DISTANCE (Kore-eda 2001) **

3 Mar

3sur5  Trois ans après l’attentat suicide de L’Arche de Vérité, quatre proches de membres de la secte se réunissent pour une sorte de pèlerinage. L’organisation ne sera pas l’objet de notre attention. Kore-eda, réalisateur d’After Life et bientôt de Nobody Knows, préfère s’intéresser à ceux qui se sont engagés et à leur entourage. Il cible les répercussions psychologiques, les manières pour ces gens d’encaisser la donne, la façon dont ils doivent composer au niveau factuel, social ayant une place minimale – le niveau juridique un peu moins, car il permet l’avancement et les mises au point, donnant l’occasion de bilans de confessions.

L’approche est méditative et pas analytique. Distance donne à voir une variété de religieux (ou à défaut ‘spiritualistes’) puristes, en déconnexion et quête de vérité. Leurs échanges avec des ‘civils assumés’ s’accompagne parfois de prosélytisme ou de moralisations douces. Pour ces gens il n’y a pas de transcendance clé en main, de destination claire ou ‘épaisse’. Malgré cette absence de liturgie (étalée du moins), ils semblent partager la croyance dans un monde autre, céleste probablement. Les quêtes d’absolu, d’échappement ou de dépassement se confondent et les sectateurs sont réunis par un cap commun, même s’il semble flou pour qui le conçoit résolument depuis l’extérieur. L’un d’entre eux déclarait vouloir étudier la thérapeutique de l’âme, par opposition à la médecine occidentale, qui s’occupe du corps ; d’autres sont absorbés par la notion d’authenticité.

Dans tous les cas ils sont réunis pour quitter le monde de manière constructive : L’Arche est un syndicat d’édifiants. La grande leçon envoyée au monde sera le point d’orgue et celui de la fuite, moins un ticket pour le paradis qu’une manière de réveiller et se sauver. Le film ne montre pas les heures sombres ni le grand saut, préférant les accompagner dans leurs occupations de décrocheurs et évanouissements réglés de moines sans dogme, convaincus de l’authenticité de leur fuite. La narration non-linéaire contribue à illustrer ce détachement des pressions temporelles. La première partie centrée sur les proches est moins valide, à cause des pénibles tremblements de caméra et d’un refoulement de l’essentiel empêchant toutes sortes de décollages.

Note globale 59

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Martha Marcy May Marlene + The Master + Sound of my Voice

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (3), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (2), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (1), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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