UN ÉTÉ EN LOUISIANE ***

11 Nov

3sur5  Dernier film de Robert Mulligan avant sa retraite (il meurt 17 ans après), Un été en Louisiane n’est pas des plus ambitieux. Les thèmes et les paysages habituels s’y retrouvent : découverte de la sexualité, premiers pas volontaires de petits adultes dans un cadre bucolique (et pendant les vacances comme dans Un été 42, le film phare du versant sentimental de Mulligan). Cet été en Louisiane embrasse les conventions du mélodrame les plus élémentaires, voire les plus dégradées ; si Mulligan n’était pas aux commandes, le film serait rapidement zappé. La plupart des spectateurs pourraient le contourner sans états d’âmes, la cible étant manifestement restreinte, jeune pas forcément mais féminine nécessairement.

C’est sans compter sur le génie de Mulligan (L’Autre, Du silence et des ombres) : apporter noblesse et ampleur à des sujets à forte teneur en loukoum, affronter la violence et les effets ‘ordinaires’ de préoccupations quelconques mais cruciales dans une vie. Le tout dans la sérénité. Si Un été 42 est devenu si précieux pour de nombreux américains, ce n’est pas parce qu’ils étaient de grands garçons au bord de la mue à la découverte du film, mais à cause d’une sensibilité très spéciale. Un été en Louisiane ignore tous ses contrastes (le potache et le sublime se donnent la réplique dans Un été 42) et sa mélancolie est plus tempérée, mais il arrive à être à la fois mûr et sirupeux, assumant la simplicité de son sujet et la profondeur des élans de ses personnages, posant un regard d’ensemble en restant pudique, voire cajoleur et puritain.

Globalement c’est une bluette solaire et grave, avec des oripeaux un peu niais a-priori, quelques musiques sonnant crétin joyeux au commencement, des anecdotes ‘baveuses’ traitées avec tendresse (la préparation du premier baiser et d’autres exercices). La ‘grâce’ imprégnant Un été en Louisiane rappelle que des talents bien employés peuvent trouver de la beauté même dans les recoins les plus restrictifs (‘genres’ monolithiques) ou galvaudés d’un art. Reese Witherspoon trouvait ici (via Dany) son premier grand rôle à 14 ans ; elle deviendra une des actrices hollywoodiennes les plus populaires après ses apparitions dans Pleasantville, Sexe Intentions et La revanche d’une blonde. Éphébophiles et midinettes se mettront d’accord pour ce film, accomplissant ainsi la réunion pour laquelle nos deux héros louvoient.

Note globale 68

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Des hommes sans loi + Pulsions/Dressed to Kill  

Scénario & Ecriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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