BULLET BALLET ***

15 Mar

4sur5  Comptant parmi ses réalisations les plus réalistes, Bullet Ballet est un des films de Shinya Tsukamoto, grand nom du cinéma cyberpunk et auteur de l’hallucinant Tetsuo. Trash et pourtant délicat, Bullet Ballet est un voyage dans une jungle urbaine en noir et blanc, mixé par une mise en scène épileptique. Il raconte l’aventure d’un homme, interprété par Tsukamoto lui-même, s’immisçant dans les quartiers mal famés après le suicide de sa femme.

Des bureaucrates et petits businessman aux membres des gangs de rue, tous les personnages de Bullet Ballet sont pathétiques, chacun à leur manière, chacun dans un monde qui ne fait que croiser celui des autres, sauf dans le cas où le drame joue les prolongations. Concernant le héros, on éprouve une pitié sincère et finalement un attachement pour ce pauvre type, victime absolue décidé à riposter désormais, obsédé par l’acquisition ou la fabrication d’un flingue. Et tendu vers l’épreuve du concret, quitte au combat. Un chemin encombré par sa fixation amoureuse, comme s’il n’était déjà pas suffisamment fébrile et maladroit.

Proche de l’expérimental, Bullet Ballet appartient à ce cinéma d’action ininterrompu, proche de l’hystérie, que Tsukamoto a façonné et dont il reste le seul propriétaire. Tout au plus on songe à Leo Carax (Holy Motors) pour cette démarche dont l’esthétisme absolu n’a d’égal que la fraîcheur. Même si les motivations des personnages sont parfois floues dans la seconde partie, Bullet Ballet n’est pas hermétique, il capture les instincts et les sentiments vivant au travers d’un monde mécanique. Tsukamoto voit la chair et les cicatrices à vif là où les autres ne verraient que bric-à-brac et résidus chaotiques. C’est un film incroyablement physique. Pas poignant (qui est bouleversé?) ou cérébral, physique.

Et il nous montre Tokyo comme un labyrinthe, avec des morceaux entiers en proie à la dégradation. Le génie de Tsukamoto, c’est de ressusciter un esprit animiste dans le monde contemporain, de pressentir la fusion entre l’organique et les forces immuables qui l’ont engendré. Cinéma visionnaire, marquant la victoire d’un matérialisme fantasmagorique sur la froideur d’une modernité/d’un présent mesquine et neurasthénique.

Note globale 76

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions…

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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