PONTYPOOL ***

14 Jan

pontypool

3sur5  Ce film à petit budget a fait des émules chez les amateurs d’horreur/fantastique scrutant toutes les sorties du genre. Conçu pendant la vague des films de zombies des années 2004-2009, il en est l’une des versions les plus originales et minimalistes. C’est un huis-clos dans une station radio locale, au moment d’une invasion de zombis. Le spectateur peut se sentir cobaye d’une sorte de gag systémique, il est en tout cas le témoin d’un spectacle au concept radical et casse-gueule. Pontypool est un film sur l’aliénation par la confusion et l’incompréhension : les ‘zombis’ sont les individus qui se sont abîmés à essayer de cerner ce qui dépassait (et empoisonnait) leur capacité d’entendement.

Le virus se transmet par la langue mais sa source est déjà ancrée : tout le monde en est porteur, c’est lorsque la raison s’applique à déchiffrer voir à manipuler ce qui se passe d’elle que les symptômes se propagent. Tout en ne montrant presque rien (l’essentiel passe par les mots, les abstractions collectives), Pontypool est travaillé par l’indescriptible ; le premier-tiers peut paraître abusif car il nous enferme dans le champ étriqué de l’équipe radio. Malgré le panache du récit et l’attention sur les aspects techniques, on peut s’impatienter car somme toute, les repères sont très clairs et toute cette mise en place est bien verbeuse. Puis les situations deviennent de plus en plus complexes (celles à l’extérieur aussi), les compte-rendus du réel toujours plus perturbants.

Tout le monde devine une menace profonde mais les perceptions sont incomplètes et il n’y a plus rien pour les encadrer. Les outils de conceptualisation connus jusque-là deviennent non seulement obsolètes mais également corrompus : en somme leur validité est attaquée et finalement ces éléments dépassant le cadre sont en train de démolir le cadre tout court, rendant inapte la conscience pendant que les instincts sont comme orphelins, dans le brouillard. Les frustrations induites par un tel exercice sont simultanément justifiées par sa logique absolue. Ce n’est pas un pop-corn movie mais son intelligence et son caractère insolite en font un véritable plaisir ; un parcours insolite stimulant grâce à ses constantes remises en question.

Note globale 68

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Lords of Salem + Detention/2011 + 28 semaines plus tard + Chromosome 3

Voir le film sur LibertyLand

Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (5), Ambition (4), Audace (4), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

. Voir l’index cinéma de Zogarok

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Une Réponse to “PONTYPOOL ***”

  1. princecranoir janvier 14, 2016 à 18:27 #

    Un film conceptuellement passionnant dont il existe une version audio il me semble. Plutôt bien réalisé, avec un personnage charismatique au micro (un voix et une gueule). La contamination par le langage : un sujet en or pour un Tarantino.

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