LA CREATION / ZOMBIES: THE BEGINNING *

1 Déc

1sur5  Dans l’univers du nanar, Bruno Mattéi est un monstre sacré. Pendant des décennies, il a abreuvé les fans de séries Z décomplexées, en arrosant tous les genres, la SF comme le péplum, avec naturellement une prédilection pour l’érotisme et l’horrifique, plus souvent le survival. En bon nanardeux, il utilisait des pseudonymes : il signe son dernier film sous son sobriquet favori, Vincent Dawn.

Zombies:the Beginning est une resucée de Aliens le retour, avec une louche de US Alabama . Le scénario : il faut partir en mission sur une base militaire prise d’assaut par des créatures improbables, apparemment des zombies. C’est Sharon (une Ripley made in China), leader de la base dont elle a été délogée, qui y ramène une troupe pour tenter de… euh… sauver ceux qui n’ont pas pu s’enfuir ? Non il ne reste aucun. Récupérer des éléments, des objets importants ? Du tout. Reprendre la base ? Eh bien… pas tout à fait. Oui, c’est qu’on s’en fout aussi, permettez.

« On ne peut pas tuer quelqu’un qui est déjà mort vous savez ! » mais… mais… quitte à paraphraser Lovecraft, pourquoi ne pas prendre conscience de son sens flagrant et se retenir d’aller au casse-pipe… puisque vous ne pouvez rien ? Puis soudain, what the fuck ? Pourquoi ce régiment est-il réuni de nuit sous la pluie, avec une prestigieuse intervenante débarquant en ciré bleu ?

C’est d’une nullité hors-du-commun ; et justement, c’est ce qui fait tout l’intérêt éventuel et la richesse paradoxale de La Création alias Zombies:the Beginning. Surtout que contrairement à Turkish Star Wars, autre fleuron du nanar (souvent tenu pour le pire film de tous les temps, à tort), La Création diverti relativement : on est hilare à plusieurs reprises (tout le long pour les plus enclins), avec la féroce envie d’en voir encore et de ne rien lâcher. Pendant le premier quart-d’heure du moins ; et quelquefois ensuite. C’est peu, presque rien. Mais dans le domaine, c’est déjà pas mal.

Et La Création a un mérite, en dépit de tout le reste : c’est cette générosité incroyable, ce volontarisme puéril, aboutissant sur une kitscherie de chaque instant, accumulant les morceaux de bravoure les plus improbables, les dialogues les plus lamentables, les créatures et intrigues les plus saugrenues et aberrantes, dans un climat de fumisterie inouï. Et même s’il répète plusieurs fois la même scène de cauchemar, Mattéi sait se répandre en effusions débiles, assumant à fond sa logorrhée imaginative proche de la dégénérescence ou du caprice sénile. Les décors de l’île, entre la paintball, le laser-game et le QG de clochards, caricaturent cette compulsion à la créativité ras-du-bitume. Toutefois, si La Création est peut-être le plus heureusement nul de la carrière de Mattéi ; certaines de ses productions ont réussi à graviter un peu plus haut. Sombre étron certes, Les Rats de Manhattan ressemblait finalement presque à une pathétique série B, quelconque et bassement consistante (une petite philosophie par là, une once de style). Ce qui est déjà d’un très haut niveau… celui d’un presque-film.

Alors 1h31 de ça, à l’exception des zeddards purs, c’est trop même si on en avait envie. Mais dans le registre, c’est un must seen et ça a le mérite d’être authentiquement taré. Et surtout, le film réussit à maintenir l’attention grâce à son hystérie et tous les moyens déployés (minables, certes, mais vigoureux). L’ensemble est plein de surprises (les Adibou horrifiques) et de séquences  »cultes » ou jouissives à leur façon (la retraite de la troupe d’élite). C’est donc un champion dans sa catégorie et les cinéphiles avertis devront bien le reconnaître – bien que ça ne soit pas moins déshonorant pour Mattéi. Toutefois, considérant sa carrière, le sens de l’honneur ne comptait probablement parmi ses valeurs. C’était son dernier film avant sa mort et il n’y a qu’un seul conseil : Bruno, RIP. Vraiment, restes-y, tu t’est déjà trop abîmé dans ce monde-ci.

Note globale 30

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

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Aspects favorables

Aspects défavorables

* plus accessible et tolérable que la plupart des nanars

* une liberté enfantine, avec des gadgets ahuris un peu partout

* c’est de la merde, un étron intégral (mais de bonne volonté), nous sommes d’accord ?

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  Voir l’index cinéma de Zogarok

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