RAFALE DE COURTS-METRAGES n°10

24 Jan

Dans la foulée des « résolutions » spontanées de 2015 : il n’y aura plus nécessairement de Rafales de courts tous les mois. De plus, à certaines occasions, des articles spéciaux prendront le relais : il y aura notamment des sujets sur les premières œuvres du Cinéma (fin XIXe).

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l'année du daim

L’ANNÉE DU DAIM ****

4sur5  L‘année du daim est un film de 5 minute de Georges Swhiwzgebel, réalisateur d’une dizaine de courts-métrage d’animation depuis 1974 et Le Vol d’Icare. Moins tourné vers la démonstration technique que les autres, L’année du daim a la spécificité dans son parcours de raconter une histoire totalement limpide ! Celle d’un jeune daim trompé par les apparences et floué par son conditionnement, s’élançant confiant vers un monde hostile.

Peinture animée comme les autres opus de Schwizgebel, L’année du daim est une très belle création et l’une de ses plus passionnantes, grâce à son registre narratif mais aussi à sa ‘morale’. Il s’inspire d’une fable chinoise de Liu Zhongyuan, écrivain et poète dont l’oeuvre est généralement étiquetée pessimiste. Le seul être humain du film est dans une position de parent éducateur, à la fois normatif et sauveur, réprimant les mauvais instincts et la trop spontanéité juvénile de ses protégés en vue d’un plus grand bien.

La structure dont il est le maître sert les animaux, capables de s’améliorer ainsi délivrés de l’errance et de l’état de nature. Elle apporte la sécurité tout en rendant indépendant vis-à-vis des groupes. Le loup a l’occasion d’apaiser son rapport aux autres, d’appréhender la différence en dépassant ses réflexes de prédateurs, les réservant probablement à d’autres cibles. Le daim a lui l’opportunité de mûrir, malheureusement s’il accepte l’autorité, il ne gagne ni en force ni en lucidité. Cette aventure met en évidence la dangerosité des troupeaux incultes, la fragilité de la vie et de la liberté, mais aussi des constructions harmonieuses s’ajoutant à l’ordre naturel.

L’accompagnement musical de Philippe Koller, inspiré d’un quator de Schubert, est un peu crispant. Il est souligne l’action de façon simultanément hystérique et détachée, étouffant toute émotion et couvrant la voix indicible du conte. L’association par un posteur de YouTube avec Mukinabaht des Boards of Canada est bien plus agréable et judicieuse ; le message du film comme sa beauté sont davantage mis en relief. Ce son uniforme et éthéré est paradoxalement plus synchrone.

Note globale 78

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MAC AND PLAK *

1sur5  Court-métrage de Harmony Korine avec les trois personnages de Trash Humpers et quelques connaissances à eux. Tourné en 2010 avec une caméra amateure, le film est visuellement médiocre, trash au sens puriste et littéral, avant d’être punk en quoi que ce soit. C’est un huis-clos dans une cave, où les créatures difformes discutent.

Pendant 27 minutes, Korine nous donne sa vision du chaos. Un des types simule un coit avec un frigo pendant qu’un autre ricane, plaqué ventre à terre comme l’immondice en mode automatique qu’il est. Comme dans Trash Humpers dont c’est un spin-off, les protagonistes ne font qu’aligner des citations entendues ailleurs, poèmes ou autres.

Le film est basé sur une pièce de Korine, Mac and Plac are the Wonder Twinks desactivated et deux frères siamois sont au cœur de l’attention. C’est nul et ça ne s’en cache pas. C’est un happening déjanté qui pourra secouer les esprits un peu prudes ou chétifs. Ces pauvres mammifères tentent de formaliser leurs points de vue philosophiques et expriment grossièrement leurs besoins.

Les humanistes vont pleurer ou se sentir perdus, les misanthropes vont être repus. Korine a fait son gros caca, en plan-séquence s’il-vous-plaît ! Il faut saluer les figurants l’aidant à démouler, car ce ne sont pas de petites gueules d’atmosphères, ce sont de vrais monstres.

Note globale 11

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.Rafales de Courts : 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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Une Réponse to “RAFALE DE COURTS-METRAGES n°10”

  1. Moonrise janvier 29, 2015 à 02:48 #

    Je ne savais pas que L’Année du daim était un court-métrage. Je ne connaissais que la version de Boards of Canada (je crois que c’était d’ailleurs grâce à toi que je l’avais découverte). Du coup j’ai regardé l’original, et effectivement c’est nettement moins bien, moins profond et ethéré.
    Tout ça m’aura quand même donné envie de découvrir d’autres métrages de ce réalisateur.

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