LION (2017) **

14 Mar

2sur5  Ce cousin de Slumdog Millionnaire (reprenant Dev Patel, consacré dans son rôle d’indien oscarisable de service à Hollywood) se déroule en deux grandes parties. La première est de loin la plus riche, capable de produire de la surprise et même d’un certain engagement (par rapport aux disparitions d’enfants, à la pédophilie qui s’en réjouit, puis plus généralement aux aléas propres aux miséreux d’Inde). Elle fait du spectateur une petite souris accrochée à un enfant perdu suite à une fugue de trop avec son frère, effacé dans la foulée. Dans la seconde partie Sarro a la vingtaine et se met sur la piste de ses origines, à un moment où les repères de sa vie passée sont enterrés (crise de la mère, désertion du frère adoptif, vie amoureuse et cheminement professionnel).

Le temps de l’adoption sert de transition à ces deux gros morceaux et appartient encore au premier, qualitativement parlant. Sur le plan émotionnel le résultat a les moyens d’être une bombe, sur le reste il est presque confus. Sans le classicisme et la force de la mise en scène, il sombrait dans la bouillie. Le développement est parsemé d’ellipses sinon de trous, peut-être par pudeur par rapport à la source – based on a true story comme indiqué en fermeture, avec les images des retrouvailles et un épilogue réel. La seconde partie crache tout très vite et se jette dans les caricatures et grands élans lacrymaux, avec talent mais en laissant perplexe en terme de substance et de psychologies particulières.

Lion néglige les raisons de tout, y compris du sursaut d’intérêt tardif de Sarro pour ses origines. Le film ressemble au catalogue d’une vie en deux tomes mais avec des pages arrachées. Il est très bon à poursuivre des moments magiques – son happy end en a l’étoffe. Enfin en une confession de la mère adoptive (australienne jouée par Kidman, elle-même issue de ce pays) le film arrive à placer une idéologie bien définie, voire à la relier à une aigreur commune. Les louanges à la famille alternative de mode humanitaire ne suffisent pas, il faut encore que la foudre s’abatte sur le modèle traditionnel, avec la vieille antienne du père alcoolique incestueux (ce qui fait relativiser les onces de courage du film entre l’arrivée à Howrah et le sauvetage grâce à l’orphelinat).

Note globale 53

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (1), Ambition (4), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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