QUAI D’ORSAY **

19 Avr

2sur5  Tavernier avait déjà commis quelques fantaisies, Coup de torchon en était une, mais cette adaptation d’une BD largement appréciée (la franco-belge Quai d’Orsay : chroniques diplomatiques) souffre de n’avoir jamais rien ni personne à viser (hormis cracher sur les « neo-con » qui virent à l’abstraction totale – la contribution de l’Histoire pour cette affaire est la performance de Villepin à l’ONU). Le film ressemble à une promesse de feu d’artifice vouée à ne jamais s’accomplir, mais sur laquelle, peut-être par nonchalance plus que par conviction (ou par intérêt, désir de se faire valoir et d’obtenir des récompenses ?), une équipe continuerait de s’atteler.

Le résultat n’a même pas besoin d’être policé, la matière est faible, la fougue artificielle reste maintenue à un niveau vigilant. Au mieux les lourdeurs du ministre (des Affaires étrangères) et les laïus de son entourage font sourire, au pire on s’ennuie avec bienveillance. Le fiasco sans conséquences du repas avec le Prix Nobel (Jane Birkin en auteure) est un bon représentant de ce que le film peut devenir lorsqu’il s’épanouit : une farce foirée mais le crash est sympathique. Thierry Lhermitte n’est pas crédible mais son personnage de fêlé n’est apparemment pas censé l’être – ressusciter cet abonné aux salauds (Le dîner de cons, Un indien dans la ville) est plutôt payant. Niels Arestrup est l’autre star dans un costume plus clean que d’habitude – dans ses rôles politiques comme ceux pour le film Le candidat ou la future série Baron noir, c’est un virtuose de la magouille.

Quand au sujet le film n’apporte rien de solide et peine à se montrer croustillant. Il semble plutôt surfer sur une vague montante (la multiplication des fictions politiques) avec bonhomie. Il invite à rire des excentricités de cette haute fonction publique vue sous l’angle franchouillard lettré, en restant bien tiède et laconique quand il s’agit de moquer les agents superflus (et pas capable de plus d’un aperçu éclair sur le créneau népotisme). Le bêtisier au générique de fin confirme le flou dans lequel l’orientation paraît baigner : Tavernier et ses acolytes ont-ils voulu faire dans le populaire, amuser une galerie restreinte, mixer les genres ? Le coup du Lousdémistan rappelle Michael Youn (Vive la France!) et Sacha Baron Cohen (The Dictator), qui boxent dans des catégories étrangères. La seule anecdote mémorable, c’est la présence de Julie Gayet dans le rôle d’une conseillère chargée de l’Afrique nommée Valérie – les rumeurs de sa relation avec Hollande ont commencé à se répandre pendant ce tournage, la reconnaissance publique arrivera en janvier 2014 (soit deux mois après la sortie du film).

Note globale 47

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Le Capital/Costa-Gavras + Les cent et une nuits de Simon Cinéma

Scénario/Écriture (1), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (3), Audace (1), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :