AU CŒUR DU MENSONGE **

15 Sep

au coeur mensonge

3sur5  L‘oeuvre de Chabrol est sujette aux grands écarts. Outre la dimension anti-bourgeois de salon (La Fleur du mal), parfois conceptuelle (Masques), qui fait la marque de l’auteur, on y trouve du fadasse (L’Ivresse du Pouvoir), des choses intelligentes (Que la bête meure) voir remarquables (La Cérémonie) et même une fantaisie profonde (Alice ou la dernière fugue). Le plus souvent, Chabrol fabrique des personnages pittoresques avec plus ou moins de talent, les déploie en province et les laisse gesticuler après un événement contrariant, mettant à mal un équilibre qu’il adore moquer.

Dans Au cœur du mensonge, il plante le décors en Bretagne, aux alentours de Saint-Malo. René (Jacques Gamblin) est le seul personnage relativement honnête ; sa fragilité est pour beaucoup dans sa transparence. Autour de cet amoureux trahi et artiste impuissant, se pressent des menteurs (dont un auteur médiatisé campé par Antoine de Caunes – dans un rôle qui semble dénigrer sa propre personnalité publique, ou peut-être son milieu dans l’esprit de l’acteur) sachant mieux tirer leur épingle du jeu, que celui-ci soit social ou concerne les relations au sens restreint. René se trouve accusé du meurtre d’une fillette puis d’un second d’une autre nature. Ainsi Chabrol fait un film choral lorgnant vers le thriller psychologique à la Maigret – sans Maigret. Il s’intéresse à cette impression propre aux villages, où la proximité est grande, de connaître les autres et même leurs secrets ; cette tendance se cristallise par des rumeurs tues mais puissantes.

L’enquête est flegmatique et le travail du réalisateur l’est peut-être un peu trop également. Chabrol construit une ambiance intéressante, avec un travail discret sur la photo et quelques représentations précieuses (dont le point culminant est la scène de la barque, tournée vers un passé cinéphile), néanmoins le programme est un peu léger. Il arrive que Chabrol néglige son scénario, généralement parce que ses élans tirent ailleurs ; par exemple dans Rien ne va plus, les traits d’esprits, les parades et les ambiguités dans les plans dopent la séance ; ici ce genre de substances manque. L’histoire est sans génie, il y a peu de suspense, de mises à jour et de perspectives et tout cela pose de sévères limites ; pas de poids contraignant, simplement la balade devient futile malgré la richesse des caractères qui l’habite.

Note globale 59

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Crime d’amour

Scénario & Ecriture (2), Casting/Personnages (4), Dialogues (2), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (2), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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