MÉTISSE (Kassovitz) *

3 Avr

1sur5  Premier long de Kassovitz, après quelques courts (Fierrot le pou, Cauchemar blanc, Assassins), avant La Haine et Assassins, Métisse est déjà un film en banlieue avec une injure anti-Le Pen. Il s’inscrit dans le sillage de Spike Lee et donne dans la caricature avec connivence. Un juif interprété par Kassovitz et un noir sont réunis par leur amante commune, Lola (métisse antillaise). Enceinte, elle les fait mariner tous les deux, les pousse à se concurrencer et à se retrouver.

Elle ne semble pas trop décidée, à peine joueuse. Son attitude consiste à laisser faire avec nonchalance, en savourant sa chance d’avoir les règles en main. Pendant que le noir sacrifie sa voie dorée et le blanc prend ses responsabilités, elle semble vivre des états émotionnels légers, avec quelques pointes d’aigreurs, qui ne seront pas spécialement légitimes vus de l’extérieur. Sa personnalité capricieuse transforme cependant une inconsistance a-priori en expression normale d’un caractère minable.

D’ailleurs le film est rempli de personnages débiles (mention spéciale aux vieilles juives), avec en substance les femmes mesquines ou criardes, les hommes excités mais souvent en stress voire tourmentés, ou simplement faibles ou bons à rien. Ces braves gens casent leurs petites sentences flattant la jeunesse, les traditions étrangères toutes rigolotes et la diversité raciale. La religion musulmane est citée de loin, un ‘Amen’ est utilisé pour l’ironie, pendant que le judaïsme est mis en scène sous un air bon enfant (avec l’exposition des rituels en famille, le bal des gentils faux/demi-gâteux, comme le pépé cool et HS).

Pendant la seconde moitié, où le juif et le noir deviennent complices et forment un ménage à trois avec Lola, la nature et l’orientation du film exultent. C’est un mélange de Ozon bas-de-gamme et de Kechiche sans dossiers (mais pas sans ambitions). Malgré le tapage intrigant, le film aura vite viré à l’épave. Il essaie de faire de l’humour et de l’esprit, en vient à placer des clashs politisés bidons. Cette médiocrité semble pouvoir indiquer que tout ça n’est pas si important que la réalité, c’est-à-dire ce que les gens vivent ensemble. On critique les crises d’egos et de mâles en passant. Mais vaguement, car il faut être benêt humaniste sans trop se châtrer, afin de pouvoir étendre son auditoire sans perdre la jeunesse de cité première visée.

Note globale 26

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario/Écriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (1), Son/Musique-BO (1), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (2), Originalité (2), Ambition (3), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (1), Pertinence/Cohérence (1)

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