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ASSASSINATION NATION *

21 Juin

2sur5  Une vitrine racée et convenablement débile des mœurs liées aux réseaux sociaux, aux fantasmes et prospectivismes grégaires, à l’adolescence criarde de l’époque. Pachydermique mais habile, bien qu’il perde régulièrement en impact et en pertinence ; la dernière demi-heure est un carnage façon The purge ou guérilla kikoo-savage (comme on en trouve chez les japonais). Néanmoins un vrai sens esthétique, de possibles inspirations surprenantes (Ténèbres d’Argento ?) et surtout une fougue indéniable incitent encore à épargner ce film.

Il est capable d’ambivalence et d’intégrer celles de ses sujets. Via la bande on dénonce l’hypocrisie du monde hashtag – et s’inscrit totalement dedans, même s’applique à prendre les devants. Les claques narcissiques font pleurer ces pauvres jeunes filles, elles sont recherchées pourtant ; on se désintègre soi pour mieux se livrer aux pièges et à l’attention de l’environnement. Bien sûr en dernière instance seule la flatterie l’emporte, avec un gros appel féministe grotesque, incroyablement pompeux (« we are legion »). La jeune mégère névrosée se place dans l’attente de la moindre béance, de la moindre tension ; voyez-les : il faut que leur scénario se déroule. S’il ne s’active pas elles le provoqueront en exaspérant ou en se mobilisant. Pauvre petite narcisse arrivée dans un monde plein de règles absurdes et d’injustices !

L’hypocrisie est chez les autres, toujours (les anarcho-trumpistes sont l’ennemi frontal – dans une fosse à purin voisine et tout-public). Les aguicheuses [leurs comportements] sont mal interprétées, objectivées par les autres – on pourrait croire qu’elles participent à fond – faute : dans leur dialectique non. Là-dedans il n’y a pas que des idioties : voilà une ‘pute/salope’ donc on se donne des droits, la fille la plus drôle et pertinente relativement à sa mauvaise foi est le trave ; dans sa solitude Lily devient la cible des moqueurs, de la violence gratuite et ses proches adultes justifient ses malheurs – la société est plus forte que l’intimité même au travers des parents. Ironiquement la pointe de nihilisme ramène le film vers un semblant de lucidité, sous une triple-couche de grossièreté : l’humanité animale se régale des lynchages (le directeur veut faire valoir sa personne mais tous s’en moquent – comme de la réalité ou de la nature de sa faute, l’essentiel c’est simplement qu’une personne passe au grill – dévêtue pour mieux brûler). Les filles et le film ont beau jeu de constater que nous serions tous poussés à la vindicte populaire – aucune place pour le courage ou l’éthique là-dedans, seulement des fracas et les morales de meute fraîche ou enluminée. Car ces mondes-là sont ados, donc contraints – mais tout ça ne mérite même pas de remise en question (les questions aptes à émerger se règlent à coup d’ouvertures type : « la nudité pas forcément érotique »).

À force de dramatisation, victimisation et flagorneries le potentiel de vérité du film (au-delà de la simple crédibilité) implose carrément – le moment critique est le report du hacker boy lâche sur la fille (déjà accablée) ; les quatre commères sont alors soudainement pourchassées. Ce sacrifice n’a aucun sens même de la part d’une foule irrationnelle. N’y survit que le fantasme des sorcières de Salem. Tous les thèmes et toute cette sauvagerie sont tirés vers une thèse : on veut posséder le corps des femmes ! 2018 dans le monde, les slut sont nos boucs-émissaires. Progressivement Assassination n’est plus que ce qu’il est en principe : un truc féministe délirant et déplorable (alors que les aspects ‘délirants’ dans l’ensemble étaient directement vraisemblables, pas des échos lointains ou de la dystopie idéologique). Il n’y a même plus la bêtise joyeuse de l’ouverture, encore un peu spontanée malgré la démonstrativité – qu’un nanar empli de phrases prévisibles, de la démagogie teen tout juste accessible pour les vieux hypocrites. Ce n’est qu’une orgie de problématiques stupides de gens incapables de s’en défaire. Ils et surtout elles n’ont pas le courage d’être autonomes, d’être de vrais individus – ils et elles ont assurément celui de péter leur scandale et d’alimenter chaque petite étincelle pouvant vous transformer en martyr[e] – malheur, les ‘safe space’ ne résistent pas au feu.

Note globale 38

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Suggestions… Idiocracy + Kill Bill + Sprink Breakers

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CROWS ZERO *

23 Oct

crows zero

1sur5  Crows Zero a été un nouveau gros coup pour Miike en 2007 et il en réalisera même la première suite. Adaptation des mangas Crow et Worst d’Hiroshi Takahashi, le film pourrait tout aussi bien n’avoir aucun modèle précis tant il ne vit que par les clichés les plus ridicules et exacerbés de l’anime japonais pour jeunes ados hystériques. Le film oppose des groupes de jeunes cherchant à prendre le contrôle du lycée de Suzuran à Tokyo ; le résultat patauge entre l’Infernal affairs des (beaux) quartiers boutonneux et attaque de BB Brunes nippons en mode darky trashouille. Musiques de groupes (pop-)rock pour jeunes rebelles à faire passer Coldplay pour un visionnaire assorti.

Miike est très volontariste, gonfle les poses, aligne des interactions foutraques, des petites soirées, les activités extrascolaires badass voir d’apprentis-mafieux, des petites échanges de groupes, les scènes de concerts pour jeunes ploucs argentés, les projections de X expliquant à V ce qu’il songe pour son avenir ou contre ses adversaires. Les quelques combats sont minables, la violence est puérile ; et surtout que de détails, de personnages avec leurs petites missions et caractéristiques, de bavardages et d’absence de colonne vertébrale, au profit d’un cumul d’anecdotes indifférenciées et de faux clips rabougris. On est dans Pokémon by Kassovitz (La Haine) et manifestement bon nombre d’ados sont enchantés.

Ce spectacle d’une totale inanité, d’un niveau sans doute fréquent dans le Z pour ados, reste déconcertant de la part d’un auteur aussi avancé que Miike. Enchaîner les films, avec parfois quatre ou cinq par an, ça a aussi ce genre de contre-coups. Il n’y a aucune discipline dans Crows Zero, pas plus d’inspiration (même narquoise), une mise en scène sans direction, une propension à la pose – bâclée, sans goût et même très laide, mais conforme à l’esthétique de roman-photos pour puceaux revendicatifs se rêvant yakuzas. Le budget se ressent, notamment avec le travail sur la photo, mais son rendu glauque ne correspond pas du tout au déroulé des événements et il n’y a moins de travail sur l’atmosphère et de puissance dans l’écriture que dans Arthur et Maltazard.

Au programme, beaucoup d’intrigues et sous-intrigues de clan, un peu de filiation, de relations à papa ou de pression à devenir un homme, qu’on se met ou que l’environnement nous met, oui mais c’est pas si facile ! C’est proche du nul, plus embarrassant que les beauferies de Taxi & co car eux évitent de s’arroger ce lyrisme en carton. Pire, Crows Zero croule sous la psychanalyse de trisomique boiteux ; Miike n’a jamais été spécialement brillant pour la psychologie, raison de plus pour ne pas essayer. Il peut faire un Taxi 5 ou s’illustrer par de nouvelles histoires torturées ou des outrances visuelles, mais il y a des terrains qu’il faut savoir s’interdire ; si Visitor Q était un naufrage redoutable c’était en partie pour ça.

Peu importe cependant pour Takashi Miike, il est capable d’envoyer des films percutants mais n’a pas vocation à travailler pour l’amour de l’art. Il tourne pour tourner, donc si lui vient le courage et l’énergie de façonner des films bien troussés, tant mieux, sinon, une série B genrée, peu importe sa qualité à la sortie, ça ne mange pas de pain. Avec Crow Zero, Miike se fout de la gueule du monde et capitalise sur une niche ? Ok, soit. Qu’il fasse sa merde, qu’elle soit adulée par les habitants de cette niche et qu’il aille se faire foutre avec ses films pour bikers débutants. S’il est rendu à ce degré de cynisme, il y a la possibilité de prendre un pseudonyme sous lequel il exécuterait les basses besognes.

Note globale 28

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Suggestions… The Raid 2 + Machine Girl

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Miike sur Zogarok >> Crows Zero + La Maison des Sévices + Audition

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LES GOONIES ***

14 Juil

3sur5  Film culte du milieu des années 1980, Les Goonies est un film à voir le plus jeune possible. Dans ce contexte il peut être une expérience formidable et l’a justement été pour toute une génération. Véritable chasse au trésor, Les Goonies se propose comme un jeu de piste, voir comme un jeu vidéo, avec ses niveaux contrastés, remplis de mystères, de surprises et d’énigmes. À chaque fois qu’un défi est relevé, on passe à une nouvelle séquence avec son lot de suspense et d’émerveillement.

 

Chargé de symboliques du passage à l’âge adulte, Les Goonies noue une relation intense avec le public pré-adolescent en adoptant un ton libéré au fil des aventures : les enfants ou ados s’expriment sans détour, ils ne sont pas des créatures mièvres taillées pour assumer leur fonction sans déborder. En résulte un humour vaguement trash avec des gamins parlant de drogues et de sexe, certes avec candeur (car nous ne sommes pas dans South Park) mais comme ils peuvent le faire à leur hauteur.

 

Un peu d’horreurs, de frissons et de transgressions donc, pour faire monter l’adrénaline, sans trop voir le loup. À cela s’ajoute une ambiance de franche camaraderie, où s’affirment les valeurs de la bande. Peter Pan n’a plus peur de grandir ! Malgré certaines erreurs de montage ou  »coquilles », la mise en scène est de haute tenue et fait parfaitement écho à cet état intermédiaire de la petite adolescence. Certains moments sont d’une grande beauté, notamment les prises de vue de la Nature à Astaria dans l’Oregon, ou le bateau des pirates de la dernière partie.

 

Réalisé par Richard Donner (La Malédiction), ce cousin de Jumanji et SOS Fantômes a été écrit par Chris Columbus, inspiré et dirigé par Spielberg comme il le fut un an auparavant pour Gremlins. Columbus passera davantage à la production et à la réalisation par la suite, signant notamment Mrs Doubtfire et le premier Harry Potter. L’emprunte du superviseur d’Indiana Jones n’y sera plus, l’ampleur du divertissement s’en ressentira. Donner lui s’illustrera à nouveau avec la saga L’Arme Fatale.

Note globale 67

 

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Suggestions…

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PARANOID PARK ***

27 Avr

3sur5  Paranoid Park a cette tendance insupportable des rapporteurs de l’innocence à la mettre en exergue avec une totale complaisance. Il a raison de ne pas la bousculer puisque le personnage concerné, un imberbe mollasson, est parfaitement insondable. Il est à ses propres yeux un absent, un spectateur. Le lourd secret qu’il enfouit ébranle toutefois cette douillette léthargie. Il va s’en servir pour accélérer le processus de maturation. Gus Van Sant montre par là les effets de la création, la clé du développement à son sens.

 

Malgré certains agacements critiques, le film exerce une séduction. Cette banalité décalée, cette sensibilité si unique de Van Sant ont un charme exceptionnel (l’inadmissible Gerry lui-même avait cette force intime). Van Sant n’est pas doué pour les mots mais bien pour la mise en scène et son film n’est pas simplement un poème visuel, mais un parcours dans l’état d’esprit de ce jeune homme. Alex s’entretient dans un état déresponsabilisant, proche du fantôme, atteint par aucune espèce d’émotion et imperméable au drame.

 

Même si certaines expressions distordues sont à la limite du clip pour beaufs stone, le travail sur le son et la photographie ouatée de Christopher Doyle (collaborateur récurrent de Wong Kar-Wai – 2046) rapprochent le film de l’expérience sensorielle. Une expérience proche de l’hypnose, à laquelle on ne croit pas toujours intellectuellement, mais dont le lyrisme vient à bout des résistances.

 

C’est une de ces œuvres parvenant à valoriser un sujet (ce garçon vacant) qu’on pourrait négliger, parce qu’elle connait tout de son essence blessée, plus que lui n’en perçoit encore. Nous-mêmes devenons des accompagnants empathiques, gagnés par ce calme profond, cherchant avec lui la place (la famille de substitution) qu’il pourrait occuper dans un espace où les options s’imposent à lui. Ce qui nous attache in fine, c’est la démonstration de cette puissance d’inertie au seuil du basculement vers l’état adulte.

Note globale 64

 

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Suggestions… Harvey Milk + The Oregonian

Scénario/Écriture (6), Casting/Personnages (6), Dialogues (5), Son/Musique-BO (7), Esthétique/Mise en scène (7), Visuel/Photo-technique (7), Originalité (7), Ambition (8), Audace (6), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (6), Pertinence/Cohérence (6)

 

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QUAND ON A 17 ANS ***

15 Oct

3sur5  Entre naturalisme et recomposition idéaliste du réel. Quand on a 17 ans sonne comme un fantasme sans âge élisant la jeunesse pour décors. Ce film de Téchiné sent la nostalgie largement chimérique, injecte du libidinal cru dans des contextes familiers ou ronflants. Malgré les outils contemporains (notamment les conversations par webcam), il semble se dérouler dans le passé. Il partage une ‘vibration’ commune avec les films récents situés dans les années 1970-80 dans la France reculée et ‘continentale’. Les références scolaires (division en trimestres) et le cadre en général donnent l’impression d’une régression romantique, d’un trip romanesque à cheval entre les temps (comme pour pérenniser ou simplement vivre plus tard une musique intérieure). Les sentiments lourds filent entre les activités obligées du réel ; la vie ‘colorée’ et intense (mais aussi les désastres émotionnels) se niche sous le couvercle par lequel on se protège.

La traduction des portraits et des relations par la mise en scène est sensuelle et limpide, embrasse la complexité en retenant l’essentiel. L’écriture, pour laquelle Téchiné s’est associé à Celine Sciamma (Tomboy, Naissance des pieuvres) est au contraire très raide, avec une tendance à appuyer contredisant celle ‘à se déployer’ à l’écran (la définition du « désir » pendant les révisions est un si bon exemple que Tom manque de briser la 4e mur en le relevant). Les profils sont extrêmement tranchés en dernière instance (et les connotations ‘faciles’ – sur l’inversion de Damien, via la citation de Rimbaud..). Damien (Kacey Mottet Klein) est le blanc sans muscles malgré sa bonne volonté, blondinet proche de maman, bon élève au masque hautain ; Corentin (Tom Charpoul) le métis paumé mais résilient, adopté par des fermiers vivant en montagne, affrontant le monde en taiseux dissuasif et recourant volontiers à la force physique.

La tension entre les deux se règle d’abord par les coups venant de Corentin, le mépris de la part de Damien. L’existence de chacun absorbe l’autre, mais les plonge dans l’insécurité et le doute. Ils se le font payer en mesquineries. Le malaise de Corentin est plus net, criant. Il voit des signes de rejets lorsque l’autre (Damien en particulier) se protège, brutalise pour éviter de perdre la main et le contact. Il ne connaît pas les réflexes pour maîtriser les situations humaines et n’a pas de stratégies ou autres substituts réfléchis. Il se sait passer à côté du confort, de l’assise ‘ordinaire’ des autres, de leurs joies et de leur conviction d’être de cette vie là, l’actuelle. La grossesse inespérée de sa mère décuple son sentiment d’exclusion.

Le cas de Damien est plus diffus, sa problématique davantage de l’ordre de l’accident et du caprice – mais pas moins évitable. C’est autour de lui que les schémas sont dressés, il est le ‘centre’ et probablement le relais immédiat d’un ou des auteurs ; cet opus pourrait être une version corrigée, sur-mesure, des confessions des Roseaux sauvages. Cette fois le camarade convoité n’a pas de route tracée, il n’a même pas de bagages à lui. C’est ce qui maintient l’attraction et l’éveil malgré sa fermeture apparente ; son hostilité est manifeste et consciente, mais elle peut être percée et elle le retient dans le champ de Damien. Lorsqu’il est la proie, Damien peut exister pour lui en abaissant les tensions pour les deux partis, à condition de fuir encore, ou de protester sur ce mode offensif, donc en liquidant tout dans leur relation ‘écran’. Ainsi Tom, tourmenté malgré sa puissance, peut avoir une place rassurante dans ce jeu de dupes.

Le film avance par tableaux significatifs et cumule les sous-entendus ; dans la scène où ils sont envoyés chez Paulo, les deux semblent se courir après dans la neige, avec Damien fuyant et faisant l’indifférent tout en crevant d’envie et d’impatience ; Tom impliqué et exceptionnellement l’air épanoui et bienveillant à l’égard de l’autre, qui ne le regarde pas mais avoue sa peur et sa dévotion – en somme, son infériorité. Les deux essaient de se piéger, se faire languir mutuellement ; là-dessus le passage chez l’homosexuel (avec son exploitation agricole) est le plus éloquent et sarcastique. Damien a voulu jouer les meneurs mais se prend une claque ; ses desiderata trouvent leurs limites face à la combativité naturelle de son ‘adversaire’. Cette position ascendante presque ‘administrative’, qui renvoie aussi à leurs situations économiques et ‘de classe’, vole en éclat perpétuellement ; mais le plus dur au fond c’est que Corentin ne l’exploite pas à fond, ne fasse que fendre l’armure de Damien sans profiter de sa puissance – et la libérer sur lui.

Le meilleur du film, à côté de cet amour étouffé, est la constitution d’une bulle dont la mère de Damien, Marianne (par Sandrine Kiberlain) essaie d’être l’organisatrice désintéressée. L’assistance de la mère est paradoxale. Son attitude est celle d’une ravie impérieuse, sûrement dans le cumul des dénis ; elle n’a pas le choix, tout le monde est refoulé, trivialement borné ou bêtement compliqué autour d’elle. En position centrale par rapport à son entourage proche, elle irradie, manipule mais ne retient personne ; n’a plus qu’à écouter ou jouer les entremetteuses, laisser-vivre son fils ce qu’elle-même convoite et l’encourager là où ils ont des aspirations communes. À l’occasion de l’examen justifiant une rupture de la bulle, elle les déshabille ensemble pour la première fois – torses-nu cote-à-cote, avec les hématomes qu’ils se sont fichus.

Encore une fois Téchiné invente à l’écran une famille atypique, s’étendant par alliances troubles et tues. Mais ce n’est plus le non-dit pur (du Lieu du crime) ou le voile conventionnel (de Ma saison préférée) ; ici on lutte contre ce qui monte maintenant ou arrive hors de contrôle, il n’y a pas de secrets ou de hontes venues des profondeurs. C’est un peu le versant heureux et domestique de J’embrasse pas, où les chausses-trappes sentimentales et sociales, les différences, sont surpassables – tout en laissant des traces. Sur le bas-côté : l’emphase et le voyeurisme doux rendent l’affaire quelquefois gênante ; la bande-son ethnique est décalée ; les acteurs secondaires sont souvent très guindés – paradoxal au vu du principe général et du climat réaliste. Ces points ne corrompent pas forcément l’intégrité du film et peuvent aussi marquer la dissociation du trio par rapport à son environnement, la sensibilité exacerbée couvée par un ordre théâtralisé par les humains et en fait dominé par des lois naturelles vues ou vécues sous l’angle ‘romantique’.

Note globale 67

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Suggestions… Eastern Boys

Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

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