EL HABITANTE INCIERTO ***

18 Avr

4sur5  L‘ombre d’Hitchcock (des heures glauques) plane sur ce premier long de l’espagnol Guillem Morales, revenu six ans plus tard avec Les Yeux de Julia. El habitante incierto est délicat à aborder pour deux raisons ; la première, c’est le risque de gâcher le plaisir de la découverte, plus élevé que la normale lorsqu’un film est marqué par la volonté de retourner le spectateur – et plus basiquement, par des twists en ricochets (bien qu’ils soient doux et pas l’essentiel). La seconde, c’est qu’il est le moins concluant sur le fond et il y aurait alors peu à en dire, parce que ses qualités se développent en-dehors du champ du raisonnement ou du verbal (comme Dead Man de Jarmusch). El Habitante ne pourrait exister qu’au cinéma et à la rigueur être rapporté sous forme littéraire, mais l’exercice serait casse-gueule, à moins d’embrasser l’ennui.

Les ressources exploitées sont minimes, tout est affaire de passerelles et de subjectivité (dans l’attention aux sons, sur les interactions) – au détriment des opportunités plus évidentes liées à la fouille de la maison. Le catalogue des biais stylistiques tourne à plein. L’anxiété est dopée par des éléments sensoriels, des motifs triviaux que le protagoniste arrive à identifier ensuite, mais sans tirer de véritable soulagement. La peur est là, reste à savoir si elle se nourrit par elle-même ou va se trouver des raisons, puis à quel point elle est légitime (au-delà des affaires existentielles). Les cartes sont rebattues dans la deuxième partie où le protagoniste devient l’invité fantôme, observe et communie avec sa cible – Malveillance de Balaguero (2011) donnera une vision ‘miroir’ dans un cadre très proche. La paranoïa puis le voyeurisme dominent dans le film et face à lui, le spectateur partage les troubles sensoriels d’un homme-objet (Andoni Gracia en Félix).

Finalement El habitante incierto vient grossir la liste des films d’épouvante ou d’horreur ‘domestique’ qui font la vitrine du genre en Espagne (Amenabar ou son souvenir menant la danse en 2008). Il évoque certaines constructions à la De Palma ainsi que Lost Highway, partageant son focus sur la tromperie – la scène lors de la soirée concrétise ce lien et au passage, hypertrophie pour un instant ‘magique’ le basculement de Félix (le phobique se retrouve dans la peau du clown sordide, mystérieux maître du jeu et des lieux).

Note globale 72

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Tesis + Ne le dis à personne

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (2), Son/Musique-BO (4), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (4), Ambition (4), Audace (4), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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