tiers, le reste est sexe laborieux.

Il y a quelques beaux plans, comme celui de la jeune fille au clair de lune (partie 3) ou la balade dans ce grand château enveloppé dans une nuit bleue. Une inspiration du côté de Alien et Giger se fait sentir. Le versant graphique du film est de loin son meilleur atout. Pour le reste, le rapport avec la marque s’en tient aux pénétrations par tentacules et à la reprise de quelques personnages clés dont Nagumo.

C’est routinier, aseptisé, sans violence. Limite paisible. Le film aligne des scènes X tout à fait conventionnelles, avec une espèce d’orientalisme de circonstance pour l’orgie du début. L’intérêt est nul (comme l’essentiel de la partie 2) et même sur son terrain graveleux, le film fait défaut. En effet les spectateurs tomberont normalement avec des copies où les recoins explicites sont floutés – ce qui est pour le moins ballot pour cet hentai softcore.

Note globale 39

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Suggestions… Guinea Pig 4  

Voir le film sur VoirFilms ou CineMay

 

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UROTSUKIDOJI 5, THE FINAL CHAPTER **

3sur5  Urotsukidoji 5 est un opus à part. Il contient un seul épisode (de 60 minutes), est quasiment introuvable, pas référencé même sur les sites spécialisés (comme Cinemasie) et il y a très peu d’informations sur lui. Il reprend à partir d’une scène du premier opus, La légende du démon, où Nagumo se transforme alors qu’il fait l’amour à une camarade timide.

Le film a de franches qualités formelles et plastiques. Dans la franchise, la bande-son a souvent été assez envoûtante, stéréotypée aussi : ici elle est à son meilleur, plus expressive et sensuelle que jamais. Quand à la qualité de l’image, elle situe ce cinquième opus au-dessus du lot ; les deux premiers opus n’ayant pas subis une remastérisation qui serait bienvenue, les 3 et 4 souffrant et profitant à la fois de la désuétude du trait, tandis que le 6e est très vaguement semi-numérisé et utilise des couleurs pastelles criardes.

Il s’agit bien de la propreté de l’image : sur le plan esthétique, abstrait et concret, Urotsukidoji 5 est également compétitif ! Il offre quelques effets de perspectives gratuits, de jolis aperçus caverneux et son mysticisme accru lui profite. En effet, si à l’heure de lutter contre les créatures du Mal, les scènes  »hentai » se raréfient, le film dégage beaucoup de force et d’imagination. Urotsukidoji 4 a volé son titre  »Apocalypse » à celui-ci !

Car c’est dans The Final Chapter que s’abattent sur la ville les monstres grotesques aperçus au début de la saga, que vient l’heure de tous les accomplissements. Certaines créations du film évoquent Laloux qui aurait croisé le chemin d’un Gilliam d’humeur grivoise, comme le vaisseau avec son vagin géant. De manière générale, le film est audacieux ; à un degré plus anecdotique, il sort de l’exclusivité hétéro des cinq autres.

Si on retrouve les échanges de fluides interespèces (monstres/ humaines), l’originalité tient aussi à la présence de cet androgyne à temps partiel. Pour le reste, Urotsukidoji 5 décevra les amateurs de chair fraîche, lesquels se régaleront dans les opus 4 et 6. De plus, comme pour le 4e opus et en raison de la commercialisation très limitée de The Final Chapter, les parties intimes en émulation apparaîtront normalement floutées.

Note globale 59

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Suggestions… La Planète Sauvage

Voir le film sur MyHentaiOnline  

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UROTSUKIDOJI 6, NOUVELLE SAGA **

2sur5  Après Kenketsu Hōrō hen (Apocalypse) et Kanketsu Hen, Urotsukidoji 6 est le dernier opus de la saga. Il la fait reprendre en 2002 après six ans de vide. Argument : c’est un reboot du premier volet (La légende du démon), composé de trois parties durant ensemble 131 minutes. Comme les deux premiers opus, celui-ci se veut donc directement lié aux mangas de Toshio Maeda (les trois précédents s’en étant affranchis).

Concrètement, cette nouvelle version est très différente. Il y a beaucoup d’éléments nouveaux et d’orientations à contre-courant. Une personnification de la Mort s’invite, un gang en lien avec le démon déguisé en Ozaki investi le troisième épisode. Les scènes légères sont beaucoup plus présentes, toutes liées à un sentimentalisme débridé, renforçant les contrastes entre l’innocence et la malveillance. Les enjeux sont différés, les forces du Mal moins virulentes que dans les deux premiers opus : sur l’échelle du malsain en revanche il n’y a pas de retard.

Plus de scènes érotico, mais sans gore : sauf celles reprises à La légende du démon. La seconde partie s’ouvre sur une longue scène purement porno. Nouvelle Saga adopte un nouveau look très commun, ne réserve pas de soin particuliers aux dessins, opère quelques petites modifications : les traits de Nagumo tirent vers le renard, la petite mascotte volante est passée du bleu ou noir. Pour les scènes faisant écho au premier opus, la forme est différente, plus expéditive et crade encore. Mais quelle marge dans leurs puissances respectives ! C’est le prix ingrat de cet abattage banal et ce remplissage.

Une scène sur deux lorgne vers le soap insipide, l’autre vers la SF pataude ou les morceaux de bravoure. Par contre il y a le cas Ozaki. L’homme par qui l’apocalypse arrive a changé depuis 1987. Possédé par le démon, il reste toujours lui-même la plupart du temps. Ce personnage ambigu est à jeu égal avec Nagumo. C’est sur ce terrain, celui des individus et même du reflet d’une Humanité basique, sensorielle, que Nouvelle Saga tire son épingle du jeu. Le spectateur est ainsi plus proche des victimes, au lieu de simplement les voir objetisées par les créatures.

Par exemple ici, lors de la dernière agression spectaculaire, plan de la fille : de près, à scruter son visage, entendre sa déglutition. Ce petit aparté laisse le temps d’apercevoir la réalité d’une personne et de sa chair. Dans le premier Urotsukidoji, l’hégémonie du Mal se manifestait par-dessus tout et on voyait à peine ces gens, finalement. Ici on les voit avant qu’ils ne soient sacrifiés ; comme on suit les errances de l’amoureuse d’Ozaki. Entre perversion effroyable et sensiblerie, cet opus s’approche du niveau du précédent, mais son lot de surprises (comme le phallus doré) est moindre et l’effet yo-yo garanti.

Note globale 53

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GOJITMAL / FANTASMES *

17 Nov

2sur5  Ce film sud-coréen tiré d’un roman « censuré pour outrage à la pudeur » (c’est brandi en ouverture) envoie du ‘lourd’. Il ne se pose pas de questions de goûts ou de conviction. Gojitmal (‘mensonges’ plutôt que ‘fantasmes’) est l’album-souvenir d’un tandem sado-maso, introduit comme une espèce de sujet de reportage mais ne rendant jamais de comptes, sinon par quelques bouts d’entretiens vaseux. Il restera bien un faux ‘film maison’, tenant le spectateur dans l’intimité de cette jeune fille et de son aîné de 20 ans.

Au départ J, 18 ans, vient à Y pour le dépucelage. Elle est envoyée par son amie Ouri, une décrocheuse qui semble l’utiliser dans ses fantasmes. Y le professeur pervers honore ses attentes et va au-delà. Il a besoin de dépasser la platitude de la sexualité ordinaire, elle accepte (contrairement à sa femme). Bientôt ce stade ‘supérieur’ de sa sexualité en appellera un autre – en fait, une version alternative. La première fois, il s’agit de redonner confiance à Y dans un coup de déprime. Elle, si dévouée et admirative, s’épanouit automatiquement dans sa nouvelle posture. Y a retourné la violence contre lui et il est plus heureux et bestial que jamais. La planche, c’est lui qui va la prendre – et la réclamer !

La provocation est certainement l’idéal du film, mais l’exercice s’apparente d’abord à une farce auto-destructrice. La seule réaction sûre et positive qu’elle génère est le rire. Les illusions ou les récits que se fait Y, l’affirmation de ses préférences écœurantes, la débilité de ses instincts, font de Gojitma, à son meilleur, un divertissement boueux. Le spectateur y est mis à l’aise et peut jouir du sarcasme ou de la moquerie ; ou d’une forme de compassion, d’intérêt candide. La seconde option sera empruntée par les gens trouvant ça ‘positivement’ dingue et aptes à s’en émouvoir avec complaisance. Il reste bien sûr tout un boulevard pour placer les horrifiés, mais c’est la réaction la plus fausse et sociale qui soit.

Dans tous les cas le résultat reste petit. Le voyeur est repus plus que l’amateur de chair embobinée. Quand c’est encore doux, ce n’est que baisers baveux tirant sur le prolapsus buccal, plans dégueulasses, germes de sexualité tordu et ennuyeuse. Ensuite et malgré une orientation ‘anus’ très prononcée et salement puriste, les amants sont des monomaniaques du coup de trique. Les nuances passent rapidement hors-champ (avec leur touche d’humour différencié : panneau ‘deuxième trou’ conduisant à une fellation, dernier conseil de sodomie), car il faut progresser d’un rendez-vous sur l’autre vers la quête du Graal, soit le plus gros et brutal des bâtons. Gojitmal c’est crapoter dans la mouise et s’enfermer dans une petite boîte, une boîte de cul. Ils vieillissent un peu, de motel en motel jusqu’à la dernière pseudo-bourre en France ! Le mobilier est important, j’aime/j’aime pas, rien d’énorme mais c’est dans l’axe.

Les scènes où les deux sont séparés, voire toutes celles où ils se trouvent à l’extérieur (ou s’entretiennent au téléphone) sont une série de bouts de vie insipides. Elles peuvent avoir un intérêt pour les locaux (ou passants/touristes) qui reconnaîtront des lieux ou des structures – d’ailleurs, si la pratique de J et Y peut ‘parler’ c’est en tant que prolongation de la traditionnelle fessée (on a aussi les fantasmes et les fixations qu’on nous a abandonnés ou infligés). Quelques effets viennent varier la mise en scène : accéléré, puis ralenti flouté lorsque J se fait battre. Cette bonne idée, traduisant l’ivresse et la confusion, est gâchée en étant reproduite n’importe comment (tournant au clip abstrait et ‘bloqué’, ou de trip ‘house’ fauché). L’orchestration est assez basique, sur tous les plans ; Jang Sun-woo joue un peu sur le coté DV/proximité et ‘film in progress’, mais c’est juste un cadre et une méthode évitant d’être trop connement cru.

Note globale 37

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Suggestions… L’Empire des Sens + Il est mort après la guerre/Oshima

Scénario & Écriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (2), Audace (4), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

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