SAGA « LES TOMATES TUEUSES », 1/2

4 Juil

Cette saga comprend actuellement 4 épisodes. J’aborde ici les deux premiers, de loin les plus connus – notamment le second mettant en scène George Clooney, avant la célébrité.

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attaque tomates tueuses

L’ATTAQUE DES TOMATES TUEUSES *

1sur5  À l’origine il y avait Attack of the killer tomatoes, court-métrage en super 8 de quatre amis de lycée. Quelques années plus tard et après une parodie de films d’espionnage (Do they accept travellers checks in Babsuland?) la bande met au point un long du même nom. Nous sommes en 1978, au terme d’une décennie où les parodies, souvent burlesques, de la SF des 1950s sont à la mode chez les aspirants réalisateurs, y compris les plus sérieux : en effet Carpenter a la sienne, Dark Star (pas une performance étincellante mais sûrement un géant rapporté au ‘genre’).

La volonté est bien présente, on peut la juger ‘bonne’ ou non. Les petits gags et one-line abondent (« ce film est tiré du roman Les tomates de la colère » – en référence aux Raisins de la colère) et la malice est toujours au rendez-vous. Techniquement et artistiquement c’est très Z. Les auteurs appuient sur leur manque de moyens (budget de 90.000$) pour souligner leurs aspirations parodiques. L’enthousiasme est là pour soutenir l’action, mais le manque d’astuces plombe perpétuellement la séance aussi sûrement que l’absence de finances.

Car c’est de la série Z dure, ambitieuse dans ce domaine, avec une certaine intelligence (très primaire) canalisée par l’aspiration (déclarée a-posteriori par le réalisateur) à la « stupidité ». Malgré l’originalité de son postulat et la décharge d’excentricités, L’Attaque souffre de son manque d’action, que l’agitation ne masque pas (on est souvent enfermés dans des bureaux, des salles peu meublées..). Les tomates sont moins présentes que les bruitages bouffons les accompagnant. L’accident d’hélicoptère au début était involontaire ; il a englouti plus de la moitié du budget. John Bello et ses acolytes devraient en profiter ; ils arrivent à galvauder la chose au point de gâcher l’animation potentielle.

Un peu plus destroy le film pourrait éventuellement décoller ; un peu plus décidé dans ses inventions surtout. En l’état il n’y a pas jamais de quoi marquer l’esprit, rien d’assez détonnant ou poussé ; deux minutes de Leguman (cadeau de Téléchat) balaient toute les initiatives éparses de ce produit. Seule la médiocrité acquise et de toutes manières inévitable est livrée en entier : mocheté constante, scènes redondantes. Nénamoins le film reste supérieur et plus apte à faire sourire que des nanars profonds type Hitman le cobra. On dirait plutôt du ZAZ épuisé mais s’accrochant à fond, remuant dans la pataugeoire ; un humour verbeux et assez mental, des dialogues amphigouriques, quelques spéculations ubuesques.

Ce n’est pas non plus les Bidasses ou du Onteniente ; mais ça ne jouit pas du minimum de soin et de pertinence dans la mise en scène qui permettent un relatif bon moment (Arac Attack ou même Arachnophobie se logent à des cimes inaccessibles même en rêve) ; autant aller vers du nanar indifférent à la comédie et bien corsé dans un autre genre (fantastique, épouvante ou gore – tel Le Sadique à la tronçonneuse). Or tout demeure simpliste, le Z parodie le nanar en étant lui-même champion en nanaritude. Entre la bouffonerie et le discount sans intérêt il y a un monde, que cette Attaque ne comble pas.

Malgré sa pléthore de lacunes, cette Attaque des tomates tueuses est devenu un nanar volontaire de référence. John Bello, réalisateur à la tête du groupe, poursuivra dans cette veine puisque ses trois autres dons à la vaste poubelle du cinéma sont les prolongations de cette invasion de tomates. Le deuxième opus de la saga, Le retour des tomates tueuses, suscite depuis l’attention d’un public plus large que les amateurs d’excentricités cheap, grâce à la présence de Clooney (à ses débuts).

Note globale 24

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Arachnophobie + Detention/2011 + Un tueur dans la foule + Chucky + Candyman + Frankenweenie

Scénario & Ecriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (1), Esthétique/Mise en scène (1), Visuel/Photo-technique (1), Originalité (3), Ambition (2), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

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retour tomates tueuses

LE RETOUR DES TOMATES TUEUSES *

1sur5  Dix ans après L’attaque des tomates tueuses, John Bello reprend les commandes pour piloter sa suite : Le retour des tomates tueuses. Ces deux premiers opus sont assez cultes chez les nanardophiles, les deux suivants auront une notoriété très faible. Le retour serait le meilleur de la saga ; il surpasse déjà clairement son prédécesseur. Ainsi lorsqu’il reprend les gags qu’il entamait, il sait les étendre un peu plus, autrement dit mettre à profit les maigres réserves. D’ailleurs on voit davantage la menace rouge.

Quoiqu’il en soit il vaut mieux y aller sous l’emprise d’alcools forts ou d’atmosphères beaufs (beauf geek) achevées. Le retour des tomates donne dans le folklo et peut rassasier ; comme dans le précédent opus, John Bello et son équipe revendiquent le cheap de l’entreprise et sa mission bouffonne. Cette fois avec plus d’adresse et de précision, mais essentiellement pour le pire. Cela s’annonce dès cette intro ringarde nanardo-activiste ; tout cet encadrement, ainsi que les délires autour du professeur Gangrène, étaient déjà ultra-ringards à l’époque (1988).

Y en-a-t-il seulement une où ils ne l’auraient pas été ? Dans ces moments haut-en-couleur, on dépasse le maniérisme kitsch de Creepshow et du reste du bis à sketche horrifique ou pseudo horrifique ; pour s’enfoncer des méandres gênantes (si on est un peu émotif) ou juste d’une nullité massive (si on est plus indifférent de nature). Néanmoins il y aura de tout ; de l’exécrable au piteux modéré en passant par le bien essayé demeurant médiocre. Au moins ce Retour des tomates a son originalité et arrive à marquer quelques coups ; certains trucs loufoques tels que la pin-up s’avérant une tomate font de l’effet, quelqu’il soit.

C’est pas qu’on y trouve une imagination profonde mais c’est costaud. Reste que la profusion et les intuitions courtes ne font pas tout : ou un Rubber sans le côté pro au mieux, parsemé d’enthousiasmes confus et dégoulinants. Il y a des délires wtf et hors-sujets à la pelle (le mime, l’interiew de la grosse), le quatrième mur est brisé régulièrement, mais l’ennui l’emporte ; y compris sur l’effroi léger de l’ouverture. D’ailleurs au fur et à mesure on peut se prendre au jeu, surtout lorsque Clooney et son compagnon partent en mission (à partir de la mi-séance).

Le film devient alors plus ciblé dans ses délires, quitte à verser dans le running gag sans fin (les placements produits). Du côté trip bucolique à la Texas Chainsaw Massacre 4 croisé Télétubbies sarcastique, on passe à un enchaînement de sketchs honteux et de caricatures du film d’horreur des 80s corrigé par Les Inconnus (ça fait beaucoup de degrés dans l’imitation du décérébré). Une douce et nette bêtise nous berce tandis que le fardeau s’allège légèrement. Au moins cette Attaque relève son propre défi de nanar intégriste, à défaut de se hisser vers les membres illustres de sa catégorie ou du bis ubuesque en général (Killer Klowns, Le Blob).

À défaut également d’être une espèce d’attentat ou de curiosité façon Fart Movie, ou un plantage d’exception, ce que son manque d’authenticité et son concept (le film se dénigre lui-même et met en scène sa débandade) lui interdisent. Voilà en somme une daube accomplie, mûrissant par endroits. Tout juste une anecdote, mettant en avant Clooney pour sa promotion depuis qu’il est devenu l’un des acteurs les plus fameux de la planète. Il est d’ailleurs une contribution intéressante au film, jouant de façon résignée tout en ayant l’air bien ancré ; ironiquement, cette seconde victoire sur l’armée rouge (à la fin) est attribuée à son acolyte, les journalistes et les badauds ne semblant pas lui trouver l’aura d’une star.

Note globale 29

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Le retour des morts-vivants 2

Scénario & Ecriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (1), Esthétique/Mise en scène (1), Visuel/Photo-technique (1), Originalité (3), Ambition (2), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (1), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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