CRIMSON PEAK **

28 Déc

2sur5  Pendant le tournage de Pacific Rim, Guillermo Del Toro a trouvé dans la maison de production Legendary Pictures un soutien pour ses projets à venir, très ambitieux : transformer Le comte de Monte-Cristo de Dumas père en western, adapter Les Montagnes Hallucinées de Lovecraft et produire une romance gothique, toute en nuances de fantastique, épouvante, gore et horrifique. Ce dernier projet, le plus classique, engendre Crimson Peak, film de fantômes aux reliques old school, aux manières académiques et aux parfums fleur bleue.

Crimson Peak marque un retour au sérieux extrême, aux folklores et mystères vétustes des premiers films de Del Toro (Cronos, L’échine du diable). Toutefois le pittoresque a pris un coup dans l’aile ; c’en est à la mesure où peut se l’autoriser un blockbuster coutumier. Quand le cinéma ‘de genre’ a l’honneur d’être récupéré, la conversion est souvent douloureuse ; ce que le film de maison hantée, le cinéma gothique de la Hammer ou celui de Mario Bava (Le Masque du Démon), peuvent recouvrir d’original ou de poignant se trouve bien compromis : dans le cas de Crimson Peak, ça donne du sous-Wolfman, voire un Dark Shadows 2, sans le côté yolo pride de son prédécesseur.

Mélodrame académique, romanesque pompier, pics de violences exubérants ; les plus généreux trouveront à Crimson Peak des charmes contre-révolutionnaires. On passe plutôt deux heures dans la boutique d’un musée des horreurs victoriennes, repris en mains par un consortium de grands enfants aux rêves ténébreux et de commerçants aux canons esthétiques forgés par les tendances récentes du clip plus que par l’histoire de l’art. Crimson Peak c’est le prestige en toc, avec son bestiaire dark et glamour supervisé par Thomas E.Sanders, le décorateur révélé par sa participation sur Dracula (Coppola 1992), parangon du kitsch funèbre et de la coquille vide somptueusement parée et référencée.

Au moins cette lourdeur est achevée et, si l’ennui est possible, l’émulation reste constante ; Del Toro ne s’améliore pas fondamentalement mais gagne en fluidité et en puissance manifeste. Del Toro jamais été brillant pour rendre la complexité limpide, doper le rythme et c’est ce qui l’empêche d’être un nouveau Spielberg. Ses films attirent car le feu d’artifice est garanti et dans une moindre mesure, le divertissement assuré, mais leur manque de liant, de soutien, de tension, est une constante (y compris dans les Hellboy). L’assistance du dramaturge Luncinda Coxon permet à cet opus de sembler plus ‘étanche’, de mieux singer la profondeur, voire parfois d’entamer la pente sans les naïvetés habituelles de Del Toro (le personnage joué par Jim Beaver en profite).

Note globale 45

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Rebecca + Six femmes pour l’assassin + La Maison du Diable

Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :