NE NOUS FÂCHONS PAS **

17 Jan

2sur5  Après les Tontons Flingueurs et Les Barbouzes, avant Le Pacha et Il était une fois un flic, Lautner a tourné Ne nous fâchons pas. C’est l’une de ses fameuses collaborations avec Audiard aux dialogues et avec Mireille Darc comme actrice. Elle prend une tournure de bande-dessinée, via l’explosion sous l’eau, la voiture ‘défoncée’ selon les aléas des raccords, le ‘dynamite’ écrit sur un véhicule balancé par les anglais, les morts récurrentes mais toujours hors-champ. Le franchouillard habituel n’est plus à l’honneur, des scènes psychédéliques light et même des égarements rock s’incrustent (avec l’aide d’anglais douteux – un milliardaire chic et excentrique avec son armée de jeunes commis), la bande-son entre pop anglo-saxonne, jerk et passif yéyé. Ces échappées ne croisent jamais le chemin des deux mâles alpha plutôt vieille garde.

Ils font leur service pendant que le film tâche de se remplir de loufoqueries, de suggestions sexuelles, de petites aventures euphoriques (dans Le Pacha en 1968, Audiard dirigera un Gabin stoïque face aux loisirs et libérations de l’époque). Malgré les exploits et les excès, c’est assez plat et sans surprises, la faute à un scénario pauvre, aux attributs surfaits des personnages. Le comique oscille entre grivois et gentil, les durs opposent une morgue molle. Jean Lefebvre est mal exploité dans son rôle de boulet (premier responsable de ces mésaventures). Son attitude face à l’ex-amante (relation assez incroyable au demeurant) est incohérente avec le reste, les retrouvailles n’autorisent aucune crédibilité et il n’en sera rien tiré. Par instants il se prend pour un mec en mesure de faire la leçon, presque un parrain, mais ces manières aussi atterrissent sans raison puis seront balayées.

Cet emmerdeur tant mis en avant a dû se tromper de wagon, ou de costume. Le self-control imposé de Lino Ventura ne rime pas à grand chose également, il ne fait qu’ajouter un peu de poids à de pauvres gags à base de claques. Le flot de bagout meuble avec succès, avec du saillant au début (« dès qu’on ne parle plus à des primaires, tout devient lumineux ») et des notions galvaudées y compris venant des plus ‘cultivés’ (« vous êtes nietzschéen »), puis allant toujours plus allègrement vers la banalité. La distance forcée de Constantin et Ventura aux situations mine l’efficacité. Ces farces et cette insouciance régaleront les amateurs, facilement convaincus – voire ravis s’ils valorisent ce folklore ancien et l’ironie naïve à l’égard des formules classiques (film de truands virils et autres mafieux, clichés du ‘noir’ et du polar).

Note globale 47

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Touchez pas au grisbi + La Chèvre

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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