SEANCES EXPRESS n°19

23 Jan

> Next Door (Naboer – Fantasmes sanglants) **** (80)

> Go Fast * (40)

*

NEXT DOOR (NABOER) ****

4sur5 Œuvre psychanalytique et esthétisante, Naboer est une sorte de Polanski première époque (Le Locataire, Rosemary’s Baby) remanié, avec un scénario syncopé, la pathologie mentale pour métaphore et une abondance d’élans oniriques suaves et extravagants. Le norvégien Pal Sletaune livre un objet pulsionnel, fantasmagorique et plus encore parce qu’il puise dans le réel l’impact et dans le fantasme l’habillage (couloirs à rallonge débouchant sur des pièces-exutoires, projections surréalistes mêlant sens exaltés et dissociation avec le monde physique).

C’est un voyage morbide, soixante-seize minutes consacrées à la perception malade d’un homme enfoui et submergé, incapable de se dissocier de ses instincts les plus profonds, incapable aussi de se tirer d’un cycle inhumain. Absolument désincarné, au-delà de la vie et de la mort, à l’intersection entre le fantasme et la réalité ; sa condition échappe à tout ancrage réel. C’est lynchéen par définition, puisque la pellicule est l’écrin absolutiste d’une âme totalement délivrée ; et finalement vaguement auscultée, parce qu’après le cauchemar vient le thriller, qui nous met face à ce que le sujet ne voit plus.

.Naboer tire toute sa puissance de cette immersion totale dans un esprit dérangé, servie par une mise en scène extrêmement élaborée (davantage que le sujet lui-même). Rarement un film a su si bien accomplir la fusion et l’intégration dans la psychose d’un personnage – sa surcompensation délirante se délite peu à peu en laissant entrevoir une réalité tellement plus triviale et unilatéralement laide. Il y aura une possible frustration devant cette issue de genre assez convenue, surtout compte tenu des cymes atteintes lors de l’abandon total aux projections du patient. Au final, Next Door s’affirme comme un produit de genre brillant, doté de tics audacieux et fournissant une escapade psychotique d’une témérité et d’un charme sensoriel et graphique inouï.

;Concis, droit au but dans sa figuration tortueuse, à la fois séduisante et agressive, mystifiante et démonstrative. Une parfaite pénétration dans un espace mental monomaniaque et dont les illusions et les inhibitions cèdent. Un film rêvé pour celui qui veux dépasser l’état de spectateur pour atteindre celui d’explorateur transi, psychiquement connecté et avide.

Note globale 80

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC 

La bande-annonce du film

.

.

.

GO FAST *

2sur5  Sorte de docu-fiction lorgnant vers Enquête d’action, Go Fast se cherche en western urbain et s’il échoue à faire illusion dans ses élans éditoriaux, le film est relativement convaincant dans son versant d’action-movie poli et brutal.

Production Luc Besson (Europacorp), Go Fast est ultra-lisible, parfaitement épuré pour mieux se parer de  »tics » de genre et d’effets empruntés aux gunfights US. Dans le même temps, le programme est un peu trop lustré sous la forme, mais à la façon d’un double-épisode de Sous le soleil virant au rouge. Ces paradoxes de forme débouchent sur un rendu un peu désuet et minimaliste (dans les enjeux et les rapports de force) et la sensation d’une férocité surfaite. La posture ultra-réaliste s’en trouve entachée.

Conséquence, le spectacle acquiert une sorte de vague charme kitsch en plus de sa dimension de stimulant (décent) à testostérones. Go Fast s’empile parfaitement auprès des polars audiovisuels clinquants, efficaces mais monocordes façon nouveau riche. C’est un aimable petit film et un uppercut raté.

Note globale 40

Interface Cinemagora   + Zoga sur SC

*

Séances Express : 20, 19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1

*

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :