LA SAGA HALLOWEEN ***

31 Oct

Halloween la Nuit du Masque a redéfinit le cinéma horrifique et marqué son Histoire. Il a également engendré une saga, comme les autres classiques du genre : Freddy, Vendredi 13, Hellraiser

Dans cet article, les épisodes 2 à 8 sont traités individuellement. L’Halloween revu et corrigé par Rob Zombie arrivera juste après dans un article à part. 

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halloween 2

HALLOWEEN 2 ***

4sur5 Halloween 2 commence par un bref rappel du premier opus en intégrant la fin du premier film sous un angle un peu différent, banalisant les séquences en vue du crescendo à venir. Cette technique sera reprise par Vendredi 13 sans intelligence (l’inverse aurait été troublant) pour, dans le Chapitre III, remettre les dix dernières minutes du II. Mais cette fois en en faisant ses dix premières, purement et simplement.

 

Sous-titré « Le cauchemar n’est pas fini », le film est la suite directe du film-culte Halloween de John Carpenter (The Thing, L’Antre de la Folie). La nuit de Michael Myers ne faisait en fait que commencer. L’action va se dérouler entre l’hôpital où a été conduit Laurie et les quartiers de Haddonfield. Nous retrouvons les mêmes personnages associés à de nouveaux.

 

Produit et écrit par Debra Hill et Carpenter, Halloween 2 présente plus de meurtre, plus d’action. Tendu vers l’explicite, ce second opus s’avère en plus de sa brutalité, quelquefois ouvertement érotique (là où le sexe revêtait généralement un côté minable dans l’Halloween de Carpenter). C’est Carpenter qui désirait davantage de violence et l’a mise en valeur en supervisant le montage – mais il n’est pas intervenu sur le tournage. Rick Rosenthal (auteur vingt ans plus tard de Halloween: Resurrection) s’est trouvé contrarié du résultat et a nourri les accusations de désir de sabotage portées à l’encontre de Carpenter.

 

Le suspense est moins profond que dans le film de 1978, mais il n’y a pas moins de tension pour autant. Le mérite en revient aussi aussi à cet effet de réel toujours aussi garanti. Même si deux ou trois détails apparaîtront plus ou moins cliché, les personnages, les agissements et dialogues sont pleinement cohérents. Tout sert la menace, la pertinence et la vraisemblance ne sont que des outils. Les trois décennies de recul n’ont rien entamé de sa puissance.

 

Ce n’est pas un nouveau classique comme l’est son modèle, évidemment. Mais quel dommage qu’en raison de cette filiation, Halloween 2 se retrouve à ce point mésestimé, ignoré. C’est un slasher exemplaire, surplombant la masse du genre. Il rejoint 20 ans après et l’Halloween II de Rob Zombie dans l’échantillon très étroit des opus hautement recommandables de la saga Halloween. Elle-même est l’une des seules sagas horrifique valide dans son ensemble connues à ce jour, contrairement aux improbables Freddy et plus encore aux surréalistes Vendredi 13.

 

Faisons les comptes : Halloween II n’est clairement pas à la hauteur de son monstre de prédécesseur, soit, il n’empêche que c’est un brillant film de genre, c’est la seule suite clairement à l’image du premier qui soit un moment important dans le cinéma d’horreur. Halloween II a aussi le mérite d’enrichir les bases posées par Halloween et apporte des éléments permettant de donner du sens au Mal, sans sacrifier sa dimension abstraite (voir surnaturelle).

 

Conservant la même veine esthétique, il l’agrémente par quelques idées de cinéma (la vision subjective sur un Michael flou, le tueur au travers des écrans de contrôle, le plan de l’aiguille). Si l’on omet la reprise du theme dans un arrangement malvenu, Halloween II commet un sans-faute. Pour Carpenter et Debra Hill, il devait alors clore les aventures de Michael Myers, comme le final nous l’indique. Mais un filon est né, qui les dépasse et qu’il vont tacher de gérer, sinon d’étouffer, avec la dissidence de Halloween 3.

Note globale 76

 

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HALLOWEEN 3 **

3sur5  Flairant l’impasse (naturelle compte tenu du programme), Carpenter, passé co-producteur et co-scénariste dès la première suite de son Halloween, tente avec cet opus de transformer la franchise en une collection de films d’horreur distincts. Halloween 3 est donc le hors-sujet absolu dans la saga Halloween : pas de Michael Myers ni de boogeyman, pas de Haddonfield. Et même pour en finaliser, à peine une appartenance au genre horrifique, ce Sang du sorcier versant ouvertement dans le fantastique.

 

Par rapport à ce genre-là il trouve une place à part, présentant un programme ésotérique et complotiste laissant supposer une vague filiation avec quelques productions des 60s de la Hammer (par exemple les Damnés de Joseph Losey). Avec sa petite ville autarcique et désaffectée sous l’emprise du curieux bienfaiteur Mr. Cockrane, ses thèmes fumeux, sa mise en scène sobre et mystifiante, Halloween 3 est la série B chimérique par excellence.

 

Si une vague inspiration auprès de L’Invasion des Profanateurs de Sépultures se fait sentir, dans l’ensemble le film présente cette étrangeté des films allant avec une naïveté certaine aux sources du fantastique ; et peu enclines à se restreindre. Car ce qui se profile, c’est un massacre international, rien de moins. La romance cheap pollue un peu l’atmosphère de même que les deux personnages principaux, en revanche tout ce qui fait le décors et les détails du film est intriguant, en particulier l’ensemble des seconds rôles, où le ton s’avère parfois mordant. Fumisterie enfermée dans son époque, Le Sang du Sorcier peut compter sur son charme pittoresque pour séduire.

 

Le bide commercial va décider du retour de Michael Myers. Tant mieux car si les suites directes ne seront pas des modèles, il aurait été dommage de se priver d’un renforcement de l’univers de Michael Myers. Et somme toute, Le Sang du Sorcier est parfaitement cohérent puisqu’il exploite de façon plus cynique que jamais l’innocence de cette célébration populaire et de ses masques. Pour le reste, Le Sang n’est rattaché de l’intérieur à Halloween que par le clin-d’œil télévisé au chef d’œuvre de Carpenter, son theme à la 75e minute, mais aussi le cameo discret de Jamie Lee Curtis. Enfin on oublie toujours de remarquer un élément : la bande-son, composée par Carpenter himself, remaniant le theme pour en faire un refrain entêtant, enfantin mais dérangé, reflétant ainsi parfaitement la malédiction grotesque et implacable à l’œuvre.

 

Si on le juge à l’aune de la saga, on ne peut qu’être frustré ; à l’aune des deux premiers opus, être révolté. Sinon, il est largement possible de l’apprécier, y compris comme un nanar ingénieux. Dans le cas où on ne valide rien, il faut quand même encore reconnaître les qualités visuelles de cet Halloween 3, notamment au niveau de ses ambiances mais aussi de ses effets spéciaux, gores bien sûr, moins violents que ceux de Halloween 2, extrêmement décalés surtout. La défiguration à l’hôtel est impressionnante. Par conséquent la place qu’on lui attribue est dans tous les cas imméritée.

Note globale 60

 

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HALLOWEEN 4 **

3sur5 Dix ans après les événements de La Nuit des Masques et Halloween 2, Michael Myers a profité du transfert imposé par la loi pour s’enfuir et retourner à Haddonfield. Après la sortie de piste de Halloween 3, le producteur Mustapha Akkad décide de revenir à ce qui faisait la saga et annule l’idée saugrenue (soutenue par Carpenter) de faire d’Halloween une anthologie dont les épisodes n’auraient pas plus en commun que ceux des Contes de la Crypte.

 

Nous retrouvons donc le docteur Loomis, toujours pressé de convaincre les autorités de réagir et se méfier sans commune mesure. C’est aussi la première suite réelle sans Jamie Lee Curtis (voir la première suite tout court, puisqu’elle fait un cameo non crédité dans Halloween 3). La recette étant connue, c’est tout l’investissement qui rentre en compte. L’objectif du divertissement complet est atteint, ce qui comble la frustration de devoir dire adieu à cette première nuit inégalable.

 

Le résultat est une série B typique à bien des égards, avec hallucinations et petits coups-d’éclat destroy : Michael explose un garage et se barre en 4×4. Le film est néanmoins fidèle dans l’ensemble, tout en intégrant des gimmicks inattendus lorgnant quelquefois vers la comédie étrange (le curé) ou flirtant avec le fantastique sans y succomber (passage électrique).

 

La pression de la censure a forcé à restreindre le gore mais l’efficacité demeure. La réalisation sait ménager une atmosphère inquiétante, l’ambiance sonore se veut très puissante. Le film peut se définir par une sorte de fadeur opérationnelle, reflétant bien son modèle. Dwight H.Little qui s’avérera un spécialiste des suites bidons pour films ringards des 90s (Sauvez Willy, Anacondas), livre ici un bon slasher. Enfin Halloween 4 ose régler le cas Myers (en apparence au moins – après tout il ne meurt jamais) et trouve une ouverture intéressante en laissant le Mal qui l’habite contaminer.

Note globale 64

 

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Note arrondie de 63 à 64 suite à la mise à jour générale des notes.

 

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HALLOWEEN 5, LA REVANCHE DE MICHAEL MYERS **

2sur5 Halloween 4 était un très bon film de genre. Néanmoins l’essoufflement de la saga paraissait inévitable au-delà et lui-même scellait la fin de l’état de grâce. Comme Résurrection plus tard, Halloween 5 cherche l’alternative et échoue, avec pour avantage par rapport au huitième opus de ne pas s’enfermer dans une seule idée.

 

De là à lancer autant de vains  »mystères », il y avait un gouffre qui est largement enjambé. À quoi sert la filature de l’homme en noir, notamment ? Que faire de ces ambiguïtés laissées ça et là ? Rien. Toutes les tentatives de renouvellement sont hasardeuses, envoyées un coup avant de passer à autre chose. L’une des seules lignes de force réussissant à se dégager, c’est cette évolution globale, bien que très timorée, vers… la comédie.

 

Plus précisément la grosse farce à la Freddy. Paye ta musique de chapiteau avec ton tandem de clowns-flics. Oui mais entre Austin Power et Michael Myers il faut choisir. C’est la sève de Halloween qui est sacrifiée pour rejoindre le grand-guignol lassant propre à l’époque (fin des 80s). Là où la continuité préoccupe l’équipe du film, c’est dans la ré-intégration de Michael Myers : les producteurs étaient effrayés par l’hypothèse d’un Halloween sans lui.

 

Cela ne les empêche pas d’utiliser de manière furieusement débile les riches opportunités induites par Halloween 4. Même le traitement du traumatisme de la petite fille est exploité de piteuse manière, celle-ci étant réduite à brailler. Et quel manque d’audace de lui confisquer ainsi sa carrière de Myers girl. Heureusement il y a des vagues d’inspiration dans cet Halloween 5, elles sont ailleurs, elles sont sur la forme.

 

En effet le film assure toujours le minimum nécessaire et se sauve immanquablement, in fine, par certaines séquences bien senties. Pour la défense du film, il y aura toujours ses qualités techniques, ses éclairages glauques innovants par rapport à la saga, des décors inspirés et certains passages sur la corde raide. On trouve une séquence dans les foins ressemblant à du Vendredi 13 qui aurait été repris en mains par un metteur en scène rustaud digne de ce nom (impensable dans une telle série).

 

Halloween 5 nourrit donc des sentiments contrastés. Nous sommes déçus si nous comparons, évidemment, le film est faible en lui-même, pas de doute, mais ça fonctionne. Sa belle scène finale, largement à la hauteur du mythe de Michael Myers, est à cette image : impossible de jeter un film avec des éclats si reluisants.

Note globale 44

 

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Note arrondie de 43 à 44 suite à la mise à jour générale des notes.

 

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HALLOWEEN 6, LA MALEDICTION DE MICHAEL MYERS **

2sur5 Curieusement Halloween 5 a son lot de soutiens. Ce n’est pas le cas de Halloween 6, rejoignant Resurrection (le 8) dans la fosse. Avec cette Malédiction de Michael Myers, nous partons dans la fantasmagorie, avec un club occulte et un ésotérisme malsain greffés autour de Michael, tenu pour l’outil d’une entreprise d’apprentis sorciers.

 

Le programme est donc alambiqué et racoleur, façon sequel de Saw. Entre mystères plus ou moins bidons, frousse ringarde, emphase presque onirique et excès sensationnels en avance de quelques années sur la mode l’horreur, Halloween 6 est confus. Cependant quelque chose dans sa dynamique donne le sentiment qu’il porte des ambitions précises, qu’il ne sait pas forcément s’exprimer.

 

Loomis nous le dit cash : il n’est pas mort, juste à la retraite. Cette retraite n’est pas une croisière tranquille : les meurtres n’ont jamais été si radicaux (sauf peut-être dans Halloween 2) et on atteint un haut degré de sadisme. De manière assez paradoxale, les rouages sont maîtrisés. Sauf que ça ne suffit plus : il faudrait du talent, une manière de ménager l’attente ou canaliser une montée d’angoisse. Le public sait comment aborder ces rouages et le rendez-vous en devient fatalement ennuyeux.

 

Dans ces décombres pompeux se forge l’opus crépusculaire. Il y a un charme discret dans ce spectacle, plus encore que dans le précédent. Pour apprécier de façon optimale Halloween 6, il faut admettre sa nature : celle d’un téléfilm baroque, à la mise en scène clean et sans aspérité, sensationnelle, mais sans style achevé, structuré. La photographie est une réussite, nous baignant dans des couleurs saturées, souvent orangées, autour de la secte.

 

Réalisé tardivement après le cinquième opus (1995, six ans d’écart), Halloween 6 marque la fin des prolongations loyales mais paumées. Quatre autres opus vont venir, qui vont réinventer la saga. À croire que tous les agendas sont synchrones, Donald Pleasance joue ici son avant-dernier rôle et ne verra donc jamais le résultat. Une certaine franchise Halloween meurt et on peut considérer les opus 4, 5 et 6 comme une trilogie à part (surtout dans les décors), plus axée granges miteuses, souterrains morbides et intérieurs sombres. Des beaux restes mâtinés de kitsch.

Note globale 44

 

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Note arrondie de 43 à 44 suite à la mise à jour générale des notes.

 

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HALLOWEEN 20 ANS APRES (H7) ***

4sur5  Halloween 20 ans après ouvre l’ère post-moderne de Halloween. Plus de Donald Pleasance en Docteur Loomis, plus de Michael Myers partant vers le mysticisme grand-guignol. Réalisé en 1998 soit 20 ans après la sortie du film culte de Carpenter, H20 marque le retour de Jamie Lee Curtis et ignore carrément tout ce qui s’est déroulé après Hallowen 2.

 

La réalisation est remise à Steve Miner, auteur des deuxième et troisième opus de Vendredi 13. Sans vraiment nuancer la nullité de cette saga champêtre, ce technicien hors-pair est venu la subjuguer avec ses Meurtres en 3 dimensions [l’une des propositions les plus cash et beaufs de l’histoire du cinéma, quand même pas rien !]. Et la Miner’s touch vaut trente fois le retour de Rosenthal qui suivra sur Resurrection, car c’est tout simplement l’une des meilleures suites de Halloween, avec l’Halloween 2 qui le suivait directement et l’Halloween 2 de Rob Zombie.

 

La dynamique n’a plus rien à voir avec la lenteur et le vide tétanisants de l’opus modèle. Série B décomplexée, H20 est touché par la grâce. Kitsch et efficace, cette sequel se distingue par son excellente mise en scène, au point que certaines séquences restent en mémoire après-coup. On retrouve ici un plaisir similaire à celui éprouvé devant les deux premiers Scream, sortis juste avant lui et avec lesquels il a des points communs.

 

Et comme eux il ne s’interdit pas les clichés ni même le flirt avec la comédie. Il y a donc de ces gimmicks bâtards, comme le flic (black) souhaitant « exprimer sa créativité ». Pour autant le second degré malhonnête est inconnu de Steve Miner et il se soustrait à ce traitement graveleux et destructeur de l’horreur que Craven a malgré lui généralisé.

 

H20 est pince sans-rire à l’occasion et quelques facéties auraient pu être dispensées, mais si le film fonctionne à merveille c’est parce qu’il va droit vers l’horreur sans fausse pudeur et aussi, sans l’analyser pour se délecter ensuite de ses effets. L’horreur se joue, sans commentaires. Cela n’empêche pas les clins-d’œil plus ou moins en sourdine : masque de Jason et même d’un Cénobite à l’occasion de la fête en début de métrage, cameo de Janet Leigh (la Norma de la douche dans Psychose).

 

Et surtout, lorsque le fauve est lâché pour de bon, H20 est dans le sérieux : le lourd, au sens mélioratif. Le dernier quart-d’heure est un moment remarquable dans l’Histoire du slasher voir de l’Horreur, notamment pour les dix minutes grandioses où Jamie surmonte sa peur. La mobilisation de toute sa haine contre l’agresseur retors et jusqu’ici invincible parce que lui n’a ni limite, ni conscience. Le plan final est l’un des plus exaltants qui soit. Il marque le triomphe sur le vide sans fin.

 

La définition du style de H20 est donc assez complexe. Le film est assez léger, mais pugnace. Il procure plaisir et tension, généreusement ; est à la fois délicieusement désuet et trépidant comme un pur train fantôme. Il est relativement humble, lucide sur sa condition, mais va au bout de ses ambitions et ose délibérer sur son sujet, là où ses prédécesseurs ont toujours été lâches ou évasifs. Enfin il opère des choix esthétiques de bon goût (le cadre, une résidence chic et isolée dans la nature reliée à un important lycée, est excellent), mariant l’exotique et l’essence sublimée du genre.

 

Fait rare pour un slasher, les personnages sont réfléchis et on retrouve ici les plus travaillés et incarnés depuis l’épisode initial. Rien de fulgurant mais le portrait de cette mère névropathe et son fils otage est extrêmement réussi et seul le double remake de Rob Zombie sera aussi stimulant à ce niveau.

 

Accessoirement, H20 marque la restauration de la caméra subjective, amplifiant cette sensation de mobilité presque aérienne qui est le propre des péripéties de Michael Myers à leur meilleur. Globalement ce n’est sans doute pas un grand film, il flirte même avec le téléfilm ; en revanche, c’est un des slasher les plus réussis que le genre ait fourni en trois décennies. On trouve difficilement plus attachant et c’est un plaisir total, qu’on le juge coupable si c’est notre degré de réceptivité, peu importe !

Note globale 76

 

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Note arrondie de 75 à 76 suite à la mise à jour générale des notes.

 

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HALLOWEEN RESURRECTION (H8) *

2sur5 Halloween 20 ans après, septième opus, marquait la renaissance de la série tout en décidant.. de la referme et osant régler le cas Myers. Le film a fonctionné, il avait tout pour cela. Akkad pouvait donc encore mobiliser des producteurs pour un nouvel opus de l’Halloween post-moderne. Halloween Resurrection appartient en effet à ce troisième temps de la saga, qu’on pourrait découper ainsi : 1) l’opus originel et le second qui en était un bonus, 2) Halloween 3 et la trilogie d’expérimentations chancelantes, 3) Halloween 20 ans après et Resurrection, à la fin des 90s, 4) Halloween revu et dopé par Rob Zombie.

 

La troisième partie remet en scène Jamie Lee Curtis (pour une courte durée ici) et surtout s’inscrit dans une dynamique ré-actualisée, bien en phase avec l’horrifique décontracté, très gore, vaguement conceptuel et largement référencé de la fin des 1990s et du début des 2000s. Mais si 20 ans après réussissait à jouer sur plusieurs tableaux tout en sublimant la dimension sacrée de Halloween, Resurrection est une épave, un slasher débile, de son époque en effet, avec un concept méta-fictionnelle pour pimenter également.

 

Problème, rien ici n’est propre au film en tant que tel, qui pompe largement les idées de Freddy sort de la Nuit (le 7e), où Craven (auteur des Griffes de la Nuit où Freddy est né) venait justement stopper les piteux délires sur sa création. Une hypothèse survient, cynique et assez épouvantable somme toute : s’agit-il d’une vengeance personnelle de Rosenthal, fâché qu’on ait remodelé son Halloween 2 (Carpenter estimait que le premier montage ne provoquait aucune frayeur). Lequel était, en passant, la seule suite remarquable du film de Carpenter, avant que 20 ans ne vienne s’ajouter à la liste.

 

D’ailleurs on retrouve, dans une moindre mesure et à la moulinette des standards de l’ère Scream, cette capacité d’immersion qu’avait Halloween 2. Surtout le quart-d’heure d’exposition, même si dépourvu du moindre suspense, est aussi vulgaire que formellement virtuose. La séquence du couloir nous laisse espérer un instant, mais déjà les premiers choix ridicules annonçant la crucifixion de la franchise entachent l’ensemble.

 

Et passée la mise à mort minable, sinon intolérable pour le fan, de Jamie Lee Curtis, nous basculons dans le teen movie outrageux. Dopé par une beauferie intégrale digne de Une nuit en enfer, il nous gratifiera au moins de ces petites répliques de campus méditatives à leur degré, tel « coucher avec un élève en musique équivaudrait à du lesbianisme » par l’étudiante en socio. Les  »bombes » peinturlurées défilent, laissant supposer que Tyra Banks et Bianca Kajlich sont présumées stimuler le chaland.

 

Le film n’est pas si mal, le personnage du producteur est assez marrant en dernière instance, la correspondance entre l’héroïne et le non-obèse derrière l’écran n’a que des bénéfices. Film d’exploitation clinquant, Halloween Resurrection se fout ouvertement de toute crédibilité ; si Halloween 5, 6 et 20 ans après tordaient un peu la logique, ici on atteint un degré d’incohérence festive qu’on en devient vite blasé. Compte tenu du résultat d’une telle entreprise de déstructuration, il s’agit de contempler jusqu’où Rosenthal va emmener la désintégration. C’est ludique, somme toute.

Note globale 38

 

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Note arrondie de 37 à 38 suite à la mise à jour générale des notes.

 

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 Voir l’index cinéma de Zogarok

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2 Réponses to “LA SAGA HALLOWEEN ***”

  1. arielmonroe octobre 31, 2014 à 15:35 #

    Bravo pour l’exhaustivité ! Je me suis laissé prendre au jeu y a pas longtemps. C’est vrai que c’est les films d’horreur par excellence. J’avais vus des Vendredi 13 à leur sortie mais trop malsain pour moi. On évolue.

    • zogarok novembre 7, 2014 à 13:35 #

      Merci ; je viens de repasser les Vendredi 13 et même les Freddy pour faire la même chose qu’ici. Pour les Freddy, c’était déjà fait, mais une ré-actualisation est bienvenue finalement : le 2 que je prenait pour un atroce navet m’apparaît maintenant comme la meilleure suite.

      C’est curieux, de ne les voir qu’aujourd’hui après les avoir ignorés à l’époque. Je ne pense pas que les Vendredi 13 soient plus malsains, ils ne vont pas tellement plus loin dans l’horreur physique, mais l’absence de contenu de l’ensemble a tendance à mettre en relief les meurtres.. D’ailleurs quand il y a un scénario digne de ce nom dans Vendredi 13, ça vient d’ailleurs ; et parfois même de Halloween, notamment le premier film et le neuvième, « Jason va en enfer ».

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