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LES COURTS & MOYENS MUBI 2020 (MNC MUBI 4)

18 Avr

Dernière édition après celle pour les films longs. Un ‘classement intégral’ des courts & moyens sera prochainement publié.

Leçons de ténèbres ** (Allemagne 1992) : Ça pourrait être une œuvre majeure et le public en général semble la tenir pour telle ; à mes yeux c’est une démonstration caricaturale – pour son sujet et pour le style Herzog, malheureusement si lourd (déjà son premier, Herakles, martelait la même idée pendant dix minutes). Le recours à Wagner et à L’Apocalypse est toujours efficace mais les deux sont éculés depuis au moins un siècle. Que le film ne documente rien est un choix, mais qu’il meuble en laissant apercevoir des travailleurs et recueillant de vagues paroles de victimes est un peu déplorable – Hiroshima mon amour bis ne s’assume pas, il faut qu’il soit très concerné en plus d’en faire des tonnes. L’autre virée dans le désert [Le pays des fourmis vertes] signée Herzog m’avait davantage convaincu. Ici je ne retiendrais que la technique majestueuse et le parti-pris remarquable, cette volonté de regarder la Terre d’en haut à tous points de vue, d’offrir ce théâtre de guerre comme un potentiel décors de SF. Bien sûr il y a de quoi rêvasser sur la beauté du chaos mais je trouve l’exercice débile et assez paresseux derrière ses grandes allures ; du pessimisme complaisant pour les gens trop protégés, une virée près de l’enfer type club Med classe instruite et mélancolique. Enfin je n’ai pas compris ce que l’hélicoptère faisait à cet endroit si, comme le prétend le commentaire, personne dans la ville ne se doutait de la guerre qui s’apprêtait à lui fondre dessus. (56)

Dream Work ** (Autriche 2001 – 11min) : Un des fameux courts de Peter Tscherkassky, après Outer Space (d’après plusieurs commentaires sur le Net, les deux citent à l’envie The Entity de Sidney Furie). Hommage revendiqué à Man Ray, c’est un produit expérimental à la fois habile et férocement vain. Les effets sont devenus potentiellement ‘désossables’ à l’œil nu vingt ans après, or l’essentiel repose sur eux. Ce film est une manœuvre, tapageuse, plus qu’un essai sincère sur le sommeil. Tout est recevable mais je le trouve tristement insincère. Et comme on connaît les débuts de Lynch (spécialement ses courts) et Polanski (Répulsion), il n’y a plus que la posture pour distinguer cette fugue onirique. Allez voir Subconscious Cruelty. (48)

Les petites mains * (Belgique 2017 – 14min) : Excédé par la pression et la futilité du dialogue social, un ouvrier emploie de graves moyens : sans méchanceté vraisemblablement sous impulsion, il kidnappe l’enfant du patron. Remuant sur le principe et à la hauteur dans l’exécution mais à quoi bon ? C’est ultra schématique, affecté, l’essentiel repose sur un spectateur acquis d’avance et un appel brutal aux émotions. Trois atouts : les deux principaux acteurs (même si, pour le bien de la démonstration, il aurait fallu que le quasi-bébé soit plus expressif, plus [manifestement] curieux ou attaché à son ravisseur par exemple), l’aperçu de la violence sociale aussi dans ce qu’elle a de brut et physique (les matons en clôture). Enfin ce n’est pas avec ce genre d’approche digne de Loach ou Brizé qu’on verra les lésés, les aliénés, les ouvriers sortir de leurs ornières, ou même les voir franchement dans leur ensemble – et non par le seul prisme dépressif. (42)

Sombre dolorosa / Sorrowful Shadow ** (Canada 2004 – 8min) : Une espèce de délire reprenant apparemment les soap et mélos mexicains, confondus dans une succession d’images psyché ou vaguement ésotériques. S’y mêlent un match de boxe allégorique avec El Muerto et des panneaux [inutiles] comme au temps du muet. Curieux, coloré, turbulent, éventuellement amusant. Un nouvel exploit du carnavalesque Guy Maddin, moins glauque qu’à son habitude (Des trous dans la tête, Ulysse souviens-toi) mais toujours concerné par le sort de personnes toxiques ou dérangées. (58)

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Mini-critiques Courts MUBI : 3-2019, 2-2018, 1-2017

Mini-critiques MUBI : 8, 7, 6, 5, 4-2018, 3, 2, 1

Autres Mini-critiques : 13, 12, 11, 10, 9, 8, 7654321 + Courts 3, 2, 1

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MINI-CRITIQUES COURTS MUBI 3 (2019)

7 Jan

Ultra Pulpe ** (France 2018 – 36min) : Original, coloré, outrancièrement ringard. Cite et prolonge l’underground ‘glam gore’ des années 70-80. Ces raffinements et dégueulis kitschs passent, les dialogues sont un cauchemar de balourdise et d’insignifiance maniérées – indéniablement tout ça est amusant, peut-être même fascinant. On ne peut pas faire cent fois et pendant trente ans le reboot bis des Prédateurs. À retenir : « C’est ça que tu veux maman !? Voir ta fille nue violée sur Mars !? ». (46)

L’opéra-mouffe ** (France 1958 – 16min) : Court de Varda prenant la misère du bon côté. Nudité en abondance, romantisme, sympathie envers les gueules d’atmosphère et esprit ‘carpe diem’. Quelques scènes plus étranges (les colombes enfermées) et une musique/chanson d’accompagnement pesantes. (52)

Salut les cubains ** (France 1963 – 29min) : ‘Salut les révolutionnaires’ aurait été aussi approprié. Petit documentaire alignant 1.800 photos, régulièrement mises en mouvement (avec abus éventuellement – trois fois la même série où danse un type). Part dans tous les sens et ne se soucie pas d’aller au fond des choses, parfois même pas de la véracité : l’emphase écrase le reste (c’est plus critique concernant la peinture, plus attendu et ‘excusable’ s’agissant de mœurs ou de politique). (48)

Uncle Yanco ** (USA 1967 – 19min) : Varda chez son oncle hippie à San Francisco. Énonce des choses bien fraîches et joyeuses, entre banalités de positionnement, bizarreries arbitraires et poésie. Des répétitions dont je ne comprends pas l’intérêt et pour lesquelles je n’ai aucun goût (principalement les retours vers la réalisatrice). (48)

Travel Songs ** (USA 1981 – 24min) : Compilation d’images en mouvement capturées au cours de deux décennies de voyages et de tournages. Bon si on veut jouer au touriste expéditif à Moscou, Assise et Stockholm en 1971-67-80, donc apercevoir les tenues et ambiances d’époque – plus encore si on veut apercevoir les amis et rencontres de Mekas (je vous laisse cette partie). Ou si on est sensible à l’art photographique ; il y a bien de jolies images (davantage que dans Réminiscences en Lituanie avec sa famille) sous de beaux éclairages et avec des jeux de montage (montant en qualité et intensité). La projection en accéléré est un choix heureux, si on met de côté la souffrance oculaire. Pas de son la plupart du temps ; tant mieux car lorsque c’est le cas (lecture du journal de Mekas par Angus MacLise – info Mubi), les banalités biologiques, sentimentales et personnelles de la voix-off sont au moins aussi accablantes que leur supposée vocation méditative – les bruits de bouche achèvent de m’ennuyer. Troisième et dernier film signé Jonas Mekas pour ma part, sauf si j’ai l’occasion de voir d’autres courts sur des thèmes m’intéressant spécialement (mais comme l’apport documentaire est nul ça ne devrait pas valoir le coup), ou si son fameux As I Was Moving Ahead (de cinq heures et à la cote formidable) m’est accessible (il pourrait me faire changer d’avis). (46)

Une sale histoire ** (France 1977 – 47min) : Moyen de Jean Eustache en deux parties, la première jouant l’authenticité et la seconde étant sa version ouvertement mise en scène. Lonsdale est un excellent conteur et excellent exemple d’hypocrite ou de baratineur à soi-même. La deuxième partie est plus concise, expulse les bafouilles et les redites, mais est sûrement moins marquante. Dans le premier, une des trois femmes (Josée Yann) fait penser à Elie Semoun et certains de ses personnages ! (52)

Non réconciliés ou Seule la violence aide où la violence règne * (Allemagne de l’Ouest 1965 – 53min) : Second film de Straub – Huillet, adaptation du roman Billard à neuf heures et demie d’Heinrich Boll (1959). Une collection de scènes et d’impressions (en de rares moments, superposées) plongeant dans l’Allemagne des soixante dernières années. On montre ou suggère l’objectivation par la culture politique ou religieuse, l’agencement des gens par rapport aux normes collectives exigeantes. Belle photo, beaux acteurs, aucun intérêt sérieux – hormis ce qu’on peut ‘deviner’ politiquement et socialement, comme la prolongation à de bons postes de notables et de ‘bonnes personnes’ impliquées dans des fonctions ‘à responsabilité’ sous le IIIe Reich ; ou le maintien de l’état d’esprit servile et idéaliste qui a préparé le terrain au nazisme. Mais tout ça est à déduire ou raccommoder, le film apporte un point de vue dérisoire et éthéré. (36)

Au passage : la présentation des films par Mubi [ou Mubi France] est déplorable, non plus seulement à cause de l’emphase et de l’intellectualisme débile mais carrément car il arrive que les phrases n’aient pas de sens, égarés des mots ou des caractères. Le ‘Synopsis’ est devenu aussi bête que le carré ‘Opinion’.

La Libertad * (Colombie 2017 – 30min) : Documentaire produit par le Sensory Ethnography Lab d’Harvard. Placide et fidèle à son registre, avec tout de même une pointe d’expectative/interrogative. Laura Huertas Millan filme des artisans à l’œuvre et les interviewe. Il se pourrait que ça rationalise méchamment – pour se défendre dans un mode de vie frustrant. À la 26e minute je crois entendre une déclinaison locale de Réussir sa vie – ce merveilleux hymne de Bernard Tapie. (42)

Sol Negro * (Colombie 2016 – 42min) : Plus raffiné, plus copieux, plus investi que La Libertad. Pas plus séduisant ni convaincant me concernant. Certaines discussions sont interminables et leur pertinence fondamentale m’échappe. Au demeurant ce cinéma n’est pas très fort pour communiquer l’émotion : tout de même de jolies scènes en ce sens (le chant final), sinon c’est en montrant ces femmes en proie à leurs émotions, déclarer leurs souffrances, qu’on peut la percevoir et éventuellement la ressentir. (38)

Les îles ** (France 2017 – 24min) : Une fugue libidinale avec orgie de sentiments. À la vue d’un tel film il devient impossible de ne plus associer Yann Gonzalez et Mandico. Ce court est justement une contribution au film à sketches Ultra rêve (2018, leur ‘année’ à tous les deux mais surtout celle de Mandico grâce aux Garçons sauvages) où ils sont réunis (Mandico a donné Ultra pulpe). Évidemment ces Îles sont originales mais Land of my dreams avait le mérite de ne pouvoir être associé à aucun autre créateur contemporain précis. Les dialogues et le surgissement d’un homme masqué mal intentionné annoncent avec précision le long-métrage Un couteau dans le cœur. (58)

Black Panthers * (USA 1968 – 28min) : Reportage assez pauvre qui n’a rien des arguments déjà minces habituellement au bénéfice de la réalisatrice (le pittoresque, les rencontres un peu approfondies, les élans surréalistes, le catalogage consistant d’œuvres, de laïus ou de personnalités). Bavarde sur ‘l’avant-garde’ de la cause noire qui se raccordait naturellement avec le marxisme-léninisme, en dépassant la part ‘mentale’ de l’idéologie par le tribalisme. Un bon sujet pour l’approche servile, ‘téteuse’ et geignarde propre à Agnès Varda. Elle se focalise longuement sur la fierté capillaire et le retour au naturel ‘black’ avant d’approuver candidement la violence contre la police et les milices noires, sans trop quadriller le terrain ni se soucier des suites – même de celles des frères ou camarades. Elle passe simplement de bonnes vacances auprès de ces gens du côté de la revendication. (28)

Les dites Cariatides ** (France 1984 – 12min) : Gardera une valeur de témoignage et a intérêt à ne pas avoir de concurrence tant c’est finalement quelconque. Dommage que Varda impose sa voix si gentiment saoulante, quoique la tournure de son écriture soit le plus vivement rasant. Les anecdotes concernant Baudelaire élèvent le niveau dans l’absolu mais l’incurable niaiserie de l’auteure salope tout comme d’habitude. (52)

MINI-CRITIQUES COURTS 3

29 Mai

L’essentiel de cet article porte sur les Silly Symphonies et sur les premières aventures filmées de Mickey.

Puisqu’il y a déjà des dizaines de courts, ce ne sera pas un Top annuel. J’ajouterais prochainement une liste de toutes les notes attribuées à des Courts/Moyens-métrages (comme je l’ai fait pour les films l’an dernier, sauf qu’il s’agira d’un Classement intégral – puis à partir de 2020 ce sera un Classement pour chaque année).

Aussi : désormais je ne souhaite plus donner une critique spéciale pour chaque film avant 1910 ; j’essaierais de le faire pour ceux du XIXe s’ils ne font pas partie d’une série ou d’une filmographie déjà abordée par ailleurs.

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Silly Symphonies> El terrible toreador ** (USA 1929 – 6min) : Le second Silly Symphony (Disney). La corrida et la viande à table vous sont livrées sans passer par la boucherie. Le taureau escogriffe participe aux danses et sa prestation est assimilée à celle d’un catcheur. Pas de sang mais un peu de violence irréelle et un toréador reprenant la main au dernier moment. Première moitié dans un restaurant. (58)

Silly Symphonies> Egyptian Melodies *** (USA 1931 – 6min) : Réalisé par Wilfred Jackson. Une bestiole tenant de l’araignée s’infiltre à l’intérieur du Sphinx. Les momies (quatre comme le nombre de squelettes dans Danse macabre, le premier Silly) et peintures murales y sont en pleine transe musicale. L’arrivée est réussie techniquement car sait simuler le mouvement [dans les décors]. (64)

Silly Symphonies> Hell’s Bells / Les cloches de l’enfer *** (USA 1929 – 6min) : Toute la galerie démoniaque vient s’afficher, des animaux monstrueux aux créatures demi-humaines et passant par une ‘forme’ (flamme consciente). Quatrième Silly présent au public et premier réalisé par Ub Iwerks. (72)

Silly Symphonies> Night / Une nuit mouvementée *** (USA 1930 – 7min) : Ballet spontané de nombreux animaux passant auprès d’un étang. Préfigure Le vieux moulin. Recycle des grandes compositions du répertoire classique, comme d’autres Silly mais plus à fond. Réalisé par Walt himself. (76)

Mickey Mouse> The Mad Doctor **** (USA 1933 – 6min) : Véritablement horrifique ! Le savant fou ressemble à Méliès, roi des films à ‘trucs’ trente ans avant. Fin décevante, mais il était difficile de sortir intègre d’un tel traquenard. Un passage pendant la seconde minute semble repris de l’entrée dans le tombeau de Egyptian Melodies. (78)

Mickey Mouse> The Karnival Kid *** (USA 1929 – 7min) : Mickey à la fête foraine, avec ses hot dog récalcitrants et ses tentatives de séduire une Minnie en caravane. Avis aux amoureux des vaches (l’intro est pour eux) – ceux des chats seront servis par un duo de chanteurs (des Laurel & Hardy). Démarre en trombe avec la variété de folies, se laisse un peu affadir ensuite à cause de la concentration sur ‘la belle’ – mais Mickey s’y exprime en humain/anglais ! Et ça change des seuls numéros musicaux. (72)

Une saucisse bientôt fessée dans « Karnival Kid »

Mickey Mouse> The Plow Boy/ Mickey laboureur *** (USA 1929 – 6 min) : Avec des animaux très enthousiastes, se moquant allègrement des déboires sentimentaux de Mickey. Clairement mineur mais d’une férocité rare dans le secteur. (68)

Mickey Mouse> The Cactus Kid/ Qui s’y frotte s’y pique *** (USA 1930 – 7min) : Minnie aussi terrible que les cactus ? Avec l’ignoble Pat Hibulaire (qui perd ses dents [son dentier?] comme le taureau d’El terrible toreador) ! Il finit en papier plié comme un démon d’Hell Bell’s. Bon opus façon western (au Mexique), très proche dans sa trame du précédent Gaucho. (66)

Mickey Mouse> Trader Mickey *** (USA 1932 – 7min) : Des plus euphoriques. Avec Pluto en Afrique. Crocos et hippopos en intro. Puis Mickey se sauve d’une tribu de cannibales par la danse ! Pas évident à ressortir aujourd’hui à cause de ces représentations peu valorisantes pour les populations africaines. (66)

Mickey Mouse> The Barn Dance/ Bal de campagne/ Danse fermière ** (USA 1929 – 7min) : Le premier Mickey de la première année (à l’exception des trois pionniers incertains de 1928). Pat et Minnie sont déjà de la partie, Pat Hibulaire apparaît sous un jour favorable, contrastant avec un Mickey boulet (la dignité de Minnie est relative aussi). On voit ce piètre danseur écraser les pieds de sa partenaire. Tout ça se passe potentiellement dans leur jeunesse. Un opus encore assez laborieux (répétitif et ‘lourd’) par rapport à ceux qui suivront, mais avec un scénario nettement plus humain que beaucoup d’autres sortis la même année, donc plus apte à toucher large et immédiatement. (62)

Mickey Mouse> Plane Crazy/ L’avion fou *** (USA 1928 – 6min) : Tout premier film avec Mickey (sortie en mai 1928), sonorisé après la sortie du plus connu Steamboat Willie. La première BD Mickey (Lost on a Desert Island – 1930) en reprendrait des gags et bouts de trame. Facilement mon préféré parmi les des trois premiers – déjà un ‘vrai’ Mickey et aussi un cartoon survolté, alors que les autres sont souvent plus lents et/ou musicaux. (66)

Mickey Mouse> The Gallopin’ Gaucho/ Mickey gaucho ** (USA 1928 – 6min) : Le second Mickey, encore muet mais vite sonorisé suite au succès du parlant Steamboat sorti dans la foulée. Dans la pampa argentine. Un peu western comme le sera Cactus Kid. Le hors-la-loi Pegle Pete est Pat Hibulaire sous un autre nom. Serait un pastiche du Gaucho (1927) et des rôles de Douglas Fairbanks en général. (58)

Mickey Mouse> Steamboat Willie/ Le bateau à vapeur de Willie *** (USA 1928 – 7min) : Parodie de Steamboat Bill Jr avec Keaton sorti la même année. Le premier court sorti en tant que parlant, après les muets Gaucho et Plane Crazy. Sinon, pas nécessairement le plus notable des trois : Plane Crazy est aussi dynamique en technique comme en scénario. Les péripéties sont légèrement plus variées ici, les perspectives peut-être et les facéties animalières sûrement plus nettes (déjà une petite foire musicale) ; en contrepartie, la petite histoire est décousue et moins emballante. (64)

Mickey Mouse> Mickey in Arabia *** (USA 1932 – 6min) : Drôle, énergique et sans chanson. S’avère presque plus offensant que Trader car il fait cumuler aux arabes leurs propres caricatures supposées avec celles attribuées aux ‘négros’ – en contrepartie, leurs mœurs et leur culture sont bien plus élevées. Mickey doit récupérer Minnie des griffes de Pat. (66)

Mickey Mouse> The Opry House *** (USA 1929 – 7min) : Fait partie de ces opus appuyant à fond sur le recyclage des éléments de décors et personnages en instruments de musique ; et reprenant des grands morceaux. Le motif du dégonflage et des dents séparées est encore servi. Mickey nous fait une curieuse danse du ventre en public avant de se faire dépasser par son piano. (72)

Mickey Mouse> When the cat’s away *** (USA 1929 – 6min) : Mickey et un régiment de souris investissent une bâtisse pour y faire de la musique – le chat (Kat Nipp) restera à l’écart. Les souris elles-mêmes peuvent servir d’instruments, être étirées ou remontées. Encore un piano rebelle, cette fois dompté au fromage. (66)

Mickey Mouse> Mickey’s Follies *** (USA 1929 – 6min) : Un autre opus joyeux et dansant, mobilisant l’équivalent d’un zoo pour une espèce de cabaret. Mickey se réifie encore à la fin ! (64)

Mickey Mouse> The Barnyard Battle/ Champ de bataille *** (USA 1929 – 7min) : Souris bidasses (confédérées) contre chats (allemands) à dégaines de rapetous. Différemment drôle et sportif. Forcément le terrible Pat Hibulaire est au rendez-vous. Un épisode parfois un peu longuet, avec des personnages réussis, une rude scène d’examen et des gags percutants. (68)

Mickey Mouse> Jungle Rhythm *** (USA 1929 – 7min) : Mickey se sauve en faisant danser les prédateurs de la jungle – il usera la même technique face aux cannibales en 1932 dans Trader. À voir si on aime les marsupiaux mignons et les numéros musicaux, ne pas se précipiter si on préfère les gags et les cavalcades. (64)

Mickey Mouse> The Jazz Fool ** (USA 1929 – 6min) : Une parade en campagne. Mignon, rien de neuf : la deuxième moitié voit encore Mickey aux prises avec son piano. Un peu mou. (54)

Mickey Mouse> Mickey’s Choo Choo ** (USA 1929 – 6min) : Moins immédiatement dégottable que les autres, y compris les racistes. Un des dispensables de toutes façons, convaincant ni dans la musique (plombante) ni dans le gag (celui avec la vache renvoie à Steamboat). Confusion possible avec Mickey mécano (Mickey’s Mechanical Man) de 1933. (52)

Mickey Mouse> The Haunted House ** (USA 1929 – 6min) : Des éléments horrifiques, mais un résultat nettement plus gentil que Mad Doctor. Mickey s’en tire en pianotant, sur demande du chef des squelettes (le seul masqué et habillé). (62)

Mickey Mouse> Wild Waves/ Mickey sauveteur ** (USA 1929 – 7min) : Sauvetage de Minnie à la plage ; puis les fondamentaux, avec un morse et des pélicans entre autres guest chanteurs. (58)

Mickey Mouse> The barnyard concert ** (USA 1930 – 6min) : Mickey chef d’un orchestre comptant dans ses rangs Horace (cheval anthropomorphe) et Clarabelle (la vache déjà souvent vue). Pas l’ampleur d’Opry House tout en étant plus concentré (subissant moins de blancs ou longueurs). Un cochon trompettiste agace Mickey à la quatrième minute. Le héros pleurniche face caméra à la fin comme dans Barn Dance. (62)

Mickey Mouse> Fiddlin’ Around/ Just Mickey ** (USA 1930 – 7min) : Mickey seul au violon sur scène. Un petit dérapage final pour rester dans la comédie et plusieurs grimaces ou démonstrations gentiment hystériques du soliste. (54)

Mickey Mouse> The Fire Fighters *** (USA 1930 – 7min) : Une course folle et pas de chansons – de vrais (mauvais) pros. Minnie en proie aux flammes va forcer le chef de la troupe à se dépasser. Le début à la caserne évoque la courte scène avec les policiers au début du Roi et l’Oiseau. (66)

Mickey Mouse> The Shindig/ La fête joyeuse ** (USA 1930 – 7min) : La fête au saloon. Aimable, quelques gags neufs (et un véhicule pétaradant comme celui du vieux dans Les Aristochats), puis surtout cette cochonne énorme (elle se nommerait Patricia Pig) d’un style déjà aperçu – un représentant de l’espèce avait été légèrement mis en avant à la fin de Banyard concert (un autre moins ressemblant figurait dans Mickey laboureur). (58)

Mickey Mouse> The Chain Gang/ Mickey forçat/ Symphonie enchaînée *** (USA 1930 – 8min) : Un opus plus interpellant après la poignée de mitigés, car il se passe en prison et pourrait prolonger l’atypique Barnyard Battle. Pour l’essentiel, c’est de la redite au niveau des airs employés et de leurs détournements. Parmi la joyeuse bande, un cochon danseur (balançant son ventre comme Mickey dans Opry) ! Pat Hibulaire est l’infâme gardien de prison mais des membres de son espèce sont casseurs de cailloux. La préfiguration de Pluto serait à voir dans le duo de chiens de garde, appartenant à la même race. (68)

Mickey Mouse> The Gorilla Mystery/ Gare au gorille *** (USA 1930 – 7min) : Sommes trois ans avant King Kong. Le dessin du gorille est très réussi, ceux du grenier, du couloir et des intérieurs en général m’ont eux aussi semblé plus élaborés que d’habitude. Les gags sont restreints mais le scénario ou ce qui s’y apparente plus accrocheur, même s’il se conclue sur une niaiserie standard. Minnie donne de la voix – une voix qui ne s’est pas toujours bien distinguée de celle de son partenaire. (68)

Mickey Mouse> The Picnic *** (USA 1930 – 7min) : Les passages avec les insectes chapardant la nourriture évoquent Minuscule (série et films) même si les styles sont éloignés. Première apparition claire de Pluto (celle dans Chain Gang est douteuse), pas encore doté de son propre nom. Un opus ravi de la crèche, où tous se chahutent sans dommages. (68)

Mickey Mouse> Pioneer Days *** (USA 1930 – 8min) : Les indiens (autochtones américains) attaquent puis capturent Minnie alors que ces gentils pionniers n’ont demandé qu’à débouler ! Néanmoins le film n’est pas spécialement incorrect, les antagonistes (renards) ne sont pas odieux ou ridicules comme ceux du futur Trader. Les deux camps égayent leurs soirées en musique – excellentes contributions. Un faux raccord avec une créature disparaissant une seconde (quand le vieux chante seul), à moins qu’on lui trouve une pertinence ‘rythmique’. (64)

Mickey Mouse> The Birthday Party *** (USA 1931 – 7min) : À partir de cette année je ne cherche plus à tous les voir, en tout cas pas maintenant. Mickey reçoit en cadeau… un piano ! Épisode euphorique. Les amateurs de personnages secondaires seront contentés. (68)

Mickey Mouse> Traffic Troubles/ Mickey chauffeur ** (USA 1931 – min) : Mickey conduit le gros cochon de la série (Percy Pig) puis Minnie, après avoir subi les remontrances de l’agent de police Pat Hibulaire. Du nouveau au début avec la traversée de la ville et sa boue (une simple flaque géante ? De kérosène ?), l’anthropomorphisme d’un véhicule ; mais beaucoup de déjà vu dans la seconde moitié, outrancier lors du point de vue derrière la vache. (58)

Mickey Mouse> The Castaway/ L’Esseulé/ Mickey naufragé *** (USA 1931 – 7min) : Mickey secondé par un adorable indésirable (issu d’une fratrie de Jungle Rythm) – plus tard rejoint par un singe plus bienveillant que celui de Gorilla Mystery. Naufragé sur une île, il attire les animaux avec son piano – eux créent de la musique même sans son accord, avec les éléments du décors voire avec leur propre corps. (66)

Mickey Mouse> The Moose Hunt *** (USA 1931 – 7min) : Pluto acquiert son nom. Lui ou son sosie est déjà apparu dans Chain Gang (secondaire et incertain) et Picnic (un des rôles principaux) en 1930. Ses puces l’envahissent déjà. Petite farce du chien qui se fait passer pour mort. Issue complètement fantaisiste. (66)

Mickey Mouse> The Beach Party ** (USA 1931 – 7min) : Toute la ‘bonne’ galerie est de sortie (Mickey & Minnie, Pluto, Horace & Clarabelle) – ne manquent que les cochons et autres personnages secondaires. Aussi euphorique que Birthday, mieux doté en gags. Que d’action mais pas si efficace car ‘one shot’ ou un peu lourdingue (pas besoin de quatre jets ratés sur la pieuvre, bon antagoniste, nouveau, réduit à pas grand chose). (62)

Mickey Mouse> Mickey’s Orphans *** (USA 1931 – min) : Un Micket de Noël. Une personne inconnue dépose un panier de chatons devant la maison du couple de grandes souris (Pluto dort devant la cheminée) – ces garnements (une dizaine de clones) vont tout transformer en terrain de jeu. La fausse barbe blanche flanquée sur Mickey ne suffira pas à les amadouer. (68)

Mickey Mouse> The Duck Hunt *** (USA 1932 – 7min) : Mickey a été mauvais danseur, le voilà mauvais chasseur. Notre héros est incapable de tenir correctement d’une arme – un danger pour lui et ses proches. Avec Pluto il se fera complètement balader par les canards sauvages (une belle brochette de prédateurs joyeux et sans haine, candides mais imprenables). (68)

Mickey Mouse> The Mad Dog/ Chien enragé ** (USA 1932 – 7min) : Il est déjà trop tard pour laver Pluto ! Pat va profiter de sa fuite pour essayer de l’embarquer au zoo. Trois silhouettes mi-connues mi-novatrices sont percutées dans la rue (la dernière est une sorte de canard asiatique). Comme dans Duck Hunt, les puces de Pluto le rejoignent à la fin. (62)

Mickey apporte son soutien émotionnel dans « Klondike Kid »

Mickey Mouse> The Klondike Kid/ Mickey au Grand Nord *** (USA 1932 – 7min) : Minnie en détresse, comme dans In Arabia, Fire Fighters et tant d’autres. L’équipe de danseurs, cochonne de saloon y compris, en rappellent d’autres – regroupés notamment dans Pioneer Days. Le Klondike vous est déjà connu si vous lisiez Picsou ! J’ai déjà crû déceler une parenté avec Chaplin dans Mad Dog, j’en retrouve une ici lors des deux dernières minutes avec la maison en pente dans la neige. Notez que le jeune Dingo [à sa quatrième apparition] se réjouit de danser avec une cochonne ivre morte (à la première minute). (74)

Mickey Mouse> Building a Building/ Bâtissons *** (USA 1933 – 7min) : L’industrie sous un angle candide et optimiste. Anthropomorphisme d’un véhicule de chantier (une pelleteuse) – sans qu’on soit sûr qu’elle soit vivante. Pat est un rustaud chef de chantier (son rire évoque celui de Bill du Bidgil). Serait largement repris de l’épisode d’une autre série Disney (Sky Scrappers de Oswald le lapin – 1928). (72)

Mickey Mouse> Ye Olden Days/ Mickey au Moyen-Age *** (USA 1933 – 8min) : Mickey plongé dans un nouvel univers, lui qui a toujours été dans le présent ou un présent parallèle. Le roi Pat (qui a été plus répugnant et monstrueux) fait enfermer Minnie et Clarabelle ! Dans le but de marier à son fils (Dippy Dawg soit le futur Dingo).. la première naturellement (notez ces pleurs hideux de la pauvre vache de chambre). À Mickey le ménestrel de la sauver – et saisir une opportunité d’être consacré chevalier en plus d’en jouer la part romantique presque anachronique (comme cette guillotine). Excellent ; 1933 est donc l’année où Mickey décolle (et profite d’univers renouvelés et d’histoires un peu étoffées à l’occasion). (74)

Mickey Mouse> The Mail Pilot/ Mickey postier du ciel *** (USA 1933 – min) : Mickey aux prises avec Pat (pas spécialement drôle ni captivant). L’optimisme du début ressemble à une propagande industrielle (éventuellement patriote) balancée en toute transparence (l’air s’enregistre particulièrement bien). (68)

Mickey Mouse> Mickey’s Mechanical Man/ Mickey mécano *** (USA 1933 – 7min) : Mickey entraîne un robot (très humain par son impulsivité et ses manières belliqueuses, seulement cartoon pour le reste) pour un match de boxe contre le gorille massif déjà vu dans la série (nommé Kongo Killer). Les bêtises et imperfections du robot lui valent les moqueries du public – mais forcément, tout espoir n’est pas perdu. La machine, qui n’est encore rien d’autre malgré des allures d’humain trop frais trop vide trop niais, permettra à Mickey de vaincre les forces primitives qu’il n’a précédemment vaincu que par chance (Gorilla Mystery, Castaway). (68)

Mickey Mouse> Mickey’s Gala Premiere ** (USA 1933 – 7min) : Un opus atypique, relié au monde ‘réel’ : Mickey y est l’invité vedette d’une soirée hollywoodienne, pour présenter son film, devant un parterre rempli des stars du cinéma de l’époque (des caricatures de personnages voire personnalités qui en sont déjà dans leurs propres spectacles). Évidemment c’est un succès total, tous sont hilares – sauf ceux qui en sont incapables. Mickey peut être raciste ou suicidaire mais jamais torturé ou polémique (même si pris au sérieux, il donnerait de quoi, surtout dans sa façon de traiter les animaux). Il y a quand même une chute sévère (similaire à celle de Mad Doctor). Mickey n’apparaît qu’au bout de deux minutes et demi, accompagné de la bande présente sur Beach Party. (58)

Mickey Mouse> The Steeple Chase ** (USA 1933 – 7min) : Mickey entiché d’un cheval alcoolique, inapte à la course ; poursuivi par une horde de moustiques pendant la compétition. Notre souris est l’objet d’un humour un peu sadique, l’air de rien. (62)

Silly Symphonies> Trois petits orphelins/ Three Orphan Kittens *** (USA 1935 – 8min) : Un Silly en technicolor et oscarisé. Tiré de la comptine anglaise Three Little Kittens (diffusée au milieu du XIXe), dont The Milky Way (1940) serait une adaptation plus directe ; au fond, hormis les trois chatons et le titre, la filiation n’est pas évidente ici. Une suite est sortie l’année d’après – More Kittens. (72)

Silly Symphonies> Trois petits cochons *** (USA 1933 – 8min) : Reprend le fameux conte. (72)

31m2 * (France 2010 – 15min) : Je ne fais pas partie des haters de Durendal et n’ai pas réussi à le prendre comme référence des vidéastes – la catégorie est encore trop insignifiante à mes yeux et j’en connais peu d’exemplaires. Mais ce court-métrage est sidérant et mérite sa réputation – au minimum et en ayant mis de côté ce qui vient des sentiments délirants nourris par le personnage. Un tel genre de films ne semble devoir exister qu’en privé – où il sera tout de même méprisable mais peu importe. Qu’il ait été porté au public et dans une projection devant plusieurs dizaines et même centaines de personnes laisse dubitatif. En acceptant son statut de film amateur et donc tolérant les manques inhérents, puis les fautes quasi inévitables, il reste encore un problème immédiat et objectif : le son. Le reste aussi est inepte. Dialogues improbables et patauds de même que les actions et le jeu du protagoniste (la fille est correcte). Aucune réflexion sur les décors (qui trahissent un jeune bourgeois englué – jusqu’au titre) et toute la mise en scène ‘vivante’ (que de l’ad hoc indifférencié côté lumière) – Durendal ne s’est préoccupé que des effets, ce qui n’a pas suffit à le pousser à user d’un savant usage du montage et d’un heureux recours au charcutage de masse. Au final nous subissons un sous-film d’une lenteur absurde – je me suis arrêté une première fois au bout d’une minute, ayant l’impression d’avoir déjà consenti un gros effort (ni humour ni ironie là-dedans) ; je suis revenu à la suite grâce à l’option accéléré, en trois fois. Enfin La Nuit a dévoré le monde lui doit quand même beaucoup. (16)

Mickey Mouse> Gulliver Micker *** (USA 1934 – 9min) : Un épisode avec un tonneau de souriceaux, où papa souris ridiculise l’autorité dans son imaginaire emprunté à Swift. Aucune douleur pour Mickey quand les liliputiens le canardent – les coups le font sourire. L’araignée tout aussi géante vient corriger cet abus. (68)

Mickey Mouse> Mickey’s Steamroller/ Le rouleau-compresseur de Mickey ** (USA 1934 – 7min) : Apparition des neveux de Mickey au cinéma (Jojo et Michou) – crées en 1932 dans la bande dessinée. Ils ressemblent au troupeau de petits vus dans Gulliver, sans être aussi minuscules. Pas nécessairement hilarant. Les derniers plans sont plus marquants – la poursuite de tonton Mickey à bord du train. (58)

Extrait des 'Cent Trucs' de Segundo de Chomon

Extrait des ‘Cent Trucs’ de Segundo de Chomon

Segundo de Chomon> Ah ! La barbe / The funny shave *** (France 1906 – 2min) : Comédie fort glauque d’arrière-goût. Les amateurs de Killer Klowns pourraient apprécier ces hallucinations face au miroir. Un des mieux notés de Chomon chez moi, mais pas d’une ‘longue’ durée comme Hôtel électrique. (68)

Zecca> La fée printemps ** (France 1902 – 3min) : Un film de ravi de la crèche niaiseux sensibles à la magie (donc hérétiques mais braves). Le personnage éponyme apparaît colorié en jaune. Un spectacle assez joli finalement mais exagérément lent et démonstratif (comme souvent chez Zecca et contrairement à Chomon). Fait partie des débuts de la longue collaboration de Ferdinand Zecca (A la conquête de l’air, La vie et la passion de Jésus-Christ, Histoire d’un crime) avec Pathé ; également des films coloriés chez Segundo de Chomon, qui assurait la distribution de productions Pathé à Barcelone. (48)

Segundo de Chomon> Les Cent Trucs ** (France 1906 – 3min) : Film à trucs [de montage] avec des acteurs très enthousiastes et une forme parfaitement théâtrale – et de jolis chiffons. Réalisé dans les premiers mois d’activité de Chomon en France (il est crédité de 234 réalisations sur IMDB). (52)

Segundo de Chomon> Le roi des dollars ** (France 1905 – 2min) : Un des premiers films tournés par Chomon en France. Film à trucs très minimaliste, colorié. On y voit un homme déglutir de l’or. (52)

Segundo de Chomon> Une excursion incohérente *** (France 1909 – 8min) : Une comédie aux accents surréalistes et avec quelques trucages élaborés tirant vers le fantastique. Notable pour sa séquence d’animation reflétant un rêve. Les farces proprement humaines ne sont pas nécessairement brillantes et polluent la fin de séance. Un des derniers films de Chomon avant son retour en Espagne. (66)

Zecca> Les victimes de l’alcoolisme ** (France 1902 – 5min) : Histoire morale laborieuse soulignant l’existence de la famille puis le gâchis au bar et la chute dans la pauvreté. Très prosaique et se termine en internement forcé (pas mal luxueux) en maison de fou. (46)

Zecca> La course des sergents de ville ** (France 1907 – 5min) : Style anglo-américain. Zecca s’est beaucoup inspiré de l’école de Brighton et c’en est probablement la meilleure illustration – impossible de ne pas penser à Daring Daylight Burglary (1903). Pas vraiment drôle mais tapageur. Pour une autre antiquité avec un chien, voir Rescued by Rover (1905). (58)

Silly> Frolicking Fish *** (USA 1930 – min) : Ballet de créatures marines. Dramatisation minimale. Plus adorable que Merry Dwarfs et assez proche de Night/Une nuit mouvementée. Notable pour son animation d’une fluidité rare à l’époque, grâce au ‘chevauchement’ (ou ‘overlapping action’). (74)

Silly> Monkey Melodies *** (USA 1930 – 7min) : Un autre Silly dansant et également chantant. Dans la jungle avec des bandes de singes ; un tandem de perroquets puis des crocodiles se joignent aux festivités. Ils finissent par arrêter les farces quand passe leur repas ; d’autres figurants de la jungle prendront le relais. (72)

Silly> The Merry Dwarfs ** (USA 1929 – 6min) : Cinquième de la collection et dernier de la première année. Sympa quoiqu’il semble un peu s’éterniser. Les airs sont ceux qui reviendront constamment chez Mickey et dans une moindre mesure dans les autres Silly. Apparaîtrait dans Roger Rabbit de Zemeckis. (62)

Silly> La danse macabre / Skeleton Dance *** (USA 1929 – 5min) : Point de départ des Silly. Sorti en août 1929 et copyrighté fin janvier 1930. Mickey est alors en train de connaître un succès rapide (corrigeant l’échec des deux premiers muets de 1928, sonorisés suite à Steamboat). Interdit au Danemark selon un NY Times de février 1931 car « trop macabre ». Malgré la nature des héros et les frayeurs de leurs rencontres, la danse est plutôt guillerette – mais comme peut l’être une débauche démoniaque. Le hibou de l’ouverture, le style des quatre squelettes et des chauve-souris reviendront plus tard (pour les deux derniers, dans Haunted House chez Mickey la même année) ; le chien hurlant au clair de lune ressemble à Pluto. (68)

Silly> Cannibal Capers ** (USA 1930 – 6min) : Huitième de la série et premier Silly tourné sans l’animateur Ub Iwerks ni le compositeur Carl Stalling. N’a ni le charme ni la puissance des passages de Mickey en Afrique (comme Trader de 1932). De bons plans et un scénario en rade, un casting faiblard avec un seul antagoniste (lion) sèchement rabroué. (52)

Extrait de ‘A Happy Family’

Krazy Kat> Kannibal Kapers ** (USA 1935 – 6min) : Les Silly Symphonies ont eu des concurrents et des plagieurs, certains de renoms (Merrie Melodies, Happy Harmonies). Ce film de la série Krazy Kat s’ajoute probablement à la liste, puisque son titre se confond avec Cannibal Capers, Silly de 1930. Comme l’ensemble des courts de cette collection issue de la bande dessinée, il est produit par Mintz, écrit et supervisé par Ben Harrison. Forcément c’est différent d’un Silly : la partition musicale est contemporaine, autrement enjouée, le style est plus lourdaud, les physiques plus gras, plus à la Betty Boops. Ajouté à la quasi absence d’animaux (et les apparitions faibles du chat), cela rend le film moins attachant qu’un Silly générique – mais pas nécessairement moins que Cannibal Capers, opus assez faible et lui-même détaché du lot par ses auteurs voire sa technique. Enfin ce Krazy Kat lui-même se distingue de ses homologues car le petit héros n’y partage pas l’affiche avec sa fiancée. Un détail remarquable au milieu des ‘africains’ surdoués de la musique : l’hippopotame utilisé comme taxi. (54)

Krazy Kat> The Stork Exchange *** (USA 1927 – 7min) : Encore à l’ère du muet, avec une plus large équipe créditée et le physique traditionnel du chat (plus fin que dans Kannibal Kapers). Animation parfois très rigide (les bébés), mais aussi très vive. Belle variété de personnages, beaucoup d’action et d’invention. Deuxième moitié moins intéressante avec ses farces. Aurait une sorte de remake nommé Stork Market (1931). (64)

Krazy Kat> Weenie Roast ** (USA 1931 – 6min) : Troisième que je vois de cette série et premier avec sa petite amie. Le feu prend littéralement vie pour devenir leur camarade de danse et de chant. Montagnes russes dans la seconde partie (avec des crocos dans le tunnel). Ceux qui ont aimé Karnival Kid avec Mickey pourraient apprécier. Les puces à la fin ressemblent à des mini Kray ! Façon de remettre les enfants à leur place présumée ? Ce Krazy Kat est sorti la même année (une des plus prolifiques) que Disarmement Conference que je n’ai pas trouvé. (62)

Krazy Kat> A Happy Family ** (USA 1935 – 6min) : Un dessin animé pour dévergonder les enfants. Comédie où les protagonistes ont le goût de la destruction et où deux volailles prêtes pour le repas se mettent à danser devant une série de chats attablés. Des étrangetés dans l’album de famille au début. Attention syndrome ‘familles nombreuses’ comme dans de nombreux cartoons ou jeux vidéos, avec une masse de clones. (58)

Krazy Kat> Birth of Jazz ** (USA 1932 – 6min) : Plus ambitieux que les autres, mais finalement enchaîne des références assez triviales dans la culture comme dans le dessin animé. Plusieurs plans ingénieux ou imaginatifs, la plupart au début. Euphorique mais comme d’habitude avec Krazy Kat, les vibrations sont lourdes, ce n’est pas nécessairement communicatif. Des cigognes plus sophistiquées que celles de Stork Exchange. Une apparition de Franz Liszt en spectre au piano ! Deux ans après Jazz Rhythm dans la même série. (62)

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Autres Mini-critiques : 9, 8, 7654321 + Mubi 4, 3, 21 + Courts 3, 2, 1 + Mubi courts 2, 1

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MINI-CRITIQUES / COURTS – MUBI 2 (2018)

8 Jan

La précédente liste concernait seulement 2017. Celle-ci ne concerne que 2018, à l’instar de nombreux autres stocks de Mini-critiques qui s’apparentent à des Bilans annuels ; il faudra probablement casser en deux ou trois pour les années suivantes. Les courts MUBI, comme les courts généraux, devraient eux se maintenir à ce rythme annuel, car j’en consulte peu.

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Sullivan’s Banks/ Sullivans Banken * (Allemagne 2000 – 36min) : Documentaire montrant la dernière série de créations de l’architecte Louis H.Sullivan. Un recueil de photos sur papier aurait suffit. Le passage en revue de ces huit banques, sous un maximum d’angles, se veut le plus neutre (objectif ?) possible, tout en suggérant une Amérique secrètement morose, blasée. Sans paroles mais pas muet, sans acteurs tout en laissant des humains au second plan. Sur Mubi, c’est le premier d’un cycle de quatre films signés Hemigholz. (42)

Le park **(France 2015 – 14min) : Traversée avec une caméra ‘mobile’ (donnant l’illusion de vue subjective) de décors de désolation, tout près de la ville, de la civilisation en vie ; sorte de cimetière des émotions. Ces gens statiques sont probablement les ’35 individus’ arrêtés par la police suite à leurs diffusions d’images – et probablement à cause du clash à la machette dévoilé en dernière partie (où les figurants ne sont pas toujours parfaitement immobiles, ce qui brise l’effort et l’effet).

La mise en scène accroche, le propos exact [sur l’image, sa pérennité supérieure] est obscur même si le thème est donné. Tourné à Casablanca. Les protagonistes parlent arabe, les voix automatiques en français. (50)

Land of my dreams *** (Portugal 2012 – 20min) : Dernier court de Yann Gonzalez avant ses Rencontres d’après minuit, avec un côté pathétique travesti. Séduisant et accompli, surtout par rapport aux productions ‘art & essai’ choisissant la fantaisie. Arrive à être ouvertement artificiel dans la direction d’acteurs sans que les deux actrices deviennent des robots ou de simples ‘diseuses’ jouant mal ou au minimum. Je suis moins client à partir du milieu et de l’histoire d’amour, tout en trouvant que c’est réussi. Les deux petites provocs gâchent la séance (l’embrassade qui ne sert à rien, la bite de sortie – elle aussi pas nécessaire et tirant plutôt vers la banalité malgré tout ‘l’apparat’). (66)

La petite vendeuse de soleil ** (Sénégal 1999 – 43min) : Moyen-métrage et dernier film de Djibril Diop Mambéty. Une fibre poétique. Cap et intrigue très ‘lax’. Pour les gens qui souhaitent danser devant un film. (48)

Fast Film *** (Autriche 2003) : Jolie initiative, jolis morceaux, montage à la hauteur des ambitions. Résultat original sans être forcément beau. Concentré sur le cinéma anglo-saxons et ses classiques (Indiana Jones compris !), éventuellement ceux plus ‘bis’ ou horrifiques. Un cinéphile peut donc se réjouir mais ne va pas apprendre ou découvrir (contrairement au profane en origamis). Cela reste un détournement remarquable, qui ne se contente pas de raconter une histoire calquée sur des archives ou extraits – il se présente davantage comme une course à l’intérieur d’une rétrospective. Romanesque et ludique, sans ironie, véritable hommage au cinéma qui refuse le formole. (66)

Rocky VI * (Finlande 1986 – 8min) : Satire de l’Amérique actuelle par le biais d’une parodie des Rocky avec Stallone. Clip en noir et blanc sans grand intérêt, avec une musique typée et énergique. Un Rocky rachitique se fait éclater par un demi-sumo russe – allez, prenez ça dans les dents ordures capitalistes ! On peut reconnaître une chose à Kaurismaki : il ne trahit pas ses opinions claires, grasses, d’insurgé gauchiste permanent. (40)

Tell me the story of all these things * (UK 2017 – 23min) : Vu en VO-St anglais. Une femme musulmane parle de son adaptation au monde, de son rôle au quotidien, de ses préjugés collants. Entrevues entrecoupées de vues de modélisation de jeu-vidéo à l’effet vieillot, de saynètes gratuites (avec des légumes en rang ou des cuissons en gros plan, pendant que l’interviewée fait la cuisine), de clics et lectures sur un site du gouvernement britannique (‘elearning.prevent’), une animation impromptue et même un extrait télévisé fort moche. Faible intérêt, foutraque, répétitif. Peut-être plus intéressant à la fin lorsque Farah parle de mariage et de sexualité, mais les plans extrêmement rapprochés et mobiles peuvent commencer à indisposer. (28)

Historytelling ** (Canada 2018 – 12min) : L’ouverture cogne avec les prophéties pessimistes ou anxieuses des enfants. La suite cafouille – il y a tromperie sur la marchandise. On voit simplement les élèves d’une classe occupés à leur exposé, puis à une sortie dans la neige pendant qu’une mémé aborigène parle héritage (au sens intime et spirituel, pas politique). Il aurait fallu davantage leur poser de questions directes, comme lors des dernières minutes. (32)

Boro in the Box ** (France 2011 – 40 min) : Un hommage de Mandico au cinéaste Walerian Borowczyk, sous forme d’abcédaire, en noir et blanc. Jusqu’au-boutiste, difficilement captivant. Notre-dame des Hormones est plus joyeux à regarder. (48)

Living Still Life ** (France 2013 – 15 min) : Plus limpide et surtout plus joli que Boro, avec un hommage à l’animation des premiers temps du cinéma. Et un de ses premiers moteurs, le fantasme de conservation de la vie à travers l’image. (62)

Le rideau cramoisi *** (France 1953 – 45min) : Adaptation d’une des six nouvelles des Diaboliques de Jules Barbey d’Aurevilly. – premier long du critique Alexandre Astruc. En voix-off (prêtée au protagoniste), sans dialogues. On ne le verra jamais dans une interaction, ou alors pas face-à-face. Va à l’essentiel contrairement à son modèle, se plonge peu et surtout ne s’étale pas dans les détails d’ambiance. Excellent pour sa mise en scène et son texte (les meilleures phrases de l’original sont reprises et reliées), moyen voire boiteux sur le fond, quoique pour de bonnes raisons : les flous de la nouvelle sont assumés en tirant le film vers le fantastique. Les inconsistances ne sautent pas nécessairement aux yeux car le flux de sentiments et d’observation nous emporte et habitue la conscience à laisser de côté tous les parasites. La partie avant la vraie rencontre reste meilleure. (68)

Les fiancés du pont Mac Donald ou Méfiez-vous des lunettes noires ** (France 1961 – 5min) : Court burlesque dont une partie apparaît dans le long Cléo de 5 à 7. Les deux sont tournés par Agnès Varda. Godard est le jeune homme dont on retire les lunettes noires pour qu’il voit la vie du bon côté. Tourné à la façon des muets, avec musique guillerette. Réunit des acteurs fameux. Mignon. (54)

Trees Down Here * (UK 2018 – 14min) : Censé aborder le Brutalisme et questionner sa place actuelle. Successions de plans hasardeux sur des bâtiments, des croquis, des bouts de nature. Avec des sons et même des lectures apathiques hors-sujet. Des trucs jolis avec et grâce aux animaux, mais pas à chaque fois. Une débilité. Co-produit par MUBI qui décidément devient suspect à mes yeux. (22)

Berliner Ballade * (France 1990 – 29min) : Un film pour les communistes tellement convaincus que leur philosophie et leurs objectifs politiques étaient les préoccupations premières lors de la réunification allemande. Image médiocre ; le niveau de la copie serait discutable même pour de l’amateur (‘neige’ sonore extrême lors de plusieurs interviews). Que de blablas anticapitalistes ronflants et de niaiseries de passifs-agressifs égocentriques drapés dans leur vertu relative (par rapport aux ‘vrais’ fautifs que sont les riches et les puissants). Les argumentaires reposent principalement sur la pleurniche et les dénonciations aussi outrancières que généralisantes.

La probable ‘verte’ intervenant à la 21e minute (Ina Merkel) a majoritairement raison (« On est très déprimés par les résultats. On avait espéré que les forces qui sont relativement à gauche de la CDU, comme le SPD et d’autres, seraient en mesure de former un gouvernement. Les résultats montrent que la population veut une intégration rapide à la RFA et pas un rapprochement progressif des deux états. Sans doute est-ce la vieille illusion de la gauche : toujours espérer que la raison va dominer le ventre, mais c’est le ventre qui domine. C’est bien Brecht qui disait : beefsteak d’abord et la morale après. Je crois qu’il y a une logique fatale dans l’évolution de l’Humanité qui est de se détruire elle-même : ça se voit dans la marche vers la catastrophe écologique et dans l’incapacité à avoir des rapports normaux avec le tiers-monde. Je crois que l’Humanité va suivre cette logique, je ne crois plus à l’espoir des générations futures. »). (30)

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Mini-critiques Courts MUBI : 3-2019, 1-2017

Mini-critiques MUBI : 4-2018, 3, 2, 1

Autres Mini-critiques : 9, 8, 7654321 + Courts 2, 1

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MINI-CRITIQUES – COURTS 2

5 Jan

Liste plus courte que la première, fermée pour accompagner les bilans de l’année écoulée (ou demi-bilan comme c’est le cas avec les Mini générales ou avec les Jeux).

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La mer et les jours *** (France 1958 – 22min) : Une non-fiction poétique et stylisée, sans être un strict documentaire ni relever de l’art et essai – elle se présente indirectement comme une « chronique » dans le panneau d’ouverture, en rendant hommage aux morts peu avant ou à la fin de la production. Tourné à l’île de Sein dans le Finistère. Composition assurée par Georges Delerue. Le co-réalisateur Kaminker (frère de Simone Signoret) venait d’être assistant de Delannoy sur Notre-Dame et Maigret tend un piège. Il est mort à la fin du tournage, emporté par une lame. Chris Marker est crédité pour le commentaire. Dans le même registre on peut voir certains courts du jeune Jacques Demy, notamment Le sabotier du val de Loire. Pour la version romantique, voyez la fiction Remorques avec Gabin. (76)

Egged On / Pour épater les poules ** (1926 – 23min) : Charley Bowers est un comédien muet dans l’ombre de Chaplin, Keaton et ‘Glasses’, probablement car il cherche moins à faire rire qu’à surprendre. Comme eux il a livré des dizaines de courts et moyens-métrages burlesques où il joue un héros loufoque, maladroit, inventif. Contrairement à eux il est un des premiers contributeurs importants au cinéma d’animation, ce qui transparaît dans cet épisode même si la comédie reste théoriquement le principal. Cet Egged On s’articule autour d’une histoire d’œufs improbable. La créativité pèse davantage que les gags. Elle peut pousser dans des accès dignes du surréalisme (la paperasse, la poule assommée). Les catastrophes finales ont un arrière-goût de SF ou merveilleux. (62)

He Done His Best / Une invention moderne ** (1926 – 24min) : Charley Bowers est Monsieur Bricolo en garçon de cuisine, pour un épisode moins extravagant que le précédent. Le plus important est dans les dernières minutes, avec les productions de la machine et ses pousses ‘avant-gardistes’ en matière artistique. (58)

Now You Tell One / Non tu exagères ! ** (1926 – 22min) : L’un des plus appréciés de Bowers, où il vient raconter une de ses inventions à un cercle de menteurs professionnels amateur d’histoires invraisemblables. Malgré le déluge de chats à la fin et l’entrée des éléphants au début (et l’apparition de souris), ce court ne m’a pas paru plus stimulant ou impressionnant. Il se distingue par moins de bricolages pour plus de farces, de longueurs et de relationnel. (56)

A Sleepless Night / Une nuit sans sommeil ** (1940 – 12min) : Bien que sorti quatorze ans après les précédents et donc à la fin de sa carrière (mort précoce), ce film aussi est muet. Il met en scène un couple de souris proches de la peluche (et aucun humain). Ancêtre aimable et un peu obscur dans ses plans de Wallace & Gromit, voire d’Itchy et Scratchy par son sadisme. (60)

Many a slip / Bricolo est inventeur ** (1927 – 11min) : Bowers sur une affaire de peau de banane non-dérapante. L’anecdote intéressante du film est le ‘microbe’ (en petit costume avec ses gants énormes) observé au microscope. Pour le reste j’ai été absolument non-réceptif à cet épisode versant beaucoup dans l’humour. (50)

Fatal Footsteps / Le roi du charleston ** (1926 – 22min) : Où Bowers s’invente des chaussures spéciales pour remporter un concours de danse. Un opus différemment excité. Introduit une amoureuse, avec en plus un physique de princesse inhabituelle. Moins percutant par les histoires, toujours autant par les créations (tout de même des chaussures autonomes et un poisson sauteur), fort en gesticulations. Dommage que le son n’ait été généralisé que quelques années après, mais ce défaut n’est ni intrinsèque ni définitif. (56)

The Gown Shop / Zigoto couturier * (1923 – 15min) : Cherchez plutôt avec le titre original s’il vous intéresse (ou essayez Ridolini e le modelle). Un des films avec Oliver Hardy produit, écrit et réalisé par Larry Semon. De ce duo j’ai déjà vu Her Boyfriend. Cet épisode ne contient rien de marquant, hormis le petit crocodile sorti de la fontaine. Les gags se sentent plus et mieux que la cohérence – ou le scénario. (40)

L’histoire d’un jour ** (Yougoslavie 1941 – 9min) : Documentaire rapportant des images de la ville de Belgrade, démarrant sur le quotidien pour finir sur un concert après avoir fait un détour au zoo (pour un hippopotame). Tourné l’année de l’invasion de la Yougoslavie par les nazis. Romantique et lumineux, pas spécialement (de culture) réaliste. (62)

Corps de chasse * (France 1982 – 52 min) : Nanar franchouillard, techniquement apocalyptique, proposant une version alternative et plus teigneuse de La grande bouffe. Le début avec les seuls chasseurs est des plus déplorables sur tous les plans imaginables – le sexe ensuite booste la séance (‘en relève le niveau’ resterait une formule abusive). La tournure est ‘prévisible’ mais le film pousse à bout et dérape avec joie. Pas crédible – pendant le viol une femme hurle tout le long, gesticule, ne bouge que pour laisser la besogne s’accomplir. Elle disparaît après un lattage de couilles – seul truc crédible, mais c’est passif. Personne dans l’équipe ne s’est soucié de rendre la chose vraisemblable, ce qui en atténue la portée ; il n’y a que l’outrance et la transgression pour servir la récréation. Dommage, le réalisateur de Sexandroid aurait pu donner un meilleur destin à son film – aidé par sa rareté pour attirer les écumeurs de poubelles du cinéma. (22)

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Autres Mini-critiques : 9, 8, 7654321 + Mubi 4, 3, 21 + Courts 3, 1 + Mubi courts 2, 1